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Interview. "Abdelkrim Khattabi ne se battait pas contre le roi"
Parcours. Pour le Polisario, contre l'Algérie
Santé. Dangereux liens de sang
Clandestins. Et vogue la galère...
Victoire du Hamas. Un séisme politique
Assurance. Un courtier club des grands
Musique. Le rap en fusion
Portrait. "J'ai été élevé dans la honte"
N° 210
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Hassan Hamdani

La semaine Culture

Abbas Kiarostami animant une
master class à Marrakech (DR)

Cinéma. La liste de Tribeca

L’information sera rendue publique dans la semaine. Les lauréats des masters class d’Abbas Kiarostami et Martin Scorsese, lors de la dernière édition du festival du film de Marrakech, sont maintenant fixés. Finalement, ils ne seront que trois à concourir au Tribeca Film Festival en mai prochain. Pour rappel, le Tribeca a été créé en 2002 par Robert de Niro en réaction aux attentats du 11 septembre pour ouvrir les cultures les unes aux autres, loin des préjugés inhérents au terrorisme. And the winners are : Mohamed Achaour, Noureddine Tilsghani et Salima Ben Moumen. Les trois candidats pourront démarrer
le tournage de leurs courts métrages à partir de la semaine prochaine. Trois arrêts sur image sur des réalités marocaines. Mohamed Achaour se penche sur le patriarcat et les traumatismes de l’enfance. Tilsghani plonge dans le monde du jeu et du fantasme à travers des grilles de mots fléchés. Et Ben Moumen, quant à elle, contera l’histoire réelle de Talehsent, une femme du fin fond de la campagne berbère qui a répudié quinze maris. Côté production, rappelons que la TVM (SNRT) avait promis de s’en charger à 100%, mais la Fondation du festival international de Marrakech (FFIM) sera proba- blement aussi de la fête. Quant aux cinq non retenus, ils auront leur consolation, et pas des moindres, puisqu’ils iront aussi à New York pour suivre la deuxième partie des masters class. Say hello to Ground Zero !


Ouvrage. L’ONA valorise sa collection

Tout le monde savait que la Fondation ONA avait un fond d’art contemporain marocain. Tout le monde connaît le travail de fourmi qu’a fourni Sylvie Belhassan, longtemps directrice de la villa des Arts, pour renforcer ce patrimoine. Aujourd’hui, la fondation, sous l’impulsion de son nouveau président , Rachid Slimi, un ami du roi, rassemble toiles, sculptures et autres collages accumulés au fil des ans, dans un beau livre-catalogue. Grâce à la lecture transversale et à la mise en perspective historique qu’en fait le critique Abdellah Bounfour, et à la lecture, encore plus libre, que propose le journaliste, Gilles de Bure, cet ouvrage peut être non seulement feuilleté mais lu. Les notices biographiques, succinctes, consacrées aux différents artistes peintres de la collection, ne font pas le tour de tous les noms qui comptent, mais sont représentativess de l’évolution et la richesse de cet art au Maroc. À défaut de musée national, exhaustif, l’ONA propose un panorama approximatif.


Trésor. La TVM fouine dans ses archives

C’est parti pour une nouvelle thérapie au sein de la TVM. Depuis quelques semaines, la chaîne s’évertue à ressusciter ses 40 ans d’archives. De la toute première image télé mettant en scène le roi Hassan II annonçant le lancement de la chaîne à l’infinité d’émissions culturelles et politiques qui ont meublé l’écran durant les 60’s, en passant par les exploits de nos footballeurs des 70’s. Objectif : commercialiser le petit trésor. Mais aussi, créer une émission annuelle consacrée aux images d’archives et, pourquoi pas, en confier l’animation à des présentateurs de l’époque. Et enfin, à terme, ce vœu pieux de Fayçal Laraïchi et ses hommes, donner naissance à une nouvelle chaîne télé dédiée à la mémoire de la vieille dame de la rue Brihi. Une seule chose échappera cependant à ce lifting, les images des plateaux JT de l’époque, tournés en direct et jamais enregistrés. Mais ça, on s’en remettra...


Concert. Numides mélomanes

Les 4 musiciens rbatis de Numidia feront à nouveau résonner leur musique acoustique inspirée de tous les folklores du Maroc, avec une bonne teinte de World music pour sublimer le tout. À la compo, on retrouve Tarik Hilal, professeur de guitare au Conservatoire national de musique et de danse de Rabat. Il a bâti le répertoire du groupe (18 morceaux), fruit d’un travail de recherche qu’il a entamé en 1999. Avec 22 concerts à son tableau de chasse, Numidia monte lentement, mais sûrement, en puissance grâce au soutien de l’association Envol et, étonnant mais réjouissant, du ministère de la Culture. Concert le 4 février à 19h00 à la salle Bahnini de Rabat.


