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Par Abdeslam Kadiri
Monde. La semaine
Guantanamo. Récits accablants
Quatre ans après les premiers transferts de prisonniers à Guantanamo, Amnesty International (AI) a rendu public mercredi de nouveaux témoignages de détenus, affirmant avoir été torturés et humiliés dans le camp de détention sur lîle de Cuba. AI n'a pu visiter la prison extra-territoriale, ni rencontrer les prisonniers. Lorganisation a travaillé à partir des témoignages des nombreux détenus par erreur, et qui ont ensuite été libérés. Arrêté en septembre 2002, Abdeslam Al Hela, un Yéménite de 34 ans, affirme être passé par cinq prisons différentes avant d'atterrir à Guantanamo, en septembre 2004. Son histoire |
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confirme la pratique des enlèvements illégaux de la CIA.
La plupart de mes interrogatoires ont eu pour but de me faire dire qu'il y a une relation entre Al Jazira et Al Qaïda, témoigne de son côté Sami Al Hajj, un journaliste de la chaîne qatarie, transféré à Guantanamo en juin 2002. Comme Al Hela, il affirme avoir été battu et intimidé à l'aide de chiens. Il aurait également fait l'objet d'insultes racistes, été placé à l'isolement pendant huit mois, et privé des médicaments indispensables pour traiter un cancer de la gorge en 1998. Quant à Jumah al-Dossari, il précise avoir été interrogé 600 fois et dit quil ne buvait que leau croupie et mangeait souvent des aliments périmés. AI est catégorique : Guantanamo a été conçu dès le départ pour échapper aux différents droits : international, américain et humanitaire : une zone délibérément de non-droit, selon un porte-parole. Le centre de détention doit être fermé et une enquête, menée, exige AI. Sur les quelque 500 détenus de Guantanamo, neuf ont été inculpés pour être jugés. Quarante autres sont en grève de la faim pour protester contre leurs conditions de détention. Les audiences devant les tribunaux militaires d'exception ont repris mercredi avec la comparution d'un propagandiste présumé d'AlQaïda, Al Bahlul. Déjà ébranlée par les révélations sur les prisons secrètes de la CIA et la délocalisation de la torture, la position de l'administration Bush sur ce dossier devient de plus en plus difficile, y compris vis-à-vis de ses alliés. |
Israël. Sharon va mieux, Kadima est bien parti
Létat de santé dAriel Sharon saméliore. La reprise de la respiration et les réactions à la douleur sont les éléments les plus positifs, note l'un des neurochirurgiens. Outre les radios, Ariel Sharon a été soumis à quelques expériences bizarres. Yédiot Aharonot révèle que les médecins ont agité un chawarma tout chaud sous son nez pour observer ses réactions olfactives et ses fils lui ont fait écouter des oeuvres de Mozart, pour stimuler ses sens. Moins drôle, Haaretz annonce que son hémorragie massive aurait été causée par un traitement médical inapproprié. Labsence de Sharon nempêche pas son parti, Kadima, guidé par Ehud Olmert, de dominer les sondages en vue des législatives anticipées du 28 mars. Kadima raflerait pas moins de 44 mandats sur 120. Par ailleurs, le gouvernement israélien a autorisé les Palestiniens de Jérusalem-Est à participer aux élections législatives prévues le 25 janvier. Mais le mouvement radical Hamas a été interdit de campagne. |
Liban. Brammertz hérite de laffaire Hariri
Le procureur belge Serge Brammertz a été nommé par lOnu mercredi à la tête de la commission qui enquête sur lassassinat de lex-Premier ministre libanais Rafic Hariri. Serge Brammertz remplace le juge allemand Detlev Mehlis.
Réputé indépendant et discret, Brammertz, 43 ans, est depuis 2003 procureur adjoint de la Cour pénale internationale (CPI), où il supervise les enquêtes sur les atrocités commises au Congo, en Ouganda et au Darfour. Recommandé par Mehlis, Brammertz reprend un poste à haut risque. Il a déjà été menacé de mort par le groupe qui a revendiqué lassassinat du journaliste Gebrane Tueni. Il reprend les rênes à un moment clé : Damas est tancée par Paris et Washington et Mehlis a demandé à interroger le président syrien, Bachar Al-Assad, désespérement à la recherche dalliés. |
Royaume Uni. Le procès de capitaine Crochet
Le procès de limam radical dorigine égyptienne Abou Hamza Al-Masri, figure emblématique du londonistan, sest ouvert lundi à Londres. Abou Hamza est jugé à Old Bailey pour seize chefs dinculpation, dont dix concernent des incitations au meurtre, mais aussi pour la possession de documents menaçants.
