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N° 210
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Khalid Tritki

La semaine Économie

Hammad Kassal (AIC PRESS)

Élections patronales. La Fédération de la PME abat ses cartes

Il y a du nouveau dans la lutte pour la présidence de la Confédération patronale (CGEM). La Fédération de la petite et moyenne entreprise (FPME) vient de peaufiner sa stratégie avec l’appui de grands groupes privés et publics. Contacté, Hammad Kessal, président de la FPME, se contente de souligner que “si aucun candidat ne répond à nos exigences, nous serons obligés d’y aller par nous-mêmes”. Il faut entendre : présenter son propre candidat et le soutenir. Kessal est déjà en action. Selon des sources concordantes, de grands groupes lui ont juré assistance. Une évaluation du budget de la campagne électorale a
été réalisée et le financement est presque bouclé. Les grands sont passés à la caisse et le programme électoral est en gestation au sein d’un groupe réduit spécialement constitué pour l’occasion. Une grande campagne de communication appuiera le candidat de la fédération (son nom est toujours secret défense). Seule inconnue dans l’équation : la position de l’ONA. Selon des sources proches du groupe, le holding royal envisageait de soutenir Kamil Benjelloun, le patron de CBI et l’un des vice-présidents de la CGEM. Mais il semble, selon les mêmes sources, que l’ONA préfère adopter une position neutre. Contacté, Saâd Bendidi, PDG du holding royal, affirme que le groupe “soutiendra celui qui saura le séduire par son programme et qu’il n’a, jusqu’à maintenant, aucun candidat en vue”. La neutralité de l’ONA est bien accueillie au sein du groupe de Hammad Kessal. Réaction logique puisque le groupe pèse lourd dans la balance électorale.


Architecture. L’Ordre veut revoir la loi

Le Conseil national de l’ordre des architectes a établi son plan d’action pour 2006. Les modifications réglementaires y figurent en bonne place. Ainsi, il promet un règlement intérieur d’ici fin mars. Dans la foulée, les fameux contrats d’architecte et le cahier de chantier sortiront enfin au grand jour. La formalisation de ces deux documents changera les rapports entre promoteurs immobiliers et architectes. La profession sera ainsi soumise à des conditions de travail uniformes qui s’imposeront à tous ses membres. Le Conseil envisage également de boucler une étude sur le coût des prestations d’architecte. Mais personne ne sait si cette étude sera à la base de l’uniformisation des prix pratiqués sur le marché. En tout cas, le programme de l’Ordre est, théoriquement, audacieux. Attendons pour juger, son application sur le terrain.


PME. Agence publique cherche indépendance

Le conseil d’administration de l’Agence nationale pour la PME (ANPME) devait se tenir vendredi 27 janvier à Rabat. Ce conseil est l’occasion de débattre de l’origine des fonds. Jusqu’à maintenant, l’ANPME n’a travaillé qu’avec des fonds de la coopération internationale et avec le petit “chouia” du budget de l’Etat. Ses détracteurs lui reprochent souvent de ne pas chercher d’autres sources de financement interne. En plus, l’agence n’arrive pas encore à se doter d’un “état général de la PME”. Il s’agit de statistiques fiables sur la population des PME incluant le taux de natalité et de mortalité des entreprises. À cela s’ajoute le souhait de convertir l’agence en une structure dotée de l’autonomie financière et juridique. Cette transformation, si elle passe en conseil, lui donnera une nouvelle impulsion.


Banques/PME. Convention à roder

Le comité de suivi du financement des PME, regroupant les représentants de la Fédération de la PME et le Groupement professionnel des banques marocaines (GPBM), s’est réuni, jeudi 26 janvier, pour évaluer l’application de la convention signée l’automne dernier. Les premiers échos du marché révèlent, en effet, des dysfonctionnements. D’abord, certaines agences font une lecture linéaire de la convention. Le manque de communication sur son interprétation y est pour beaucoup. Les dossiers qui ont souffert de cette lecture ont été remis à Chaâibanou, DG du GPBM pour être réétudiés. Ensuite, le comité a relevé que certaines filiales de banques étrangères ne jouent pas le jeu alors qu’elles sont signataires. Le GPBM a promis de faire le nécessaire . Notons enfin qu’un observateur américain a assisté à la réunion.


