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N° 207
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Abdeslam Kadiri

Monde. La semaine

Abdelhalim Khaddam à (g)
Bachar Al Assad à (d) (AFP)
Syrie. La bombe Khaddam

En impliquant Damas, sur la chaîne Al-Arabiya, l’ex-vice-président syrien Abdelhalim Khaddam a déclenché un vrai “tsunami politique”. En accusant directement Bachar Al-Assad d’être au centre du complot, Khaddam relance l'enquête de l'Onu qui s'essoufflait avec la défection des témoins-clés et le départ du juge Mehlis et stoppe la contre-offensive syrienne. Le président syrien, assure Khaddam, n’avait pas seulement “menacé” Hariri en lui promettant “d’anéantir toute personne qui s’écarterait” de sa décision de reconduire le président libanais Lahoud, Bachar ne pouvait non plus ignorer le projet
d’assassinat de Hariri, “car aucun service de sécurité ne pouvait agir en dehors de la connaissance d’ Al-Assad”.
La commission d’enquête souhaite rencontrer “au plus vite” Khaddam et les dirigeants syriens, Bachar et Chareh. Mais Damas refuse d’être auditionné prétextant “une politisation de l’enquête”. En revanche, le général Rustom Ghazalé est prêt à se sacrifier : “Si mon administration me demandait de mourir en martyr, je suis prêt”, a-t-il déclaré à Al Jazira.
Plusieurs questions restent en suspens. Pourquoi Khaddam ? Pourquoi maintenant ? Jusqu’à sa démission du Baâs et son arrivée à Paris, où il vit depuis septembre, Khaddam était un fidèle, un des piliers de Damas, un homme de confiance de Hafez Al-Assad. Rien de ce qui se tramait à Damas ou à Beyrouth ne lui échappait. Aujourd’hui, le Conseil des ministres veut le juger “pour haute trahison et (…) sur son implication dans des affaires de corruption avec une saisie de ses biens”, écrit As-Saoura.
Les propos de Khaddam semblent témoigner du ressentiment d'avoir vu le pouvoir lui échapper à la mort de Hafez Al-Assad. Khaddam, qui veut, à 73 ans, se poser en recours, a cependant évité de s'en prendre aux autres membres du clan familial, dont Assef Chawkat, le beau-frère de Bachar, et Maher, son frère cadet.
Khaddam se prépare-t-il à un éventuel “après-Bachar” ? Les Américains, dit-on, souhaitent calmer le jeu et sont tentés par l'installation d'un régime sunnite en Syrie pour “compenser” la prédominance chiite en Irak.


États-Unis. Bush veut reconduire le Patriot Act

Déjà malmené par le scandale Abramoff et l’affaire des écoutes, George W. Bush junior a exhorté une nouvelle fois le Congrès à reconduire les dispositions antiterroristes du Patriot Act après leur expiration le 3 février. “L'ennemi n'a pas disparu, ils sont toujours là, et j'attends que le Congrès comprenne que nous sommes toujours en guerre et qu'il doit nous donner les instruments nécessaires pour gagner cette guerre”, a déclaré le Président.
“Le Patriot Act est un outil très important”, a renchéri Bush vantant l’élargissement des mesures antiterrroristes. Le président américain, dont les méthodes sécuritaires sont de plus en plus contestées, a tenté d'apaiser les inquiétudes quant au respect des libertés civiles, en déclarant que “cet important programme (le Patriot Act) est sous supervision”. Fier de ses grandes oreilles, il a dénoncé “les motivations partisanes” des congressmen qui s'opposent à une reconduction permanente du Patriot Act.


Egypte. Moubarak rassure les Coptes

Trente ans que cela n’était pas arrivé ! Hosni Moubarak a nommé un chrétien à la tête de l’une des 26 provinces égyptiennes. L’arrivée du général Magdi Ayoub Iskandar à ce poste s’inscrit dans le cadre d’une politique favorable aux Coptes menée par Moubarak. Âgé de 58 ans, le général Iskandar a fait toute sa carrière à la direction de la sécurité du Caire. Fidèle du régime, il était un adjoint du ministre de l'Intérieur avant sa nomination comme gouverneur de Qena, dans le sud du pays. L’impact de cette nomination dépasse les limites de Qena. Les Coptes représentent 8 % des 73 millions d’Egyptiens. Pourtant leur communauté se plaint de marginalisation politique et de discrimination. Beaucoup de Coptes ont préféré quitter leur pays pour rejoindre les importantes communautés des Etats-Unis ou du Canada.


