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N° 213
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Hassan Hamdani

La semaine Culture

Hassan El Fad
dans Tarik Ibn Ziad (DR)

Coup de cœur. Hassan, pas fade du tout...

Hassan El Fad remet ça. Au bonheur d’un public, bruyant par moments, contenu avec doigté, Docteur Ghlala (Escargot) a encore séduit, le samedi 11 février au théâtre Mohamed V. El Fad a prouvé, surtout, qu’il campait ses personnages avec aisance. Du gardien de voitures aux fantasmes délirants, à Tariq Ibn Ziad, conquérant berbère intempestif, en passant par un imbuvable Dr Ghlala, aussi lent que le docte ministre Harouchi, et la hajja, analphabète qui se soigne et en parle à son fils (hnini) au téléphone, la panoplie est décapante. Mais le mérite de cet humoriste, fin et populaire à la fois, est de savoir reproduire les tics de
ces personnages-types, de faire rire sur le racisme de la société via un escargot, de rappeler au marocain lambda, dragueur impénitent, qu’il est machiste et ridicule à la fois, de montrer à quel point l’avidité est aussi forte que la recherche de pouvoir chez les conquérants d’Andalousie et de rire de la lutte contre l’analphabétisme et de celles qui en profitent. Le tout, sans forcer le trait, via une référence subtile à l’absurde (Google au Moyen âge), un mot décalé (la darija très casablancaise et actuelle de Tariq le conquérant) ou une attitude, une manière de se tenir debout, d’interpeller le public ou tout simplement de passer du coq à l’âne. La force d’El Fad tient aussi à sa capacité à occuper la scène, sans trop d’effets, juste par sa présence et son sens inné de la métamorphose, physique et vocale. Un exploit d’acteur, en somme.


Cinéma. Bambino mio

Dernier né des studios Walt Disney, Bambi 2 est actuellement dans les salles. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce n’est pas la suite de Bambi. Non, l’histoire se situe juste après la mort de sa mère, tuée par un homme. Son père, le grand prince, décide de prendre en charge son éducation pour une courte durée. Mais les liens qui vont se tisser entre eux sont tellement forts qu’ils ne se quitteront plus. Vraie histoire d’amour entre un père et son fils, d’une réelle tendresse, ce dernier opus renoue avec la tradition des grands classiques de Walt Disney. Des paysages et des décors à couper le souffle, des moments de suspense et de grande frayeur…pour les plus jeunes. De plus, tous les personnages du premier volet, si drôles et attachants, sont présents. Le film plein de gaieté et truffé de clins d’oeil nous tire, malgré tout, quelques larmes à une ou deux reprises. Ce qui est tout à fait honorable pour ce deuxième opus quand on sait que Bambi a fait pleurer plusieurs générations… En un mot comme en dix : précipitez vous pour le voir, les grands enfants seront ravis.


Sortie. Le rap des zonards

Prenez quatre gars du quartier Bournazel à Casablanca, ajoutez-y des petites histoires du quotidien de la périphérie, un goût prononcé pour la révolte et une ambition de “grands rappeurs”. Mixez le tout avec quelques airs mélodieux, une sacrée dose de bonne volonté et vous obtiendrez la première sortie CD des Casa Crew (la bande de Casa pour les exclusivement francophones). Le pas - c’est le titre de l’album- porte finalement bien son nom. Une compil’ de 5 morceaux qui hésitent entre du Fnaïre (Achiri) et du H Kayne (Men Zenka l’Zanka ou encore Arbi). Cela dit, ne soyons pas rabat-joie, c’est toujours un premier pas !


Théâtre. Abderraouf fait son come back

Avis aux nostalgiques de l’humour des années 80, Abderraouf, alias Abderrahim Tounsi, s’apprête à remonter sur les planches. Un retour, disons-le en force, puisque l’humoriste travaille sur deux projets à la fois. Deux pièces de théâtre pour ne rien vous cacher. La première “Imta Iji l’moudir” (littéralement : il arrive quand, ce directeur ?) est promise pour début mars à Marrakech (au théâtre royal si les négociations aboutissent). Pour le synopsis, la comédie relate les déboires et les manigances d’une petite administration masculine, et définitivement machiste, qui se retrouve commandée par une femme après le départ en retraite de son moustachu de patron. Et c’est Madame Abderraouf, alias Najat Riad, qui campera le rôle de l’horrible directrice.
La deuxième pièce, elle, plus militante porte le titre on ne peut plus explicite de “Non à la violence contre les femmes”. Celle-là, par contre, devra attendre avant de quitter la phase “idée”, car Abderraouf peine encore à trouver un financement. A bon entendeur !


