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Interview. "En politique, on ne doit jamais dire jamais"
Football. Nos chances pour la CAN 2006
Internet. La Gâchette du Maroc tire à vue
Chronique. Le lobby du Haouli a gagné
Midelt. Les moines de l'Atlas
Tourisme. Jeter l'ancre à Dakhla...
Exil. Nos célébrités au Canada
Révélations. Un nouvel Irangate ?
Hollande. Sexe, drogue et racisme
Terrorisme. De Bruxelles à Bagdad
Cosumar vs agriculteurs. La guerre du sucre
Portrait. Mémoires de costumier
N° 208
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Hassan Hamdani

La semaine.

(DR)

Sortie. Ailes brisées, envol raté

Un jeune couple interprété par Rachid El Ouali et Fatéma Kheir perd son enfant, kidnappé par une mendiante. La recherche dure longtemps mais se solde par un échec et l’enfant, quelques années plus tard, a eu le temps de grandir et devenir un jeune délinquant, un enfant des rues. Jusqu’au jour où… Pour son deuxième long métrage, après l’insignifiant “L’Histoire d’une rose”, Abdelmajid Rchich a choisi de traiter un sujet de société dont l’actualité n’est plus à démontrer. Noble intention certes. Sauf que le traitement colle le plus souvent au ras des pâquerettes, ne permettant jamais au film de décoller. “Les Ailes
brisées”, malgré une entrée en la matière prometteuse, appartient au genre de cinéma “illustratif”, démonstratif, sans surprise mais aussi, hélas, sans inspiration, le film semblant d’ailleurs davantage destiné à la télévision qu’au grand écran. Au bout d’un quart d’heure, déjà, tout est dit. Et ce n’est pas le jeu des acteurs, théâtral, qui risque d’y changer quoi que ce soit. Dommage pour le sujet qui, avec un peu plus d’imagination, et une meilleure écriture cinématographique, aurait pu prétendre à mieux. Mais ne jeton pas le bébé avec l’eau du bain, la sortie sur les écrans d’un film marocain est toujours un événement à saluer.


Théâtre. Théâtre “off” pour pièce “in”

Jean Anouilh s’invite à Agadir grâce à l’Institut français qui présente la tragédie Antigone. Grâce à son héroïne, Antigone, petite déesse de l'anarchie, qui se dresse contre la loi de Créon, la pièce ne sera plus seulement le droit naturel de révolte contre le droit social, mais la révolte de la pureté contre les mensonges des hommes, de l'âme contre la vie. L’adaptation de Frédéric Ortiz reste très proche de celle de Jean Anouilh, avec une réelle volonté de transmettre la vision spécifique de l’auteur : sortir du cliché du drame classique pour refléter au mieux la société dans laquelle on vit, en y introduisant plus d’humanité. Expression d’un théâtre minoritaire, le théâtre off fait de l’agitation culturelle pour montrer les rêves, les illusions, les combats et les échecs de la société actuelle et tente de sortir des carcans imposés par la culture bien pensante. En se débarrassant des idées reçues, il se renouvelle sans cesse en sortant des limites imposées par les modes.

Le 20 janvier à 20h30 à l’IF d’Agadir et le 21 janvier à Tiznit.



Exposition. Tapisseries volantes

Corinne Gradis expose ses tapisseries à l’Institut français de Marrakech du 19 janvier au 18 février. Après des années de gravure, Corinne Gradis découvre le travail du bois découpé, sculpté et peint. Elle crée des enseignes, des girouettes peintes et des devantures de magasins à Paris, avant d’aborder le tissu grâce à la technique de l’appliqué qui permet de réaliser des objets textiles destinés à la décoration d’intérieur. Les tableaux textiles de Corinne Gradis surprennent par leur format imposant, le jeu des perspectives, des formes et de la lumière. L’artiste animera également des ateliers de création à destination des enfants.


