Islamistes. Le PJD se paie (gentiment) Al Adl
Interview. "En politique, on ne doit jamais dire jamais"
Football. Nos chances pour la CAN 2006
Internet. La Gâchette du Maroc tire à vue
Chronique. Le lobby du Haouli a gagné
Midelt. Les moines de l'Atlas
Tourisme. Jeter l'ancre à Dakhla...
Exil. Nos célébrités au Canada
Révélations. Un nouvel Irangate ?
Hollande. Sexe, drogue et racisme
Terrorisme. De Bruxelles à Bagdad
Cosumar vs agriculteurs. La guerre du sucre
Portrait. Mémoires de costumier
N° 208
Webmaster
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Chef de rubrique Karim Boukhari

Maroc. La semaine

(DR)

Première. Asseggas Ifoulki 2956 !*

Agadir réveillonnera deux fois cette année. Après les soirées du 31 décembre, la ville fête les 13 et 14 janvier prochains l’avènement du nouvel an berbère. La fête porte un nom, Yennayer. Littéralement, cela veut dire premier mois. Dans la tradition berbère, le mot renvoie à une grande fiesta populaire, célébrée dans toute l’Afrique du Nord. Depuis quelques années, quelques hôtels et associations s’y sont mis proposant des formules “dîner soirée”, comme lors du 31 décembre. Seulement voilà : cette année, Yennayer est célébré, et c’est une grande première, par le Conseil de la ville d’Agadir. “C’est effectivement la
première fois dans l’histoire du pays qu’une instance officielle organise cette manifestation”, affirme Mohamed Azdod, membre du comité d’organisation et qui siège également à Imunt N’fous (la confédération des associations amazighes du sud). Et surprise, c’est passé comme une lettre à la poste. “La ville d’Agadir est l’une des rares à disposer d’un programme culturel à l’année. Des associations sont venues nous proposer d’y intégrer une programmation spéciale pour cette fête. Nous avons accepté”, explique Tarik Kabbaj, président du Conseil de la ville. Finalement, la fête durera trois jours. Des concerts de musique et des One Man Show se tiendront sur trois places publiques d’Agadir. Au-delà du “réveillon”, les militants de la cause amazighe y voient une symbolique politique particulière. “C’est un premier pas, disent-ils, vers l’officialisation du calendrier amazigh et demain, pourquoi pas, le jour de l’an berbère pourrait être férié, au même titre que le 1er janvier chrétien ou le 1er Moharram musulman”.

* Bonne année 2956.



Disparus. La vérité sur Abdelhak Rouissi

Le cas de Abdelhak Rouissi, disparu en 1964 et qui figure parmi les dossiers emblématiques des années de plomb, est en passe d’être résolu. Un membre de la famille Rouissi nous a en effet confirmé que les recherches (menées dans le cadre de l’IER) ont établi que le disparu est bel et bien décédé. Son corps reposerait, selon toute vraisemblance, dans un cimetière à Sbata, à Casablanca. “Des prélèvements d’ADN seront faits pour confirmer l’identité du défunt”, nous a expliqué la même source. La famille Rouissi s’apprête à faire son deuil en attendant, sans doute, de plus amples détails sur les circonstances du décès, et la détermination des responsabilités qui ont fait taire, il y a plus de 40 ans, la voix de ce brillant syndicaliste.


Services. Le roi veut du maroco-marocain

Il semble que le roi ait été sensible aux critiques de la presse concernant la sous-traitance (pour le compte des états-Unis) de la torture par les services marocains. Juste après la nomination de Hammouchi à la tête de la DGST, le souverain aurait ainsi donné des instructions pour que le fonctionnement des services soit exclusivement “maroco-marocain”. En clair, cela veut dire que le Maroc n'aurait pas à répondre aveuglément aux sollicitations des services étrangers, la CIA principalement. Si l'information venait à se vérifier, elle ferait le bonheur de tous les défenseurs des Droits de l'Homme. Mais il n'est pas sûr qu’elle produirait les mêmes effets chez les barbouzes de l'oncle Sam, habituées à se faire obéir au doigt et à l'oeil par les services des pays arabes.


