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N° 208
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

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Entre le Makhzen et la Patrie…

Un débat agite la communauté marocaine de Belgique sur son pays d'origine. Des acteurs associatifs marocains répondent.


Peut-on critiquer l'état marocain, peut-on dénoncer des situations comme la répression des migrants subsahariens au Maroc, ou les encouragements répétés à la xénophobie ? Peut-on s'élever contre les abus de pouvoir qui sont encore la règle ? Peut-on le faire sans être accusé de comploter contre le Maroc ? (…). Apparemment, pour certains “intellectuels” et prétendus faiseurs d'opinion dans la communauté belge d'origine marocaine, la réponse est non. Ils veillent, sentinelles de l'honneur et de l'intégrité marocaine, et répandent la terreur contre tous ceux qui voudraient exercer leur devoir critique (…). Beaucoup de démocrates et de militants anti-racistes en Belgique se sentent intimidés par ces manœuvres. Ils n'osent pas exprimer franchement leurs opinions, de peur d'être fourrés dans le sac des crypto-racistes et anti-marocains de base.
Pour nous, militants et responsables associatifs et des Droits de l'Homme, Marocains au Maroc, il existe une culture mondiale commune : celle des droits humains (…) qui méritent d'être défendus par-delà les frontières et les différences culturelles. Nous refusons que de pseudo-représentants d'un Maroc qui n'est pas le nôtre prétendent aujourd'hui interdire à quiconque d'être solidaire de notre combat, au nom d'un patriotisme perverti qui n'a rien à voir avec la citoyenneté (…). Nous disons (à nos camarades en Belgique) : ne vous laissez pas intimider. Critiquer les atteintes aux Droits de l'Homme, l'ambiguïté fondamentale du pouvoir marocain en la matière, c'est aider les démocrates marocains (…), c'est encourager la société civile et politique marocaine dans la construction d'un Etat de droit.

Ali Tabji, Boubker Khamlichi, Rachid Ghbalou, Khalil El Haddad, responsables associatifs à Tanger.



Le mauvais sultan

L’histoire des ateliers de frappe de la monnaie au Maroc telle que vous la rapportez dans votre article “Le dirham au fil des siècles” (TelQuel n° 199) est passionnante, dans la mesure où elle traduit non seulement des visées politiques étroitement liées à la dynastie au pouvoir, mais exprime également des nécessités objectives de frappe de la monnaie, comme, tout simplement, la disponibilité du minerai. Vous citez notamment le cas du sultan Ahmed El Mansour Eddahbi qui, en raison de la présence d'importants gisements d'argent dans la région, créa en 1775 un atelier de frappe des monnaies dans la casbah d' Essaouira. Cela me semble être une erreur. Ahmed El Mansour Eddahbi était un sultan saâdien, alors qu'en 1775 c'était les Alaouites qui régnaient. à mon avis, il s'agirait plutôt du sultan Alaouite Sidi Mohamed Ben Abdellah, le fondateur de la ville d'Essaouira.

Amine Charif

Vérification faite, vous avez tout à fait raison. Nos excuses pour cette erreur.



Complexe gouvernance…

J’ai bien aimé le clin d'œil de votre “cliché” de la semaine (TelQuel n° 207). “Le mode de gouvernance au Maroc”, symbolisé par un poteau de signalisation à terre, avec seul le feu orange allumé. Traduction : L'état est dans un piteux état, mais il nous dit quand même “attention”. Cela dit, l'image aurait été encore plus juste si le même poteau à terre avait ses trois feux, vert, orange et rouge, allumés. C'est comme ça que je vois, moi, le mode de gouvernance au Maroc : “avancez, faites attention, et… arrêtez tout, on a du mal à suivre !”

Siham Oussekkine, Marrakech




Précision.

L'écrivain Rajae Benchemsi et son époux, le peintre Farid Belkahia, tiennent à préciser que s'ils étaient bien présents au restaurant Dar Zellige à Marrakech le soir du 27 décembre 2005, ils ont décliné l'invitation de dîner à la table de Danielle Miterrand, également présente au même restaurant. Dont acte.
 
 
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