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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Driss Bennani

"La certitude tue, pas le doute"

Antécédents
NourEddine Saïl, DG du Centre
cinématographique marocain
1949. Naissance à Tanger
Jusqu’en 1984. Inspecteur général de philosophie
1984. Directeur des programmes à la TVM
1990. Directeur général de Canal+ Horizons
2000. Directeur général de 2M
2003. Directeur général du CCM
Bak ?
Mohamed Sail.

Mok ?
Khadija Ouriaghli.

La carte ?
Je ne l’ai pas sur moi. Je ne me rappelle pas du numéro.

Vous avez défendu Marock bec et ongles. Vous ne regrettez pas d’avoir joué à l’arbitre plutôt qu’au parrain ?
J’ai joué le rôle qu’il me semblait honnête de jouer. Je pars d’un principe : tous les films sont égaux dans un festival qui se veut national. Je n’ai pas procédé à l’analyse du film, mais j’ai défendu sa présence au festival. Je trouve tout de même drôle qu’un cinéaste veuille en
interdire un autre.

Ce n’était pas délicat d’intervenir entre un réalisateur confirmé et une débutante ?
Ma position est moins délicate que celle d’un réalisateur en compétition qui veut en exclure un autre.

Votre nomination à la tête du CCM, vous l’avez prise comme un retour à vos premières amours ou comme une voie de garage honorable après 2M ?
Plutôt comme un retour aux premières amours. Le cinéma est ma patrie et j’ai toujours accepté de relever les défis. Diriger le CCM au moment où je suis arrivé, était une mission difficile. Je crois que nous sommes en train de la réussir et je me plais parfaitement avec l’équipe qui m’entoure.

Vous avez fini par digérer votre départ de 2M, à ce que je vois…
2M représente une mission accomplie. L’histoire dira si j’ai réussi ou pas. Le bilan de mes trois ans et demi existe, de toute façon. J’agis avec des objectifs et des bilans. Tout le reste n’est que littérature.

Vous avez des adversaires ou des ennemis ?
Je dois certainement avoir les deux. Il faut assumer. C’est ce qui pimente la vie.

Est-ce que la rancune est un défaut ?
Oui, quand on la subit. Par contre, si vous en voulez à quelqu’un, vous n’êtes pas conscient que c’est un défaut. En tout cas, si je vous suis bien, sachez que je ne suis pas rancunier.

Dans ce cas, certains de vos amis qui la subissent pensent que si...
Nous sommes donc en désaccord là-dessus. Mais ce n’est pas grave, la contradiction fait avancer.

Si je vous demmande de dire du mal de quelqu’un, à qui pensez-vous en premier ?
Je ne fonctionne pas avec cette logique du mal. J’affronte.

Qu’est-ce qui vous a décidé à rentrer en 2000 alors que vous étiez directeur général de Canal+ Horizons ?
Très sincèrement, ce qui m’a donné envie, c’est la volonté de participer à la transformation progressive d’un pays que j’aime, avec un jeune roi.

Cinq ans après, vous ne pensez pas que vous avez été dupé ?
Je ne réagis pas par amertume. Il y a tellement de choses à faire, et pas le temps de les faire. Je suis du genre à positiver et aller de l’avant, pas à regarder dans le rétroviseur. Et puis j’aime me retrouver dans le regard de la femme que j’aime, de me voir dans ses yeux.

À aucun moment, vous ne vous êtes dit que le pouvoir a perverti l’intellectuel que vous êtes ?
Ça suppose que l’intellectuel que je suis, selon vous, soit totalement passif, sans capacité de réagir. N’est perverti que celui qui le veut bien. Je suis cosmopolite de naissance. Tanger, c’est le vent. Cette ville apprend à relativiser, à prendre le temps de vivre. Le foot m’a appris l’esprit de groupe et le vedettariat. à l’adolescence, les plus grands m’ont initié au cinéma. Tout cela m’a mené à la philosophie. Ce sont mes remparts. Parfois, je me surprends des attitudes d’homme de pouvoir que je trouve dérisoires juste après.

Si le père Noël existait, que lui demanderiez-vous ?
Comme un tout petit enfant, qu’il y ait plus d’amour et de compréhension et moins d’intolérance, de bêtise et de certitude. La certitude tue, pas le doute.

 
 
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