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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

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Par Driss Ksikes

Débat.
Le protectorat aurait-t-il été bénéfique au Maroc ?


(AIC PRESS)
Alors que le Maroc fête le cinquantenaire de son indépendance, un débat secoue la France sur le “rôle positif” de sa période coloniale passée. Les Français ne peuvent, à eux seuls, prétendre à ce bilan. Ils sont juge et partie. Raison de plus pour que nous, les ex-colonisés, en débattions entre nous. Le protectorat était-il d'abord une source d'humiliation, ou essentiellement un facteur de modernisation ? Quels en sont les effets, les stigmates, aujourd'hui ? Pour TelQuel, des historiens, des politiciens et des sages font le bilan.
La France a-t-elle (vraiment) créé le Maroc moderne ?

Le protectorat a eu, globalement, deux effets : moderniser le pays, et humilier les Marocains. Mais lequel a été prédominant et a le plus duré dans le temps ?

Messari. La colonisation est pour moi une expérience historique, close en son temps, et décriée par les instances internationales. Quant aux effets de la modernisation, ils ne sont pas le fruit principal du projet colonial. Juste un effet collatéral.

Saaf. Une certaine lecture marxiste minimise les atteintes aux droits de l'homme, les génocides, et insiste sur le fait que la colonisation a permis de déconstruire les structures archaïques en place et de jeter durablement les bases du processus de modernisation. Vu la volonté de rupture affichée par le mouvement national avec le protectorat, quiconque s'engageait dans un bilan des bienfaits et méfaits de l'expérience, comme Mohamed El Hajoui, se voyait qualifié de “traître”. Or, à la lecture de certains témoignages de l'époque, le lancement des barrages, de la poste, et du chemin de fer ressemble quelque part à une épopée de la mission civilisatrice… quoiqu'au service des intérêts de la métropole.

Baïda. Tout cela était, certes, au service des intérêts coloniaux, mais il y a eu des effets collatéraux. Qui peut ignorer la mise en place d' infrastructures durables, et surtout le désarmement des tribus ? Cela a certes servi “la pacification armée” au bénéfice de la France, mais cela a aussi été capital pour l'Etat naissant du Maroc. C'est pour cela que je ne considère pas la période 1912-1956 comme un incident, ni même une parenthèse dans l'histoire. Elle a été déterminante pour ce que nous sommes aujourd'hui. Notre manière de nous habiller, de discuter, d'étudier, tout cela a été possible grâce à cette période-là. On pourrait croire que nous allions y arriver un jour, tout seuls. Je pense, pour ma part, que le protectorat a accéléré l'histoire. C'est vrai que le traité de 1912, censé apporter des réformes, n'a pas été en faveur des indigènes… mais nous avons fini par en tirer profit.

Irez-vous jusqu'à dire que nous sommes redevables au Protectorat ?

Messari. Je dirai que le protectorat a cassé la réforme endogène. Lorsque, avant même 1912, les forces étrangères se sont réunies à Algésiras pour parler d'installer une police des frontières le long des côtes marocaines, le ministre Al Mokri est allé les voir avec ce message : “Le sultan veut la réforme mais il vous demande plus de temps”. Il est vrai que le colonisateur a accéléré le rythme de l'histoire. Mais c'était au détriment des initiatives locales. Le fait que le projet nationaliste ait pris le dessus est tout de même un indice majeur que le projet colonial n'a pas déterminé la suite.

Saaf. Avant la colonisation, il y a eu un mythe, selon lequel on allait nous “civiliser” par nous-mêmes. Une fois le protectorat installé, il y a eu acceptation du nouveau processus. Les Marocains l'ont intériorisé. Après l'indépendance, la mission civilisatrice est restée accrochée au décor. Aujourd'hui, le fait de s'accrocher à l'Europe pour nous en sortir est une constante.

