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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Hassan Hamdani

Danse contemporaine. Les danseurs en marche

On avait presque oublié l'existence d'une danse contemporaine marocaine depuis que Lahcen Zinoun a cessé de produire ses spectacles. Et encore ! Ses “en flagrant délire” et autres grandes chorégraphies étaient consacrées à une minorité d’initiés. La danse en général et la danse contemporaine en particulier sont longtemps restées prisonnières du carcan de l’art dit “élitiste”. Et Lahcen Zinoun reconverti en réalisateur, le vide s'est installé. Il a fallu attendre la naissance d'Anania en 2001 pour réentendre parler de danse contemporaine. Jusqu’alors, les quidams de ce pays n’avaient pas accès à la danse et personne pour les initier. Premier grand fait d’armes d’Anania, elle a formé des jeunes des quartiers défavorisés de
Marrakech, les a encadrés puis les a fait monter sur scène. On s’aventurerait même à affirmer que l’initiative a fait quelques émules, à Essaouira par exemple. Maintenant, pourquoi on vous raconte tout ça ? Eh bien parce que la petite bande d’Anania a décidé de récidiver …et en visant plus grand cette fois-ci. Un regroupement de masse de chorégraphes d’ici et d’ailleurs, venus pour danser…naturellement, pour expliquer la danse contemporaine et la rendre accessible à tous. Du 20 au 24 décembre donc, Marrakech accueillera Anania, ses invités et son public pour une fin d’année en mouvement. Et petit clin d’œil aux journalistes, la compagnie planche sur une formation à la critique de danse contemporaine. Alors, on danse ?


Spectacle. Ramy, c’était hot hot

On n’avait pas vu ça depuis l’époque Patrick Bruel. Vous vous en souvenez, de ces concerts où à côté de la voix du chanteur résonnaient d’autres cris désespérés et inexplicablement amoureux criant “Patriiiiiick, je t’aime” ? Ce soir-là, le vendredi 9 décembre au Mégarama, les Marocaines de moins de 25 ans ont trouvé leur Patrick. Il s’appelle Ramy Ayach. C’est un jeune post-ado libanais honteusement sexy et définitivement homme de spectacle qui a allumé toute la jeunesse féminine présente ici-bas, avec sa chemise ouverte jusqu’au nombril, ses muscles saillants et ses chansons “stripteasesques”. Et il n’y a pas eu que les filles, mais aussi des mecs qui ont tenté de forcer le cordon de sécurité pour se faire prendre en photo avec lui. Et la musique dans tout ça ? Mis à part le fait que toutes et tous connaissaient les textes par cœur, Ramy n’a pas besoin de plus que sa demi-douzaine de tubes et autres reprises de classiques de la chanson libanaise et égyptienne pour assouvir la soif de ses fans.


Musique. Cliquez sur le Link

ça bouge de plus en plus à Rabat. Hamid El Kasri et le groupe Link seront en concert le 17 décembre à 19 h00 au centre culturel de l’Agdal. On ne présente plus Hamid El Kasri, maalem gnaoui qui fusionne la tagnaouite du nord et du sud du Maroc. Link, par contre, qui jouera en avant première du maître, est un nouveau venu sur la scène des jeunes groupes marocains. Soutenu par l’association Envol, Link tire ses influences du blues, avec des teintes de latino, gnaoui et funk américain. Et cerise sur le gâteau pour les amateurs de fusion, Hamid El Kasri et Link joueront ensemble quelques morceaux avant la prestation du maâlem gnaoui.


Concert. Vaya en duo

Dani Klein, chanteuse des Vaya Con Dios, est arrivée mercredi dernier sur scène, tout de noir vêtue, ponctuelle, très attendue par le public du Megarama venu revivre, qui son adolescence, qui des souvenirs de jeunesse ponctués par la voix chaude et éraillée de l’interprète des standards que sont “Don’t cry for Louie”, “What’s a woman” ou “Just a friend of mine”. La salle comble n’attendait qu’elles, ces chansons connues de tous et reprises en chœur par les spectateurs du Mega quand Dani leur tendait le micro. Dani Klein, rodée aux attentes du public, a interprété tous ces tubes à la moitié du concert, relançant une ambiance qui avait tendance à retomber quand elle chantait des morceaux de son dernier album “The promise”, sorti en 2004, et beaucoup moins connu des fans marocains. Il faut dire que ces titres manquaient d’un “ je ne sais quoi” qui faisait le talent des Vaya.


