Sujet
Actu Économie
Rapport. Corruption land
Communauté. Juifs marocains : un exode programmé
Rif. Histoire d'une république éphémère
Festival. Les marocains font leur cinéma
Reportage. Oujda-sur-seine
N° 203
Webmaster
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Abseslam Kadiri

France. Au chevet d’une Algérie malade

Abdelaziz Bouteflika (AFP)
C’est seulement que lundi dernier qu’un bulletin médical sur la santé de Bouteflika a été publié pour couper court aux rumeurs. Ce premier communiqué, émis neuf jours après l’hospitalisation du président algérien à Paris, a révélé qu’il a été opéré d'un “ulcère hémorragique au niveau de l'estomac”. L’état de santé de Bouteflika “ne présente aucun motif d'inquiétude” mais les médecins ont prescrit “une convalescence stricte et rigoureuse”. D’après Alger, son retour au pays serait “une question de temps”.
Bouteflika est arrivé le 26 novembre à l’hôpital militaire du Val-de-Grâce, après avoir été examiné à l’hôpital militaire d’Aïn Najda, d’Alger, où le corps médical a conseillé son transfert à l’étranger pour
des “examens plus approfondis”. Depuis c’était le black-out. Côté algérien, on parlait de “troubles gastriques et intestinaux”. Côté français, on s’abritait derrière le secret médical, renvoyant aux responsables d’Alger la tâche d’informer le peuple.
Si la presse algérienne a bien accueilli le communiqué, elle fustige une “absence de communication précise, en temps réel, sur l’état de santé des hauts responsables algériens”.
Autre exemple : le pays a appris dimanche que le ministre de l'Intérieur, Yazid Zerhouni, avait été lui aussi hospitalisé, plusieurs semaines à Paris, où il avait subi “une lourde opération rénale”. Alger a été contraint de le révéler pour réagir aux rumeurs “indécentes” donnant Zerhouni pour mort.


Arabie Saoudite. La grand-messe

Pour son début de règne, le nouveau roi Abdallah d'Arabie Saoudite a convoqué cette semaine à la Mecque un sommet de 57 pays de l’Organisation de la conférence islamique (OCI). Le sommet voulait concocter deux documents : l’un demande un “sincère examen de conscience” basé sur “le Coran et la Sunna”, l’autre est un “plan pour dix ans” qui vise à renforcer l’unité des musulmans (actions communes…). Rédigé par des intellectuels et des religieux, il insiste sur des réformes “applicables” ce qui est une pique adressée à une OCI plus divisée et utopiste qu’efficace.
Abdallah a dénoncé l'extrémisme islamiste et appelé les musulmans à “la modération”. Il a, dans ce contexte, souligné qu'une révision des systèmes scolaires dans les pays islamiques, “est une demande essentielle pour former chez le musulman une personnalité tolérante et, partant, une société qui refuse l'enfermement”.


Irak. Saddam boycotte son procès

Coup de théâtre. L’ex-président Saddam Hussein a refusé de comparaître mercredi à son procès. Mardi, le raïs déchu a reproché au tribunal d'avoir décidé de tenir une nouvelle audience mercredi, alors qu’il n'avait plus d'habits propres et ne pouvait fumer ni marcher. “Allez au diable !”, a lancé le raïs, qui ne reconnaît ni tribunal ni procès.
Mercredi, en son absence, un témoin a décrit l'assaut contre son domicile après l'attentat contre le convoi présidentiel en 1982, à Doujaïl, et les tortures qu'il aurait subies dans la prison d'Abou Ghraib. Puis le procès a été ajourné au 21 décembre, après les élections législatives du 15 décembre. “Le tribunal poursuivra le procès et informera l'accusé de son déroulement, pendant son absence. Je parle de Saddam Hussein”, a indiqué le président du tribunal, Rizkar Amine.



VITE !

Le juge allemand, chargé de l’enquête sur l'assassinat de Rafic Hariri, Detlev Mehlis, a déclaré au Premier ministre libanais qu'il quitterait cette commission après le 31 décembre, date de fin de son contrat. “Il ne faut pas que cela inquiète, car l'enquête va se poursuivre”, a dit Siniora. Mehlis va rendre un rapport d’enquête avant le 15 décembre.

------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Le chantre de la négritude, Aimé Césaire, a refusé de recevoir Nicolas Sarkozy en Martinique : “Je reste fidèle à ma doctrine et, anticolonialiste résolu , ne saurais me rallier à l’esprit et à la lettre de la loi du 23 février 2005”. Il conteste aussi la reconnaissance dans les manuels scolaires du “rôle positif de la présence de la France en outre-mer”.