Sebti. Rétrospectivement, je pense aussi que le protectorat a façonné le Maroc d'aujourd'hui. Il y a un Makhzen rénové, hérité de l'époque. Nous continuons à vivre sur une mythologie coloniale de développement. Faute de faire du Maroc son “grenier à blé” (NDLR : comme l'Algérie), la France a fait de nous sa Californie, d'où l'intérêt pour les barrages, pour les agrumes, qui date de 1930. Nous avons vécu, depuis ce moment, un processus enclenché par les Français.

Baïda. On fait mine de l'ignorer, mais l'Etat moderne marocain a été “retraditionnalisé” par Lyautey. Même notre drapeau, c'est son œuvre. Il était entièrement rouge avant 1915. Hostile aux bolchéviques, Lyautey a proposé au sultan d'y adjoindre l'étoile verte chérifienne. D'ailleurs, les nationalistes ont mis du temps pour reconnaître ce drapeau. Aujourd'hui, en observant le cérémonial du Makhzen, j'ai l'impression de lire Paroles d'action de Lyautey...

Le Makhzen, un legs du protectorat ?

L'humiliation et l'injustice provoquées par les colons sont-elles comparables à celles que le Makhzen et la féodalité ont fait subir au peuple, après l'indépendance ?

Saaf. Il y a eu trois formes d'agression récurrentes : l'expropriation des terres, l'engagement forcé dans l'armée et les discriminations administratives de tous les jours. La dichotomie dominants-dominés, sous-jacente à ces actes, a été reprise par le Makhzen. Et les injustices massives ont effectivement survécu. Pendant un temps, tout cela était directement lié au legs colonial. Mais aujourd'hui, les mêmes pratiques persistent, de manière autonome par rapport au passé.

Sebti. Le sentiment d'injustice n'est pas uniquement lié aux Français mais aussi aux Marocains utilisés dans la conquête et “la pacification”. Je parle de forces armées, de caïds et même de familles caïdales, qui servaient de relais à la France coloniale dans le Maroc rural.

Messari. La relation avec des féodaux marocains n'a rien à voir avec la relation que l'on entretenait, auparavant, avec des colons. On est passé d'une lutte contre l'exploitation et l'occupation à une lutte pour que le projet nationaliste n'échoue pas.

Baïda. C'est vrai que le mouvement nationaliste a fait des sacrifices pour l'indépendance, mais au lendemain de cet événement, ce même mouvement a accaparé le pouvoir. Ce qui a engendré un autre sentiment d'injustice, dans les campagnes en particulier. Le monde rural s'est alors retrouvé marginalisé, dans tous les efforts de modernisation entrepris (routes, électrification, etc).

Des villes divisées en deux, des résistants malmenés, des politiciens bâillonnés… C'est cela aussi le protectorat. Le Makhzen a-t-il également hérité ces pratiques de son ancien protecteur français ?

Sebti. L'exemple mis en avant des villes traditionnelles et modernes est très parlant. D'un côté, les médinas étaient conservées et figées dans le temps, d'un autre côté, les villes européennes étaient interdites aux Marocains. Cela a créé un effet conjugué de modernité et de traumatisme. C'est cela qui a survécu au-delà de la colonisation, cette idée que la modernité nous parvient par l'agression. D'où le rejet de cette modernité. Ce qui est frappant, aussi, après l'indépendance, c'est que le Makhzen, justement, a empêché certains Français de moderniser la société indépendante naissante. Jacques Berque a essayé de moderniser le paysannat, et pas seulement les fermes coloniales, Ecochard a voulu moderniser la gestion de l'espace urbain, et pas seulement du côté européen. Résultat, les deux projets ont été abandonnés. Tradition et modernité sont restées des entités distinctes.

Saaf. Pour rester dans cet exemple de villes, je dirais que le traditionnel et le moderne, conjugués au projet du mouvement national puis à l'Etat indépendant, se sont articulés autrement. Nous n'avons plus de quartiers purement traditionnels ou exclusivement modernes. La réalité est devenue composite.

