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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Abseslam Kadiri

États-Unis. Bush voulait-il bombarder Al-Jazira ?

(AFP)
George W. Bush aurait-il envisagé en avril 2004 de bombarder le siège d’Al-Jazira, à Doha ? En aurait-il été dissuadé par Blair ? C’est ce que le quotidien britannique Daily Mirror révèle mardi, en se référant à un mémorandum ultra secret de Downing Street, un dialogue retranscrit de cinq pages entre Bush et Blair qui aurait eu lieu à Washington le 16 avril 2004. Selon le journal, Bush, irrité par la couverture de la guerre faite par Al-Jazira, aurait évoqué avec Blair un bombardement de la chaîne. Le Daily Mirror a donné deux versions différentes du dialogue. Selon la première, Bush voulait faire de l’humour... Mais d’après une seconde source, “Bush a clairement fait comprendre qu’il voulait bombarder Al-Jazira. Blair a rétorqué que cela poserait un grave
problème”. Suite aux pressions politico-judiciaires, la presse britannique n’a plus publié d’informations à ce sujet.
Al-Jazira a rétorqué que “si le rapport est correct, cela serait inquiétant et choquant, et soulèverait de sérieux doutes sur la version américaine concernant de précédentes (…) attaques contre les bureaux de la chaîne”. Les locaux de la chaîne qatarie avaient déjà été bombardés en novembre 2001 à Kaboul et en avril 2003 à Bagdad. Le personnel d’Al-Jazira a organisé jeudi un sit-in de protestation. Une pétition a été signée demandant “une enquête officielle” et la fin immédiate de toutes “les attaques et les incitations contre Al-Jazira et ses employés”. Des sit-in de solidarité ont également été organisés, partout dans le monde, y compris au Maroc., à l’initiative du PJD


Jordanie. Démission du Premier ministre

Les têtes commencent à rouler à Amman. Le Premier ministre Adnane Badran a présenté sa démission jeudi matin au roi Abdallah II, qui l’a acceptée. Le monarque a ensuite chargé Maarouf Bakhit, fraîchement nommé la semaine dernière, chef de la Sécurité nationale, de former un nouveau gouvernement. Ce changement de têtes intervient quinze jours après le triple attentat de Amman et témoigne de la volonté de la Jordanie de procéder à des réformes politiques, sécuritaires et sociales afin d'éviter d'autres attentats et une grogne sociale et parlementaire qui ont coûté très cher à Adnane Badran. Son successeur, Maarouf Bakhit a 58 ans, il a fait carrière dans l'armée où il a eu le grade de général. Il a été coordinateur des pourparlers de paix avec Israël (1993-1994), ambassadeur en Turquie et en Israël, et enfin directeur du bureau royal et adjoint à la sécurité nationale.


Chili. Pinochet inculpé pour fraude fiscale

Le juge Carlos Cerda a ordonné l’arrestation d’Augusto Pinochet et son assignation à résidence. Il l’a inculpé pour fraude fiscale dans le cadre de l'affaire des comptes bancaires secrets à l'étranger et l’a mis en liberté sous caution (22 600 dollars). Le magistrat a invoqué l’âge de Pinochet, qui a fêté ses 90 ans vendredi dernier, et estimé que “sa liberté ne représentait pas un danger pour la sécurité de la société”.
Le juge chilien enquête sur l'origine de la fortune de l’ex-dictateur, accusé d'avoir dissimulé 27 millions de dollars, retrouvés sur une centaine de comptes bancaires ouverts notamment auprès de la banque Riggs de Washington et dans divers paradis fiscaux. L’épouse et le fils de Pinochet sont aussi poursuivis dans ce dossier. C’est la quatrième fois en sept ans que Pinochet fait l’objet d’un mandat d’arrêt.



VITE !

Face à l’émotion suscitée par l’affaire des avions-prisons de la CIA, le Conseil de l’Europe a ouvert mercredi la première enquête officielle. Il a donné aux gouvernements des pays incriminés jusqu'au 21 février 2006 pour prouver l'implication éventuelle de leurs fonctionnaires “dans le transport d'individus ainsi privés de leur liberté”.

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L’ONU est prête à mettre des locaux n'importe où, à la disposition de Detlev Mehlis, chef de la commission d'enquête sur l'assassinat de Rafic Hariri. Mehlis veut interroger au Liban six officiers syriens, dont le beau-frère du président Assad. Le Liban “n'est pas le meilleur lieu” pour cela, car “cela créerait des problèmes, de la sensibilité”, selon l’ambassadeur syrien à l'Onu, Fayssal Mekdad.