Grande bretagne. Cameron, patron des Tories

Les conservateurs britanniques se sont offert mardi une cure de jouvence avec un nouveau chef de 39 ans : David Cameron. Ce jeune loup, excellent orateur, a battu David Davis et succède à Michael Howard. Cameron devient le quatrième chef des Tories depuis John Major.
Député depuis quatre ans, sans expérience ministérielle, Cameron est en charge des questions d'éducation au sein des Tories. Il a réussi à faire souffler un vent d'espoir sur un parti vieillissant, jamais remis de l'époque Thatcher. Il plaide pour une opposition “constructive”. Au parlement, il a soutenu, sur un ton consensuel, les réformes de Blair sur l'éducation. Un cadeau empoisonné pour le Premier ministre qui se heurte à la fronde des travaillistes sur le sujet.


Iran. 68 journalistes crashent

Les critiques contre les autorités iraniennes se sont multipliées à la suite du crash, mardi dans le sud de Téhéran, de l’avion C-130 qui a fait 110 morts. L'appareil de l'armée, qui transportait 68 journalistes, aurait décollé alors qu’il était bon pour la casse. “Le pilote, qui a fait demi tour à cause des problèmes techniques, a demandé à deux reprises l'autorisation de faire un atterrissage d'urgence à l'aéroport de Mehrabad mais cela lui a été refusé”, écrit un journal.
La flotte aérienne civile et militaire iranienne est vétuste et souffre durement des sanctions imposées par les Etats-Unis à l’Iran après la révolution de 1979. Celles-ci empêchent l’Iran d'acheter des équipements et des pièces de rechange pour ses avions… En désespoir de cause, les Iraniens ont regardé du côté de l'ex-URSS (Tupolev, Yak…). Les Etats-Unis sont prêts à lever leur embargo. Mais cette décision est liée au dossier du nucléaire iranien.


Europe. Tournée à risque de Condi

La tournée européenne de Condoleeza Rice, destinée à renforcer l’alliance transatlantique, a viré à l’exercice de haute voltige et à la défense d’une CIA aux abois. Condi a été malmenée à Berlin et Kiev. Interpellée par Angela Merkel, gênée par une “erreur américaine” sur l’affaire de Khaled Al-Masri, la secrétaire d’état américaine a affirmé, depuis Kiev, que Washington n'autorisait ni la torture ni les traitements dégradants aux Etats-Unis ou à l'étranger, dans une tentative de calmer le jeu.
Pourtant, selon ABC, des officiels américains avaient préparé le terrain en fermant des prisons en Europe de l’Est. Les détenus auraient été transférés précipitamment en Afrique du Nord (Maroc ?), un mois avant l’arrivée de Rice. En Roumanie, le ton était plus enthousiaste. Bucarest va octroyer aux Etats-Unis quatre bases militaires permanentes et renforcer la coopération entre services secrets roumains et américains.



Lu pour vous.
Dernier combat d’un éternel second
(Le Monde du 7 décembre)

Daniel Vernet

A première vue, le ralliement du travailliste Pérès à Sharon est contre nature. S’agit-il du dernier retournement de cet “éternel intrigant” ? Pérès est un bon exemple de ces hommes politiques plus appréciés à l’étranger que dans leur propre pays. Ce commis-voyageur d’Israël a connu son heure de gloire en 1994 quand il reçut le prix Nobel de la paix pour les accords d’Oslo, avec Rabin et Arafat.
Mais, à 82 ans, Shimon Pérès n’a jamais gagné par lui-même une bataille politique en Israël. Sa longue carrière, commencée à gauche, est au contraire jalonnée de défaites. “Qui veut vaincre avec Pérès doit apprendre à perdre”, dit-on ironiquement à Jérusalem. (…) Sa défaite la plus douloureuse remonte à 2000, quand il perdit l’élection présidentielle, et la plus récente, il y a un mois, quand il fut devancé par le syndicaliste Amir Peretz pour la direction du Parti travailliste.
Pérès n’a pas toujours été en faveur de négociations avec les pays arabes et les Palestiniens. Jusqu’en 1970, il était même un “dur”. Ce n’est que bien après qu’il concevra le processus de paix.
Pérès rompt avec le parti de sa jeunesse qui vient de lui signifier que son temps était révolu pour le plat de lentilles d’un poste ministériel prestigieux que lui promet son frère ennemi. Mais c’est peut-être le dernier “coup” d’un idéaliste qui voit dans le bouleversement d’un paysage politique israélien, l’occasion de sortir d’une impasse.

 
 
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est © 2009 TelQuel Magazine. Maroc. Tous droits résérvés