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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Rétrospective coordonnée par Hassan Hamdani

SPÉCIAL. 2005 une année d’Arts & de culture

Nouvelle scène. Les jeunes talents ont mûri

Dar Dmana
La nouvelle scène marocaine a franchi un nouveau cap en 2005. Côté albums, Blade Schizophrene des Hoba Hoba Spirit et HK 1426 des rappeurs d’H.Kayne ont confirmé le talent des deux groupes. En progrès constant, de plus en plus maître de leur sujet. Leur réputation et leur audience dépasse désormais le cadre de la presse “djeun’s” pour s’affirmer aussi bien dans les médias généralistes comme Al Jazeera, la chaîne Inter, Tracks sur Arte, que dans les festivals étrangers. Ainsi, l’année se conclut en beauté pour Hoba Hoba Spirit, médaille d’argent aux derniers jeux de la francophonie de Niamey au Niger. Avant le Niger, Hoba Hoba a fait vibrer les Ramblas à Barcelone lors du festival de la Mercé. Les autres groupes-phares de la scène marocaine ne sont
pas en reste. Darga a pris une dimension supérieure lors du concert de clôture du dernier festival d’Essaouira. Les 10 cactus sautillants préparent, à l’heure actuelle, leur deuxième opus que l’on espère aussi abouti que ceux de leurs compères révélés par le Boulevard des jeunes musiciens. Dayzine et Barry eux aussi en studio pour enregistrer leur premier album dont la sortie est prévue début 2006. Derrière ces valeurs sûres, de nouveaux venus poussent à l’ombre des concerts. Dar Dmana et Rif Gnawa, se sont rodés à la scène toute l’année, tandis que de nombreux groupes rbatis pointent le bout du nez, soutenus par les associations Envol et Nextrock comme les autres l’étaient par le Boulevard des jeunes musiciens.


Spectacles. Les grands succès de l’année

Gad El Maleh, Adil Imam, Bilal, Nancy Ajram… quatre artistes aux registres différents, mais au succès garanti. Pour son retour attendu au Maroc, en septembre dernier, Gad El Maleh a vendu l’intégralité des billets de son dernier spectacle L’autre, c’est moi en 2 jours, beaucoup étaient même revendus au marché noir. Adil Imam a aussi fait salle comble, en juin et juillet derniers, avec sa pièce de théâtre Bodyguard, création au succès non démenti depuis 5 ans. Bilal a été, quant à lui, la grande star du premier Festival de Casablanca avec, à son concert d’El Bernoussi, plus de 160.000 spectateurs chauffés à blanc. Bouillonnants, les spectateurs venus assister aux vocalises de Nancy Ajram sur Jemaâ El Fna l’étaient aussi. La tornade Nancy a tout emporté sur son passage, allumant des mâles en rut venus surtout admirer ses formes. Le concert de Nancy Ajram a créé une polémique médiatique sans précédent dont Haïfa, autre chanteuse libanaise très hot, a fait les frais. Haïfa devait se produire à Casablanca, mais les autorités ont interdit le concert.


Théâtre. La culture pour tous

L’opération “Allons au théâtre”, organisée par la Fondation des arts vivants (FAV) en juin et juillet derniers au complexe culturel d’Anfa, a popularisé les planches auprès du public, en programmant du théâtre à un prix symbolique(20 DH),. Offrir des espaces de création, aller vers le public, tisser des liens entre les personnes et les disciplines, la FAV porte un programme ambitieux qui doit prendre de l’ampleur dans les années à venir. Le festival de théâtre de la fondation Zakoura, tenu en juillet dernier, relevant du même esprit, a permis à des femmes de monter pour la première fois sur scène. En l’occurrence, les bénéficiaires de microcrédits de Zakoura, appelées à plancher sur des thèmes comme l’éthique, la corruption, la solidarité…En arabe dialectal, en tachelhit, en tarifite et en arabe hassani, les femmes ont joué avec naturel et spontanéité leur quotidien.


Danse contemporaine. Une nouvelle génération

À l’initiative de jeunes chorégraphes, la danse contemporaine marocaine sort peu à peu de l’ombre. Mouna Sekkat et Meryem Assali Jazouli ont passé l’épreuve du feu cette année avec leurs premières œuvres respectives : “Temps de chien” et “Murmures”. Des spectacles ont été montés au gré des rencontres artistiques. Ainsi, Safar…ce monde au goût de terre, chorégraphie de la compagnie Numidia, est le résultat des parcours hétéroclites de Amal Hadrami (danseuse contemporaine) et Abderrahim El Alaoui( danseur traditionnel). Plutôt que de larmoyer sur le peu d’intérêt porté à la danse contemporaine, le collectif de danseurs Salama, la compagnie Numidia et Anania sont partis à la rencontre du public. Dans leurs spectacles, on retrouve souvent de jeunes danseurs repérés et formés lors de stages gratuits dispensés par ces compagnies.


Festivals. Le Maroc en fête

Le festival de Casablanca et le festival Trans-atlantique des Doukkala, derniers-nés dans le paysage culturel marocain, sont venus confirmer une tendance. Le Maroc est devenu, en l’espace de quelques années, un pays de festivals où prévaut ce grand principe démocratique : la gratuité. Dès sa première édition, le festival de Casablanca a été un succès populaire, alors que ses glorieux aînés confirment d’année en année leur audience avec, notamment, une hausse des festivaliers à Essaouira (plus de 450.000 cette année) et une ouverture à la scène electro marocaine qui a relancé le concept initial basé sur la culture gnaouie. Le festival Timitar d’Agadir a confirmé, quant à lui, dès sa deuxième édition, ses ambitions artistiques et populaires avec une programmation de bonne facture et un public venu en grand nombre.


