Islamistes. Le PJD se paie (gentiment) Al Adl
Interview. "En politique, on ne doit jamais dire jamais"
Football. Nos chances pour la CAN 2006
Internet. La Gâchette du Maroc tire à vue
Chronique. Le lobby du Haouli a gagné
Midelt. Les moines de l'Atlas
Tourisme. Jeter l'ancre à Dakhla...
Exil. Nos célébrités au Canada
Révélations. Un nouvel Irangate ?
Hollande. Sexe, drogue et racisme
Terrorisme. De Bruxelles à Bagdad
Cosumar vs agriculteurs. La guerre du sucre
Portrait. Mémoires de costumier
N° 208
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Abdeslam Kadiri

Monde. La semaine

(AFP)

Guantanamo. Récits accablants

Quatre ans après les premiers transferts de prisonniers à Guantanamo, Amnesty International (AI) a rendu public mercredi de nouveaux témoignages de détenus, affirmant avoir été torturés et humiliés dans le camp de détention sur l’île de Cuba. AI n'a pu visiter la prison extra-territoriale, ni rencontrer les prisonniers. L’organisation a “travaillé à partir des témoignages des nombreux détenus par erreur, et qui ont ensuite été libérés”. Arrêté en septembre 2002, Abdeslam Al Hela, un Yéménite de 34 ans, affirme être passé par cinq prisons différentes avant d'atterrir à Guantanamo, en septembre 2004. Son histoire
confirme la pratique des enlèvements illégaux de la CIA.
“La plupart de mes interrogatoires ont eu pour but de me faire dire qu'il y a une relation entre Al Jazira et Al Qaïda”, témoigne de son côté Sami Al Hajj, un journaliste de la chaîne qatarie, transféré à Guantanamo en juin 2002. Comme Al Hela, il affirme avoir été battu et intimidé à l'aide de chiens. Il aurait également fait l'objet d'insultes racistes, été placé à l'isolement pendant huit mois, et privé des médicaments indispensables pour traiter un cancer de la gorge en 1998. Quant à Jumah al-Dossari, il précise avoir été interrogé 600 fois et dit qu’il ne buvait que “l’eau croupie” et mangeait “souvent des aliments périmés”. AI est catégorique : “Guantanamo a été conçu dès le départ pour échapper aux différents droits : international, américain et humanitaire : une zone délibérément de non-droit”, selon un porte-parole. “Le centre de détention doit être fermé et une enquête, menée”, exige AI. Sur les quelque 500 détenus de Guantanamo, neuf ont été inculpés pour être jugés. Quarante autres sont en grève de la faim pour protester contre leurs conditions de détention. Les audiences devant les tribunaux militaires d'exception ont repris mercredi avec la comparution d'un propagandiste présumé d'AlQaïda, Al Bahlul. Déjà ébranlée par les révélations sur les prisons secrètes de la CIA et la “délocalisation de la torture”, la position de l'administration Bush sur ce dossier devient de plus en plus difficile, y compris vis-à-vis de ses alliés.


Israël. Sharon va mieux, Kadima est bien parti

L’état de santé d’Ariel Sharon s’améliore. “La reprise de la respiration et les réactions à la douleur sont les éléments les plus positifs”, note l'un des neurochirurgiens. Outre les radios, Ariel Sharon a été soumis à quelques expériences bizarres. Yédiot Aharonot révèle que les médecins ont agité un chawarma tout chaud sous son nez pour observer ses réactions olfactives et ses fils lui ont fait écouter des oeuvres de Mozart, pour stimuler ses sens. Moins drôle, Haaretz annonce que son hémorragie massive aurait été causée par un traitement médical inapproprié. L’absence de Sharon n’empêche pas son parti, Kadima, guidé par Ehud Olmert, de dominer les sondages en vue des législatives anticipées du 28 mars. Kadima raflerait pas moins de 44 mandats sur 120. Par ailleurs, le gouvernement israélien a autorisé les Palestiniens de Jérusalem-Est à participer aux élections législatives prévues le 25 janvier. Mais le mouvement radical Hamas a été interdit de campagne.


Liban. Brammertz hérite de l’affaire Hariri

Le procureur belge Serge Brammertz a été nommé par l’Onu mercredi à la tête de la commission qui enquête sur l’assassinat de l’ex-Premier ministre libanais Rafic Hariri. Serge Brammertz remplace le juge allemand Detlev Mehlis.
Réputé indépendant et discret, Brammertz, 43 ans, est depuis 2003 procureur adjoint de la Cour pénale internationale (CPI), où il supervise les enquêtes sur les atrocités commises au Congo, en Ouganda et au Darfour. Recommandé par Mehlis, Brammertz reprend un poste à haut risque. Il a déjà été menacé de mort par le groupe qui a revendiqué l’assassinat du journaliste Gebrane Tueni. Il reprend les rênes à un moment clé : Damas est tancée par Paris et Washington et Mehlis a demandé à interroger le président syrien, Bachar Al-Assad, désespérement à la recherche d’alliés.