Allemagne. Merkel globe trotter

À peine investie, la nouvelle chancelière allemande Angela Merkel a effectué mercredi à Paris sa première tournée à l'étranger. Merkel s’est rendue à Paris, Bruxelles et Londres. Elle ira ensuite à Varsovie, puis en Russie et aux Etats-Unis. En déjeunant mercredi avec Chirac, Merkel montre qu’elle ne minimise pas la relation franco-allemande même si elle va lui donner un caractère moins “exclusif” que Schröder. Merkel s’est en particulier insurgée contre l’axe Paris-Berlin-Moscou créé par le refus de la guerre en Irak. En se rendant à Bruxelles dans la foulée, aux sièges de la Commission européenne et de l’Otan, Merkel donne un autre signe en jouant sur deux tableaux : l’intégration européenne et le renforcement de l’Alliance Atlantique, avec Washington.


Iran. Le jeu trouble de l’AIEA

L’Agence internationale de l’énergie atomique, qui s’est réunie à Vienne, va s’abstenir de déférer l'Iran devant le Conseil de sécurité de l'Onu. Les Européens, inquiets de la détermination de Téhéran à ne pas plier devant eux, renoncent finalement à mettre leur menace à exécution ! L’AIEA veut gagner du temps, dialoguer, et retarder le plus longtemps possible la solution radicale d’une saisine du Conseil de sécurité de l’ONU, aux conséquences imprévisibles. L’agence veut permettre une ultime médiation de la Russie, seul pays ami de Téhéran dans le secret de ses ambitions nucléaires. À la veille de la réunion, l’Iran affichait son optimisme. “En cas de reprise des négociations, celles-ci doivent porter sur la question de l'enrichissement nucléaire”, a déclaré Ali Larijani, responsable du dossier nucléaire iranien. Les Européens souhaitent convaincre l’Iran d’abandonner l’arme atomique contre des avantages économiques.


Iraël. Le coup de poker de Sharon

Ariel Sharon a provoqué un véritable tremblement de terre politique lundi en claquant la porte du Likoud, pour former un nouveau parti : Kadima (En avant). Il a même obtenu l’accord du président Katsav pour dissoudre le Parlement, devenu ingouvernable, et permettre des élections anticipées, le 28 mars. Cette décision permet à Sharon de contrer les durs de son parti qui ne lui pardonnent pas le retrait de Gaza. Elle signe aussi le retour politique de Sharon, éclipsé par l’élection surprise de Peretz. La carte politique israélienne est totalement redessinée. Elle se compose désormais de trois blocs: le parti de Sharon (centre-droit), le Likoud (droite nationaliste) et les travaillistes (centre-gauche). Donné favori des sondages, avec 33 sièges, Sharon n’exclut pas d’autres retraits de colonies. Il veut “appliquer la Feuille de route dans son intégralité” et négocier les frontières d’Israël avec les Palestiniens.



Lu pour vous.
Le troisième homme
(Al-Hayat, 22 novembre)

Ghassan Charbel

Personne ne s’attendait à une solution magique de la réunion inter-irakienne du Caire, de lundi. Difficile de croire qu’un tel cocktail (conflits racistes, occupation, terrorisme) puisse déboucher sur quelque chose. Le point le plus important de la convention du Caire est probablement le parapluie régional et international arabe, qui tente d’aider les Irakiens à s’entraider eux-mêmes. Reconnaissons que le Premier ministre Ibrahim Al-Jaâfari représente tous les chiites et Hareth Al-Dari tous les sunnites, en dépit des conflits inter-ethniques. La réalité commence quand Jaâfari reconnaît que l’action politique souffre et qu’il faut lui redonner du lustre sans quoi l’Irak s’expose à une instabilité, à une occupation prolongée et à une guerre civile. La réunion du Caire a surtout marqué le retour des sunnites de Dari dans le jeu politique, évoquant un retrait américain. Maintenant à eux d’assumer aussi que l’ère Saddam n’est plus. Il ne faut pas que Jaâfari ou Dari oublient le troisième homme : Zarqaoui. Cet homme s’est emparé de la cause résistante et a pris part à la guerre massive qui oppose Jaâfari et Dari. Son objectif proclamé est un divorce entre les chiites et les sDaunnites en terre d’Irak. Chaque rapprochement des deux hommes prive le troisième de mettre en œuvre son plan. Un accord total entre les deux leaders précipiterait l’échec de Zarquaoui et le départ des forces étrangères. Seuls les Irakiens peuvent sauver l’Irak.

 
 
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