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N° 202
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Hassan Hamdani

Electro. Libre est le son

Zayan Freeman
Zayan Freeman, DJ casablancais de trente ans, orfèvre du son expérimental, a enfin réuni en album le travail de plusieurs années de recherche et de création, soit dix-huit morceaux en analogique d’une rare intensité, aux noms parfois bizarroïdes (“Orbital synthesis”), parfois translucides (“Train to pain”). Sous ses airs d’objet sonore non identifié, Transversal reflexion of sound est un regard, fidèle et émancipé, sur la banalité du quotidien, la complexité des relations humaines ou encore sur cet intrigant métissage de simplicité et de sophistication qu’est la nature. Tour à tour battement de cœur sous adrénaline, ultrason abyssal, murmure liquide, roulement de ferraille, écho galactique, rythme ahwach ou méditation de moine tibétain, cet
album est une pérégrination cérébrale construit autour d’un jeu de miroir entre image et son. Mais le style Zayan, c’est aussi cette touche de philosophie qui confère l’impression d’un travail abouti, sans pour autant quitter les voies du questionnement perpétuel. Car par-dessus tout, Zayan Freeman est un investigateur sonore, un avant-gardiste qui s’est longtemps tenu à l’écart de toute médiatisation, performance publique et commercialisation. Son talent le devançant, Zayan aujourd’hui en contact avec un label britannique, présentera un set de Transversal reflexion of sound au prochain Festival d’art vidéo de Casa en mars 2006 et, pour les plus impatients, apporte la touche finale à son site www.zayanfreeman.net d’où la communauté électro pourra télécharger quelques pépites de son art… dès le 31 décembre 2005. Bonne année !


Formation. Prod et scénar, même combat !

Oyez producteurs de la place ! Meda films productions lance un appel à candidatures. Chaque année, dix producteurs de la zone sud de la méditerranée, porteurs d'un projet de long métrage, suivront après sélection des ateliers de formation sur l'écriture, les aspects juridiques de la production, la distribution et l'exploitation des films, le marketing et la communication…. Les producteurs seront accompagnés du scénariste du long métrage afin de créer le lien artistique indispensable entre ces deux métiers fondamentaux du cinéma. Les participants bénéficieront, qui plus est, d'un suivi dans la finalisation de l'écriture et la production du long métrage en projet. Ces ateliers de formation seront subventionnés par l'Union européenne dans le cadre du programme Euromed Audiovisuel II, avec pour chef de file au Maroc, Ali n' Productions de Nabyl Ayouch. Date limite pour les candidatures: le 31 janvier 2006. Contact : Ali n'Productions : 022 49 28 29.


Marrakech. Fashion victims

Après avoir visité l'Inde l'année dernière, la Fashion Week pose armes et bagages à la Mamounia le 10 décembre prochain. Au programme : défilé de mode, dîner de gala et after. Le kit complet est à 1600 DH, mais c'est pour la bonne cause: l'association Al Karam pour la protection des enfants en difficulté. Ceux qui n'ont pas la fibre sociale pourront se rabattre sur l'after à 350 DH. En guest star, l'omniprésent Claude Challe, et quelques DJ dont on n’a pas encore révélé les noms. Quant au défilé, les créations de Zineb Joundy, entre autres, et une rétrospective d'Adolfo de Velasco, un dandy marrakchi précurseur de la mode orientale en Occident.


Rencontre. Big Bakchich

Kamel El Mesbah, secrétaire général de Transparency Maroc, présentera la traduction arabe de Das Netz Der Korruption de Peter Eigen. Le livre décrit le système des pots de vin mis en place par les multinationales en échange de grands chantiers ou d'accords politiques. Peter Eigen en parle en connaissance de cause, il a été directeur à la Banque mondiale avant de fonder l'ONG Transparency international, il y a dx ans. Kamel El Mesbah présentera également un complément à l'étude de Peter Eigen. Le Source Book, une recherche sur la corruption dans le monde arabe rédigée par des chercheurs palestiniens, irakiens, jordaniens, marocains…Le 7 décembre à 17h à l'Institut Goethe de Casablanca, le 8 décembre à 17h au Goethe de Rabat.


