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N° 201
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Khalid Tritki


Karim Ghellab (AFP)
Transport maritime. Libéralisé avant 2007

Drewry Shipping Consultants Ltd, un cabinet de conseil international, a remis sa copie au ministère de l’équipement. Objet : les scénarios de la libéralisation et de la réforme du secteur du transport maritime. Une présentation en a été faite récemment en présence des opérateurs du secteur. L’étude se focalise sur la compétitivité des compagnies marocaines. Selon ses conclusions, le Maroc gagnerait à revoir sa législation, sa fiscalité et surtout son aide au secteur du transport maritime. Ainsi, sur le plan réglementaire, l’étude propose de recourir
à la flexibilité sociale. Le nombre d’hommes d’équipage à bord constitue un surcoût et il est nécessaire de penser à un plan social auquel participera l’Etat. De même, les armateurs nationaux seraient mieux lotis si le coût des assurances n’était pas supérieur à ceux appliqués ailleurs. L’étude précise que le surcoût est de 20 à 30% par rapport à l’Europe. Côté fiscalité, Drewry propose de passer à la taxation par tonnage au lieu d’appliquer un IS aveugle. Le cabinet insiste en outre sur l’option du crédit-bail pour le financement des navires. Les outils d’exploitation coûtant extrêmement cher, la location auprès d’un organisme financier dynamiserait le secteur.


Logistique. Une nouvelle machine à fric

S’il y a un secteur qui promet, c’est bien celui de la logistique. Un salon lui sera consacré du 1er au 3 décembre au Centre d’expositions et de conférences de l’Office des changes à Casablanca. Pourquoi maintenant ? Les accords de libre-échange et la progression des négociations sur le commerce internationale l’exigent. “Mais il y a aussi une donne nationale : le rapport de la banque mondiale précise que le coût global de la logistique représente 20% du PIB alors qu’il devrait se situer entre 10 et 15%”, martèle Abdelali Berrada, président du salon Logima. D’autant plus que des mastodontes du secteur s’intéressent de plus en plus au Maroc : Exel, par exemple vient de louer 10 000 m2 chez Ali Belhaj qui lance un méga-chantier de vingt-trois hectares dédiés à la logistique.


Technologie. M2M à Alger

Ouverture des frontières ou pas, la technologie n’attendra pas. Pour preuve, la société marocaine M2M vient de remporter un marché en Algérie. Et pas des moindres. Il s’agit de mettre en place une plateforme de paiement par carte au profit d’Algérie Poste. La société marocaine développera, pour le compte de la poste du voisin de l’Est, le système Symap, conçu autour de Magix TM, et mis au point par les ingénieurs marocains du groupe. Trois cartes à puce sont offertes aux sept millions de clients d’Algérie Poste, la carte de retrait Algérie Poste et celles de retrait et de paiement Classic et Gold. “C’est une exception”, disent les connaisseurs du marché. Pour eux, peu d’entreprises, au niveau mondial, sont actives dans la branche de la carte à puce bancaire. Parmi elles figurent trois sociétés marocaines.



LES OFF.

Le marché pharmaceutique connaît actuellement une rupture d’approvisionnement en Calcium, un produit fabriqué par Laprophan. Ce laboratoire a décidé d’augmenter ses prix à la vente en pharmacie, ce qui a provoqué un arrêt des approvisionnements. Le ministère a été sollicité pour débloquer la situation et, ironie du sort, a conseillé aux plaignants de “digérer” l’augmentation de prix. Voilà un bon exemple de régulation du marché.

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Des oranges à Londres pour la promotion de la région d’Agadir . Pour vendre leur ville, les gadiris ont offert des oranges aux visiteurs du Salon du tourisme. Sauf qu’au lieu d’ écouler les cinq tonnes prévues, les Gadiris n’ont réussi à en distribuer qu’une seule. Reste à espérer que les quatre tonnes gâchées seront compensées par l’engouement des touristes Britanniques pour Agadir !


Tourisme. Assises nationales

Les Assises nationales du tourisme qui seront organisées en décembre mettront la pression sur les opérateurs privés. Selon des sources autorisées, les assises d’Essaouira devraient révéler le niveau de mobilisation générale, surtout celui des opérateurs privés. Dans la foulée, un bilan intermédiaire de la stratégie 2010 devrait faire le point sur l’état d’avancement des chantiers et surtout dégager les acquis par rapport au plan initial. À ce niveau, des sources proches du ministère affirment que la réalisation du plan Azur aura un léger retard. Hormis Taghazout qui n’est pas encore attribué, les autres stations balnéaires auront besoin d’un délai supplémentaire ne dépassant guère les six mois. La Fédération nationale du tourisme semble rassurée à ce sujet.


Electroménager. Le frigo en vedette

GFK Maroc, filiale de l’Institut d’études marketing allemand GFK rassure les opérateurs de l’électroménager. Selon une étude basée sur la consommation observée dans six villes (Casablanca, Tanger, Rabat, Fès, Marrakech et Agadir), soit 60% du marché, les ventes ont progressé de manière soutenue entre 2004 et 2005. La baisse des prix y est pour beaucoup. Sur le segment gros électroménager (réfrigérateur, congélateur, climatiseur, cuisinière), 248.000 unités ont été écoulées en une année, drainant un chiffre d’affaires de 623,3 millions de dirhams. Un pic de 20% a été observé pendant la période estivale. Le réfrigérateur et le lave-linge représentent, à eux seuls, plus de 90% du marché.


Fiscalité. Casa fait cavalier seul

La mairie de Casablanca planche sur l’augmentation de ses taxes locales. Le texte adopté le 15 novembre dernier risque de faire des jaloux dans les autres villes.. Celui-ci renonce à l’estimation des montants de taxes, ce qui était du ressort de commissions spéciales. De ce fait, les dérogations au plan de l’urbanisme seront soumises à une taxe ferme de 40 DH du m2 couvert (elle était de 20 à 40 DH). La ville compte également sur l’augmentation des taxes et l’élargissement de l’assiette fiscale. L’impôt sera ainsi étendu aux téléboutiques et à d’autres activités exonérées pour l’instant. Ce plan fiscal ne sera effectif qu’après l’aval de la tutelle.



Khalid Tritki
Responsabilité sociale

L’investissement et la responsabilité sociale, voilà un titre trop lourd de sens. Un investissement, c’est un business plan établi pour une période minimum de cinq à dix ans. La responsabilité sociale se dégage de la lecture de ce plan d’affaires : grille des salaires, définition des tâches, plans de carrière, plan de formation et ses charges… bref, le bien-être de l’employé et du busines. Si la banque, elle aussi responsable socialement, adhère à ce plan, un paradis salarial verra le jour. Y a-t-il des chances que cette fiction se réalise un jour ? Personnellement, je ne parierai pas là-dessus. En
revanche, un homme à Rabat y croit : Hassan Bernoussi, directeur des investissements, propose un prix pour les entreprises qui remplissent les conditions de la responsabilité sociale. Il a certainement de bonnes intentions. Mais étant sceptique de profession (et non pas de naissance), j’aurais aimé que la presse soit associée à tout le process de sélection pour constater de visu que la donne sociale existe dans la tête des promoteurs économiques. Et surtout que cette initiative ne se limite pas à primer des cas d’école déjà connus et fortement médiatisés. Mieux encore, j’aurais souhaité que la responsabilité sociale soit une contrepartie des incitations et des subventions directes aux investissements. Mais un pays en mal d’emploi ne peut imposer la responsabilité sociale, il ne peut que la réduire à une récompense.

 
 
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