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N° 202
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Karim Boukhari

Maroc/Emirats. Un “après Sheikh Zayed” difficile

Khalifa Ben Zayed Al-Nahyane
(AFP)
Le torchon brûle-t-il entre le président des Emirats arabes unis, Khalifa Ben Zayed Al-Nahyane, et le roi Mohammed VI ? Ce n’est pas encore la crise ouverte mais les dernières décisions prises par les autorités émiraties à l’encontre des immigrés marocains préoccupent au plus point le sérail. Les agriculteurs marocains aux Emirats avaient été prévenus, il y un mois, que leurs titres de résidence n’allaient pas être renouvelés. Le personnel d’autorité marocain (policiers, militaires), a également été informé que les contrats le liant aux Emirats n’allait pas être reconduit. Les Marocains employés dans le palais de Cheikh Zayed à Paris ont eu encore moins de chance puisqu’ils ont été tout simplement remerciés. Dans le même ordre d’idée, les grands projets
sociaux initiés, au Maroc, du vivant du cheikh Zayed ont été gelés. Plus encore, le département privé de Cheikh Zayed qui gérait le personnel et les biens du souverain défunt se dépêche de liquider ses propriétés au Maroc (palais et réserves de chasse à Marrakech, Rabat, Oujda, Errachdida, etc.). Sans oublier la chute des échanges commerciaux entre les deux pays, qui n’étaient déjà pas bien brillants (à peine un million de DH en 2003). Du côté des officiels marocains, on ne veut pas faire de commentaires sur cette crise considérée par certains comme “une petite brume passagère”. Il est vrai que tous les émirats qui forment les EAU ne sont pas partie prenante de la crise avec le Maroc. Le meilleur exemple restant celui de Dubaï, plus impliqué que jamais dans certains projets d’investissement chez nous (exemple de la baie du Bouregreg à Rabat). À suivre de très près.


TelQuel. Coupable d’applaudir !

C’est d’abord en conseil de gouvernement que le ministre de la Communication Nabil Benabdellah a été pris à partie par certains de ses collègues, lui reprochant d’avoir… applaudi avec l’assistance, quand le Grand Prix National de la Presse a été décerné à Chadwane Bensalmia, journaliste à TelQuel. Puis la même scène s’est reproduite au Parlement. On a encore reproché au ministre cet applaudissement fatal, tout en lui demandant ce que l’Etat comptait faire contre “cette presse insolente qui diffame à tours de bras”. Réponse, sage, de Benabdellah : “Il y a un code de la presse et des tribunaux pour ça”. Quant aux applaudissements, Chadwane les méritait et en faire reproche au ministre de tutelle ne fait qu’alourdir un climat déjà malsain. Tenez bon, Monsieur le ministre !


Terrorisme. Après les hommes, les chiens

Ce n’est pas une blague. Hamidou Laânigri, directeur de la Sûreté nationale, compte importer plusieurs centaines de chiens formés à la détection d’engins explosifs, en vue de prévenir les activités terroristes dans le pays. “De préférence d’origine française et espagnole pour des raisons d’efficacité” selon une source proche des services de sécurité. Par cette surprenante mesure, le Maroc compte s’aligner sur les dernières recommandations d’Interpol, formulées en septembre 2005, qui citaient parmi les moyens annexes de prévention contre le terrorisme “l’utilisation de chiens dressés à la détection d’explosifs”.


Ben Barka. Le Maroc bloque

Le juge Patrick Ramael, qui instruit l’affaire Ben Barka, se trouve actuellement au Maroc dans le cadre des CRI (commissions rogatoires). Il devait entendre, par l’entremise d’un juge marocain (Jamal Serhane) une vingtaine de témoins, dont 12 anciens gardiens des “points fixes”, des généraux des FAR et d’anciens policiers du CAB 1. Lundi, pourtant, le juge Serhane, censé exécuter les CRI, lui a expliqué “ne pas connaître l’adresse des personnes concernées”. Ramael a prévu un séjour de 10 jours au Maroc mais, jusqu’à jeudi, il n’avait pu entendre aucun témoin ! Il devait solliciter, vendredi, l’intervention de Mohamed Bouzoubaâ, de retour d’une mission au Caire.


