Autonomie du sahara. L'Etat joue la carte des ralliés
Communication. IER World tour
Société. Chaotique kafala
Affaire. L'homme qui a trop parlé
Amérique latine. À gauche, toute !
Administration. La guerre des logiciels
Portrait. Baby Dahan, le magicien
N° 212
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Hassan Hamdani

La semaine Culture

(AIC PRESS)

Salon. Qui va sauver le livre ?

Le 12° SIEL (Salon international du livre) sauvera-t-il le livre ? Il est indéniable que le salon va en s’améliorant, dans sa conception du moins. Subventionné à hauteur de 500 millions de DH, piloté par un comité scientifique probe, et animé par différents auteurs et conférenciers, le SIEL n’est plus ce qu’il était : un souk où le livre était réduit à sa valeur marchande. Evidemment, d’autres ingrédients, comme les lectures en public, donneraient encore plus d’attrait à l’événement. Quant à la qualité des exposants, plusieurs éditeurs de taille continuent de considérer (avec raison) le Maroc comme un
marché mineur. Résultat, ils sont à peine représentés par des libraires. Mais au fond, la crise du livre, un salon ne pourrait que la masquer, jamais la résoudre.
D’où la naissance récente de l’Association pour la Promotion de l’édition, le livre et la lecture (APELL). Ce nouveau-né, en gestation depuis des mois, est orchestré par des professionnels aux intentions nobles. Faisant un diagnostic sans appel de la situation (baisse des ventes, des importations, des tirages), l’APELL note que les bibliothèques marocaines, souvent abandonnées par l’Etat, ne comptent qu’un million d’ouvrages. Quant aux librairies, de plus en plus concurrencées par les kiosques, le Maroc n’en compte qu’une pour 200.000 habitants (l’UNESCO préconise une norme de 25.000). Réunis vendredi dernier à l’Institut français de Marrakech, pour discuter du livre, les fondateurs de l’APELL ont reconnu avoir du pain sur la planche. Ils ont aussi noté que l’Etat ne pourra plus attendre le SIEL pour sauver les meubles.


Opus. Amira Saqati, vers le paradis

Non, ce n’est pas le nom d’une nouvelle chanteuse de chaâbi. Quasi-inconnu au Maroc, incontournable pour les adeptes d’électrofusion d’Europe ou des Etats-Unis, Amira Saqati est une énigme. Ok, la formation s’est hissée en haut du podium du Boulevard des jeunes musiciens 2001, mais aucun de ses trois albums n’a vu le jour du côté de chez nous : ni Agdal Reptiles on Majoun (1993), ni Al Bharr (1998), ni, aujourd’hui, Destination Halal, concocté en 2004 par Youssef El Mejjat, fondateur de la formation 100% marrakchie, et son acolyte Pat Jabbar, en plein cœur de la ville rouge. C’est là que le premier, joueur de luth et de violon, enchaînait les mariages avant de rencontrer le groupe suisse Aïcha Kandisha, avec qui il fera quatre albums et parcourra le globe de 1989 à 2001 sous les auspices de Barraka El Farnatshi Production. Et c’est ce même label suisse qui accompagne, depuis 1993, l’odyssée Amira Saqati, fusion pionnière entre instrus et rythmes marocains et sons électroniques, made in computer. A découvrir. Car il y a encore beaucoup à dire.


Jazz au chellah. Appel à candidatures

Warning ! Après avoir accueilli de jeunes groupes dans le cadre de la scène Envol l’année dernière, Jazz au Chellah lance un appel à candidatures pour les jeunes de moins de 30 ans membres d’un groupe de musique marocain. Pour participer aux sélections, envoyez un enregistrement audio ou vidéo, une biographie et une photo de votre groupe avant le 31 mars à l’adresse suivante : Délégation de la Commission européenne, Hay Riad, Rabat. Les 6 groupes sélectionnés joueront sur la scène Jeunes Espoirs pendant la 11ème édition du festival Jazz au Chellah, les 17 et 18 juin prochain au théâtre de verdure du parc Nouzhat Hassan à Rabat. Pour plus d’informations : 037 57 98 59.