Iran. La presse à la trappe

Après la radio, Téhéran s’attaque à la presse. Le gouvernement a ordonné, lundi dernier, la fermeture du quotidien économique Asia Daily et a interdit le lancement d’un magazine féminin, Nour-e-Banovan. Ce sont les premières mesures contre la presse depuis l’avènement du président Mahmoud Ahmadinejad, en août 2005. D’après le directeur d’Asia Daily, Iraj Jamshidi, cette censure est “politique”. Selon lui, les autorités jugent “que la publication de photos d’Angela Merkel, contrevient au code islamique (...) mais tout cela est un prétexte pour arrêter la publication d'un journal indépendant”. Asia Daily avait déjà été interdit de juin 2003 à mars 2005 pour avoir publié la photo de la dirigeante du mouvement d’opposition des Moudjahidins du peuple, Maryam Radjavi.


Russie. Accord sur le gaz à l'arraché

La Russie et l'Ukraine sont parvenues mercredi à un accord sur les prix du gaz livré à Kiev, qui sauve la face aux deux parties et met fin à une “guerre” ayant conduit à une baisse momentanée des livraisons de gaz à l'Europe occidentale.
Les groupes gaziers des deux pays ont conclu un contrat de cinq ans fixant le prix de vente du gaz russe à 230 dollars les 1.000 m3, mais permettant à l'Ukraine de le payer 95 dollars à une société intermédiaire qui le mélangera à du gaz bon marché d'Asie centrale.
L'accord cache en fait une augmentation importante des recettes russes. Selon l’AFP, le gain net, pour la Russie, devrait représenter 1,7 milliard de dollars en 2006.


Algérie. Fuite de capitaux

L’Expression, l’un des quotidiens les plus proches de la présidence, vient de briser un tabou. Le journal rapporte mardi que le montant des avoirs placés à l’étranger par les haut dignitaires du régime est estimé à “près de 40 milliards de dollars” !
L’évocation de ce chiffre par l’Expression résonne comme un avertissement à ceux qui voulaient profiter de l’absence prolongée du chef de l’Etat, pour créer l’instabilité ou rogner sur ses pouvoirs. “L’ampleur de la fuite des capitaux a longtemps constitué un casse-tête chinois pour la justice algérienne, d’autant plus qu’elle a été de tout temps l’oeuvre de hauts responsables”, écrit l’Expression. Et le journal d’insister sur “la coopération internationale aux fins de confiscation” et sur le besoin d’en finir avec ce “secret qui a fait échec à toute tentative de trouver l’argent caché en Europe”. Le chiffre avancé jusque ici portait sur 20 milliards de dollars.



Lu pour vous.
France et négritude

(Jean-Michel Djian. La Croix)

Il fut une époque, pas si lointaine au regard de l’Histoire, où la France d’avant-guerre observait chez elle le monde noir de manière plus élégante. (…) Les années 1930 ont été des années paradoxales où la France fut le berceau d’une négritude féconde dont elle a fait le miel sur le plan politique et culturel. N’est-ce pas le Martiniquais Aimé Césaire, chantre éclairé de cette négritude, qui arrive en 1931 au lycée Louis-Le-Grand pour y faire ses études, précédé du poète Léopold Sédar Senghor, futur président du Sénégal ? N’est-ce pas Joséphine Baker qui s’est installée du côté de Montparnasse ? A-t-on oublié que l’ancien président ivoirien Houphouët Boigny fut d’abord, sous la IVe République, l’un des ministres les plus influents ? Il existe ainsi une histoire de France plus subtile qu’on ne l’imagine, dans laquelle les élites noires ont permis à notre pays de grandir, d’en être les meilleurs ambassadeurs, mais surtout de lui permettre une autre ouverture sur le monde.
Qu’en reste-t-il aujourd’hui, alors que la décolonisation est un fait depuis 1959, et que les élites africaines ont déserté la France au profit du Canada ou des Etats-Unis ? Pas grand-chose. (…) Au lieu de se poser des questions aussi simplistes sur la colonisation dont, en effet, seuls les historiens pourront éclairer nos lanternes, on ferait mieux de s’interroger sur les raisons pour lesquelles le monde noir est stigmatisé, diabolisé.



VITE !

Le vice-président, Premier ministre des Emirats et émir de Dubaï, cheikh Al-Maktoum, s’est éteint à 62 ans, mercredi, en Australie. Al-Maktoum était une figure légendaire du monde des courses, où ses pur-sang avaient remporté les plus grandes classiques.

 
 
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