Sécurité. Nos amis américains

Graig Soter, le responsable du programme anti-terrorisme du département d’Etat américain, devrait tenir une réunion à Rabat le 12 décembre 2005 avec les responsables de la DGSN et de la DGST. À signaler, sur un autre plan, que l’histoire du centre de détention secrète de Témara utilisé par la CIA pour “débriefer” les détenus de Guantanamo est en train de gêner sérieusement le gouvernement Bush. Surtout depuis la diffusion d’une émission sur la chaîne CBS, montrant un avion, Boeing 737, qui aurait effectué pas moins de 600 vols à destination de pays “amis” (17 vols pour le seul Maroc, d’après l’émission), depuis le 11 septembre 2001.


Salé. L’OPA du cheikh Yassine

Al Adl wal Ihsane a-t-il l’intention de quadriller le quartier Hay Salam à Salé ? Des sources fiables attestent que le cheikh Abdessalam Yassine aurait fait dernièrement l’acquisition de quatre villas mitoyennes à sa résidence sise au secteur 1, rue Khayzourane au Hay Salam. D’autres acquisitions pourraient bientôt suivre puisque, d’après les mêmes sources, la plupart des propriétaires des villas du quartier ont été approchés par les hommes du cheikh pour savoir s’ils voulaient vendre leurs propriétés. À ce rythme, Hay Salam risque de devenir, plus que jamais, le fief national de la Jamaâ de Yassine.


Echouafni. Piégé par le FBI ?

Saâd Echouafni, le marocain recherché par le FBI et qui a remporté un procès en diffamation contre nos confrères de La Gazette du Maroc et de Challenge (qui l’avaient accusés d’intrusion informatique dans les serveurs d’autrui), a livré cette semaine sa version des faits dans une longue interview à Al Ayam. Les actions d’intrusion qu’on lui impute ne sont pas de son fait, dit-il, mais plutôt de celui de son employé Paul Ashley, qui a agi à son insu… et qui lui avait été recommandé par ce même FBI qui le recherche aujourd’hui. Emprisonné aux Etats-Unis, Echouafni avait été libéré conte une caution de 750 000 dollars, puis s’était réfugié au Maroc. Il est prêt, dit-il, à rembourser les dommages subis à cause des agissements de son employé Ashely, mais nie toujours en avoir été le complice. L’avocat d’Echouafni, Me Abdellah Ouelladi, déclare que son client est prêt à une conciliation avec La Gazette du Maroc et Challenge, s’ils tiennent compte de sa version des faits. D’ici là, les procès en appel sont toujours en cours.


Anas Tadili. Encore 10 mois à purger

Reporters sans frontières a reçu cette semaine une lettre du ministère de la Justice annonçant qu’il restait à Anas Tadili, emprisonné depuis avril 2004 pour diffamation à l’encontre du ministre des Finances, encore dix mois à purger. Or, le journaliste aurait dû être libéré le 29 septembre dernier. Ceci fait suite à un communiqué de la MAP, daté du 25 novembre, affirmant qu’une dizaine de personnes, toutes haut placées, ont déposé de nouvelles plaintes pour diffamation à l’encontre de Anas Tadili ! Faux, rétorque son avocat, Me Ziane : “Le délai légal de prescription en cas de diffamation est de six mois. Ces cas de plaintes viennent justifier a posteriori la détention arbitraire de mon client”.


Constitution. Les sit-in, en attendant la réforme

L’association marocaine des droits humains (AMDH) compte organiser une série de manifestations (sit-in, tables rondes) pour célébrer le 57ème anniversaire de la déclaration universelle des droits de l’homme, le 10 décembre prochain. “Le dénominateur commun à ces manifestations, explique le président Abdelhamid Amine, est la revendication nationale, au nom de l’AMDH et d’autres ONG, d’une Constitution réellement démocratique”. L’association compte en parallèle interpeller le pouvoir sur le dernier rapport de l’IER pour demander, notamment, la traduction en justice des responsables qui ont sévi à l’époque des années de plomb.


MRE. Le conte de fées d’un skieur

Le site Bladi.net, dédié aux MRE, vient de mettre en ligne une belle histoire cette semaine. Celle de Samir Azzimani, un sportif d’origine marocaine, qui prendra part aux prochains jeux olympiques en ski alpin. “J’étais au fond du trou, j’ai utilisé toutes mes économies pour financer ma carrière sportive, raconte Azzimani cité par Bladi. Personne ne semblait croire en moi, un copain me suggéra d’écrire au roi”. La suite ressemble à un conte de fées. Le sportif désargenté a reçu, un mois après la lettre, le coup de fil d’un conseiller royal. Azzimani, qui vit aujourd’hui en France, prendra part aux J.O en ski alpin grâce au soutien de Mohammed VI.