H-Kayne. Le clip qui déchire

Plus qu’un clip, c’est un trip. Dans la foulée de HK1426, les trublions du rap meknassi ont passé un bout de ramadan à mettre leur titre “F’mo Hadak” (“Cause toujours”) en images. Le résultat est une véritable pépite visuelle, nerveuse et esthétique, filmée et montée par le décidement talentueux DJ Key, co-auteur du scénario et qui vient de monter une boîte de prod’ audiovisuelle, Funky Noise. Une caméra numérique, une chambre, une terrasse, quelques potes, un skateboard, les coups de pouce de la famille et de l’IF de Meknès… et voilà ! En filigrane, deux messages : un coup de gueule envers tous les jaloux qui ont taxé le groupe de commercial, et un clin d’œil au système D du tonitruant premier album 1 son 2 bled’art. Mais assez parlé : c’est sur www.raptiviste.net, et c’est du bonheur.


Album. Marrakech en transe

Ils y sont enfin arrivés. Après sept année de travail secret entre le mythique quartier new-yorkais Soho et la médina de la ville rouge, l’équipe de Kamarstudios, née en 2000, vient de finaliser l’album pilote d’une série inédite. Marrakech under moon, c‘est la rencontre pionnière de l’électro-acoustique minimaliste et des transes gnaouas sacrées et immémoriales, celles de l’Opéra Gnawa, enregistrées live au fil d’une quinzaine de lilas avant d’être modulées en sons électro, et dont les textes ont été traduits en français et en anglais. Ce premier album – Noir – est nommé après la première des sept couleurs-univers célébrées par les maâlems. Virgin et la Fnac lorgnent déjà cette œuvre entre passé et futur. En espérant que le Maroc y aura droit aussi !


Concert. Ramyyyyyy !!!!

A vos fards les filles ! Le “beau brun ténébreux” de la chanson arabe arrive. Ramy Ayach, abonné aux hits depuis le succès faramineux de son “ya msahareiny” promet de faire tourner les têtes et déhancher le reste. “Albi mal”, “khaleeny maak”, “Ya omri la”, que de titres fortement marqués par les percussions et autres mélodies inspirées des classiques orientaux. À signaler aussi, pour les âmes sensibles qui se sont laissées apitoyer, puis séduire, par la rumeur de son cancer : c’était juste un bon coup médiatique. Ramy se porte comme un charme. Son crâne rasé, c'est juste son nouveau look et non pas la conséquence d’une chimiothérapie. Le 7 décembre à Rabat à l’hôtel Hilton, le 8 et le 9 à Casablanca au Mégarama et le 10 au palais des Congrès de Marrakech.


Net. Soyez raptiviste !

Marre de la harira musicale standardisée que vous servent les médias à la louche ? Prenez un bol d’air XXL sur www.raptiviste.net, le premier portail participatif du mouvement rap au Maroc. Fondé il y a deux mois par un quatuor de rappeurs entre Salé et Meknès, le site promet de fédérer sur la Toile BBoy’s et MC’s, graffeurs et DJ’s, plus tous les fondus de musique urbaine. Le must de l’actu hip hop truffé d’interviews exclusives, des titres à télécharger et une radio online sont au menu de ce site pionnier et rafraîchissant. Ses créateurs annoncent même la finalisation de la première net tape marocaine. Un bol d’air, on vous disait...


Théâtre. À l'aise, Blaise

Danièle Marty, metteur en scène français, décline sur les planches des poèmes de Blaise Cendrars tirées de Feuilles de route, sorte de journal rimé du voyage maritime du poète français entre la France, le Brésil, le Portugal et l'Afrique. Danièle Marty a crée un espace dépouillé, le plus à même de mettre en valeur les vers de Cendrars. Le pont d'un bateau, une toile de fond bleu représentant la mer ou le ciel et une chaise longue. Pas de musiques, quasiment pas d'accessoires, juste les mots. Le Matin m'appartient vous embarque pour un voyage au long cours à l'IF de Casablanca le 8 décembre à 15h00 et le 9 décembre à 15h00 et 20h30.


Moussem

Le moussem de Tan Tan a été déclaré patrimoine universel immatériel par l'Unesco. Le directeur général de l'institution onusienne, Koïchiro Matsuura, avait assisté en septembre dernier à cette manifestation où s’étaient réunis, pour la première fois depuis trente ans, toutes les tribus de la région.


Pour la bonne cause

Les recettes des semaines du film européen 2004 et du festival Jazz aux Oudaya (115.000 DH) ont été reversées à trois associations de développement local. Elles serviront à financer un programme d'éducation sanitaire, un terrain de sport et un programme de planning familial.