Presse. L’erreur de la Mañana

L’hebdomadaire hispanophone La Mañana, édité par le groupe Maroc-Soir, a publié un surprenant article sur les “amis espagnols du Maroc” qui a décidé le procureur de Casablanca à ouvrir une enquête judiciaire à ce sujet. L’article, tiré d’un site espagnol, tenait des propos peu amènes à l’égard de la monarchie. “Il s’agit, nous explique le directeur de la publication, Hicham Snoussi, d’une malencontreuse manipulation d’un site internet, qui va à l’encontre de notre ligne éditoriale et pour laquelle nous nous sommes excusés”. Le directeur de la publication a été entendu par la police, le 6 janvier. On ignore pour le moment si les autorités judiciaires donneront une suite à cette malheureuse affaire qui cadre effectivement très mal avec le style d’une publication (pour le moins) proche du Palais.


Lettre. Bouzoubaâ hors de l’USFP ?

À l’USFP, ce sont les vieux qui font la révolution. Une année après la sortie tonitruante de Mohamed Lahbabi, c’est autour d’un autre “ancien”, Lahbib Cherkaoui (longtemps, trésorier du parti) d’exprimer so colère en public. Dans une lettre, publiée par Al Ahdath Al Maghribia, il a demandé à Mohamed Elyazghi de “démettre le ministre de la Justice, Mohamed Bouzoubaâ du parti”. Il est, à ses yeux, coupable d’avoir “critiqué le juge Ramaël, sans préciser à l’opinion publique pourquoi le juge d’instruction a refusé de collaborer avec lui, sur l’affaire Ben Barka”. En plus il lui en veut de rendre le parti responsable des “poursuites de journaux au nom de la sacralité”. Il rappelle, ironiquement, comment ce même Bouzoubaâ plaidait dans les années 60 pour défendre les journaux de son parti contre “la sacralité”. Cherkaoui a du mal à croire que le parti ait viré de bord. Signe des temps, à l’USFP son coup de gueule n’a pas suscité de réactions.


Chirac. La quiétude de Taroudant ébranlée

Jacques Chirac est rentré de Taroudant après quelques jours de vacances. Pour la première fois, le séjour du président français a intrigué les habitants de cette petite ville pourtant habitués aux visites des grands de ce monde. Et à cela il y a une raison : les déplacements de Chirac ont été marqués par un déploiement sans précédent des forces de l’ordre. La veillée de Noël que le président a passé à l’église de Taroudant a notamment été marquée par des mesures de sécurité exceptionnelles alors que d’habitude la sécurité de Jacques Chirac était confiée à une équipe discrète.



Billet. Ni chiens ni fauves

(Driss Ksikes)

Alors, comme ça, la mise à niveau de la presse écrite serait sur les rails. La formule est d’un équilibrisme rare : de l’argent à flot, des poursuites à la pelle, une inflation dans les amendes, des imprimeurs érigés en vigiles du politiquement correct et des journalistes poussés, insidieusement, à l’auto-censure. “Ils sont insolents, imprévisibles, il faut les domestiquer pour qu’ils se sentent responsables”, voilà en gros ce que disait un haut responsable à l’un de ses collègues à propos des journalistes indépendants. Ils assimilent les gens de la presse à “des fauves, prêts à bondir sur tout ce qui bouge et incapables de s’auto-limiter”. Leur tort ? Refléter une réalité souvent cruelle ou méconnue par un miroir qui tient plus compte de l’intelligence du lecteur que des susceptibilités des tenants d’un quelconque pouvoir. En réaction, l’état a décidé de dompter la bête, à coups de subventions certes, mais aussi d’interrogatoires interminables (ceux d’Al Ayyam sont un cas d’école), de procès politiquement orientés (celui d’Al Ousbouiya est un cas flagrant) et d’attaques téléguidées (par justice interposée). Evidemment, aucun responsable ne dit clairement vouloir réduire ces “fauves qui mordent” à des “chiens qui lèchent”. Mais force est de constater que le rapport qu’entretiennent certains décideurs makhzénisés avec les hommes de presse dépend de la propension de ces derniers à les servir d’abord, et à défendre leurs intérêts ensuite, tels des chiens de garde. évidemment, plusieurs hommes et femmes de la profession mangent de ce pain-là, à satiété. Mais d’autres journalistes - et ils sont heureusement nombreux - n’ont pour capital que leur habileté intellectuelle. Ils ne sont ni chiens ni fauves, juste… des chats, qui apprennent à marcher sur des œufs. Et se rendent compte, chemin faisant, que ceux du Makhzen sont décidément bien fragiles.