Ouvrage. Schéhérazade & co

Abdelfattah Kilito et Jean Luc Joly viennent de rendre publics les actes d’un colloque mémorable :” Les mille et une nuits, du texte au mythe”. Au menu, deux types de communication. Le premier évoque les sœurs de Schéhérazade, Khalife le pêcheur, son double maghrébin, La’aba, le rusé marocain, les prototypes indiens et persans qui s’en inspirent et bien d’autres analyses. Le deuxième chapitre englobe l’appréhension des Mille et une nuits, par les divers traducteurs, français, espagnols, voire japonais, et par d’ autres auteurs, les Français,Michel Butor, Georges Perec ou l’Argentin Jorge Luis Borgès. Shéherazade l’originelle se transmue d’une culture à l’autre. Le tout offre un voyage littéraire de haut vol.


Hip Hop. Battle pacifique

Le premier championnat de danse sportive du Maroc aura lieu à Meknes le 30 décembre. Cet évènement rassemblera plus de 100 danseurs venus de tout le Maroc pour en découdre sur la piste. Tous les genres seront représentés, la danse sportive étant un monde vaste où l’on retrouve aussi bien les chorégraphies Hip Hop( lookin, bogaloo, poopin…) , break dance, funky et jazz. Amine Wakrim, chorégraphe (et pharmacien !) a eu l’idée de cette rencontre sportive et chorégraphique afin de “mettre en valeur les nombreux adeptes de Hip Hop qui ne trouvent pas où s’exprimer.” La compétition comprend 4 catégories : le solo free styke, le break dance one vs one, la chorégraphie en duo et en groupe. Inscriptions ouvertes jusqu’au 20 décembre. Infos au 065 15 58 43.


Côté court. Le Karawane passe, Bouchra filme

C’est son premier court-métrage et il pourrait l’emmener loin. Karawane, l’oiseau libanais, documentaire poétique et incisif sur un danseur libanais de Paris réalisé en fin de master à la prestigieuse Femis (école de cinéma française), est présenté cette semaine en compétition internationale du 7ème festival du Film de Quartier de Dakar. Désormais habitué des festivals (Beyrouth, Bruxelles), Karawane est déjà auréolé du prix du jury du Festival tunisien de Klibia. Bouchra Yjork, par ailleurs actrice et scénariste, qui a fait partie des happy few de la masterclass animée par l’Iranien Abbas Kiarostami à Marrakech, apporte actuellement sa dernière touche technique à son second court, El Bahja, qui parle des gamins cireurs de chaussures de la ville ocre.


Album. La batterie selon Barry

Tout au mixage de son premier album, le Casablancais Barry s’est offert le coup de baguette magique du grand Karim Ziad pour les arrangements batterie de sept titres sur douze. Le percussionniste franco-algérien vient juste de reprendre l’avion, après quinze jours de travail à quatre mains dans le studio de Sigma Technologies, à Casa. Au menu, un style fusion-groove-chaâbi-ragga-gnaoua fidèle aux habitudes d’un Barry qui répond ici à qui pense, depuis son single r’n’bisant avec la gracile Oum (“Dear Mama”), que le musicien s’était perdu en chemin. Sachez au passage que Barry jouera en clôture du festival de Tanjazz, le 28 mai 2006.