Rchich vole haut

Les Ailes brisées, long-métrage du réalisateur Abdelmajid Rchich sur les enfants des rues, vient de se distinguer au 14ème festival de Damas en étant couronné meilleur film arabe 2005. Il sera présenté au prochain festival national du film de Tanger. Allez juger par vous-même.



Humeur : Trash attitude

Par Hassan Hamdani

Siham Assif aura trépigné longtemps aux portes de la gloire, tambourinant des pieds, des mains et de toute son anatomie généreuse. Siham Assif chantait dans les fêtes, même quand personne ne lui demandait, avec un aplomb admirable. Elle affichait ses formes à la télé pendant le ramadan, sans sembler se soucier des effets secondaires sur le téléspectateur. Au cinéma marocain, Siham Assif préférait même un reality show français pour apprentis stars. Signe d'intelligence chez elle. L'audimat de M6 explose, les doigts dans le nez, l'audience de n'importe quel film marocain. Et un beau jour, à force de tapage, sa pugnacité de mère- courage est enfin récompensée. Siham Assif, "distraite", ne règle pas une note dans une boîte de Marrakech. L'oubli est proportionnel à la facture : énorme. Rachid Nini lui présente l'addition dans sa chronique chouf tchouf. La voilà adoubée star populaire. Tout le Maroc la connaît désormais, du cireur de chaussures à la fille bien sous tous rapports. Siham Assif conquiert même le cœur des amateurs de presse people. Les fans de potins et rumeurs en tous genres voient en elles un messie. Il est enfin revenu, le christ voluptueux qui chassera les faux marchands du temple. Tous ces artistes qui égrènent leur chapelet de manière ostensible devant les caméras télés. Pas le genre dont on a envie de lire les frasques...




Le livre

L’exilé, l’éternel voyageur, l’homme qui habite le monde mais ne réside nulle part, qui pourrait-ce être ? Mahmoud Darwich, le poète contraint à la mobilité, bien sûr. Dans Nous voyageons comme tout le monde, l’élégant chantre de la cause palestinienne se transforme en déambulateur universel. D’une ode à l’autre, le lecteur découvre une myriade de métaphores, l’une plus inspirée que l’autre. Tantôt, c’est un surhomme qui voyage entre les cieux, faute de terre où reposer. Tantôt, c’est un amoureux enivré qui attend le corps de sa bien -aimée ou le lit de la liqueur pour s’y perdre. Soudain, l’image de l’ennemi spoliateur ou du derb perdu, remonte à la surface. Darwich, l’humaniste est, à tous les coups, insaisissable.

Mahmoud Darwish : Noussafir kannass ; Prince Claus Fund




Agenda.

Exposition Artistes de Marrakech jusqu'au 15 décembre à la galerie Les Atlassides de Marrakech.

River and Tides de Thomas Riedelsheimer, un documentaire sur l'artiste anglais Andy Goldsworthy, un représentant du land art. Ce dernier vit en Ecosse et utilise pour ses créations de la glace, de l'eau et des plantes. Le 7 décembre à 19 h00 à l'Institut Goethe de Rabat et le 8 décembre à 19h00 au Centre pédagogique régional de Rabat.

Harry Potter et la coupe de feu. La quatrième année à l'école de Poudlard est marquée par le “Tournoi des trois sorciers”. Les participants sont choisis par la fameuse “coupe de feu” qui est à l'origine d'un scandale. Elle sélectionne Harry Potter alors qu'il n'a pas l'âge légal requis. Ce dernier y retrouve son ennemi juré Lord Voldemort qui a trouvé un moyen de reprendre forme humaine. Au Mégarama.

Conférence sur l'acte photographique avec Abderrahim Jabrani, photographe, le 8 décembre à 18h30 à la Villa des Arts à Casablanca.

Rencontrez Michel Fize, sociologue de renom et auteur des Interdits, fondements de la liberté. Le 6 décembre à 19h00 à l'IF de Casablanca.

Le 11ème salon national d'art photographique se tient jusqu'au 29 décembre à la galerie Mohamed El Fassi à Rabat. Thème de l'expo : Portraits.

Suite et fin des semaines du film européen. Le 4 décembre à 20h00 au cinéma Lynx de Casablanca : Krute Radosti, film slovaque. Le 5 décembre à 20h00 au cinéma Atlantide de Safi : Crash test dummies, film autrichien. Le 6 décembre à 20h00 au cinéma Sahara d'Agadir : Hector, film espagnol.

 
 
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