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Par Khalid Tritki
CGEM. Cherche président désespérément
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Le futur président de la CGEM
doit être tout à la fois. Surtout un
équilibriste, un homme d'écoute,
un bon diplomate, un meneur
d'homme, un réformateur qui sait
faire passer la pilule aussi bien
au sein de ses troupes que dans les
sphères de décisions à Rabat. (AFP)
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Les candidatures pour la présidence de la Confédération patronale seront
officiellement connues en avril prochain. D'ici là, les clans se constituent et les stratégies se construisent. Létranger aussi sen mêle.
Le conseil d'administration de la Confédération Générale des Entreprises du Maroc (CGEM) s'est tenu mercredi 19 janvier à Casablanca. Au menu : les modalités techniques des élections présidentielles patronales. La date du 30 juin a été retenue pour le |
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scrutin et le dépôt des candidatures se fera entre le 28 avril et le 12 mai. Les noms des candidats ne seront ainsi officiellement connus et validés par le conseil d'administration du patronat qu'à cette date.
Une campagne retardée
Trop de noms circulent, mais nous ne savons pas encore qui se présentera officiellement. Et à Youssef Alaoui, président de la Fédération interprofessionnelle du secteur avicole (Fisa), de poursuivre quil est anormal que, jusqu'à maintenant, les gens se tâtent. Les candidats doivent prendre leurs responsabilités et abattre leurs cartes. Le patron de la Fisa prend exemple sur le Medef (patronat français) où le débat sur les élections et les candidatures se fait presque six mois à l'avance. Au Maroc, le contexte actuel ne se prête pas à ce jeu de campagne d'autant que la Confédération patronale est sur le banc des accusés.
Les prochaines élections se tiendront donc sur fond de crise. Les milieux politiques, proches du Palais et des partis de la majorité, lui reprochent d'avoir craché dans la soupe. Les critiques acerbes sur la gouvernance de Hassan Chami, le président sortant, reprises de plus par la banque mondiale, ont empoisonné, lété dernier, les relations entre le Palais et la confédération. Il en a découlé un climat de confrontation latent. Tout le monde sourit à tout le monde, tout en gardant les couteaux tirés sous la table. Certains soutiennent même lexistence dune volonté ferme de récupération politique. La thèse du complot n'est donc pas loin.
Les pontes de l'ONA sondent le terrain
Qu'en est-il réellement ? Il est encore trop tôt pour trancher. Mais des éléments laissent planer le doute. Des pontes de l'ONA sondent les fédérations sur tel ou tel candidat, nous explique t-on sous couvert de l'anonymat. C'est surtout le nom de Meriem Bensalah, patronne de Pepsi Maroc, qui revient très souvent. Les proches du Palais cherchent ainsi, via le groupe royal, à s'assurer le soutien des fédérations à son candidat ou candidate, confient nos sources. Toutefois, force est de constater que l'ONA, étant membre de la confédération, a le droit légitime de vouloir sonder le terrain. Il reste à savoir si la holding le fait pour des raisons purement corporatistes ou pour des raisons strictement politiques.
Par ailleurs, la candidature de Bensalah n'est pas une invention. La dame se positionne bel et bien comme challenger. Elle mène déjà une campagne en douce en approchant discrètement certaines fédérations patronales en vue d'un soutien électoral. Le verdict n'est pas encourageant. La dame est d'une grande gentillesse, mais elle n'a pas l'étoffe d'un patron des patrons. Son bagage intellectuel et son expérience ne la qualifient pas pour prendre les destinées de la confédération, tranche sans complaisance un patron d'une grande fédération. Toutefois, Bensalah a toujours une carte en main, sans le savoir peut-être.
Le clan dit du changement veut s'appuyer sur sa future candidate pour écarter les proches de Chami du club patronal. Meriem Bensalah peut ainsi négocier une bonne alliance. Une réunion, regroupant de gros bonnets de l'économie, s'est tenue, en effet, mercredi dans un quartier résidentiel de Casablanca. Selon les indiscrétions qui filtrent, la rencontre portait sur la stratégie à mettre en place pour tirer le tapis sous les pieds du clan Chami. Elle consiste à présenter aux élections un candidat (dont le nom est toujours secret) qui a la capacité présumée de concilier aval du Palais, soutien des grands groupes et intérêts des petites entreprises. Bensalah devra composer avec lui puisque, très prochainement, le même clan lui proposera le poste de vice-présidente de la confédération, ce qui est prévu dans les statuts de la CGEM C'est donc une liste, regroupant une équipe, qui sera présentée aux élections.