Messari. L'idée de la ville européenne servait un projet visant à créer un Maroc français. Vous savez que même le prince Moulay Hassan a été sermonné, un jour, pour s'être introduit dans une piscine réservée aux européens. Il ne faut donc pas exagérer cette impression de continuité entre l'avant et l'après indépendance. Lorsque le roi Mohammed V nomme les gouverneurs en mai 1956, il leur signifie que le Maroc indépendant doit se débarrasser des tribus et qu'ils n'ont pas à interférer dans les affaires de justice. Ce réflexe est le fruit de nombreuses revendications au sein du mouvement national. La monarchie constitutionnelle, démocratique et sociale que l'Istiqlal revendique, est étrangère au lexique du colonisateur. Mohammed V parle alors de “nouveau concept d'autorité” (NDLR : comme quoi, l'histoire se répète…). Il s'agissait donc d'une rupture avec le Maroc colonial et ses effets généralement négatifs.

Baïda. Ne l'oublions pas, la colonisation nous a fait passer d'un état tribal à un état-nation et de la sujétion à une citoyenneté, disons, encore en construction.

Sebti. Au-delà du Makhzen, en tant que tel, nous avons hérité du protectorat des catégories territoriales qui ont eu la peau dure : le “Maroc utile”, le “Maroc inutile”, la montagne comme espace de “siba inversée” ( comme source de pression contre les résistants au makhzen).

Sommes-nous prisonniers du modèle colonial ?

Aujourd'hui, rétrospectivement, on constate que le Maroc a longtemps vécu sur le modèle colonial, au niveau des systèmes politique, juridique et pédagogique. Etait-ce utile ? En sommes-nous affranchis ?

Baïda. On ne peut pas s'affranchir de ces modèles. Lorsque Mohamed Ben Hassan El Ouazzani, en 1937, fait découvrir à ses lecteurs la Charte universelle des Droits de l'homme, il cherche à ancrer ce legs plutôt qu'à s'en démarquer. Aujourd'hui, sur le plan pédagogique, le toilettage des manuels vise d'abord à enlever des réflexes archaïques qui dérangeraient nos anciens colonisateurs.

Sebti. Je ne pense pas qu'il faudrait créer une corrélation entre la colonisation et les valeurs universelles que le Maroc s'est réappropriées. D'autant que le protectorat a gommé les termes de Droits de l'homme et de Droits universels des programmes scolaires établis au Maroc, même pour les écoles de l'élite et des fils de notables.

Saaf. Je pense que nous ne sommes plus tout à fait prisonniers du modèle colonial. Prenons l'Etat jacobin et centraliste français. Aujourd'hui, il y a débat, chez nous, sur le degré d'autonomisation des régions, à partir de réalités concrètes et non de modèles importés. Côté pédagogique, le toilettage entamé avant le gouvernement d'alternance a visé une mise à niveau avec les valeurs universelles. Mais je remarque que même si les choses que nous faisons aujourd'hui se démarquent du passé, l'époque coloniale nous sert toujours d'étalon. Prenez la question amazighe. Après le dahir berbère, sur lequel s'opère aujourd'hui un certain révisionnisme, le tamazight s'est retrouvé honni, condamné, instrumentalisé par le mouvement national. Aujourd'hui, il est réapproprié, réhabilité.

Baïda. La question amazighe est un bon exemple pour illustrer à quel point la période coloniale a pesé sur le Maroc indépendant. Après 1956, il était tout à fait impossible de se revendiquer culturellement de l'amazighité. Cela était automatiquement assimilé à une réhabilitation du dahir berbère. Cela montre que l'on ne peut pas tourner la page aussi facilement.

Messari. Je vois les choses autrement. La sociologie coloniale est claire. Elle consistait à diviser par des dualismes : la ville contre la campagne, l'aristocrate arabe contre la berbère… Aujourd'hui, la logique est celle du compromis. Abdelkrim Ghellab a écrit, il y a 13 ans, que l'on devrait enseigner le Tamazight dans les écoles. Avant, les autorités du protectorat menaçaient le sultan. Elles lui demandaient de signer les dahirs, sinon elles pousseraient les tribus berbères à l'encercler. Nous ne sommes plus dans la même logique.

