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N° 207
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Khalid Tritki


Hammad Kassal (AIC PRESS)
Fiscalité. La PME présente son projet

La fédération de la petite et moyenne entreprise (FPME) présentera en février prochain, au Premier ministre, un projet de réforme de la fiscalité. La proposition de la FPME porte sur les trois grands impôts (IS, IGR et TVA). Pour chaque catégorie, la fédération présentera trois scénarios différents. Le projet demeure confidentiel. Selon quelques indiscrétions, le projet propose un seul taux de 20% pour l’impôt sur les sociétés. Ce niveau de taxation repose sur la suppression des avantages accordés aux régions du nord et du sud. Il nécessite également la suppression des exonérations accordées à gauche et à
droite pour aligner tout le monde sur un même taux d’imposition. Au niveau de l’IGR, la fédération table sur un réaménagement des tranches de revenus imposables. Le seuil exonéré devrait passer de 24.000 à 36.000 dirhams. Cela concernerait les salaires de moins de 3000 dirhams par mois. Le taux marginal de 44% ne devrait, selon le projet de la fédération, toucher que les salaires dépassant 12.000 dirhams mensuels au lieu de 5.000 dirhams actuellement. Côté TVA, la fédération plaide pour sa généralisation à tous les produits, mais, en contrepartie, elle propose la suppression du taux de 20%. “La fiscalité doit être pensée dans le sens de dynamiser le pouvoir d’achat sans diminuer les recettes de l’Etat”, conclut Hemmad Kessal, président de la FPME. Aussi, la fédération présentera-t-elle des simulations pour mieux convaincre le fisc.


Automobile. Des chinoises au Maroc

Une nouvelle enseigne de distribution de véhicules toutes catégories vient de s’implanter au Maroc. Il s’agit de Madiva, filiale du groupe français GBH, spécialisée dans l’importation et la revente de véhicules chinois à des prix jusqu’à 40% moins chers que la concurrence. Jusque-là tout va bien. En revanche, dès qu’il s’agit des normes de sécurité, des interrogations s’imposent. La très célèbre émission Capital diffusée par M6 a mis en exergue pendant le mois de septembre la non-conformité des normes des produits chinois. Le crash test de l’ADAC (Automobile club allemand) a démontré qu’à 60 km/heure, les chinoises sont “mortelles”. Le test a fait le tour de l’Europe et une grande campagne d’information a été lancée au profit du public. Qu’en est-il au Maroc où les accidents de la route sont des plus meurtriers ? Pas de réaction pour l’instant.


Tourisme. 6 millions de touristes en 2005 ?

À fin 2005, le Maroc aurait été visité par presque 6 millions de touristes. Le chiffre donne à réfléchir. D’abord, l’augmentation par rapport à l’année précédente ne dépasse pas les 5%, ce qui est maigre comme performance. Ensuite, les 6 millions de visiteurs comprennent, comme d’habitude, 2,53 millions de MRE. Cela veut dire que le nombre des étrangers ayant réellement séjourné au Maroc dépasse de peu les 3 millions de touristes. Côté recettes, le secteur a drainé jusqu’à fin novembre, 37,5 milliards de dirhams (le chiffre disponible), soit 18,3% de croissance sur un an. Par nationalité, les Français demeurent en tête avec 1,25 million de touristes. L’Espagne suit de près talonnée par la Grande- Bretagne. Encore un effort !


Concurrence.Talbi Alami peu écouté

Talbi Alami, ministre délégué des Affaires économiques lutte pour sortir le Conseil national de la concurrence (CNC) du néant. Mais en vain. Tout récemment, le ministre fait circuler autour de lui qu’il est prêt à résoudre les litiges lui-même. Question de faire bouger les choses. Mais les opérateurs ne se prêtent pas au jeu. Ainsi, Aziz Akhennouch, patron d’Akwa, avait pris la peine d’écrire au CNC à la veille de l’achat de Somepi, pour obtenir le feu vert (dans le but d’éviter d’être épinglé plus tard pour position dominante). D’autres passent cependant outre. C’était le cas lors de la fusion qui a donné Attijariwafa bank. Le ministre a écrit à Attijariwafa pour demander des explications. Depuis, silence radio.