Royaume Uni. Le procès de capitaine Crochet

Le procès de l’imam radical d’origine égyptienne Abou Hamza Al-Masri, figure emblématique du “londonistan”, s’est ouvert lundi à Londres. Abou Hamza est jugé à Old Bailey pour seize chefs d’inculpation, dont dix concernent des incitations au meurtre, mais aussi pour la possession de documents menaçants.
Abou Hamza était surnommé par les tabloïds “capitaine crochet” pour avoir perdu une main et un œil en Afghanistan. Ce procès est l’illustration d’une politique de fermeté contre les islamistes radicaux du Royaume-Uni. La Grande-Bretagne ne veut plus être considérée comme un havre de paix pour le prosélytisme radical auquel se sont adonnés dans un passé proche les Abou Hamza, Abou Qatada et autres Richard Reid, autour de la célèbre mosquée de Finsbury.


Chili. Pinochet paie sa caution

Depuis mercredi soir, l’ex-dictateur Augusto Pinochet, 90 ans, est en liberté mais sous caution. “Le général Pinochet a effectivement payé une caution -environ 15 000 euros- et est parti le soir même pour la côte”, a confirmé le général Garin.
Il a été inculpé pour des crimes contre des gauchistes commis en 1975 ainsi que fraude fiscale. Assigné à résidence depuis le 23 novembre 2005, ses ennuis judiciaires ne sont pas terminés. La Cour d’appel de Santiago a annoncé qu’elle a levé son immunité pour qu’il puisse être jugé pour de nouveaux assassinats qui lui sont attribués. La question de savoir si sa santé mentale lui permet d’être jugé empoisonne aussi les débats.


Bolivie. Campagne anti-libérale

À peine élu, Evo Morales, le nouveau président bolivien qui prendra ses fonctions le 22 janvier, a entamé une tournée internationale qui l’a notamment mené en Espagne, en France, en Chine et en Afrique du sud. Mais le premier président indien de Bolivie, ancien leader syndicaliste et chef de file des “cocaleros”, les cultivateurs de feuille de coca, a d’abord tenu à rendre visite à Fidel Castro, à Cuba, où il a célébré “la rencontre de deux révolutions”. Un geste symbolique, à l’heure où les Etats-Unis s’inquiètent du basculement à gauche de l’Amérique latine. Au programme de Morales : améliorer les conditions de vie des Boliviens, peuple le plus pauvre d’Amérique du Sud, et revoir les contrats avec les multinationales étrangères qui gèrent les ressources naturelles de la Bolivie (gaz et pétrole), le tout en combattant le “système néo-libéral”, mais en se voulant rassurant sur les investissements étrangers en Bolivie.

S.M




Lu pour vous.
Poutine, l’“homme fort”

(Daniel Vernet, Le Monde du 11 janvier)

Les Russes aiment les hommes forts. Ils sont servis. Selon une enquête réalisée par Pew Global Attitudes Project, 66% des Russes veulent un dirigeant à poigne.
Contrairement à une idée répandue, les Russes ne font pas une allergie congénitale à la démocratie. Leur attitude dépend des circonstances. Après la période anarcho-arbitraire de Boris Eltsine, Vladimir Poutine leur a promis l’ordre et la modernisation. Ils ont acheté. Les Russes pensent qu’une économie puissante est plus importante que des institutions démocratiques. Leur président ne fait rien pour les en dissuader. La démocratie est le dernier de ses soucis (…)
Le groupe des états les plus industrialisés du monde a hésité avant d’accepter Moscou en son sein. L’examen de passage a eu lieu à Londres en juillet 1991 lorsque Mikhaïl Gorbatchev a été invité à présenter les réformes économiques destinées à transformer l’Union soviétique. Boris Eltsine puis Vladimir Poutine ont été progressivement admis à participer aux discussions politiques. Quinze ans plus tard, c’est la consécration puisque le président russe assume la présidence du G8 (…)
Or la politique de Vladimir Poutine tourne le dos à une évolution démocratique. La régression est évidente. Petit à petit, les libertés conquises ont été rognées, sous prétexte d’établir l’autorité de l’Etat, en fait pour renforcer le pouvoir présidentiel, museler l’opposition, étouffer les prémices d’une société civile.



VITE !

L’ex-ministre des Affaires étrangères irakien Tarek Aziz, détenu par l'armée américaine, “agonise”. Dans Al-Hayat, son avocat, Me Badie, confie qu’il souffre d'une “embolie cérébrale et de maladies cardiaques”. Aziz serait détenu dans un local “pour chiens” !

 
 
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