Exposition. Design moi un mouton

L’exposition “La création au service de l’industrie”, initiée par la fondation ONA, a comme son nom l’indique, pour but de solliciter l’implication des industriels dans la production en série des créations des designers, mais aussi de faire apprécier cet art, encore méconnu qu’est le design, au grand public. Pour ce faire, la fondation ONA a invité quelques grands noms de l’architecture et du design marocains tels Aziz Lazrak, (est-il encore besoin de le présenter ?) ou encore Jalil Bennani, maître ébéniste de renom dont les réalisations se veulent avant tout fonctionnelles et pratiques. Mounia Bernoussi qui s’exprime à travers ses bijoux définis à partir de formes, de couleurs et de textures qui rendent ses réalisations un petit peu trop chargées. Mais aussi de jeunes créateurs à l’univers bien particulier tels l’orient revisité de Karim Tassi, le style tourmenté de Yasmine Ittochane ou encore l’esthétique loin de toute appartenance académique de Saïd Fechtal. Jusqu’au 2 avril à la Villa des Arts à Casablanca.


Documentaire. A l’Attac !

La Quatrième guerre mondiale, une prophétie de paranos alarmistes ? Pas sûr… en tout cas pas pour l’association altermondialiste Attac, présente au Maroc depuis 2001 et qui, chaque mois depuis deux ans, projette dans ses cinéclubs de Rabat et de Casa un film documentaire dédié aux citoyens du monde révoltés par le néolibéralisme carnassier. Ainsi, ce film signé Richard Rowley et Jacqueline Soohen et produit par les collectifs américains Big Noise et Independence media center, retrace les grands mouvements sociaux anti-capitalisme sauvage de la Palestine à l’Afrique du Sud et de l’Argentine à l’Italie. Il succède notamment à Accusés, levez-vous !, réquisitoire contre la dette pesant sur le Tiers- Monde, ou encore au travail de l’architecte et militante marocaine Souad Guennoun sur les victimes de Annajat, les mineurs d’Imini et les ouvrières du textile. A voir.

La Quatrième guerre mondiale, le 18 février à 17h à l’Institut Goethe de Casa. Tél. 067 04 04 21.



Album. Marocains jusqu’à la mort !

Vingt-quatre titres, une brassée de featurings, un an de labeur et un nom brut de décoffrage : trois semaines avant sa sortie, Magharba ‘tal mout, premier album solo signé l’ex-rappeur de Mafia-C, confirme déjà une chose : chez Bigg, il n’y a pas que le tee-shirt qui est XXL, l’appétit (musical) aussi. Grâce aux coups de pouce (10 000 DH) de Education artistique et culturelle (EAC, ancienne ACAL) et de Fnaïre, qui lui a prêté son studio marrakchi, Mister Bigg promet un tour du Maroc ambitieux et fraternel : Casa (Mastaflow), Marrakech, Tanger (Muslim), Meknès (K-Libre) et Salé (la voix R’n’B Loubna). Le rappeur est déjà prévu au menu du BJM 2006 et, peut-être, au festival de Casa. Et DJ Key s’apprête à réaliser avec sa boîte Funky Noise, le clip de “Aklia” dans les rues casaouies. En attendant un possible concert parisien pour avril.


Débat. Zmagrias à bâtons rompus

Le portail yabiladi.com, dédié à la communauté marocaine vivant à l’étranger, a lancé depuis mi- février son café-débat parisien. “Les MRE ont un cruel besoin de débattre, refaire le monde, se rencontrer” explique Mohamed Ezzouak, webmaster de yabiladi.com. Le rendez-vous mensuel a été inauguré par Rachid Benzine, islamologue, qui a expliqué l’importance de réinterpréter le Coran. Parmi les prochains intervenants pressentis, Hamid Berrada sur les évènements post-indépendance et le rôle de la gauche marocaine. “Nous envisageons d’inviter également Zakia Daoud pour nous parler d’Abdelkrim Khattabi, Bachir Ben Barka à propos de l’affaire Ben barka et Izza Genini pour débattre de la communauté juive au Maroc” rajoute Mohamed Ezzouak. Eh oui, tous les MRE ne sont pas frisés et lénifiants comme Ahmed Ghayet.


Concert. Punk’s not dead

Il faut voir Haoussa en concert pour y croire. Khalid, le chanteur déjanté, dégage une énergie digne des premiers temps du punk, bondissant sur scène comme un marsupilami accro au Red Bull, hurlant sa rage, avec juste ce qu’il faut de distance humoristique pour ne pas être un donneur de leçons chiant et torturé. Haoussa est inclassable, mélangeant ragga, rap, rock, issaoui et punk, pour un résultat aussi explosif que du TNT oublié au soleil. “A l’étranger, tout le monde veut fuir. l’Etat déconne, la police réprime, le ministre amasse et le parlement somnole. Thé et sucre rassasient les foules. Ecrasés, certains se la bouclent”. Les fous furieux de Haoussa seront au complexe Zaf Zaf le 18 février à 20h00. Prix des places : 50 DH.


