Grande enquête. Nos jeunes sont inquiétants
Interview. "Abdelkrim Khattabi ne se battait pas contre le roi"
Parcours. Pour le Polisario, contre l'Algérie
Santé. Dangereux liens de sang
Clandestins. Et vogue la galère...
Victoire du Hamas. Un séisme politique
Assurance. Un courtier club des grands
Musique. Le rap en fusion
Portrait. "J'ai été élevé dans la honte"
N° 210
Webmaster
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Abdeslam Kadiri

La semaine Monde

Gamal Moubarak (AFP)

Égypte. Moubarak junior contre les Frères

La récente percée des Frères Musulmans (FM) aux législatives de décembre 2005 embarrasse Gamal Moubarak, le fils du président égyptien. Dans un entretien-fleuve au magazine Rose al-Youssef, il dit souhaiter donner un coup d’arrêt à la confrérie, considérée comme le principal obstacle à ses ambitions politiques.

À 42 ans, le fils cadet de Hosni Moubarak qui, depuis 2002 a pris les rênes du Parti national démocrate (PND, au pouvoir), estime que les activités politiques des Frères et leur participation aux législatives sont
contraires à la loi en vigueur en égypte, qui interdit la création de partis religieux. “Cette confrérie n’a pas de statut légal (…) elle a tenté de contourner la loi et s'introduire sur la scène politique”, a-t-il dénoncé. En clair, l’homme fort du pouvoir veut que “les partis politiques et la société civile trouvent une réponse pour empêcher les Frères de contourner la loi”.

Cette sortie médiatique sonne la contre-attaque de Moubarak alors que ses adversaires ont raflé, avec 88 députés, le cinquième des sièges du Parlement. Un revers pour le PND, qui n'a conservé sa domination au Parlement que grâce au ralliement de quelque 170 députés indépendants, obtenant 311 des 444 députés élus. “Si la dégradation se poursuit au PND et s’il continue à recourir à l’appareil de l’état pour préserver le pouvoir, Moubarak ne pourra pas à terme faire face à la poussée des FM.”, analyse le politologue égyptien, Mohamed Sayyed Saïd.

Interdits mais jusqu'ici tolérés, les FM sont désormais la plus grande force d'opposition au PND du Parlement. Tout le monde en égypte sait que sans leur “auto-limitation”, ils seraient sans doute majoritaires. En effet, les FM n’ont présenté des candidats que dans un tiers des circonscriptions, craignant une vague de répression. Aujourd’hui, la confrérie se demande que faire de cette victoire historique en pointillé. Les Frères ne peuvent plus se contenter d’islamiser la société par le bas, grâce à leurs institutions religieuses, hôpitaux, clubs de sport... Ils tentent d’utiliser l’assemblée comme tribune et réfléchissent discrètement à un futur parti “ouvert et tolérant”.


Israël. Polémique autour de la maladie de Sharon

Haaretz a révélé que les médecins du Premier ministre Ariel Sharon auraient caché au public la gravité de son état de santé après sa première attaque cérébrale du 18 décembre 2005. Selon le journal, Sharon souffrait à l’époque de maladies cardiaques que les médecins ont préféré ne pas révéler, évoquant seulement une “légère attaque cérébrale, qui ne devrait pas laisser de séquelles”.
Haaretz, qui a mené son enquête, indique que Sharon souffrait d'un grave dysfonctionnement de la cloison cardiaque justifiant la pose d’un cathéter et l’administration d'anticoagulants. Mais Haaretz affirme “qu'il était du devoir éthique des médecins de M. Sharon de prévenir sa famille et ses proches des risques inhérents aux anticoagulants”, à savoir un risque d’hémorragie cérébrale.
Le député travailliste et médecin, Ephraïm Sneh, a estimé que “ dans ce genre de situation, les décisions sont souvent prises en fonction des impératifs politiques”.


Kosovo. Adieu Rugova

Des milliers de Kosovars albanais ont enterré jeudi à Pristina, leur président Ibrahim Rugova, qui s’est éteint samedi dernier, d’un cancer du poumon. Son départ laisse un inquiétant vide politique. De nombreux responsables étrangers ont assisté à ses funérailles qui revêtaient “un caractère national et d'état”, même si le Kosovo est encore formellement une province de Serbie, administrée par l'Onu depuis la fin du conflit (1998-1999), sur fond de “nettoyage ethnique” entre les forces serbes et les séparatistes albanais. Six ans après la guerre, les Kosovars albanais (90 % de la population) réclament l'indépendance, alors que Belgrade veut que le Kosovo reste une province serbe. Les négociations sur le statut futur du Kosovo, sous la houlette de l'Onu et Martti Ahtisaari, ont été ajournées après le décès de Rugova.