Littérature. Salon maghrébin à Paris

La 12ème édition du Maghreb des livres, prévue les samedi 25 et dimanche 26 février, à l’Hôtel de ville de Paris, attend 230 auteurs, plus de 6000 visiteurs et proposera plus de 5000 ouvrages. Le programme est séduisant. Le Maroc étant à l’honneur cette année, Abdellah Saaf y sera pour parler d’Ibn Khaldoun, aux côtés du tunisien Hocine Benkheira ; Mohamed Nedali, Abdellatif Laabi, Fouad Laroui et Abdellah Taïa seront réunis pour décortiquer la littérature marocaine ; les universitaires Mohamed El Ayadi et Mohamed Tozy croiseront leurs perceptions avec celles des Algériens, Mohamed Harbi et Chérif Ferjani débattront du Maghreb en 1956. Par ailleurs, des militants intelligents, comme Leïla Rhiwi et Ahmed Assid, s’y rendent pour comparer le dossier des femmes et de l’amazighité avec leurs compères des pays voisins. Bref, au-delà du livre, l’association Coup de Soleil, initiatrice du salon, invite à une découverte d’un Maghreb en mutation.


Spectacle. Les divins débiles

Petite recommandation pour les rencardés du Mégarama les 23 et 24 février, quitte à vous gâcher la surprise. Apprenez ce double serment par cœur avant de vous y rendre : “Je m’engage à passer une bonne soirée. Je m’engage à rire à toutes les vannes, même si elles me font de la peine”. Car si vous le faites pas, Eric et Ramzy se chargeront de vous le faire jurer avant de balancer la sauce. Cela dit, pour vous rassurer, sachez que les deux abrutis de “la tour Montparnasse” comptent sur beaucoup plus qu’un petit serment pour vous arracher des éclats de rire. Si l’on en croit les critiques parisiens, le duo a trouvé le bon mix entre les vannes débiles qui sont désormais leur marque de fabrique, et les sketchs à personnages qui font le succès d’un “One man show”. Et puis de toute façon, avec ces deux-là, y a pas de demi-mesure, on aime ou on n’aime pas !


Rencontre. Sublime Marguerite

Marguerite Duras scannée sous toutes les coutures. L’initiative revient à l’IF de Fès qui a invité Yann Andrea, le dernier compagnon de Duras, celui qui partageait les dernières années de l’ex-nymphette de L’Amant. Mais aussi des artistes et des intellectuels qui l’ont croisée, côtoyée ou étudiée. Essais, études, films, chorégraphie, deux jours durant, la papesse de la littérature française sera à la fête. Ceux qui aiment le rapport direct avec la littérature, sont allergiques aux explications de texte des experts depuis leurs années-lycée, pourront toujours se rabattre sur l’exposition photo d’Hélène Bamberger. Cette dernière a “shooté” Duras, entre 1980 et 1994, dans son intimité lors des vacances d’été de l’écrivain. Les 24 et 25 février à la Faculté des Lettres de Fès et au complexe culturel Al Houria.


Musique. Du jdid à El Jadida

Après les Casablancais Hoba Hoba et les Fnaïres marrakchis, voilà que les jdidis se mettent aussi à l’auto-production. Les Mazagan, vainqueur de la catégorie fusion du BJM 2003, qu’on avait découvert (et apprécié), avec leur Tradition qui coule, viennent donc de boucler leur tout premier album. L’opus, qui porte d’ailleurs le titre de ce premier tube, sera sur le marché début mars. En attendant, les plus impatients peuvent l’écouter sur le site de la formation (www.mazagan-music.com). Et si on peut se permettre un petit coup de cœur, voire deux, ce sera pour le Sirawahia de Hajja Hamdaouia, mais aussi leur reprise rock de Goulou Liha L’moumarrida. Et soyez indulgent question son !