Finance. CIH new age

Incroyable mais vrai. Le Crédit immobilier et hôtelier compte un nouvel actionnaire de poids en son sein. Jeudi 26 janvier, devait être signée une convention de partenariat avec la Caisse d’épargne française. L’écureuil prend le tiers du capital alors que la Caisse de dépôt et de gestion marocaine s’accapare du reste. Alors que nous mettons sous presse, les clauses du pacte des actionnaires n’ont pas encore été révélées. Le marché table sur une réelle complicité entre la CDG et la banque de l’écureuil. Le groupe public pourrait s’inspirer de la banque française pour devenir un vrai groupe financier tourné vers le particulier. Des interrogations demeurent au sujet du management du CIH. Le sort de Khalid Alioua pourrait rester en suspens jusqu’aux prochaines élections législatives.


Incubation. Encore un colloque

Le premier Forum régional sur l’incubation d’entreprise pour la région Moyen-Orient-Afrique du Nord se tiendra à Casablanca du 31 janvier au 3 février. Ce n’est ni la première fois, ni la dernière que le Maroc s’intéresse à l’incubation. Il s’agit de la création de structures d’accueil de start-up en phase de création. L’idée a germé dans l’esprit du gouvernement Youssoufi en 1998. L’ONA a failli s’y mettre. Finalement, tous les projets ont été abandonnés hormis l’expérience-pilote de l’école Mohammadia des ingénieurs. La reprise des négociations pour la signature d’un contrat-programme des NTI relance le débat sur l’incubation. Espérons que, cette fois-ci, on aura du concret.



Billet. Mouqataâ et emploi

(Par Khalid Tritki)

Si vous perdez votre emploi, ne changez surtout pas vos documents administratifs. Ce conseil, ô combien sage, est inspiré d’une histoire vécue. La femme d’un ami est actuellement sans emploi. Envisageant un voyage à l’é- tranger pour des raisons familiales, elle entame les procédures pour refaire son passeport. Elle rassemble les documents nécessaires et se rend à la Mouqataâ du quartier. Le fonctionnaire la reçoit avec des égards. Il vérifie ses actes de naissance et la paperasse qui va avec et bute sur l’absence d’attestation de travail. La femme a beau lui expliquer qu’elle est sans emploi et que cela lui importe peu qu’on le mentionne sur son passeport, rien à faire. Il se cramponne à sa position : “Ce n’est pas cela, madame, il faut changer la carte nationale pour y mentionner que vous n’avez pas d’emploi.” “Et si je trouve un emploi dans un mois, je serais encore une fois obligée de changer ma CIN. Vous ne trouvez pas cela étrange ?”. En fin de journée, le fonctionnaire est toujours inflexible. Ce n’est pas de sa faute, le système administratif a été conçu par et pour le fonctionnariat. Or on est fonctionnaire à vie : le changement de poste ou de ministère ne change rien à ce statut. Le citoyen ordinaire, lui, n’a qu’à prendre son mal en patience. Les papiers administratifs (CIN, passeport... ) sont remplis de mentions constantes. On peut changer de carte nationale autant de fois que nécessaire, ou, comme moi… s’en foutre et tout garder en l’état.




OFF.

Un grand groupe familial a laissé une ardoise de 500 millions de dirhams auprès d’une banque de la place. Le groupe présentait à sa banque des comptes certifiés par un commissaire aux comptes attestant une santé financière sans faille. Or, il prenait de l’eau. La banque vient de le découvrir tout récemment. Elle cherche actuellement à sauver les meubles, surtout que les garanties présentées par le groupe se sont avérées sans valeur notable. Affaire à suivre.



OFF.

Capital Invest, la filiale du groupe Benjelloun, vient de boucler un nouveau fonds d’investissement maroco-marocain, destiné au capital risque, spécialement pour le financement d’entreprises en développement. Capital Invest reste ainsi dans son créneau (le capital développement), mais s’ouvre de plus en plus sur d’autres secteurs que l’agro-alimentaire et le textile.

 
 
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