Iran. La carotte et le bâton nucléaire

Téhéran a encore une fois haussé le ton dans le sensible dossier nucléaire en menaçant de commencer à enrichir son uranium si le Conseil de sécurité de l’ONU se saisit de l’affaire, comme le souhaitent désormais les Occidentaux.
Après l’annonce iranienne du 8 janvier, de la reprise des recherches sur le combustible nucléaire, l’Allemagne, la France et la Grande-Bretagne ont rompu le dialogue et souhaité que l’AIEA remette le dossier au Conseil onusien, pour prendre des sanctions internationales. “En pareil cas, avertit Ali Larijani, le négociateur iranien, nous commencerons alors la production industrielle”. En revanche, Téhéran a réagi favorablement à l’offre de Moscou, qui propose de prendre en charge l’enrichissement de son uranium dans le cadre d’un partenariat.


Davos. Attention à la Chine !

Avec en guest star Angela Merkel, le Forum économique mondial s’est ouvert mercredi dans la station de ski de Davos, dans l’est de la Suisse. Entre deux repas, les grands de ce monde ont fait un tour d’horizon mitigé de l’économie mondiale.
Dans le temple du libéralisme, les économistes ont constaté que le sort de l’économie mondiale était très lié à la croissance de la Chine, qui augmente très vite (9,9% en 2005) et à la consommation américaine qui ralentit. Au quatrième rang des économies mondiales, la Chine veut doubler la richesse par habitant d’ici 2010. À Davos, ce pays tente de rassurer les investisseurs sur sa volonté d’intégrer l’économie mondiale en douceur.


Canada. Bush a enfin un allié au Nord

Après douze ans de disette, la droite revient aux affaires au Canada. Menée par Stephen Harper, elle a battu le Parti libéral aux élections législatives en remportant 124 sièges sur les 308 que compte la Chambre des Communes. Minoritaire, la droite devra compter sur l’appui d’autres partis pour gouverner.
Âgé de 46 ans, Stephen Harper n’a jamais été ministre.élu au Parlement, en 1993, c’est lui qui scelle en 2003, l’union des deux principales forces de droite (l’Alliance canadienne et le Parti progressiste-conservateur). Ses promesses concernant le fédéralisme, les baisses d'impôts et le retour d'une certaine éthique au pouvoir ont séduit au-delà de son électorat traditionnel. Mais ce diplômé d’économie souhaite aussi se rapprocher de la droite américaine et augmenter les crédits de la défense. Sa victoire est aussi celle de l’Ouest du pays qui considère depuis des années être totalement délaissé par Ottawa.



Lu pour vous.
CIA : aux gouvernements de jouer !

(Ron Hochuli, Le temps, le 25 janvier)

Le sénateur suisse Dick Marty déploie l’arsenal rhétorique du combattant dans son enquête sur les prisons secrètes de la CIA. Le premier combat est engagé et se joue au niveau national. Dans la plupart des états européens, des enquêtes ont été lancées ou doivent l’être. Les législatifs, nationaux ou européens, se montrent indignés face aux informations fournies par Dick Marty. Mais ils se heurtent au silence radio de leurs gouvernements.
Des exécutifs qui semblent, de leur côté, préparer des bagarres plus diffuses et plus sournoises, visant tout à la fois à verrouiller la coalition du mutisme et à trouver des coupables “idéaux”. L’insistance avec laquelle le Tessinois a appelé à ne pas se focaliser sur la Roumanie, la Pologne et autres pays de l’Est en dit long. Le fait qu’il souligne ne pas vouloir faire office d’alibi afin que des états puissent se blanchir à bon compte est plus éloquent encore. Ces déclarations visent surtout les états d’Europe occidentale.
Ces pays ont en effet déjà brandi des menaces, au Parlement européen et au Conseil de l’Europe, à l’égard de ceux dont la collaboration avec la CIA serait avérée. Des menaces qui se révéleront contre-productives pour l’enquête du Tessinois.
Or maintenant que Dick Marty a ouvert la voie, c’est précisément aux gouvernements de prendre le relais. Chacun doit balayer devant sa porte, tout en prenant garde aux tentatives de manipulation inhérentes à des affaires aussi complexes.



VITE !

Après trois ans d’exil, l’opposant ivoirien Alassane Ouattara, candidat à la présidentielle ivoirienne, est rentré en Côte d’Ivoire mercredi dernier. Dans le contexte de tension actuel, son parti (RDR) et lui-même ont lancé un appel à l’union et l’apaisement.

 
 
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est © 2009 TelQuel Magazine. Maroc. Tous droits résérvés