Martyr. Les Zeroual disent non au palais

La famille de Abdellatif Zeroual, ancien militant d’Ilal Amam décédé sous la torture, vient de diffuser un communiqué de presse pour expliquer les raisons de sa non-présence au palais royal, le 6 janvier dernier, jour du fameux discours royal, contrairement à ce que des confrères, sans doute de bonne foi, ont publié cette semaine. “La famille Zeroual, explique le texte, a toujours refusé l’approche officielle de la réconciliation (…)”. Cette famille, connue pour sa ténacité, estime que le dossier du martyr reste encore ouvert et revendique un pardon officiel des plus hautes autorités, lequel, ajoute le communiqué, “n’a pas eu lieu”. Les Zeroual rejoignent en cela la position d’Abdelhamid Amine (AMDH) qui, lui, n’a pas boycotté la réception officielle.


Marrakech. L'Istiqlal s’amuse

À Marrakech, l'Istiqlal n'en finit pas de se déchirer. Les tiraillements entre les anciens, menés par l'inoxydable Mhamed Khalifa, et les “autres”, proches de Abdellatif Abdouh (l'homme de Abbas el Fassi), se précisent. Dernier épisode en date, l'élection du chef du Bureau provincial : les fidèles de Khalifa ne se sont pas présentés, entraînant l'élection d'Abdouh, par défaut. C’est Abbas El Fassi qui doit se frotter les mains, et pas que de froid. En fait, comme nous l’expliquent des sources istiqlaliennes, la désignation d’Abdouh doit beaucoup à l'organisation quasi-militaire du parti à Sidi Youssef Ben Ali, ainsi qu'à un afflux de cadres nouveaux, venus de la société civile. Deux choses à retenir, donc, de cette guerre feutrée : les prochaines élections législatives sur fond de 3ème mandat pour Abbas el Fassi (qui brigue, en sus, une hypothétique primature) et les attentes des istiqlaliens new age, davantage portés sur l'efficacité partisane que sur les ambitions démesurées de leurs chefs.


Diplomatie. Quatre sahraouis

Le roi a procédé, en début de semaine, à la nomination de 24 nouveaux ambassadeurs. Le mouvement était attendu depuis plusieurs semaines. Deux ambassadeurs “politiques” émergent notamment du lot, l’ancien RNI Najib Zerouali et l’istiqlalien Mohamed El Ouafa (déjà ambassadeur en Inde), respectivement installés en Tunisie et en Iran.
À signaler aussi que, dans le lot des nouveaux ambassadeurs, quatre sont d’origine sahraouie, respectivement affectés au Soudan, en Jordanie, en Bulgarie et en Norvège. C’est évidemment vers ce dernier pays que les regards seront le plus portés, les pays scandinaves étant connus pour leur soutien à la cause indépendantiste.


Accident. Les morts passent après les ambassadeurs

23 personnes, au moins sont décédées la veille de l’Aïd El Kébir, dans un accident de la circulation quelques kilomètres au sud de Marrakech, sur la route d’Agadir. Deux autocars sont entrés frontalement en collision, quand le chauffeur du premier a essayé de doubler un véhicule agricole. Immédiatement, le lieu de l’accident a été encerclé par les forces de l’ordre et la route est restée coupée pendant quelques heures. Deux ministres, Mohamed Biadillah et Karim Ghellab, se sont tout de suite déplacés à Marrakech où ils ont rendu visite aux blessés, au nombre de 63 dont 11 cas graves. Le même jour, les journaux télévisés des deux chaînes se sont ouverts sur les deux réceptions royales (des nouveaux ambassadeurs et du président de la Cour des comptes), reléguant l’accident qui a coûté la vie à 23 citoyens la veille d’une fête populaire à la troisième place. Tragique !



3 questions à Abdelaziz Meziane Belfqih (Conseiller du roi Mohammed VI)

Dans le discours royal, les rapports de l’IER et du cinquantenaire ont été présentés de manière concomitante. était-ce prévu ainsi dès le départ ?
Non, je ne le pense pas. Ils sont le résultat de deux itinéraires différents. L’IER est l’aboutissement d’un processus enclenché par le CCDH et le rapport du développement a été dicté par un besoin de bilan d’étape. Après, l’idée de lier l’un à l’autre s’est imposée naturellement, puisque la problématique est la même : le retour sur le passé et le besoin de se projeter dans l’avenir.

L’un des points communs des deux rapports est l’appel à une réforme constitutionnelle. Cela veut-il dire qu’elle devient possible ?
Le rapport du cinquantenaire dit qu’il est nécessaire de mûrir la réflexion autour de cette question. Dans le rapport général, nous serons plus précis. Il s’agit d’une réforme à l’aune du fonctionnement de notre système, de la régionalisation et de l’ancrage des droits universels.