La main de l'étranger n'est pas loin
Un autre fait marquant de cette élection : pour la première fois, les milieux d'affaires font écho d'interventions étrangères. Des Européens ont effectivement assisté à la très secrète réunion de mercredi à Casablanca. Selon nos sources, l'Union européenne (surtout la France et l'Espagne) et les Américains auraient une préférence pour la succession de Chami, ce qui en dit long sur les enjeux des prochaines élections. Qu'attend-on donc du prochain patron ? Beaucoup de choses en fait. Sur le plan personnel, Jalil Benabbès Taârji, président de la Fédération du tourisme, résume les qualités du bon candidat en trois points : savoir écouter, avoir la capacité de trancher sur les dossiers transversaux, et être capable de se faire entendre. Hammad Kessal, président de la Fédération de la PME, lui, souhaite que le challenger soit un patriote mais surtout pas un nationaliste. Décryptage : quelqu'un qui saura mobiliser l'investissement interne tout en mettant en confiance les investisseurs étrangers, et saura les convaincre que la fameuse et très royale politique des champions nationaux est mise en veilleuse.
C'est avec les étrangers qu'on construit actuellement, renchérit un autre patron d'une association professionnelle. L'intérêt des étrangers pour les élections patronales s'explique dès lors. Ils cherchent à s'assurer que la confédération n'oubliera pas leurs intérêts au moment où elle défendra les siens. Légitime comme approche. Encore faut-il que, au niveau international, la CGEM se sépare de son costume purement protocolaire pour devenir une vraie confédération patronale qui fait la promotion du Maroc, conclut Youssef Alaoui. En tout cas, les jeux ne sont pas encore faits. Si les candidatures de Aziz Akhennouch, PDG du groupe Akwa, de Moulay Hafid El Alami, PDG du groupe Saham ainsi que celle Jalil BenabbèsTâârji, sont, vraisemblablement, à écarter, selon nos sources, d'autres émergeront certainement. Il est hautement souhaitable qu'il y ait plusieurs candidatures. Le pire qui puisse arriver est d'aboutir à une candidature consensuelle, déclare Tâarji. Attendons pour voir. |
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Historique. Les présidents
Abderrahman Bennani Smires (juillet 1988 - juin 1994). La période de la continuité, la confédération était alors considérée comme un simple club de patrons. Les courbettes et les allégeances à Rabat faisaient sa force.
Abderrahim LAHJOUJI (Juillet 1994 - juin 2000). L'homme de la première réforme. Son mandat a été très mouvementé puisqu'il a coïncidé avec la campagne d'assainissement. Il était naturel quil s'allie à Driss Jettou, alors ministre de l'Industrie, pour faire front contre Driss Basri. La campagne terminée, les relations entre le patronat et Jettou se sont raffermies. Malgré cela, Lahjouji avait du mal à faire passer ses doléances.
Hassan CHAMI (Depuis 23 juin 2000, actuel Président). Son élection après Lahjouji a été naturelle. Son action s'est inscrite dans la continuité de l'ère Lahjouji. Son amitié avec Driss Jettou et son appui à l'action du Premier ministre lui ont valu une tentative avortée de déstabilisation. Mais Chami a réussi à décrocher un deuxième mandat. |
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Historique. Les présidents
Abderrahman Bennani Smires (juillet 1988 - juin 1994). La période de la continuité, la confédération était alors considérée comme un simple club de patrons. Les courbettes et les allégeances à Rabat faisaient sa force.
Abderrahim LAHJOUJI (Juillet 1994 - juin 2000). L'homme de la première réforme. Son mandat a été très mouvementé puisqu'il a coïncidé avec la campagne d'assainissement. Il était naturel quil s'allie à Driss Jettou, alors ministre de l'Industrie, pour faire front contre Driss Basri. La campagne terminée, les relations entre le patronat et Jettou se sont raffermies. Malgré cela, Lahjouji avait du mal à faire passer ses doléances.
Hassan CHAMI (Depuis 23 juin 2000, actuel Président). Son élection après Lahjouji a été naturelle. Son action s'est inscrite dans la continuité de l'ère Lahjouji. Son amitié avec Driss Jettou et son appui à l'action du Premier ministre lui ont valu une tentative avortée de déstabilisation. Mais Chami a réussi à décrocher un deuxième mandat. |
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