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Reportage. Oujda-sur-seine
N° 203
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Hassan Hamdani

Livre-bilan. Les chrétiens de chez nous

Une église à Midelt
Vincent Feroldi et Jamaâ Baïda n’ont pas attendu la polémique sur l’évangélisation du Maroc par des missionnaires américains pour s’embarquer dans le projet de ce livre-bilan, Présence chrétienne au Maroc. L’aventure a commencé en 1995. Feroldi, prêtre de son état et historien de formation, débarque à la tête de la bibliothèque de la Source à Rabat et veut se lancer dans un chantier de recherche. Lorsqu’il décide de plancher sur l’histoire des églises au Maroc, il le fait en compagnie de Baïda, également historien, qu’il rencontre au Groupe de Recherche islamo-chrétien (GRIC). Le livre écrit à quatre mains, grâce à des sources de l’Archevêché de Rabat et du Quai d’Orsay, donne, en fin de compte, un inventaire historique plus ou moins exhaustif du retour des chrétiens au Maroc, depuis la moitié du XIXème
siècle. Le lecteur réalise que les incursions d’évangélistes américains sont récurrentes et ne datent pas d’aujourd’hui. La différence entre le pasteur Ginsburg, venu en 1875, et ses pairs actuels, est qu’autrefois “les juifs constituaient leur cible privilégiée et qu’aujourd’hui, ils cherchent à convertir directement les musulmans”. Le livre permet indirectement de comprendre pourquoi un Charles de Foucauld, missionnaire français notoire, n’était pas venu au Maroc en cette qualité. “Lyautey, plutôt favorable au respect de la communauté musulmane a juste autorisé les franciscains à venir, mais pas les Pères blancs comme il y en avait en Algérie”. L’ouvrage permet aussi de faire l’inventaire des églises ayant pignon sur rue et des limites que Rabat leur impose. Instructif.


Concert. La madre de dios

Vaya Con Dios débarque pour la première fois au Maroc. Ce sera au Mégarama les 14, 15 et 16 décembre à 21h00. Les fans de la voix suave de Dani Klein, chanteuse leader du groupe belge, sont nombreux au Maroc. Ainsi, les organisateurs avaient déjà vendu la moitié des places disponibles à une semaine des concerts. Les nostalgiques de la grande époque des Vaya Con Dios seront aux anges avec les classiques “Puerto Rico”, “Nah Nah nah” et “Don’t Cry for Louie”, “Just a friend of mine”… Côté nouveautés, les spectateurs du Mégarama auront aussi droit à deux morceaux du dernier opus des Vaya Con Dios, The promise, sortie en 2004 et qui a marqué le retour du groupe sous les feux de la rampe, après dix ans de silence. L’occasion, peut-être, d’entendre Dani Klein prêter sa voix soul à la langue de Goethe. Sur The promise, elle chante aussi en allemand. Une rencontre inattendue ! Prix des places : 300 DH, 400 DH et 600 DH.


Sortie. Gad dans l’arène

Gad el Maleh est de retour au Maroc, mais sur grand écran cette fois, dans la comédie Olé réalisée par Florence Quentin, scénariste de l’inoubliable Le bonheur est dans le pré. Gad joue le rôle d’un chauffeur, confident, partenaire de golf et alibi des frasques d’un grand patron incarné par Gérard Depardieu. Le boss s’appelle François, le chauffeur Ramon, la femme du chauffeur trouve Paris trop frisquet, rêve de son Andalousie natale, et la femme du boss joue à la malade imaginaire. Puis un beau jour, la ruine de Gérard Depardieu le rapproche de Ramon. Florence Quentin a mis tous ces ingrédients dans un fait-tout. Le plat se laisse savourer. Au Mégarama.


Vente aux enchères. Pesez, c’est vendu !

Les collectionneurs ont rendez-vous, le 17 décembre à 16h30, à l’Hôtel des ventes de Casablanca. Au programme de cette vente aux enchères, des peintres orientalistes (comme d’hab !), mais aussi Chaïbia, Hassan El Glaoui et Mahi Binebine. “Nous avons deux types de clientèle, les amateurs de figuratif qui s’intéressent aux Orientalistes et les férus de peinture marocaine plus abstraite” explique Hicham Daoudi, organisateur de la vente. Quant à la cote des peintres marocains, elle est en hausse pour Chaïbia dont l’un des tableaux est proposé à 130.000 DH. En l’absence de catalogues raisonnés et d’expositions à l’étranger, la cote des artistes marocains est déterminée par les ventes aux enchères ultérieures et les prix pratiqués dans les “galeries d’arts sérieuses” précise à ce propos Hicham Daoudi. Fauchés s’abstenir.