Plus globalement, votre rapport est-il censé servir de feuille de route au gouvernement ?
Ce qu’on a écrit n’est ni une feuille de route ni un tableau de bord. C’est une offre de débat, qui appelle à être enrichie et critiquée, voire concurrencée par des rapports similaires. Nous avons schématisé les idées à dessein. Mais l’essentiel à retenir est que notre pays est prêt à débattre.


Scandale. Grâce pour les victimes de Servaty

Les victimes du scandale des CD pornographiques peuvent pousser un ouf de soulagement puisque onze d’entre elles viennent d’être libérées, en début de semaine, dans le cadre du dernier mouvement de grâces royales. Après les deux victimes qui ont déjà purgé leur peine d’emprisonnement, cela porte à 13 le nombre des filles aujourd’hui en liberté. À signaler, toutefois, que deux victimes restent toujours en détention à Inezgane. Anaruz, l’ONG qui défend les droits des victimes, demande aujourd’hui “la libération des dernières victimes et l’extradition au Maroc (pour jugement) du touriste belge Philippe Servaty”.


Coopération. Le coup de fil de Boutef

Abdelaziz Bouteflika serait intervenu personnellement auprès du roi Mohammed VI pour régler un litige foncier dont auraient été victimes des ressortissants algériens qui habitaient au Maroc. A l’origine du problème un terrain de plusieurs hectares situé à Bir Kacem, dans la zone la plus chère de Rabat, et qui appartient à des Algériens proches du président Bouteflika, aurait été enregistré sous le nom d’autres personnes. Malgré de nombreuses plaintes, les personnes en question n’ont jamais été inquiétées et les propriétaires n’ont jamais pu récupérer leur bien. C’est ce qui explique le coup de fil du président algérien au roi. Selon toute vraisemblance, l’initiative de Bouteflika semble avoir porté ses fruits puisque l’affaire est en voie d’être réglée auprès de la conservation foncière de Rabat.


Sahara. Les rendez-vous de Zouerate

Le phénomène n’est pas nouveau et ne dépasse guère le stade de l’anecdotique, mais il mérite d’être relevé. Zouerate et Nouadhibou, deux des principales localités mauritaniennes, servent de points de rencontres entre les Sahraouis des deux bords, venant d’un côté comme de l’autre du mur de sable. Et c’est encore plus vrai le jour de l’Aïd où des familles séparées par un conflit absurde ont l’occasion de se retrouver loin des mines antipersonnelles et des casques bleus. La dernière fête n’a pas fait exception à cette pratique qui, d’après des sources locales, a toujours constitué une passerelle entre les Sahraouis marocains et ceux de Tindouf.


Football. Kinshasa, connais pas !

Le football marocain va bien. Mais ne lui demandez pas de connaître la géographie du continent africain, auquel pourtant il appartient. Voilà le principal enseignement extra-sportif que l’on peut tirer du match amical Maroc - Congo-Kinshasa (ex-Zaïre) qui a eu lieu lundi dernier. Les organisateurs marocains ont confondu, ce soir-là, Kinshasa et Brazzaville, le Zaïre et le Congo. Résultat : ils ont joué l’hymne du deuxième alors qu’il fallait jouer celui du premier. Le public zaïrois a d’autant moins apprécié que les relations entre Kinshasa et Brazzaville, hier encore unies, ne sont pas au beau fixe. Le plus drôle, c’est que les habituels sifflets du public marocain, qui n’y a vu que du feu, ont pour une fois apaisé la colère de nos visiteurs !


Espagne. Los Moros dérangent

Selon une étude publiée par le centre d'études stratégiques espagnol El Cano, 68 % des Espagnols se déclarent inquiets de la forte proportion d'Espagnols musulmans, notamment d'origine marocaine. L’étude révèle que les Espagnols craignent que les ressortissants d’origine marocaine ne puissent un jour “nuire aux intérêts de l’Espagne”. Cette inquiétude, gonflée en sourdine par la droite et l’extrême-droite espagnole, fait suite aux données chiffrées communiquées par l'Institut espagnol des statistiques (INE), selon lesquelles les mères d’origine marocaine contribuent largement au boom de la natalité espagnole observé depuis la fin des années 1990.


