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N° 212
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Ahmed Réda Benshemsi

Nous ne nous tairons pas

Ahmed Réda Benshemsi
(Sebastien Micke / Paris Match)
Notre ligne éditoriale est claire, sans complaisance ni parti pris. Nous continuerons à la défendre, quoi qu'il nous en coûte.


Et voilà, c'est fini. Les verdicts d'appel prononcés contre TelQuel dans les procès en diffamation l'opposant à Mmes Halima Assali et Touria Bouabid ont été prononcés. La première obtient 800 000 DH de dommages et intérêts et la seconde, 500 000 DH. Au total, TelQuel devra donc payer (en ajoutant les diverses taxes, amendes et frais judiciaires) environ 1 350 000 DH. En première instance, les dommages et intérêts à verser par TelQuel se montaient à un peu moins de deux
millions de dirhams. Voilà donc ce que vaut, aux yeux de ceux qui ont (vraiment) décidé de ces montants énormes, la mobilisation des 19 000 signataires de nos pétitions de soutien, celle des 31 associations parmi les plus respectées de la société civile, et celle de quasiment toute la presse : une réduction de peine de 32%... Cela représente tout de même 650 000 DH de moins à payer et pour cela, nous renouvelons à tous ceux qui nous ont soutenus nos plus chaleureux remerciements.

Devons-nous, pour autant, nous estimer heureux de cette issue ? Evidemment non. Aucune entreprise de presse au Maroc ne peut supporter sans broncher une dépense aussi lourde. Surtout quand elle émane d'une double injustice. Rappelons très vite, pour ne pas vous lasser, que les dommages et intérêts accordés en appel à Mme Assali sont 8 fois supérieurs au maximum jamais accordé en pareil cas, et que ceux accordés à Mme Bouabid sont 5 fois supérieurs à ceux que lui ont accordé d'autres juges contre d’autres journaux, pour exactement la même affaire que la nôtre. L'arbitraire judiciaire est flagrant, et la volonté de déséquilibrer les finances de TelQuel, manifeste. Qui est derrière tout cela ? Six mois après le début de cette aventure, nous ne pouvons toujours pas le dire avec certitude. Tout ce que nous savons, c'est que des instructions ont été données à la Justice par des gens qui ont du pouvoir, beaucoup de pouvoir, et que ces gens-là veulent, au-delà de ces procès, nous “punir” pour notre indépendance éditoriale. Pour nous faire taire ? Qu'ils sachent déjà qu'ils n'y parviendront jamais.

Ces sommes exorbitantes sont, pas de doute, un coup dur pour Presse Directe, la société d'édition de TelQuel. Mais que nos chers lecteurs se rassurent : elles ne nous tueront pas. Nous allons nous arc-bouter, mobiliser des ressources et faire ce que fait toute entreprise légalement constituée en cas de coup dur financier : convoquer un conseil d'administration exceptionnel en vue d'examiner la situation et de décider des mesures à prendre.

Nous tiendrons. Mais quelles que soient les dispositions financières que nous serons amenés à prendre, c'est d'abord et avant tout grâce à vous, chers lecteurs et annonceurs, que nous y arriverons. Votre fidélité et votre confiance ont fait de TelQuel le premier hebdomadaire francophone au Maroc. C'est grâce à votre fidélité et à votre confiance que TelQuel le restera, et qu'il fera face à ce coup dur. En espérant que d'autres ne suivront pas. Ce n'est malheureusement pas à écarter, vu le détestable climat d'inquisition dans lequel évolue la presse indépendante marocaine, depuis quelques mois.

La ligne éditoriale de TelQuel, et tant pis pour ceux qui ne l'ont toujours pas compris, consiste à décrire le Maroc tel qu'il est, sans complaisance ni parti pris pour quiconque. Nous continuerons à défendre cette ligne, quoi qu'il nous en coûte.

Pour la rédaction de TelQuel et l'équipe de Presse Directe, Ahmed R. Benchemsi

 
 
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