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Par Khalid Tritki
Monetique. Les commerçants préfèrent le cash
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Les cartes à puce arriveront
en 2006. (AFP)
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Bank Al Maghrib a lancé une campagne de sensibilisation pour l'utilisation de la carte de paiement. Or, certains commerçants s'accrochent à leurs caisses traditionnelles. Il faut du chemin pour casser de vieilles habitudes.
Un constat : l'utilisation de la carte bancaire pour le règlement des achats ne représente que 7% de l'ensemble des opérations monétiques. Une conclusion : la carte ne sert en général qu'au retrait des guichets automatiques. C'est peu, très peu. La Banque centrale appelle au développement des paiements par carte. Une campagne de |
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sensibilisation a été lancée mardi 29 novembre pour inciter les clients à mieux utiliser leurs cartes. Et quand on sait que le taux de bancarisation représente 30%, en incluant le circuit de Barid Al Maghrib, le marché de la monétique décline un potentiel estimable. Le rêve de la BAM est d'arriver à banaliser l'utilisation de la carte. Acheter son paquet de cigarettes en utilisant une carte bancaire, pourquoi pas ? Tout est une question d'information et de sensibilisation. Il suffit de sonder le terrain pour en prendre conscience.
Le cash sonne mieux. Dans les magasins de prêt-à-porter de Maârif à Casablanca, les commerçants sont globalement équipés de terminaux de paiement électronique (TPE), ces petites machines où on introduit la carte pour régler un achat. Sauf que le cash a un attrait irrésistible. Nous avons souvent besoin d'argent frais pour régler certaines factures par ci, par là, ou pour alimenter le fonds de caisse, explique une charmante dame dans un magasin de vêtements pour nourrissons. Il n'est donc pas étrange qu'on prétexte dune panne pour inciter le client à payer en cash. En outre, derrière le discours diplomatique de cette dame, il y a une réalité commerciale. Chaque fois qu'un commerçant introduit la carte dans un TPE, il active le compteur de la liaison téléphonique. De sa marge commerciale, il doit déduire le prix de la communication. Les tarifs des télécoms ont baissé, certes, mais des vendeurs cherchent souvent à économiser les frais de liaison pour augmenter substantiellement leur marge bénéficiaire. Ce qui explique aussi que, dans la plupart des commerces, le paiement par carte est plafonné. N'avez-vous jamais remarqué une petite affiche près de la caisse autorisant le paiement par carte à partir de 100 ou 150 dirhams ? Il n'y a aucun plafond imposé aux commerçants. Parfois des erreurs de frappe sur le TPE autorisent des règlements de deux ou cinq dirhams. Le règlement peut se faire par carte à partir d'un dirham, explique-t-on auprès du centre monétique interbancaire (CMI). Pour cet organisme, dont la charge est de développer la monétique, le plafonnement est une fiction imposée par les commerçants eux-mêmes pour compenser les frais de téléphone, mais aussi pour couvrir les charges d'installation des TPE.
Des commissions adaptables
Justement, que paient les commerçants pour disposer de TPE ? Le prix d'un terminal est en moyenne de 5000 DH. Celui qui désire l'installer dans son magasin signe un contrat avec le CMI. Aucun versement initial n'est exigé. Le prix du terminal et de son entretien sont récupérés à travers des commissions prélevées sur les transactions, précise le CMI. Les commissions en question ne sont pas fixes. En moyenne, elles oscillent aux alentours de 4% du montant d'achat effectué par carte. Toutefois, la nature du commerce influe sur le taux de commission. Ainsi, les stations de service ont une commission zéro. Leurs marges sur la vente de carburant étant très faibles, le CMI préfère faire du bénévolat. L'essentiel pour nous est de permettre aux clients d'utiliser leurs cartes bancaires partout, même s'il faut consentir des commissions très faibles, martèle un cadre du centre monétique. La grande distribution bénéficie aussi d'une commission inférieure à 4%. Un commerce comme Marjane réalise des volumes énormes, mais ses marges sur les produits agro-alimentaires se calculent en centimes. Le CMI prend en compte cette donne au moment de la négociation de son contrat d'installation des TPE.
Et la fraude dans tout ça ?
Par ailleurs, les cartes de paiement marocaines n'enregistrent pas d'opérations frauduleuses notables. La fraude est marginale sur les cartes classiques. C'est au niveau des cartes étrangères que la fraude est sérieuse, confie-t-on à Bank Al Mahgrib. Le CMI confirme que la fraude sur les cartes Visa et Master Card arrivait, il y apeu, à plus de 0,4% des transactions globales réalisées en devise. Pour un pays qui reçoit plus de six millions de touristes, cela chiffre. Le passage annoncé à la carte à puce à partir de 2006, mettra fin aux pratiques frauduleuses. Que ce soit sur le plan national ouinternational, il sera difficile (mais pas impossible) de hacker une carte à puce. La Banque centrale s'y engage. D'ailleurs, le rôle de cette dernière est appelé à se renforcer. Le passage à la carte à puce ouvre la porte au paiement électronique et à d'autres services. Des textes de loi sur la signature électronique sont en cours d'adoption et le rôle de la Banque centrale est de plus en focalisé sur la protection des acteurs du marché, banques et clients à la fois, souligne Elhadi Chaâbanou, directeur général du Groupement professionnel des banques marocaines. C'est dire que Abdellatif Jouahri, wali de la Banque centrale a du pain sur la planche. Les banques également, car il leur revient de vaincre les réticences des commerçants. |
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Guichets automatiques. Comment ça marche
Combien de fois le guichet automatique a-t-il rejeté votre demande de retrait sans raison ? Vous arrive-t-il d'être frustré par une panne de liaison interbancaire ? La monétique est tout un monde de particules qui échappent à notre regard. Basé sur une connexion téléphonique à haut débit (ligne spécialisée), le guichet automatique ou le terminal de paiement transmet votre requête au serveur du Centre monétique interbancaire. C'est une station qui centralise toutes les opérations par carte du Maroc. Le CMI vérifie donc la nature de la transaction et donne son feu vert si la procédure ne comporte pas d'inconnue. Or ce sont justement les inconnues qui nous intéressent. Lorsque le CMI reçoit une requête de retrait et ne dispose pas d'informations sur le solde du compte, il transmet la demande à votre banque. Celle-ci répond ou ne répond pas, selon les cas. Si vos fonds ne sont pas conséquents, débiteurs par exemple, votre requête est rejetée. Dans le cas d'une carte étrangère, la requête passe par le CMI qui transmet à la Banque centrale qui, elle, autorise ou bloque la transaction. Et vous savez quoi ? Le tout en un éclair. La qualité de la liaison satellite avec les hubs de Visa et Mastercard et de celle, spécialisée, qui existe entre les banques marocaines, conditionne la rapidité de la transaction. Si un maillon de la chaîne a un problème de connectivité, c'est toute la chaîne qui se grippe. D'où des désolé, la liaison avec votre banque n'a pas été établie. Merci à la prochaine. |
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