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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Abseslam Kadiri

France. Un passé qui ne passe pas

(AFP)
Le passé colonial français a refait surface mardi à l'Assemblée nationale. Les députés ont rejeté un texte socialiste visant à abroger un article de la loi du 23 février 2005 en faveur des rapatriés et des harkis. Donc, selon la loi en vigueur, les programmes continuent de souligner le “rôle positif de la présence française”, notamment “en Afrique du Nord” et “accordent à l’histoire et aux sacrifices des combattants de l’armée française, issus de ces territoires la place éminente à laquelle ils ont droit”. La première partie de l’article avait suscité les foudres des historiens au printemps dernier, puis la colère du président Bouteflika, qui a qualifié le texte de “cécité mentale confinant au négationnisme et au révisionnisme”.
Actuellement hospitalisé à Paris, Bouteflika a jugé qu’un tel article ruinerait le futur traité d’amitié franco-algérien. Ce à quoi des députés UMP lui ont ironiquement répondu qu’en se faisant soigner à Paris, il profitait bien des bienfaits de la colonisation.
Les socialistes qui avaient laissé passer cette loi, ont admis avoir “manqué de vigilance”. À l’appel de Claude Liauzu, plus d’un millier d’historiens ont signé une pétition. D’après la députée Christiane Taubira, “cette loi fragmente la mémoire française”. Aura-t-on droit à une histoire magnifiée et édulcorée ? Faut-il traîner la France au banc des accusés ? Est-ce à l’historien, au politique, ou au juge d’écrire l’Histoire ?


Israël. Pérès rejoint le parti de Sharon

A 82 ans, l’ancien Premier ministre israélien Shimon Pérès a créé un mini-séisme politique. Mercredi, le dinosaure travailliste, récemment battu par Amir Péretz, a claqué la porte de son parti pour rejoindre celui de Sharon (Kadima) en vue des législatives du 28 mars. “J'ai décidé de soutenir Ariel Sharon qui est le seul à pouvoir mener une coalition pour la paix”, déclare-t-il.
Deux autres transfuges travaillistes ont grossi les rangs de Kadima : la députée Dalia Yitzhik, et l’ex-ministre sans portefeuille, Haïm Ramon. Mercredi, Kadima a aussi présenté son programme. Au menu : création d’un Etat palestinien (démilitarisé) mais aussi maintien des colonies en Cisjordanie et conservation de l’intégralité de Jérusalem. Selon un sondage, Kadima est crédité de 34 mandats de députés, contre 27 au Parti travailliste, 11 au parti religieux Shass et 10 au Likoud.


Irak. Saddam fustige l’occupation

La seconde audience du procès de Saddam Hussein a tourné court, lundi à Bagdad. Le tribunal a décidé de reporter les débats au 5 décembre afin de permettre à l'ancien vice-président Taha Yassine Ramadan de trouver un avocat car il a refusé celui qui a été commis d'office. Saddam Hussein et sept de ses ex-lieutenants sont jugés pour le massacre de 148 chiites à Doujaïl en 1982. Ils risquent la peine de mort par pendaison.
Coran sous la bras, l’ancien raïs a défié le juge Amine : “Vous êtes souverain et ils sont des envahisseurs et des occupants”, lui a-t-il lancé en désignant ses gardes américains. Saddam a exigé que son escorte lui témoigne plus d’égards. “Je veux que vous ordonniez à ces étrangers et envahisseurs de m’enlever les menottes”, a-t-il dit, en signalant qu’on lui avait confisqué notes et stylo.



VITE !

Le sommet Euromed de Barcelone accouche d’une souris. En l’absence de presque tous les dirigeants arabes, le sommet n’a fait que souligner le fossé entre Nord et Sud, au-delà des problèmes du terrorisme et du Proche-Orient. Dès lors, à quoi servent la conclusion d’un “code de conduite antiterroriste” et d’un accord de contrôle sur l'immigration illégale ?

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Le directeur d'Al-Jazira, Wadah Khanfar, est resté à Londres un long week end sans pouvoir rencontrer Blair pour lever le voile sur la supposée intention américaine de bombarder Al-Jazira en 2004. Khanfar qui a parlé à de nombreux journalistes, n’a pas eu accès au mémo top secret et a déposé une demande d’explications à Downing street : “Nous ne laisserons pas l’affaire en l’état.” .