France. Séquestrées et privées de cours (sauf ceux de papa) au nom de l’islam

Elles avaient 4, 10, 13 et 14 ans. De père marocain, elles vivaient en France depuis de longues années. Enfin, en France… Plus précisément dans la maison paternelle, avec interdiction d’aller à l’école (“hors de question qu’elles ôtent le voile”), de recevoir des cours par correspondance (“contenu des programmes indécent”)… et même de sortir de la maison, sauf en de très rares occasions, et sous surveillance. Une ONG française de défense de l’enfance maltraitée s’en est mêlée. Résultat : la mère (considérée elle aussi comme victime) a été installée à proximité du centre pour l’enfance où les quatre filles ont été placées. Quant au père, il récolte 10 mois de prison avec sursis. Pour l’anecdote, il ne s’est même pas présenté au tribunal pour entendre le verdict, parce que le juge, le procureur et le greffier étaient… des femmes !



Humeur. Fils de…

(Par Karim Boukhari)

Si vous voulez mon avis, l’événement de l’année 2005 ne s’appelle pas l’IER, mais le cinéma “L’Arc”. Eh oui ! Ce petit cinéma de quartier qui faisait la fierté des riverains du boulevard Ziraoui à Casablanca, repaire de loubards et de voyous imberbes défiant, narguant la classe-biberon du lycée Lyautey en face. Désolé, mon ami, je suis nostalgique. “L’Arc” n’a pas fermé ses portes, puisqu’il n’a plus de portes. Ses vitres sont cassées. Adieu les “ouvreuses” outrageusement maquillées et déguisées en fausses blondes, adieu les incomparables affiches des séries Z de Bud Spencer et Terence Hill. Quel monde ! “L’Arc” était un cinéma, un bar, un quartier et tout un monde. On disait fièrement à son interlocuteur de Derb Soltane ou à l’enfant de la médina qui se croyait plus malin que les autres : “Attention, moi je suis un fils de l’Arc”. Autrement dit un affranchi qui a appris deux ou trois choses avant l’heure. J’avoue que le cinéma, on s’en foutait un peu. Ce n’était pas le plus important. On y allait comme au café, pour palabrer et scruter les passants. Ça circulait énormément dans les couloirs, entre les sièges, dans les toilettes. Le plus important était les scènes de sexe et les tueries où le héros finissait par les exterminer tous. Et puis chaque quartier avait sa fierté, son cinéma. Moi, fils de l’Arc, je rends tout de même hommage aux gars du “sud” (Bourgogne, El Hank) qui avaient leur Victoria, leur Founoun. D’autres étaient des fils de Saâda, Kawakib, Mauritania, Médina, Mondial et ses toits ouvrants qui s’activaient à l’entracte, Olympia, Familia (ah ! cette éternelle affiche “deux grands films cette semaine” que personne n’a jamais osé déchirer parce que personne ne la lisait tout simplement)... La classe !



VITES !

Pendant la préparation du discours du Mohammed VI du 6 janvier (lire pp. 42 à 49), une petite guéguerre a éclaté entre le protocole royal et l’IER. Le premier a en effet pris sur lui d’inviter directement divers opposants et militant des Droits de l’Homme, dont certains ont décliné l’invitation. Il a fallu que les membres de l’IER les rappellent et insistent pour qu’ils acceptent de venir…


Les ambassadeurs des pays scandinaves se sont rendus à Agadir, la semaine écoulée, pour contrôler de visu les mesures de sécurité mises en place pour l’accueil des touristes étrangers. Cette visite entre dans le cadre de la préparation de l’afflux massif des ressortissants de ces pays qui choisissent en majorité l’hiver pour se rendre à Agadir.


La police espagnole a interpellé, cette semaine, 20 personnes soupçonnées d’activités terroristes, parmi lesquelles 15 Marocains. Les ressortissants d’origine marocaine feraient partie, d’après les autorités espagnoles, de deux cellules de recrutement et d’envoi de combattants en Irak, liées à Al Qaïda.


Le juge d’instruction a finalement auditionné l’investisseur irakien Mohamed Wahib, en début de semaine. L’homme d’affaires, qui a déposé plusieurs plaintes contre Driss Basri, Lovat, Slimani et d’autres personnalités, à l’époque où le puissant Basri était encore au pouvoir, avait subi bien des déboires à la suite de sa première plainte.


Mehdi Ben Barka vient d’être décoré (à titre posthume bien sûr) d’un Wissam en sa qualité de signataire du manifeste de l’indépendance. Cette reconnaissance tardive adoucit quelque peu l’amertume ressentie par de larges pans de la société civile suite à la non-invitation de la famille du martyr au dernier discours royal.

 
 
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