Quelle image avons-nous gardée des Français ?

Qu'est-ce qui a survécu le plus dans l'esprit des gens, l'image du colon raciste ou celle du n'srani probe qu'on qualifie parfois de “vrai musulman” ?

Messari. Dans une étude menée par un institut catalan, de vieux Marocains ont dit que les colonisateurs “ne volaient pas et ne mentaient pas. Ils nous accordaient nos droits”. Au fait, ils réagissent par rapport aux dysfonctionnements actuels, en idéalisant le passé.

Baïda. En faisant un sondage aujourd'hui, l'image du “vrai musulman” prévaut. Même mes collègues historiens sont nostalgiques de Lyautey. La mémoire est sélective. Aujourd'hui, elle retient davantage ce qui est positif. Oui, parfois, c'est fait à dessein, pour critiquer le présent.

Sebti. Le racisme, nous l'avons oublié, était très présent, même entre étrangers. A Rabat, par exemple, le quartier Océan était consacré aux “petits blancs” (portugais, espagnols …).

Saaf. Je repense à un moment très significatif, celui de la marocanisation du syndicat et du parti communiste. Des Français, même fondamentalement anti-colonialistes, avaient du mal à passer le témoin aux Marocains. A ce moment-là, la différence de cultures a pris le dessus.

Messari. Il ne faut pas oublier que la discrimination était de mise partout, au niveau des salaires, de l'accès aux postes, etc. Sur un plan plus humain, je rappellerai qu'au nord, il y avait des Espagnols, cireurs ou laitiers. Le lait de l'Espagnol était coté parce qu'on était sûr de boire du 100% naturel.

Face à la colonisation, il y a eu de la résistance, de la négociation mais aussi de l'assimilation. Laquelle des attitudes a été la plus probante et laquelle a marqué l'état d'esprit des Marocains, par la suite ?

Messari. Ce qui a prévalu, c'est la négociation et la recherche de compromis permettant à tous de vivre ensemble dans un Maroc ouvert et bien installé dans sa culture.

Saaf. Au-delà des formes de trahison et de collaboration, l'obtention de l'indépendance a valorisé l'attitude de résistance. Maintenant, qu'est-ce qui a duré dans le temps ? Le nationalisme comme refus du système colonial a évolué. Il s'est attaché au territoire puis s'est constitué en bloc de refus du système en place. Depuis, les politiques ont évolué vers l'alternance, mais des doses de résistance critique persistent au sein de la société.
Baïda. En attendant, la colonisation nous a projetés dans l'ère de la mondialisation. Je retiens surtout notre capacité d'adaptation, comme résultante de cette époque.

Messari. Le néo-colonialisme et la mondialisation diffèrent du colonialisme. C'était un transfert de biens au profit de la métropole. Ce qui se passe actuellement est d'une autre nature. C'est le Maroc qui déroule de son plein gré le tapis rouge devant les autres.



“Le colonialisme n'a aucune justification” (Edmond Amran El Maleh*)

En parlant des “effets positifs” de la colonisation, les Français masquent le “principe négatif” de la colonisation. Il ne faut pas rêver, le colonialisme ne saurait trouver la moindre justification. Si on nous pose la question, c'est comme si on regrettait l'indépendance. Imaginez qu'on demande aux Français si l'occupation nazie sous Pétain a eu un effet positif pour eux…
En faisant le bilan de nos 50 ans d'indépendance, il ne faudrait pas glisser vers une évaluation des effets du protectorat. On ne doit, en aucune manière, soupirer en regrettant le temps colonial. Il ne faut pas l'oublier, il s'est agi d'une domination étrangère, sous des formes subtiles, pour masquer la domination coloniale. Au fond l'expérience était violente. Le protectorat s'est installé après une lutte armée qui a duré jusqu'en 1934. Il y a eu de la torture. Plus grave, il y a eu des vols de terres, des détournements des richesses nationales, sans oublier la dépossession de notre personnalité. Nous avons été triplement dépossédés : de notre histoire, de notre culture et de notre langue.
Un petit détail : quand j'étais au Lycée Lyautey en 1938, nous étions peut-être une quinzaine de Marocains (plus de juifs que de musulmans) et nous y sommes entrés par des passe-droits et des faveurs. On nous y enseignait l'histoire de “nos ancêtres les Gaulois”. Notre propre histoire était totalement exclue des programmes. Ajoutez à cela l'attitude coloniale, où l'humiliation le contestait au paternalisme. A chaque occasion, on nous faisait sentir qu'on était des “indigènes”. Et rien de plus.