Déclarations. Khatib fâche la gauche

Les déclarations du Dr Abdelkrim Khatib à Al Jarida Al Oukhra sur le meurtre d’Abbès Messaâdi et le rôle présumé de Mehdi Ben Barka, fâchent. Le résistant Saïd Bounaïlat estime que “Khatib essaie de se disculper”. Sur ce chapitre, feu le leader de l’Armée de libération du Nord, Hassan Laarej, avait accusé Moulay Hassan d’avoir envoyé un tueur à gages à Messaâdi. Et Ben Barka dans l’histoire ? Un sujet de surenchère. Et les allégations de Khatib ? “Une manière de nous attaquer à la veille du trentenaire de l’assassinat de Omar Benjelloun, réplique Mohamed Aït Kaddour. À l’époque, il avait tout de même caché deux suspects dans sa ferme sur la route d’El Jadida”.


Cinéma. 2M ne couvre pas Saïl

La table ronde intitulée “Cinéma et Télévision : Quels enjeux de production ?”, prévue le 10 décembre prochain, au cours du 8ème festival national du film de Tanger, se tiendra… sans la télévision marocaine. Ni TVM ni, surtout, 2M n'ont été invitées au débat qu'animera Noureddine Saïl, directeur du CCM, et auquel participeront entre autres les producteurs Sarim Fassi-Fihri et Latif Lahlou. Cet “oubli” est d'autant plus paradoxal que 2M a produit presque tous les films présentés au festival - dont plusieurs sous la direction d’un certain… Noureddine Saïl.


3 questions à Hakima Himmich (Présidente de l’Association de lutte contre le sida)

(TelQuel)
L’augmentation exceptionnelle du nombre de séropositifs, cette année, doit-il être imputé aux cas enregistrés dans le milieu carcéral ?
Cela y a certainement contribué. Dans les prisons, la prévalence du VIH est plus importante parce qu’on y retrouve plusieurs usagers de drogues. Mais cette évolution est également due à l’augmentation du nombre de prostituées populaires atteintes dans la région d’Agadir. Ce sont généralement des femmes qui viennent de l’intérieur du pays chercher des moyens de survie.

La Sidaction qui se tient le 9 janvier sur 2M comporte-t-il suffisamment de têtes d’affiches pour intéresser le plus grand nombre ?
En effet, il y a d’un côté des stars, comme Gad El Maleh, Yahya el Fakharani et autres vedettes nationales. Il y a d’un autre côté des sommités scientifiques, comme Peter Piot, Monsieur Sida à l’ONU ou encore Pierre Verger, le président de la Sidaction France.

Où en est la polémique qui vous oppose aux autres associations au sujet de cette opération de collecte de fonds ?
Je ne comprends pas pourquoi ces associations nous en veulent de lancer une Sidaction, alors qu’il n’y en a pas eu depuis 1994. C’est une affaire d’initiative et de travail. Nous sommes penchés dessus depuis juin 2005. Si on était quatre, ç’aurait été encore plus compliqué. Le comble est qu’on les a invités et qu’ils refusent de venir.



Billet. Touche pas à Ben Barka ! (par Driss ksikes)

Jamais Mehdi Ben Barka n’a été à ce point le sujet de tous les chuchotements. Trois anecdotes en une semaine. Celle vécue par le juge français Patrick Ramael, venu spécialement de Paris pour l’instruction du dossier, est ubuesque. Son homologue marocain, Jamal Serhane, lui a signifié, les yeux dans les yeux, qu’il n’avait l’adresse d’aucun témoin, qu’il ne connaissait ni d’Adam ni d’Eve les généraux Benslimane et Kadiri, et qu’il n’a jamais su où se trouvait le fameux point PF3 ni même Dar El Mokri. Le lendemain, ce même Serhane était aux abonnés absents. Traité comme un indésirable par le corps judiciaire, Ramael ne savait plus à quel saint se vouer. S’agissait-il de plaisantins qui prennent le dossier à la légère ou est-ce l’Etat marocain qui cherche à rouler un magistrat français ? Deuxième anecdote : l’avocat de la famille Ben Barka, Maurice Butin, est allé voir Mohamed Elyazghi, pour lui demander pourquoi le parti a abandonné la poursuite lancée contre l’Etat après le disparition de l’icône du parti. Il voulait parler de cette fameuse plainte déposée par des jeunes socialistes et dont le dossier s’était perdu, en cours de route, dans les méandres de la justice. Elyazghi lui a expliqué que l’USFP a préféré retirer le dossier de la justice et le remettre à l’IER. Or, tous deux savent que Benzekri & Co n’ont pas daigné convoquer les personnes clés dans ce dossier. Autre dilemme : l’USFP veut-il enterrer le dossier pour de bon ou ménager les hauts gradés de l’Etat ? Troisième anecdote, un membre éminent de l’IER fait cet aveu à un journaliste : “Nous ne révélerons rien de fracassant sur Ben Barka mais sur de jeunes disparus de 12 ans, si. Il n’y a pas de super-victime et Ben Barka n’en est pas une”. Conclusion : le Maroc officiel a dorénavant un slogan : touche pas à Ben Barka, laisse-le moisir !