Canada. Le gouvernement renversé

Le gouvernement de Paul Martin, harcelé dans une affaire de détournement de fonds, a été renversé lundi par une motion de censure de l'opposition. Par 171 voix contre 133, les députés ont décidé de mettre fin à l’exécutif canadien. L’opposition estime que le Parti libéral, au pouvoir depuis douze ans, a “perdu l'autorité morale pour gouverner”, en raison du scandale dit “des commandites”.
Martin a remis à la gouverneure générale sa démission et des élections sont prévues, le 23 janvier. Les sondages donnent une avance au Parti libéral sur les conservateurs mais une majorité de Canadiens est favorable à un changement à la tête de l’état. Tout risque de se jouer en Ontario, province-clé où les deux partis au coude à coude comptent plus du tiers des députés.


Syrie. L’enquête piétine

L’enquête de l’Onu sur l’assassinat de Rafic Hariri patine. Alors que Damas a sacrifié cinq témoins, des officiers des services de renseignement, qui doivent être entendus à Vienne, un témoin-clé s’est rétracté.
Lundi, Houssam Taher Houssam, qui avait accusé des proches de Bachar Al-Assad, d'avoir commandité l'assassinat de Hariri, a affirmé que ses aveux lui ont été extorqués “sous la menace et contre des sommes d'argent astronomiques”.
Mercredi, Damas a demandé une révision du rapport Mehlis et des conclusions préliminaires de la justice libanaise. La rétractation de ce témoin “ébranle totalement” les accusations contre la Syrie, selon le ministère syrien des AE. La faiblesse des témoignages décrédibilise l’Onu et Mehlis. Mais malgré les failles de l’enquête, le problème syrien reste le même : comment limiter au plus haut niveau son implication dans l’assassinat de Hariri ?


États-Unis. Sale temps pour les journalistes

Après Judith Miller, deux autres reporters sont empêtrés dans le scandale Plame-Wilson, du nom de cette employée de la CIA dont l’identité a été divulguée à la presse par des responsables de la Maison Blanche. Viveca Novak, du Time, et surtout Bob Woodward, le journaliste vedette du Washington Post, célèbre pour avoir révélé l'affaire du Watergate, sont à leur tour visés. Révéler l’identité d’un agent de la CIA est considéré comme un crime chez l’Oncle Sam. Ce scandale a déjà entraîné l'inculpation du directeur de cabinet du vice-président Dick Cheney, Lewis Libby, pour entrave à la justice et faux témoignage. La justice cherche toujours à savoir si, au sein du gouvernement Bush, d'autres responsables ont révélé à des journalistes le nom de Valérie Plame, subtile manoeuvre destinée à déstabiliser son mari Joe Wilson, un ex-ambassadeur qui avait publiquement désapprouvé l’invasion de l’Irak.



Lu pour vous.
Chirac : amer anniversaire
(Lepetitjournal.com, 29 novembre)

Camille Vayssettes

On a connu Jacques Chirac plus fringant. Alors qu’il a assuré que c’est avec “beaucoup de plaisir” qu’il fêtait son 73ème anniversaire, Chirac semble bien affaibli par une année noire.
Déjà, sa légendaire santé a fléchi. Doté d’un appareil auditif depuis quelques mois, le Président a subi un accident vasculaire cérébral en août dernier. Depuis, il est apparu à la télé avec des lunettes, lui qui les avait quittées pour de bon dans les années 80.
Pendant la crise des banlieues, il est resté le souffle coupé. Sur les grands thèmes de politique intérieure, il ne semble plus donner le ton. Après la gifle du référendum sur la Constitution européenne en mai, il n’a plus un grand poids sur la scène internationale.
Méprisé par l’opposition, négligé dans son propre camp, rangé au placard pour les prochaines présidentielles, ça sent la fin de règne pour l’ancien maire de Paris, même s’il a toujours su rebondir. François Hollande invitait d’ailleurs, sur Europe 1, à “solder la période Chirac”.
Car, c’est le pire pour Chirac : on ne critique pas tant son action ou d’éventuels problèmes ou affaires comme dans le passé. Non. Tout cela a fait place à une profonde indifférence. Dans son propre camp, on ne croit plus beaucoup en lui. Le débat a quitté l’Elysée et ne se joue plus qu’entre Matignon et la place Beauvau. La seule rivalité qui vaille est celle qui oppose désormais Sarkozy et de Villepin.

 
 
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