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Affaire TelQuel vs. Hlima Assali
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Arb, à la barre, a parlé en son nom
et celui de K. Boukhari (AFP)
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L'ultime plaidoyer
La dernière séance s'est close le 5 décembre. Les avocats ont ferraillé pour une dernière fois, et le dernier mot est revenu aux accusés. Verdict : le 29 décembre.
ça y est, les débats sont clos. Le verdict, prévu pour le 29 décembre, confirmera-t-il la peine prononcée en première instance contre TelQuel (2 mois de prison avec sursis pour deux journalistes et 1 050 000 DH entre amendes et dommages et intérêts) ? L'alourdira-t-il encore,
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mettant sérieusement en question la survie de TelQuel ? C'est ce que demande, en tout cas, la défense de la députée Halima Assali : 3 millions de dirhams de dommages et intérêts, pas un centime de moins. Même si l'honneur n'est pas une affaire d'argent, comme l'avait rappelé Mme Assali elle-même lors d'une séance précédente.
Les avocats de TelQuel, eux, ont rappelé à la Cour que le terme cheikha n'était en rien diffamatoire, pas plus que les autres expressions citées dans la chronique de Karim Boukhari. Et quand bien même la Cour jugerait ce terme diffamatoire, a ajouté Me Karam, les montants demandés par la plaignante ne se basent sur rien de tangible ni de raisonnable. Et de produire devant la Cour la copie d'un jugement condamnant un journal qui avait traité un homme politique de trafiquant de drogue (ce qui est nettement plus préjudiciable que cheikha) à
100 000 DH en première instance, puis 60 000 DH en appel ! En conclusion, le but de cette Cour, a rappelé le bâtonnier Jamaï, défenseur de TelQuel, c'est de tancher dans un procès en diffamation. Pas d'enrichir, ni d'appauvrir indûment qui que ce soit.
Le dernier mot, comme de tradition, a été réservé aux accusés. Parlant pour lui et pour son collègue Boukhari, Ahmed R. Benchemsi a fait, à la barre, la déclaration suivante :
- Je ne reviendrai pas une dernière fois sur les mots cheikha, jellaba, etc. Vous savez, Monsieur le président, comme je sais, comme tous les gens présents dans cette salle savent (y compris les avocats de Mme Assali) que les soirées animées de cheikhate sont banales dans notre pays, et que des contacts politiques, préludes à des carrières politiques, se nouent couramment dans ce genre de soirées. C'est ce que nous avons voulu souligner mais chacun, malheureusement, ne comprend que ce qu'il veut bien comprendre
- Quel qu'en soit le verdict, ce procès sera une première, puisqu'on y jugera un genre journalistique particulier, celui de la chronique humoristique. Ce genre, caustique mais pas insultant comme l'a déjà expliqué notre défense, est banalisé dans les pays réellement démocratiques. Nous espérons, un jour, atteindre ce niveau. Si par son jugement, la Cour montre que ce genre est légitime et admis, ce sera un signal fort, qui permettra d'élargir le champ de la liberté d'expression dans notre pays. C'est le vu de tous les Marocains, et notamment des 30 institutions politiques, syndicales et associatives qui nous ont soutenus, ainsi que des 16 000 personnes qui ont signé les pétitions de soutien lancées par TelQuel
- Les procès d'intention n'ont pas leur place dans un tribunal. Nous avons, Karim Boukhari et moi, expliqué à la Cour en toute sincérité et bonne foi le sens de cette chronique humoristique. Je demande par conséquent à la Cour d'émettre son jugement sur la base de ce qui a été écrit, objectivement. Et si les intentions doivent absolument entrer en compte, alors que la Cour juge nos intentions, pas celles que d'autres nous prêtent - et que nous continuons de récuser.
- Je réaffirme une dernière fois que nous n'avons jamais cherché à nuire personnellement à Mme Assali, ni à personne d'autre d'ailleurs. Dans la chronique en question, nous n'avons pas cité son nom. Non pas parce que cela lui aurait nui si nous l'avions fait, mais simplement parce que notre but était de mettre en valeur un phénomène de société (les différentes voies d'accès au parlement), plutôt que de cibler une personne en particulier. Si cette affaire n'avait pas pris une tournure politique, suite aux malheureuses circonstances du procès de première instance, il n'y aurait eu aucune publicité là-dessus, et le nom de Mme Assali n'aurait jamais été connu.
- Que la Cour émette un jugement juste, en son âme et conscience. |
Nos confrères nous soutiennent
Depuis le début du harcèlement contre TelQuel, de nombreux confrères nous ont exprimé leur solidarité et leur sympathie par écrit, par l'image ou sur les ondes, et/ou ont couvert avec constance et fidélité nos péripéties judiciaires.
