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N° 202
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Khalid Tritki


Fathallah Oualalou (AFP)
Rapport. Le FMI tire encore sur la fiscalité

La dette et la fiscalité sont les tares du Maroc. C’est en gros le résumé du dernier rapport du Fonds monétaire international. Pour ce dernier, le niveau de la dette et la pression fiscale ne représentent pas de risque majeur sur la stabilité macro-économique, certes, mais à long terme, cette politique pourrait fragiliser le pays. “Si les politiques menées sont maintenues, elles pourraient déboucher sur un rapport dette/PIB plus élevé, réduisant ainsi la capacité de l’Etat à absorber des chocs défavorables et conduire à relever les impôts et les taux d’intérêt”. Qui dit relever l’impôt et les taux d’intérêt, dit condamner l’investissement.
Le Maroc entrera dans une spirale infernale. La réforme du système fiscal est donc une priorité qui ne peut être repoussée davantage. Le pari sera de conjuguer les efforts pour que la réforme de la fiscalité s’accompagne d’une relance de la croissance économique. Dans ce registre, le FMI conseille au Maroc, surtout lors du séminaire tenu au Parlement à Rabat, les 29 et 30 novembre, de faire bon ménage avec l’Algérie et les autres pays du Maghreb. “Seule l’intégration régionale peut engendrer une croissance capable de contrer le chômage et la pauvreté”, martèlent les quadras de l’institution financière internationale. Le même discours est, bien entendu, tenu à Alger. Il reste cependant à savoir si la question économique arrivera à vaincre les susceptibilités politiques qui minent les relations entre les pays du Maghreb. Le FMI n’en dit pas plus.


Dette. Le Maroc s’enfonce

Le Japon a accordé un prêt à taux bas d’environ 7,5 milliards de dirhams au Maroc. Le marketing royal a apporté ses fruits. La convention portant sur ce prêt a été signée le 29 novembre à l’occasion de la visite du roi au Japon. Tokyo va également fournir à l’Etat marocain une aide de quarante millions de dirhams pour combattre la pauvreté. Le prêt japonais est destiné à financer le projet de développement et d’assainissement de l’ONEP et du PERG (Programme d’électrification rurale de l’ONE). Précision importante : ces projets devront, pour une grande partie, être intégrés à l’Initiative nationale pour le développement humain. D’ailleurs, l’assainissement liquide et l’électrification rurale ont été accélérés grâce au plan d’urgence entamé depuis septembre 2005, toujours dans le cadre de l’INDH. Qui disait que le recours à l’endettement est exclu ?


Electricité. L’Espagne reliée au Maroc

Le 29 novembre, la pose du premier câble sous-marin établissant une interconnexion électrique entre le Maroc et l’Espagne a été achevée. Deux autres câbles suivront en janvier. Ce renforcement permettra de faire passer la capacité physique de transit d’une puissance de 700 MW à 1400 MW. L’interconnexion entre l’ONE et l’Espagne date de 1998. L’accélération du processus est un préalable à la libéralisation complète du secteur. Rappelons que l’ONE se prépare à l’instauration de deux marchés de l’électricité, l’un professionnel avec des prix libres et ouvert à la concurrence et l’autre domestique avec des tarifs réglementés. Avant d’en arriver là, l’office sera fragmenté en trois entités : une société de production d’électricité, une autre pour le transport de l’énergie et enfin un organisme de régulation.



LES OFF.

Mohand Laenser, ministre de l’Agriculture et de la Pêche, a fait l’objet de fortes pressions de la part d’armateurs de la pêche côtière et de la pêche hauturière. L’Institut de recherche, sous la tutelle du ministère, avait conseillé de prolonger le repos biologique jusqu’au 15 décembre prochain. Les armateurs n’étaient pas de cet avis. la pêche au poulpe est réouverte depuis le 30 novembre.

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Les promoteurs des projets touristiques adjacents au palais royal d’Agadir précédemment démolis sur ordre des autorités, ont sollicité l’avis du secrétariat particulier du roi sur la reprise ou non des travaux. La réponse, reçue dans des délais raisonnables, a précisé que rien ne s’opposait à ce que le chantier du promoteur Kabbaj, maire d’Agadir reprenne.


Investissement. Trois conventions

Le Premier ministre Driss Jettou a présidé, à Rabat, une réunion de la Commission des investissements, mardi 29 novembre. Au menu : l’examen des projets et des conventions d'investissement de 2,9 milliards de dirhams pour la création de plus de 2700 emplois directs. La commission a approuvé, au terme de cette réunion, trois conventions portant sur un investissement de 1,9 milliard de dirhams pour 450 postes de travail. Les trois projets portent sur le tourisme, les produits laitiers, les engrais et les dérivés du phosphate. Les autres projets qui seront traités lors de la prochaine réunion de la commission concernent l’aéronautique et l’industrie automobile.


Microcrédit. Une nouvelle enveloppe

Les caisses du microcrédit vont être renflouées. Le ministre chargé du Développement social, de la famille et de la solidarité, Abderrahim Harouchi, a affirmé mardi au Parlement que le gouvernement a mis en place un fonds d'investissement de 500 millions de dirhams pour le refinancement des associations de microcrédit. À l'occasion de l'année internationale des microcrédits, le ministre annonce une nouvelle stratégie. Désormais, le microcrédit sera doté d'un centre informatique pour traiter la question du non-remboursement des crédits, élargir les activités concernées et favoriser l'entraide entre les bénéficiaires. Rappelons que 68% des bénéficiaires du microcrédit sont des femmes avec un taux de remboursement de 99%.


Arbitrage. Maroc Telecom vs. Médi Telecom

L’Agence nationale de la réglementation des télécommunications a tranché, en novembre, dans deux litiges qui opposaient l’opérateur historique à Médi Telecom. Le régulateur demande d’abord à ce dernier d’augmenter ses capacités d’acheminement du trafic international via Maroc Telecom. Le second litige porte sur l’utilisation d’un câble sous-marin. L’ANRT a donné le droit au deuxième opérateur d’accéder à ce câble “sur la base des tarifs en vigueur appliqués aux liaisons louées opérateurs, majorés de 50%”, précise l’ANRT.



Khalid Tritki
Le langage du développement

Le temps des grandes privatisations est désormais révolu, à moins que l’Etat ne décide subitement de vendre l’OCP. Mais si le gouvernement abandonne la quête des recettes de la privatisation, il peut ouvrir une porte tout aussi lucrative. Dans les coulisses du pouvoir, certaines voix, à peine audibles, glissent des idées assez révolutionnaires. Pourquoi ne pas privatiser les terres agricoles et le foncier de l’Etat ainsi que celui sous sa tutelle ? Le but n’est pas l’enrichissement, mais le développement écono-mique et social. Le précédent de la Sodéa-Sogéta n’est pas une
règle. Il a fallu des années de bataille pour arriver à la concession de terres par appels d’offres. Ces fermes étaient l’un des derniers bastions de la féodalité makhzenienne. Terres, hommes et bétail étaient offerts à des notabilités qui monnayaient ainsi leur fidélité à la royauté. Les temps et la royauté changent, la fidélité également. Aujourd’hui, être fidèle, c’est lutter contre les pesanteurs du sous-développement. Les hommes qui mènent ce combat ne réclament pas de fermes, mais veulent des procédures, des opportunités et surtout de la vision. Pour eux, parlons un autre langage que celui de la privatisation, le langage du développement et non celui des recettes.

 
 
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