Hip Hop. Salama, ya Salama

Les hip hopeurs de Salama sont de retour avec leur spectacle de danse, Entre racines et ailes… corps et âmes, une déclinaison chorégraphiée “de la douleur des jeunes qui ne trouvent pas leur bonheur ici, mais rêvent de l’eldorado étranger”, souligne Latifa Hajjaj, responsable artistique de la troupe Salama, première compagnie professionnelle de création en danse contemporaine hip hop. Après avoir participé à plusieurs manifestations étrangères (Francophonies de Limoges, Rencontres urbaines de Lille), Salama récidivera à Séville les 30 et 31 mars prochain dans le cadre du premier Festival Mar Al Sur. Avis donc aux amateurs du genre, ils seront les 16 et 17 février à 21h00 au Megarama de Casablanca. Infolines : 063 00 05 65/66


Le livre.

L’identité d’un palestinien est confusément derrière lui et assurément devant lui. C’est par ce constat, douloureux, complexe et mature, qu’Elias Sanbar, le rédacteur en chef de la revue Etudes palestiniennes, aborde son dernier livre, Figures du Palestinien. Extirpé de Haïfa, sa ville natale, l’auteur analyse le flux identitaire (en devenir) des Palestiniens. Il aborde l’impact de l’origine sainte du territoire sur l’identité de la nation, sous les Ottomans, les colonisateurs et les exploitants. Il approche l’arabité des Palestiniens, les déchirures et les solidarités que cela occasionne. Enfin, il montre comment le Palestinien a été gommé de son propre territoire. Un essai fortement documenté et extrêmement lucide.

Ed. Tarik Editions (80 dh)




Humeur : À mort Valentin !

Par Hassan Hamdani

Les islamistes qui crient à l’apostasie, chaque fois qu’un Marocain fête Noël, ne convaincront jamais les mécréants indécrottables, amateurs de fêtes arrosées. Un être normalement constitué préférera toujours rouler sous la table, ivre- mort à l’anniversaire du petit Jésus, puisqu’il ne peut le faire à l’anniversaire de Mohammed. Par contre, si nos barbus se décidaient à attaquer la Saint Valentin, là au moins ils seraient sûrs de ratisser large, et même parmi les ennemis du poil à vocation politique. Les déçus de l’amour, les rétifs au romantisme commercial de la Saint Maârif, les Valentins laids sans Valentine, les radins de toutes tendances politiques oublieraient leur aversion capillaire pour batailler contre cette idée fixe qui frappe les filles chaque 14 février. C’est juste une question de chiffres. 50% des salariés comptent leur petite monnaie dès le 5 du mois ; offrir un cadeau le 14 à leur “amoureuse” relève pour eux de la science- fiction. 99% des clients des prostituées fêtent la nuit du 14 avec elles pour oublier qu’on les attend au foyer conjugal, le 15 au petit matin. Et 100% des altermondialistes marocains n’achètent jamais de strings à leur copine à la Senza. On organiserait une manif commune avec les islamistes pour dénoncer l’invasion rampante de la guimauve et des petits cœurs le 14. Et une soûlerie générale le 15 pour fêter cet acte fondateur. Les barbus ne seraient pas invités, histoire de ne pas mélanger les torchés et les serviettes trop longtemps.



Maroc, spot de Scott
Amateurs de productions ouarzawoodiennes, un peu de patience. Fin 2006, Ridley Scott (Blade Runner, Thelma et Louise) débutera les prises de vue de The Invisible world, opus racontant l’enlèvement d’une journaliste en Irak, sur le sol marocain, déjà foulé en 2004 pour Kingdom of Heaven. Marhba !


Timitar fusionne
Le prochain Festival Timitar d’Agadir a été décalé d’une semaine pour cause de Coupe du Monde de football. Il se déroulera du 11 au 16 juillet avec, comme nouveauté, une scène consacrée aux groupes de fusion marocains. Belle initiative qui fait suite à l’ouverture à la scène rap l’année dernière.


Ké né sé ké né dring ?
Eric et Ramzy se produiront au Mégarama les 23 et 24 février prochain avec leur nouveau spectacle, “Eric ké Ramzy”. Les deux infirmiers déjantés de la série télé H y ont abandonné l’humour basé sur la prononciation approximative des mots pour des sketches davantage écrits.

 
 
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