Réédition. Le Maroc de Terrasse

Passionnés et chercheurs le savent, L’Histoire du Maroc d’Henri Terrasse est un classique introuvable. Ce n’est plus le cas, la maison Frontispice, qui a fait de la réédition d’œuvres rares son cheval de bataille, vient de sortir les deux tomes de cet ouvrage majeur. Parus en 1949-1950, ce livre volumineux montre pourquoi “le Maroc est avant tout un pays berbère, de résistants … kharijite et chiite en partie … conquérant à des moments … devenu malékite et arabe avec le temps”. Ces 500 pages, enfin disponibles, valent aussi par l’apport scientifique de l’auteur, Henri Terrasse. Professeur d’histoire de l’islam à l’Institut des Hautes Etudes marocaines dès 1923, professeur ès lettres à la Sorbonne (il est l’auteur d’une thèse sur l’histoire de l’art arabo-mauresque), son Histoire du Maroc, des origines à la veille du Protectorat se distingue par la richesse des archives et monographies auxquels il a eu exclusivement accès. Aujourd’hui, sa réédition est un vrai événement.


Success story. Sanaa saïda !

On n’arrête plus la star marocaine du showbiz musical US. Sanaa Hamri, Tangéroise d’origine et ancienne élève de l’Ecole américaine, fait honneur à son peintre de père, Mohamed Hamri. Mais, née sous le signe d’une autre génération, elle a choisi de mettre l’image en mouvement… et en musique. Réalisatrice acclamée des clips de Mariah Carey (“Cry Baby”), Prince (“Musicology”, plusieurs fois nominé aux MTV Music Awards) ou encore Lenny Kravitz (“Storm”), elle s’est hissée un peu plus vers le zénith de son art en signant avec le rappeur Puff Daddy pour la conception du clip de “Nasty Girl Part 2”, dont le tournage a eu lieu en novembre dans la Grosse Pomme. Forte de si riches collaborations et visiblement inspirée par la caméra, la réalisatrice, 30 ans, a commis son premier long-métrage Something newè qui sortira sur les écrans américains le 3 février prochain. Une comédie romantique campée par des acteurs bien moins connus que les gros calibres de ses vidéoclips. Un côté fleur bleue qu’on ne lui prêtait pas…


Photo. Trip chinois d’une Casaouia

Leila Ghandi, 25 ans, casablancaise de naissance et globe-trotteuse de son état, a plus d’un projet dans la poche. Après avoir promené ses guêtres le long de la cordillère des Andes, c’est l’Empire du milieu qui, en 2003, a capté son inspiration. Auteure de chroniques taillées dans le vif du quotidien, la jeune baroudeuse évoquait la Chine avec un mélange de tendresse et de causticité. Mais en plus d’une plume, Leila a l’œil. Un regard à fleur de peau illustré par ses photos esthétiques et parlantes, témoins d’un pays dont la vitesse de développement le dispute à son charme immuable. Bar-ciné-théâtre branché de la rive gauche parisienne, Le Lucernaire les expose du 12 janvier au 15 février. Evasion garantie. Si vous n’êtes pas dans le coin, prenez donc un aller pour www.leilaghandi.com, c’est gratuit !

“A Timeless China”, Le Lucernaire, Métro Notre Dame des Champs, Paris.



Concert. Zorou Sidi Groove

L’association Envol s’active à Rabat. Ainsi, elle organise un concert le 21 janvier à 19 H au Centre culturel de l’Agdal avec, au programme, Sidi Groove et Assalam Elghiwani. Né de la rencontre de musiciens français et marocains, Sidi Groove puise son inspiration dans la musique marocaine et le jazz. Le résultat : un métissage qui mêle piano, flûte, batterie, guitare, basse et percussion, et les racines de la musique marocaine à la liberté d’expression des improvisations jazz. Assalam Elghiwani, jeune formation fondée en 2002, et composée de quatre musiciens autodidactes, reprend, quant à elle, les grands classiques de la légendaire formation du Hay Mohammadi : Nass Elghiwane. En plus des reprises habituelles, les fans d’Assalam Elghiwani auront droit à quelques compositions originales du groupe.


Kiosque. L’espoir en herbe

Le mensuel gratuit Al Amal est en kiosque depuis décembre dernier. Entièrement écrit en darija, ce nouveau venu dans le champ médiatique marocain est animé par seize journalistes en herbe de Salé. Ces derniers, avant de se lancer dans l’aventure, ont bénéficié d’un programme de formation au journalisme de proximité à l’Institut supérieur de l’information et de la communication( ISIC). Le sommaire du premier numéro traite du quotidien des habitants de Salé. Un reportage est consacré à la prison Zaki et décrit le quotidien des familles de détenus. L’économie est abordée par le petit bout de la lorgnette au travers de sujets sur les petits métiers, les grands taxis et le microcrédit. Actualité oblige, le dossier du mois est consacré à l’Aïd el kébir.