Danse. Anania en piste

On le sait désormais, Anania n’est pas la plus égoïste des compagnies de danse. L’année dernière, ils initiaient à la création chorégraphique, la jeunesse des quartiers défavorisés de Marrakech. Cette année, c’est à Casablanca, à l’école de cirque Shems’y, que la petite bande dansante se déplace, du 20 février au 12 mars prochain, pour la nouvelle résidence de création “cœur sans Corps” de Taoufiq Izzediou. D’ailleurs, en parlant de création, ceux qui ont suivi les performances de leur festival “On marche” en décembre dernier, seront certainement ravis d’apprendre que des spectacles programmés, en l’occurrence, “Mort et moi” de Bouchra Ouizguen et “Smal BB” de Khalil Benghrib ont été sélectionnés pour le festival Montpellier Danse, le 30 juin. Bon vent alors, à eux comme aux orphelins de Shems’y !


Le livre.

Abdelkader Chaoui est un écrivain doté d’un courage inouï. Dans son dernier texte, il fait parler les autres de lui, au moment où il est au bord du trépas. Que de vérités, impressions, rancoeurs et auto-critiques débitées dans ce Qui a dit moi, au style fluide et tourbillonnant. Dans ce récit, déchirant, se croisent le moment immobile où l’homme écrivain est alité, derrière une porte infranchissable, et celui, mouvant, d’un passé loin d’être idéalisé. Son ami Ahmed Naciri dévoile à quel point Chaoui ne prenait pas son militantisme d’antan pour de l’héroïsme. Son ex-compagne Manar Essalmi révèle à quel point il était fuyant, secret et soudain insatiable. Pudique et révélateur à la fois, ce livre fera date. Que vive Chaoui pour en faire d’autres.

En arabe, Ed. Le Fennec (35 dh)




Humeur : Blôg

Par Hassan Hamdani

Il n’y a pas si longtemps, on se félicitait du développement des blogs marocains comme signe d’une parole enfin libérée. C’était le début du phénomène, on ne savait rien de la démocratie vue par les djeun’s, on ne pouvait pas prévoir le pire. Avec les djeun’s, il faut toujours, pourtant. Si la parole s’y est bien lâchée, ce n’est pas pour débattre du droit élémentaire du djeun’s à s’emboîter dans une autre djeun’s. Et vice et versa. Ni d’une quelconque fracture sociale à combler. Non, le djeun’s, quand il s’exprime via son blog, colle sa photo, celles de tous ses copains et copines, avec un commentaire aussi esseulé que laconique : “C’est la photo de ma côp Wôf, une file trô sympô, change pô Wôf”. “Trô bôf” ajoutent, perfides, quelques commentateurs dans la partie qui leur est consacrée. Sinon, c’est tout ce que l’on saura des révoltes de Wafa, jeune lycéenne d’une boîte privée très chère, si ce n’est qu’elle a un surnom ridicule. Quand il n’a pas une fâcheuse tendance à confondre les voyelles, le djeun’s fait des “roues arrière” sur son quad, un engin pour s’entraîner au tout terrain qu’il utilise en ville, comme Papa et son 4x4, garé devant Chez Paul. (Pôl pour les intimes). Au bout de 54 pages de photos de djeun’s en quad, on se met à détester même les vélos. Et les pauvres dans tout ça ? Ils chatent. ça nous aura au moins évité leurs photos de roue arrière sur leur mobylette, Une 103 pijô.



Gad boude la Tunisie ?
Après avoir gentiment décliné une première invitation à se produire à Tunis l’année dernière, Gad El Maleh récidive et vexe les Tunisiens. Attendu pour deux représentations le 31 mars et le 1er avril prochain à Tunis, l’humoriste a finalement demandé, via son manager, le report du spectacle à une date “indéfinie”.


Winkler fait son brave
Irwin Winkler débarquera au Maroc le mois prochain pour le tournage de “Home of the brave”. Un film à 12 millions de dollars qui raconte l’histoire de trois soldats américains de retour à la vie normale après de longs mois de guerre en Irak. Seront également du voyage, Samuel L.Jackson, Christina Ricci, Jessica Biel et le rappeur 50 cent.


Peindre à Taroudant
Le peintre chilien Claudio Bravo est en passe de créer une école de beaux arts à Taroudant. L’école, une fois construite accueillera 200 élèves par an et sera entièrement financée par l’artiste. A charge ensuite pour l’Etat marocain de trouver les enseignants !

 
 
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