Cinéma . Le vieil homme et la mort

Le promeneur du champ de mars de Robert Guédidian est l’histoire d’une rencontre, celle d’un François Miterrand, au seuil de la mort, qui se confie à un journaliste chargé d’écrire les mémoires de ce mastodonte de la politique française. Michel Bouquet, salué par la critique, campe un Miterrand en fin de règne qui s’interroge sur son legs politique. Face à lui, un journaliste, en quête de certitudes sur la vie, de leçons universelles sur la politique, l’histoire, l’amour et la littérature. Le vieil homme en proie en doute, confronté qu’il est à sa mort prochaine, n’en a plus à donner. Le 20 décembre à 19 h00 à l’IF de Meknès et le 21 décembre à 19h00 au complexe Al Houria de Fès.


Sézame ouvre toi

Un nouveau venu dans les kiosques. La revue Sézame, magazine mensuel d’actualité et d’analyse, désire créer un pont entre les deux rives : le Maroc et les Marocains de l’étranger. Le premier numéro contient, entre autres, un dossier sur l’embrasement des banlieues françaises.


Transsaharien

La deuxième rencontre du cinéma transsaharien de Zagora se tiendra du 21 au 24 décembre. Ce sera l’occasion pour le public zagouri, en manque de cinéma, de voir des films marocains comme Tarfaya de Daoud Ouled Sayed et Le regard de Nourredine Lakhmari. Un hommage sera également rendu à l’excellent Mohamed Bestaoui.


Les yeux de Chimene

Chimène Badi sera au Maroc pour un concert le 20 janvier 2006 au Mégarama.Révélation française de l’année 2003, la chanteuse a vendu plus de 900.000 exemplaires de son dernier album : Dis moi que tu m’aimes et collectionne les tubes grâce aux singles “Le jour d’après”, “Je viens du sud”...



Humeur : War game

Par Hassan Hamdani

Au moment où l’Irak vote, tentant de trouver un remplaçant un peu plus présentable qu’un type en treillis, sort aux Etats-Unis un jeu de société, Battle to Baghdad the fight for freedom, où le but ultime est la capture de Saddam Hussein. La pub est on ne peut plus claire : “Le combat pour la liberté enchantera vos soirées en famille”….après avoir désenchanté les foyers irakiens, serait-on tenter de rajouter. On imagine déjà la petite famille américaine, confortablement assise dans son salon, fatiguée de ces ingrats d’Irakiens qui se font exploser comme du pop corn, au lieu d’en bouffer comme tout le monde, se rassurer sur son bon droit pour 59 $ frais de port compris. À ce prix là, elle peut revivre les heures de gloire de l’Amérique, jouer à cache-cache avec un tyran à moustaches, les lui tirer même, puis fermer la boîte, vite fait, avant que la situation ne s’enlise. Battle to Baghdad est un jeu de cartes si simple qu’il peut être compris même par un Texan. Quand tu fais bonne pioche, Bush te donne des GI’s. Si tu promènes un arabe en laisse, Bush te gronde, tu promets de ne pas recommencer, et tu peux repartir jouer avec Grand-père, Mum et Tonton Saddam. Si tu débusques le premier Tonton de son terrier, t’es déclaré Super Warrior. Battle to Baghdad est basé sur le hasard pur. Un gamin obèse, dispensé de gym, myope comme une taupe, qui confond sa gauche et sa droite, peut tout à fait devenir une bête de guerre. Sa blonde de sœur aussi d’ailleurs. Cela peut sembler improbable, mais pas plus que Bush en chef des armées.




Le livre

Depuis quelque temps, l’enseignement de l’histoire est au cœur de toutes les interrogations. Mostafa Hassani Idrissi a le double mérite d’en être un spécialiste et d’avoir vérifié sur le terrain, dans des classes d’histoire marocaines, l’applicabilité des théories en vogue. Aujourd’hui, dans Pensée historienne et apprentissage de l’histoire, il propose aussi bien un état des lieux conceptuel que l’examen d’un module enseigné au secondaire. Par l’exhaustivité des références et la rigueur de la démarche, cet essai peut avoir valeur de référence pour les enseignants, les inspecteurs et éventuellement des parents d’élèves curieux. Quoique académique dans son style, l’essai n’a rien d’hermétique. Il suffit de s’y intéresser de près.

M.H.I : PensEe historienne et apprentissage de l’histoire ; L’Harmattan (2005)

 
 
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