Cinéma. La relève est en marche

La polémique sur Marock de Leïla Marrakchi, descendu en flammes par des réalisateurs old school pour son impertinence et son supposé sionisme, a entaché une année cinématographique marocaine au bilan globalement positif. Ainsi, les films marocains, à défaut d’être distribués au Maroc, ont raflé de nombreux prix dans les festivals étrangers, signe que la qualité est de plus en plus au rendez-vous. En amont, les initiatives se sont multipliées pour relancer le cinéma marocain. Le Fonds d’aide à la production marocaine du CCM sera porté de 30 à 50 millions de DH dès l’an prochain. Cette institution a aussi lancé le premier concours national du court-métrage ouvert aux jeunes cinéastes marocains. Grâce aux master class organisés à Marrakech, à destination de jeunes réalisateurs marocains, et à la future école de cinéma qui ouvrira ses portes à Marrakech en septembre 2007, le cinéma marocain prépare la relève. Une génération de cinéastes jeunes, désinhibés, maîtrisant la technique, pas le genre (on l’espère en tout cas) à crier au sionisme éhonté, comme leurs aînés, quand une musulmane fait l’amour à l’écran avec un juif.


Concerts. ça se bouscule au portillon

Après un passage à vide de deux ans, les grands concerts payants reprennent au Maroc. Lara Fabian, Patricia Kass, Gilbert Montagné, George Benson, Victoria Abril, Yuri Buenaventura, Vaya Con Dios, Ramy Ayach, autant d’artistes qui se sont succédé à Casablanca en 2005. Chimène Badi est attendue en janvier 2006. A l’exception notable de Ramy Ayach, avant tout chanteur pour jeunes filles hystériques, les artistes programmés ont tous une assise populaire large, faute de quoi c’est l’échec assuré pour les promoteurs de concerts. “L’artiste étranger qui peut rapporter de l’argent au Maroc, c’est celui dont on chante les chansons de 7 à 77 ans” soulignait à ce propos Carlos Peirats, organisateur du concert de Lara Fabian en mai dernier. Faute d’avoir appliqué la règle du plus grand dénominateur commun, les promoteurs du concert d’Amel Bent au Rialto en avril dernier, ont bu la tasse. Qui plus est, le public marocain s’attache davantage aux classiques au détriment de la nouveauté ou de l’actualité de l’artiste. La prestation de Vaya Con Dios, dernier grand concert en date, a confirmé cette donnée. Tous ont repris en chœur les grands tubes du groupe belge, mais l’accueil est resté mitigé pour leurs nouvelles chansons.



Humeur : Ascenseur pour l’échafaud

Par Hassan Hamdani

L’Iran s’apprête à subir une vague de morts par ennui sans précédent. Le président iranien Ahmadinejad a décidé d’interdire la musique occidentale décadente dans les médias. En lieu et place de Beyonce, Madonna et Shakira, les Iraniens auront droit à des concertos en boucle du pianiste français Richard Clayderman. Bienheureux ceux qui ignorent jusqu’à l’existence de ce concertiste de variété. Portrait express pour eux : Richard Clayderman est un vrai blond, se coiffe avec la raie au milieu, porte des smokings blancs agrémentés de nœuds papillons roses, joue une musique romantique programmée dans tous les ascenseurs du monde de Kuala Lumpur à Oulan Bator en Mongolie, et comme musique d’attente dans les standards téléphoniques new-yorkais et canadiens. Nancy Reagan l’a même surnommé le “prince de la romance”. Un tel éloge, servi par une dame qui a épousé un cow-boy d’opérette, laisse présager le pire pour les Iraniens. A l’avenir, ils devront éviter d’allumer la radio et de brancher la télé, prendre les escaliers et ne plus téléphoner à aucune administration. Rien que pour ça, et nonobstant ses atteintes aux droits de l’homme, le président iranien Ahmadinejad mériterait d’être jugé par un tribunal international pour crime contre l’humanité. Mais l’Onu ne fait rien, pire même, elle passe à ses fonctionnaires du Richard Clayderman dans les ascenseurs. Le siège de l’Onu fait 40 étages. De quoi mourir à petit feu.




Agenda.

L'artiste peintre Omar Bouragba expose ses travaux récents à la galerie Dar Youraziz de Marrakech jusqu'au 21 janvier 2006.

Le Monde de Narnia au Mégarama. Conte de fées fantastique réalisé par Georgie Henley avec Skandar Keynes.

Le premier championnat de danse sportive du Maroc aura lieu à Meknès le 30 décembre. Cet événement rassemblera plus de 100 danseurs venus de tout le Maroc pour en découdre sur la piste. La compétition comprend 4 catégories : le solo free style, le break dance one vs. one, la chorégraphie en duo et en groupe.

Magic System sera en concert le 28 décembre à 21h au Sheraton de Casablanca. Prix des billets : 300 et 350 DH sur place. Renseignements au 066 28 34 00 ou au 064 04 44 19.

Karin Bennani présente ses “Visions éphémères” jusqu'au 9 janvier 2006 à la galerie Memoarts de Casablanca.

Le secret de Moby Dick, film d'animation pour enfants, le 7 janvier à 16h à l'IF de Casablanca.

Dernière soirée des premières rencontres chorégraphiques de Marrakech avec le 24 décembre à 19h : Solo Duo Trio interprété par les danseurs d’Anania (Marrakech); à 20h Danse nord interprété par Taoufiq Izeddiou (Tours- Marrakech) et projection vidéo O.more de Bernardo Montet (Tours-France).

Concert rock le 24 décembre à 15 h00 à la Fondation Orient Occident à Rabat, avec Anaconda, Frenesia, Paranoïa, Last Breath et les Red Tears.

 
 
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