*Ecrivain, ancien dirigeant du Parti communiste marocain




“Ils étaient racistes et méprisants” (Mohamed Chafik*)

Le français, à l'époque, était raciste. Un homme de droite, Pierre de Coubertin, parlait de “races inférieures (devant) faire allégeance aux races supérieures”. Léon Blum, homme de gauche, estimait aussi que c'était “le droit et même le devoir des races supérieures d'attirer à elles celles qui ne sont pas parvenues au même degré de culture”. Le colonisateur français se comparait, inconsciemment, aux Romains. Parlant du Maroc, Paul Marty a écrit en 1925 : “Ce n'est pas sans émotion que nous apportons à nouveau, après 15 siècles d'absence, à ce peuple berbère qui a donné saint Augustin et combien d'autres, les claires disciplines de la civilisation latine”. Le modèle romain, nous le retrouvons dans la confiscation des meilleures terres, accordées aux vétérans français de guerre.
Le maréchal Lyautey savait flatter les indigènes. Quand il tombait malade, des notables, imams et autres ouléma de Fès priaient au patio de Boujloud, pour que Dieu le guérisse. Pourtant, il nous a installés dans un féodalisme irréversible. Il a proclamé en 1916 : “Je m'attacherai à ce que les rangs et les hiérarchies soient conservées, à ce que les chefs naturels commandent et les autres obéissent”.
On évoque souvent à tort la mission civilisatrice de la colonisation. Il faut savoir que les Français n'ont scolarisé que 5 à 7% des Marocains. Et on parle d'effets positifs !

*Académicien, ancien recteur de l'Institut royal de la culture amazighe




“Ces Français qui aimaient le Maroc” (Jean-Pierre Koffel*)

J’ai une pensée pour des Français qui ont mis à mal les colonisateurs. Ils constituaient l'exception qui confirme la règle. Gabriel Fourny cultivait des oranges à Oulad Taïma, et tenait vraiment à ce que ses ouvriers soient bien logés, bien payés et que leurs enfants aillent à l'école. Lorsque la marocanisation des terres l'a rattrapé en 1970, il était si fortement attaché au Maroc qu'il s'est tiré une balle dans la tête. Pierre Parent a fait de même. Mais qui se rappelle encore de ce pro-nationalistequi signait des éditoriaux dans L'Opinion ? J'ai aussi une pensée pour Marcel Lamoureux, un colon du Tadla, qui protégeait Hoummane el Fetouaki, la terreur des colons à l'époque. Je pense au Colonel Justinard, auteur de La vie du caïd Goundafi (l'alter ego du Glaoui), qui a épousé une marocaine et s'est isolé, refusant tout contact avec ses pairs les colonisateurs. Un autre colonel, Burett, s'était pour sa part converti à l'islam et donnait des cours d'arabe dialectal sur les ondes de Radio Rabat. Enfin, le commandant Henri Sartou a tout simplement abandonné le combat des militaires pour devenir journaliste. Il crée le quotidien Maroc-presse, qui soutient le retour d'exil de Mohammed V, dès 1953. Ce sont là des Français qui ont su privilégier l'amour de la culture sur la volonté de puissance.

*Ecrivain français, né et installé jusqu'à aujourd'hui au Maroc

 
 
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