Festival. Baba Aïchour is back

Eh non ! Le père Noël n’est ni un concept importé ni une fiction. De son nom vrai nom Baba Aïchour, le papa Noël des Marocains est un vieillard, sage et de grande vertu qui jusqu’à la fin du 19ème siècle, et à chaque veille de Achoura frappait aux portes des maisons pour recueillir des dons, des cadeaux qu’il était chargé ensuite de redistribuer auprès des enfants nécessiteux. Disparu depuis bientôt un siècle, Baba Aïchour s’apprête à renaître de ses cendres, le 8 février, à Rabat, par la volonté de l’association Contes’act. Après le Festival des contes, l’association réinvente Achoura et son cérémonial : les séances de tatouage au henné, la parade, la hagouza (équivalent de la galette des rois), les cadeaux, les contes, la t’bourida, et l’inévitable et mémorable feu de camp et les chants qui l’accompagnent. Du 8 au 19 février à Rabat.


Le livre.

Demoiselles de Numidie, hier encore introuvable, est enfin réédité. Ce premier roman jubilatoire de Mohamed Leftah, qualifié par Salim Jay dans son Dictionnaire des écrivains marocains de “chef d’œuvre”, est d’une force de style incontestable et d’une cruauté rare. Derrière l’allégorie de Numidie, se meuvent des prostituées à fleur de peau, des maquereaux cyniques, une volonté sourde de se casser et une incapacité à sortir du cercle sisyphien des femmes-cicatrices. Sachant élégamment être dans l’orgie mais aussi à la lisière, dans le jeu de mots, Leftah nous invite à une danse périlleuse, où le drame n’est jamais loin. Il finit d’ailleurs par se produire. Mais même quand le sang jaillit, le récit est élégant. Quel tour de force !

Ed. La différence (Minos) - 2006




Humeur : Maux croisés

Par Hassan Hamdani

Tifelt, bled paumé, risque de rentrer dans l’histoire par la porte de service. Un trentenaire chômeur y a sublimé son désoeuvrement en composant la plus grande grille de mots croisés du monde. Il espère ainsi voir son nom s’inscrire en lettres dorées sur le livre Guinness des records, entre le plus grand couscous du monde et la plus petite conscience politique, Abbas El Fassi. Certes, les mots croisés sont moins spectaculaires que les barbecues humains devant le ministère de la Santé, mais font, par contre, davantage avancer la cause des diplômés-chômeurs. Ce jeu intellectuel était, jusqu’alors, une performance individuelle accomplie dans tous les cafés du Maroc par des chômeurs au long cours. Grâce à ce verbicruciste bien de chez nous, c’est désormais un sport collectif. La grille qu’il a composée fait 2,10 m de long sur 1,20 m de large, soit un sacré bout de terrasse de café, et peut donc être remplie par au moins 18 chômeurs à la fois sirotant, très lentement, leur petit noir. Jolie économie d’échelle, bravo ! Le jeune inventeur a composé sa grille grâce à beaucoup de dictionnaires et encyclopédies poussiéreuses, des sommes de connaissances ingurgitées, comme on gave les oies, pour un débouché professionnel compris entre oualou, rien et nada. Décidément, au Maroc, on n’arrête pas le Savoir en marche. Ni le chômage d’ailleurs.



Le Grand voyage à Londres

Le road movie de Ismaël Ferroukhi trace sa route et la prochaine étape s’appelle Londres. Le 19 février, il sera en lice de la compétition “non-anglophone” aux Bafta (les oscars british), aux côtés notamment du sombre “De battre mon cœur s’est arrêté” de Jacques Audiard. So smart !

Le Maroc en miouzic

Après le design et la littérature, le British Council vient de créer le Prix de l’action musicale urbaine. Parmi les dix finalistes 2006 : le Maroc ! Mais qui sera notre meilleur ambassadeur ? C’est encore un secret. Ah, si, il doit avoir moins de 35 ans. Les paris sont ouverts !

Taghmaoui se fait des films

Du haut de sa Pyramide d’or, consécration ciné égyptienne fraîchement décernée par Omar Sharif, Saïd Taghmaoui vient de se voir confier par Canal+ la présentation de “Cinémas du monde”, la nouvelle émission bimensuelle de la chaîne du Septième art. De quoi ravaler sa haine.

 
 
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