Etude. Pax cultura

Le choc des civilisations de Samuel Huntington a tellement marqué les esprits qu’il devient emblématique de la période post-11 septembre, quoique écrit auparavant. L’amitié des peuples est une idéologie qui résiste mal aux bottes de guerre qu’on entend partout.
Emilio La Parra et Thierry Fabre proposent dans un livre collectif, Paix et guerres entre les cultures (Actes Sud / MMSH), une approche ni belliqueuse ni messianique, mais pluridisciplinaire. La violence en islam est appréhendée dans son évolution historique. Le dialogue entre les cultures est décodé sans idéalisme, en tenant compte des illusions. Alors, l’Europe et le monde musulman vivent-ils un face-à-face ou un côte-à-côte culturel ? Le dilemme reste entier.


Le livre.

Islam et modernité sont-ils vraiment incompatibles ? Si l’on retient de l’islam sa version traditionaliste, figée, où la loi l’emporte sur la foi, et si l’on retient de la modernité, son versant dogmatique, totalitaire, il n’y a pas de doute qu’il s’agit de deux lignes parallèles. Mais si l’on comprend par modernité la voie de l’incertitude, de la pluralité et de l’islam, un monde en transformation, à redéfinir par la sécularisation, la rationalité et bien d’autres concepts transversaux, il n’y a pas de raison pour que les deux mondes ne convergent pas à un moment donné. C’est ce que le juriste et philosophe tunisien, Slim Laghmani, s’emploie à démontrer dans Islam, le pensable et le possible, sans aucune prétention scientifique, mais avec justesse.

Ed. Le Fennec (50 dh)




Humeur : Boulfaf day

Par Hassan Hamdani

Dieu, la diététique et la gastronomie vivent un ménage à trois où l’incompatibilité d’humeur est définitive. À la décharge de Sidna Ibrahim, premier à avoir eu l’idée du mouton, les œnologues et les nutritionnistes ne couraient pas les rues à l’époque. Cependant, quelques milliers d’années plus tard, un constat s’impose. Choisir un mouton bien gras pour sceller l’union sacrée, tout en interdisant le vin rouge pour l’accompagner, c’était mal barré pour l’œcuménisme gustatif. Les femmes soucieuses de leur ligne et les amateurs de vin allaient forcément multiplier les entorses au régime unique, manger de la laitue le boulfaf day ou préparer une kourcha sauce au vin-guerrab du coin. Essayez de convaincre un pilier de bar que la Oulmès aide à digérer. En temps normal, boire de l’eau lui est insupportable. Servez lui de l’eau gazeuse avec la mrouzia et là, vous frôlez le crime de lèse-mouton. Il n’a même pas eu besoin d’une lecture assidue de Vins de France pour découvrir cette vérité, un sandwich brochettes-guerrouane au comptoir lui aura suffi. Tentez aussi de faire manger une tête de mouton à une bogossa chic et vous verrez apparaître une lueur d’effroi dans son regard. Graisser ses doigts manucurés en gobant un œil d’herbivore n’est définitivement pas son idée du petit-dîner-sympa-à-la-bodega. Elle ne peut même pas noyer le globe oculaire dans beaucoup de ketchup. Elle aurait trop peur de grossir.



Électro

Après son set electro victorieux à Dubaï le 23 septembre 2004, le DJ marocain Hak’X s’est classé deuxième de la grande finale Heineken Music Thirst organisée à Cap Town le 8 janvier. DJ Hak’X devrait sous peu poser ses platines au Danemark, à Dublin, au Mexique et à Londres.

L’ACAL fait peau neuve

Six mois après son éviction par la Fédération des œuvres laïques (FOL) de Casa, l’Association culturelle et artistique laïque (ACAL), organisateur du Boulevard des jeunes musiciens, change de nom. Appelez-là désormais Education artistique laïque (EAC). Mais c’est pareil : ça bouge, ça chante et ça fait du bien !

Théâtre universitaire

Fès accueillera du 21 au 24 avril prochain son premier festival du théâtre universitaire. Au programme, lectures de textes en présence de leurs auteurs, compétition qui couronnera le meilleur texte dramatique écrit par un étudiant et prix du meilleur spectacle. Bon vent.

 
 
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