Comédie musicale. Scarlett, as-tu du cœur ?

Quarante-huit étudiants des trois centres de HEM (Casa, Rabat et Marrakech) donnent, le mercredi 14 décembre une représentation de leur comédie musicale, inspirée du film Autant en emporte le vent. Programmé à la salle Allal El Fassi (Ex-Soumaya) à Rabat à 20h30, le spectacle se veut une symbiose de chorégraphie et de jeu. Mise en scène par Nadia Houda, animatrice d’atelier-théâtre, la comédie musicale a déjà été donnée en représentation, gratuitement, à Marrakech et Casablanca. Les 60 DH d’entrée seront dédiés à l’association l’Avenir, qui héberge les familles de cancéreux. Connue comme l’unique refuge de mères d’enfants hospitalisés venus de loin, l’Avenir vit grâce aux dons du cœur des autres. Bravo !


Théâtre. Un ange passe…

Le spectacle, La curiosité des anges, fête presque ses 20 ans. Créée en 1987 au festival off d’Avignon, jouée en France et dans le monde entier jusqu’en 1991, La curiosité des anges est reprise en 2003 par ses géniteurs : François Cervantes à la mise en scène, Catherine Germain et Dominique Chevalier sur les planches. Zig (Dominique Chevalier) et Arletti (Catherine Germain) sont deux clowns, “perdus comme deux cloches, ingénus comme des enfants, bienheureux comme des anges”. Ils portent un regard décalé sur notre monde, posent quelques questions fondamentales sur la nature humaine, mais sans jamais se prendre au sérieux. À partir de 10 ans. Le 11 décembre à 17h30 et le 13 décembre à 20h30 à la salle Delacroix du lycée Lyautey.


Poésie. Électrons libres !

L’excellente revue de poésie que dirige l’écrivain marocain bilingue, Jalal Hakmaoui, remet ça. Visiblement, la volonté de réussir une publication qui sort du lot se confirme dès le deuxième numéro. En plus de la diversité des plumes et le caractère cosmopolite qui ont fait la raison d’être d’Electron libre, la revue veille dorénavant à aborder des thématiques. La poésie hollandaise ouvre la marche. Dix écrivains hollandais de souche y ont droit de cité. À côté, la vedette, d’origine marocaine, est un Mustapha Stitou, qui rêve de s’exiler au Maroc. En vers seulement. En traversant les textes, tous écrits ou traduits en français, le lecteur est tantôt émerveillé, tantôt surpris. Et c’est tant mieux.


Rencontre. Darwinisme économique

Christian Bouquet, professeur de géographie politique et du développement à l’Université Bordeaux III, s’est spécialisé dans l’étude des rapports entre la mondialisation et la pauvreté. Fort d’une carrière de 30 ans sur le terrain, il décrypte le modèle économique qui prévaut dans les pays d’Afrique Subsaharienne et de l’Océan Indien. La contrefaçon, la contrebande, la culture des stupéfiants, sont des nécessités de survie, qui relèvent d’une “adaptation” aux changements économiques et possèdent leur logique commerciale. “La transgression, nouveau modèle économique pour les pays pauvres” le Jeudi 15 décembre à 19h00 à l’IF de casablanca.


Cinéma. Zmagria Movies

Certains d'entre eux sont des cinéastes marocains résidents à l'étranger. D'autres ont réalisé des films sur l'immigration sans jamais quitter le Maroc. Ils s'appellent Yasmine Kassari, Narjiss Nejjar, Daoud Oulad Sayed…. Pour rassembler tout ce beau monde sous une seule coupole, le festival de cinéma d'Agadir a choisi de placer sa 3ème édition sous le titre “cinéma d'immigration”. Et pour insister encore plus sur cette zmagritude, le festival rend cette année hommage à l'acteur Bachir Skirej et reçoit en guest star Gad El Maleh. Rendez-vous donc du 13 au 18 décembre pour une lecture transversale d'un cinéma à moitié d'ici et à moitié d'ailleurs.


Vous dansez ?

Alerte générale, des chorégraphes du Maroc et d'Europe envahiront Dar Takafa à Marrakech du 20 au 24 décembre. Objectif : vulgariser une forme d'expression artistique qui peine encore à prendre son envol au Maroc : la danse contemporaine. L'opération porte le nom de “On marche”, elle est signée par la compagnie Anania.


Des sous pour le cinéma

Bonne nouvelle ! Le Fonds d’aide à la production cinématographique nationale sera porté de 30 à 50 millions de dirhams, dès l’an prochain. L’annonce a été faite par Nabil Benabdellah, ministre de la communication, lors de la cérémonie d’ouverture du dernier Festival national du film de Tanger.