Agroalimentaire. Une liste pour l’étiquetage

Le ministère de l’Agriculture et de la Pêche vient de publier une liste portant sur les produits dispensés de l’étiquetage en arabe. Depuis janvier 2006, tous les produits importés doivent être marqués en arabe. Ingrédients, nom et pays du fabricant… tout doit être compris par tous.
Certaines exceptions ont été prévues. Ainsi, les produits alcoolisés n’ont pas besoin d’être étiquetés en arabe. Il en va de même pour les échantillons et les produits destinés à la transformation (matière première). Quant aux produits à caractère religieux ou ethnique et les produits destinés à des dons, ils seront tout simplement dispensés d’ étiquetage.


Collectivités. 2 milliards de DH

Le fonds d’équipement communal a tenu son conseil d’administration mercredi 4 janvier à Rabat. Il en ressort que le FEC a accordé aux collectivités locales des crédits de 2 milliards de dirhams en 2005, soit deux fois plus qu’en 2004. La nouveauté réside toutefois dans la baisse spectaculaire des taux d’intérêt. Actuellement, le FEC présente une offre à 7,5% de taux d’intérêt, soit le niveau le plus bas pour des maturités allant de 10 à 15 ans. Ce taux était de 15% il y a quelques années. Pour 2006, le Conseil a approuvé le programme prévisionnel arrêté à 1,5 milliard de dirhams d'engagements. Le FEC prépare également un décaissement de 900 millions de dirhams au profit des collectivités locales. À ce rythme, les communes devraient changer de physionomie dans l’avenir. Il suffit juste de savoir cibler les projets adéquats.



Billet. Vive l’ALE !

(Par Khalid Tritki)

Certains milieux d’affaires se réjouissent de l’entrée en vigueur de l’accord de libre- échange avec les états-Unis, certainement parce qu’ils en tireront profit. S’ils savent se positionner, prospecter et améliorer leurs produits, l’oncle Sam est une grande machine de consommation. Mais il n’y a pas que cela. La réjouissance vient d’un autre bénéfice de l’accord. Le libre-échange a au moins un avantage qui doit nous inspirer de l’optimisme. Grâce à la pression des états-Unis d’une part et au jeu du marché d’autre part, les réformes sont condamnées à accélérer et à aboutir. Même les mentalités seront touchées par cette lame de fond. Bientôt les banques et les assurances, pour ne citer que ces bastions du capitalisme, traiteront différemment leur clientèle. Tôt ou tard, les Américains investiront ces secteurs. Ils commenceront par récupérer les délaissés du système. Ils finiront ensuite par attirer les ingrats qui ont bénéficié des largesses du même système et in fine, forceront les nationaux à partager un marché qu’ils n’ont pas su développer ni consolider. Le chef d’une petite entreprise s’attend à ce que la donne de la concurrence internationale pousse les rapaces d’aujourd’hui à se transformer en partenaires compréhensifs, à l’écoute, et surtout visionnaires. Pour cela, rien que pour cela, ce chef d’entreprise applaudit à l’accord de libre-échange même s’il sait qu’il n’exportera jamais une seule tomate vers le pays de l’Oncle Sam.




OFF.

Des banques américaines invitent actuellement des hommes d’affaires marocains dont des présidents d’associations professionnelles, pour leur présenter les différentes offres et services financiers. Le crédit, l’accompagnement, le montage de dossier…tout sera mis en avant pour appâter les visiteurs. Les financiers américains présenteront même des formules islamiques pour toucher les plus réticents à l’égard des formules de l’intérêt classique.



OFF.

Les organisateurs du prestigieux prix de la Formule 1 de Monaco étaient en visite à Marrakech fin 2005. Objectif : étudier la faisabilité du grand prix de Marrakech qui intégrera un circuit de villes de renom. Le manque d’infrastructure ne sera pas un obstacle. Selon des sources fiables, les bénéfices d’un tel projet permettent de le financer facilement avec un retour sur investissement sûr à terme.

 
 
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