Abou Hamza était surnommé par les tabloïds capitaine crochet pour avoir perdu une main et un il en Afghanistan. Ce procès est lillustration dune politique de fermeté contre les islamistes radicaux du Royaume-Uni. La Grande-Bretagne ne veut plus être considérée comme un havre de paix pour le prosélytisme radical auquel se sont adonnés dans un passé proche les Abou Hamza, Abou Qatada et autres Richard Reid, autour de la célèbre mosquée de Finsbury. |
Chili. Pinochet paie sa caution
Depuis mercredi soir, lex-dictateur Augusto Pinochet, 90 ans, est en liberté mais sous caution. Le général Pinochet a effectivement payé une caution -environ 15 000 euros- et est parti le soir même pour la côte, a confirmé le général Garin.
Il a été inculpé pour des crimes contre des gauchistes commis en 1975 ainsi que fraude fiscale. Assigné à résidence depuis le 23 novembre 2005, ses ennuis judiciaires ne sont pas terminés. La Cour dappel de Santiago a annoncé quelle a levé son immunité pour quil puisse être jugé pour de nouveaux assassinats qui lui sont attribués. La question de savoir si sa santé mentale lui permet dêtre jugé empoisonne aussi les débats. |
Bolivie. Campagne anti-libérale
À peine élu, Evo Morales, le nouveau président bolivien qui prendra ses fonctions le 22 janvier, a entamé une tournée internationale qui la notamment mené en Espagne, en France, en Chine et en Afrique du sud. Mais le premier président indien de Bolivie, ancien leader syndicaliste et chef de file des cocaleros, les cultivateurs de feuille de coca, a dabord tenu à rendre visite à Fidel Castro, à Cuba, où il a célébré la rencontre de deux révolutions. Un geste symbolique, à lheure où les Etats-Unis sinquiètent du basculement à gauche de lAmérique latine. Au programme de Morales : améliorer les conditions de vie des Boliviens, peuple le plus pauvre dAmérique du Sud, et revoir les contrats avec les multinationales étrangères qui gèrent les ressources naturelles de la Bolivie (gaz et pétrole), le tout en combattant le système néo-libéral, mais en se voulant rassurant sur les investissements étrangers en Bolivie.
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Lu pour vous.
Poutine, lhomme fort
(Daniel Vernet, Le Monde du 11 janvier)
Les Russes aiment les hommes forts. Ils sont servis. Selon une enquête réalisée par Pew Global Attitudes Project, 66% des Russes veulent un dirigeant à poigne.
Contrairement à une idée répandue, les Russes ne font pas une allergie congénitale à la démocratie. Leur attitude dépend des circonstances. Après la période anarcho-arbitraire de Boris Eltsine, Vladimir Poutine leur a promis lordre et la modernisation. Ils ont acheté. Les Russes pensent quune économie puissante est plus importante que des institutions démocratiques. Leur président ne fait rien pour les en dissuader. La démocratie est le dernier de ses soucis (
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Le groupe des états les plus industrialisés du monde a hésité avant daccepter Moscou en son sein. Lexamen de passage a eu lieu à Londres en juillet 1991 lorsque Mikhaïl Gorbatchev a été invité à présenter les réformes économiques destinées à transformer lUnion soviétique. Boris Eltsine puis Vladimir Poutine ont été progressivement admis à participer aux discussions politiques. Quinze ans plus tard, cest la consécration puisque le président russe assume la présidence du G8 (
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Or la politique de Vladimir Poutine tourne le dos à une évolution démocratique. La régression est évidente. Petit à petit, les libertés conquises ont été rognées, sous prétexte détablir lautorité de lEtat, en fait pour renforcer le pouvoir présidentiel, museler lopposition, étouffer les prémices dune société civile. |
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VITE !
Lex-ministre des Affaires étrangères irakien Tarek Aziz, détenu par l'armée américaine, agonise. Dans Al-Hayat, son avocat, Me Badie, confie quil souffre d'une embolie cérébrale et de maladies cardiaques. Aziz serait détenu dans un local pour chiens ! |
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