Gad et les autres

C'est confirmé, Gad El Maleh sera aux côtés de Choumicha sur le plateau de 2M, le 9 décembre pour la soirée Sidaction. Un peu d'humour pour compléter le beau mix que l'événement a imaginé cette année. Avant lui, Naïma Samih, Rachid EL Ouali et Hicham EL Guerrouj avaient répondu “présent” à l'appel.



Humeur : Mabrouk

Par Hassan Hamdani

Les gratte-papiers consulaires sont habitués à voir défiler des couples improbables. Dans leur imaginaire, l’envahisseur marocain était un Doukkali plein d’énergie traînant une vieille rombière asséchée, ou une belle jeune fille marrakchie accrochée au bras d’un retraité sous viagra. Les employés tiquaient un peu, vérifiaient le sexe des futurs mariés et signaient les papiers. Jusqu’au jour où un homme est venu chambouler ce bel agencement hétéro. Il s’est présenté auprès de son consulat, demandant à épouser son fiancé marocain. L’étranger était dans son droit, son pays d’origine autorisant les mariages entre hommes. Branle-bas de combat au consulat, le couple était certes mixte, comme à l’accoutumée, mais du même sexe. Le consulat ne pouvait même pas prétexter le danger terroriste pour botter en touche. Le futur marié marocain ne voulait rien faire sauter, à part son époux sur ses genoux. On frôlait dès lors l’incident diplomatique. Rabat accepte très facilement la fuite des cerveaux, des gigolos priapiques et des jeunes filles gérontophiles. Par contre, les autorités sont plus chatouilleuses quand il s’agit de papouilles entre hommes. Surtout, si au lieu de faire profil bas, ces derniers se mettent à faire leur coming out dans le consulat des autres. On imagine déjà les diplomates débordés par un herrag d’un nouveau type : l’homme qui aimait les hommes. Et les policiers marocains attendant les mariés à la sortie du consulat. Avec une paire de menottes comme m’damma. Et un fourgon de police comme hdya...




Le livre

Mahi Binebine nous plonge dans sa mémoire personnelle. Celle de sa ville bien-aimée, Marrakech. Accompagné par des photos, pleines de sensibilité, de l’artiste madrilène, Luis Asin, il déambule dans Le griot de Marrakech entre les ruelles de ses souvenirs, ses lectures et autres savoirs accumulés au gré des rencontres. Allant du petit détail qui attire son attention instinctivement à la référence historique qui lui a permis de recoller les morceaux de cet espace qui l’habite, Binebine allie l’art romanesque de conter et la capacité esthétique de créer des impressions par des touches sporadiques. Les petits textes, mis côte à côte reconstituent le puzzle d’un plaisir qu’il a longtemps contenu et qu’il partage, enfin.

M. Binebine : Le griot de Marrakech ; Ed. Le Fennec (99 dh)




Agenda.

C’est la fête du court-métrage à l’IF de Casablanca. Le 16 décembre à 20h00 vous pourrez voir (ou revoir) : La mer-e de Rachida Saadi, Jamais plus de Selma Bergach, Le désert de Veronique Cayet, Lunati(k)a de Hicham Lasri et La jeune femme et l’ascenseur de Mohamed Nadif.

Sanaa Maharati donne un concert où se mêleront musique andalouse, melhoune, gharnati et chant chgouri. Le 16 décembre à 20h00 au Théâtre municipal d’El Jadida.

Mahi Binebine expose ses dernières variations sur la condition humaine à la galerie les Atlassides du 17 décembre au 16 janvier 2006.

La 3ème édition du Festival du cinéma d’Agadir se tiendra du 13 au 18 décembre. Au programme, entre autres : L’enfant endormi de Yasmina Kassari, Tarfaya de Daoud Ouled Sayed, Ici et ailleurs de Mohamed Ismaïl, Le grand voyage de Ismaêl Farroukhi, Les yeux secs de Narjiss Nejjar et Tenja de Hassan Legzouli.

Conte fantastique pour enfants avec Ali et l’armoire magique de la compagnie Tralala. Les 10, 11 et 17 décembre à 10h00 au cinéma Lynx à Casablanca.

Le wagon cinérail de l’institut Goethe s’arrêtera à El Jadida, Khouribga et Casablanca du 12 au 16 décembre. Au programme : des films du programme prix jeunesse de Berlin. Et pour les adultes, Good bye Lenin entre autres.

Rachid Mortaki, Mohammed Mouhsine et Rachid Zizi exposent à la galerie d’art City Center à Hay Riad (Rabat) jusqu’au 21 décembre.

Hamid El Kasri et Links, jeune groupe rbati, donneront un concert le 17 décembre à 19 h00 au Centre culturel de l’Agdal à Rabat.

 
 
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