Billet. La police communique (par Karim Boukhari)

Un ami m’a dit, un jour, que sur le CV du général Laânigri, à l’époque patron de la DST, il était marqué : “Point fort : communication !”. Je suis tenté de le croire. Depuis que le général a quitté la DST pour la DSGN, il a lancé “Police magazine”, ma lecture mensuelle préférée. Bon, pour les scoops sur l’utilisation du royaume comme base-arrière de la CIA pour cuisiner les transfuges de Guantanamo, il faudra repasser. Police mag, ce n’est pas le nouveau temple du journalisme d’investigation, plutôt une feuille de chou sympa, fun (j’adore la qualité du papier, son côté lisse et propre), un truc qui fait continuellement honneur aux GUS, même si à Laâyoune on ne sera pas forcément d’accord. En plus d’avoir lancé mon magazine préféré, Laânigri a réussi une autre prouesse en incitant ses proches collaborateurs à “communiquer”. Le résultat est formidable. Imaginez qu’un Bouchaib Rmail, directeur de la Sécurité publique (SP, la police en tenue) à la DGSN, c'est-à-dire l’un des tout premiers flics du pays, a participé à un plateau de télévision, cette semaine. Et en direct s’il vous plait. Rmail, préfet à Casablanca au moment des attentats du 16 mai, a figuré parmi les invités de l’excellente émission “Moubacharatan maâkoum” de Jamaâ Goulahsen, dédiée au terrorisme. Et qu’est –ce qu’il a “communiqué” ce soir-là, Rmail ? Rien, strictement rien. L’ancien préfet de Casablanca est arrivé avec des notes qu’il a débitées à la virgule près, ignorant royalement les questions et les interpellations dont il était pourtant l’objet tout au long de l’émission. C’était assoupissant, le directeur de la SP a parlé pour ne rien dire, et les plus impatients ont zappé à chacun de ses passages. Zéro information, zéro explication. Mais la communication, c’est aussi cela. Personnellement, j’adore.



Vite !

Par le plus grand des hasards, l’ex-secrétaire général du parti de l’Istiqlal, M’hamed Boucetta, s’est trouvé alité dans le même hôpital parisien (Val de Grâce) que le président Abdelaziz Bouteflika. Ironie du sort, les deux hommes, aujourd’hui voisins de pallier, se sont longuement confrontés en tant que chefs de la diplomatie, sous Hassan II et Boumedienne. Bon rétablissement, messieurs.

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Entendus par la police suite à la publication par Al Ayam d’un dossier sur les anciens harems royaux, Abdelmounaïm Dilami et Mohamed Berrada, respectivement imprimeur et distributeur de l’hebdomadaire, avaient été, pendant quelques jours interdits de quitter le territoire. Après des contacts judiciaires, cette interdiction a été levée. De l’avis de N. Miftah, directeur d’Al Ayam, l’éventualité d’une poursuite est pratiquement écartée.

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Le bâtonnier Abderrahim Jamaï, las de voir le wali de Casablanca et le gouverneur de Casa-Anfa, reporter indéfiniment la remise du passeport à l’ancien officier du CAB1, Ahmed Boukhari, leur adresse une lettre ouverte. Il leur rappelle qu’un jugement a été rendu contre leurs “pratiques oufkiriennes” et qu’en se soustrayant à la loi, ils “déshonorent l’Etat”. Dont acte.

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Il s’appelle Hmatou Ouled Khelili Mohamed Salem Rguibi et il donne le tournis aux autorités marocaines, depuis une trentaine d’années au moins. Mais il est plus connu par son nom de guerre : Mohamed Abdelaziz, auquel feu Hassan II avait même rajouté un “El Marrakchi” pour marquer ses origines marocaines. C’est l’association du Sahara marocain qui a publié cette précieuse infiormation.

 
 
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