Pour la presse internationale, merci à nos confrères Steven Adolph (NRC Handelsblad, Pays-Bas), Laurent Arnauts (Le Journal du Mardi, Bruxelles), Mouna El Banna (RFI), Houcine Majdoubi (Al Qods Al Arabi), Andres Martinez (Los Angeles Times), Ahmed Najim (elaph.com), Ashark Al Awsat, ainsi qu'à nos confrères de la RTBF (radio télévision belge), des chaînes Al Jazira, CNN et Canal Sur (Espagne), et du site lemonde.fr.
Pour la presse nationale, merci à Mostafa Alaoui (Al Ousboue), Ali Anouzla et Taoufik Bouachrine (Al Jarida Al Oukhra), Abderrahim Ariri et Mounir Ketaoui (Al Bidaoui), Abdelhakim Badie et Khalid Jamaï (Annahar Al Maghribiya), Mohamed Brini, Abdelkbir Akhchichen, Khalid El Attaoui et Lahcen Ou Simouh (Al Ahdath Al Maghribiya), Driss Chahtane (Al Michâal), Abdelmounaïm Dilami, Rachid Nini, Mohamed Akisra et Khalid El Herri (pour L'Economiste et Assabah) Mohamed Hafid et Omar Bchirit (Assahifa), Abdellatif Housni et Taoufik Bouachrine (Wijhat Nadar), Amina Ibnou Cheikh (Le Monde Amazigh), Khalid Jamaï et Ali Amar (Le Journal), Abdelaziz Koukas (Al Ousbouîya Al Jadida), Kamal Lahlou et Mohamed Afifi (La Gazette du Maroc), Karim Mariami (pour Libération) Noureddine Miftah et Youssef Bajaja (Al Ayam), ainsi qu'à l'agence internationale de presse et de communication (AIC Press)
Nos excuses et notre gratitude à ceux dont nous aurions manqué les écrits de solidarité - il y en a eu tellement... |
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Ils nous soutiennent*
Syndicat national de la presse marocaine
Reporters sans frontières / Ifex
Fédération marocaine des éditeurs de journaux
Réseaux des associations de quartier (Resaq - 5 réseaux et 150 associations affiliées)
Association marocaine des droits humains
Collectif démocratie et modernité
Parti socialiste unifié (fusion de la Gauche socialiste unie et de Fidélité à la démocratie)
Boulevard des jeunes musiciens
Association Alternatives
Transparency Maroc (Association marocaine de lutte contre la corruption)
Réseau Amazigh pour la citoyenneté
Fédération démocratique du travail
Centre marocain des droits de l'homme
Réseau associatif Achouâla
Parti de l'avant-garde socialiste démocratique
Réseau Al Amal pour le secours et le développement durable (Al Hoceima)
Association marocaine de lutte contre le sida
Parti annahj addimocrati
Syndicat national de l'enseignement supérieur
Forum vérité et justice
Parti Al badil al hadari
Attac Maroc
Association marocaine des familles de martyrs et disparus du Sahara marocain
Syndicat national des fonctionnaires des collectivités locales de Safi
Confédération démocratique du travail - Essaouira
Centre marocain pour l'observation des élections
Ligue marocaine pour la culture et les arts
Syndicat des employés de 2M
Syndicat des employés de l'institut Pasteur
Association des femmes progressistes
* Membres du Collectif de défense et de liberté de la presse et/ou associations ayant produit un (ou plusieurs) communiqués de solidarité, et/ou institutions représentées au sit-in de soutien à TelQuel, le 8 novembre 2005
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Pétition. Assez !
Après un premier procès où TelQuel et ses avocats n'avaient même pas eu droit à la parole, et qui s'était soldé par deux mois de prison avec sursis pour deux journalistes plus une amende record de 1 050 000 dirhams, TelQuel a été condamné, à l'issue d'un second procès, à une amende exorbitante de 910 000 dirhams. Soit 9 fois plus que d'autres journaux, condamnés pour le même motif. Et 9 fois plus que l'amende maximale jamais accordée par la justice marocaine en pareil cas. Avec un total de 1 960 000 dirhams d'amende en deux mois, c'est désormais clair : le pouvoir veut abattre TelQuel.
Ces procès orientés et ces peines excessives confirment, de manière éclatante, la nouvelle stratégie du pouvoir marocain pour museler la presse indépendante : l'asphyxier financièrement, en manipulant la justice à l'occasion de procès banals intentés par des particuliers. À travers TelQuel aujourd'hui, c'est demain toute la presse libre du Maroc qui est en danger. Si nous ne réagissons pas, les procès manipulés et les amendes démesurées s'accumuleront. Et les journaux fermeront ou s'auto-censureront, la peur au ventre.
La liberté d'expression, un des plus grands acquis de l'ère Mohammed VI, est gravement menacée. Nous soussignés, dénonçons cette menace avec force et déclarons soutenir TelQuel, ainsi que toute la presse libre, dans son juste combat pour un Maroc démocratique. |
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