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N° 213
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Khalid Tritki

La semaine Économie

Abdelkrim Bencherki (AFP)

Investissement. Bencherki dans la cimenterie

La famille Bencherki revient en force. Abdelkrim Bencherki, PDG de FinInvest, un holding financier contrôlant, entre autres, Diac Salaf, prépare deux gros projets d’investissement qui font l’objet de négociations avec l’Etat. Selon des sources fiables, le groupe a eu l’aval des autorités et les conventions seront signées incessamment. De quoi s’agit-il ? Abdelkrim Bencherki prépare la construction d’une grande cimenterie à 15 km de Tanger. Avec une enveloppe de 1,8 milliard de dirhams, mobilisée à travers un partenariat avec l’espagnol Cimentos La Union, l’unité industrielle destinera sa production à
l’exportation. Elle vise, entre autres, l’approvisionnement du marché andalou. Ce projet a failli être bloqué suite aux réticences de TMSA (Tanger Med S.A.), filiale de CDG gérant les intérêts du nouveau port de Tanger. Des consultations auprès de ports européens ont fini par convaincre TMSA de la faisabilité d’un tel projet. Ce n’est pas fini, Bencherki envisage également de se positionner sur le marché de l’aéronautique. Un site de la technopole de Nouaceur a été acheté et des démarchages sont en cours.
L’investisseur vise à attirer des opérateurs français pour un partenariat dans la fabrication de composants aéronautiques. Selon des sources proches du dossier, ce retour en force du Marocain révèle le dynamisme du groupe qui s’éloigne de son activité principale pour investir l’industrie. Une stratégie qui se fait rare dans ces années de disette surtout que ses concurrents dans le domaine du crédit à la consommation se contentent d’ opérations ponctuelles (cessions d’actifs), sans impact sur l’emploi, ni sur l’économie de manière générale.


Fiscalité. Les pompistes tirent sur Oualalou

Les exploitants des stations d’essence promettent une grève de 24 heures. Ceux-ci se disent menacés par les nouvelles mesures de la loi de finances 2006. Selon eux, Oualalou a décrété la récupération par l’Etat de la TVA supportée par les consommateurs dans les prix de vente du carburant à la pompe. Explication : les stations achètent en TTC auprès des distributeurs des produits pétroliers. Ils revendent aux consommateurs en TTC. L’Etat leur demande de restituer la TVA à la vente sans compensation à l’achat. En principe, tous les commerces fonctionnent selon un équilibre entre la TVA collectée et celle versée. La compensation se fait par ce mécanisme. Sauf que les pompistes mettent en avant la faiblesse des marges fixées par l’Etat et l’augmentation des charges d’exploitation.


Conseil d’administration. L’ONP promet la lune

Le tout dernier conseil d’administration (CA) de l’Office national de Pêche (ONP) est quasiment un remake des conseils précédents. L’Office des pêches promet encore une fois un fonds de garantie pour la mise à niveau de la flotte artisanale et côtière. Aucune date n’est précisée à ce sujet, le rapport du CA se limite à souligner que le projet a été présenté au ministère de tutelle. On est pratiquement au même stade que l’année précédente. L’ONP souffre de blocage ou, au mieux, subit le manque de réactivité de la tutelle. L’Office ne manque pas de projets ni de ressources, mais ses ambitions se trouvent freinées par les calculs politiques et les lenteurs administratives. La même malédiction ralentit les réalisations de l’Office qui a dans le pipe la construction de plusieurs marchés de gros ainsi que des halles new look.


Artisanat. Couverture sociale

Les ministères du Tourisme et de l’Industrie préparent un plan de couverture sociale au profit des artisans. Mécano, plombier, fabricant de tapis… auront une couverture médicale et un plan de retraite. Le projet, dont la finalisation est prévue pour l’été prochain, découle d’une étude effectuée sur le terrain. Un sondage a été réalisé et des simulations actuarielles sont en cours. Rappelons que cette population, estimée à plus de 3,5 millions d’artisans, a bénéficié d’Addaman Alhirafi, un plan de retraite qui n’a pas fait long feu. “Le sondage nous a appris que les artisans ont besoin de couverture médicale au lieu d’une retraite”, précise une source proche du dossier. La cotisation sera ainsi plus élevée que celle pratiquée dans Addaman Alhirafi (25 DH).


Justice. CCT hors la loi

La Compagnie Chérifienne de Textile (CCT), contrôlée par Siger, un holding appartenant au roi et géré par Mohamed Mounir Majidi, n’en fait qu’à sa guise. Con-damnée par le tribunal de Safi à verser une indemnité à l’un de ses employés pour licenciement abusif, la CCT refuse d’exécuter la sentence. L’avocat du plaignant, ayant opéré une saisie exécutoire sur la marchandise de la société, cette dernière n’a pas hésité, comme l’attestent les documents en notre possession, à la vendre. Une requête a été adressée au ministre de la Justice pour mettre fin à l’impunité de la société. Mohamed Bouzoubaâ arrivera-t-il à rendre au plaignant ce que la justice lui a accordé ? L’avenir nous le dira.


Budget. Bonnes et mauvaises nouvelles

Le budget de l’Etat se porte plus ou moins mal. Les recettes fiscales explosent avec une progression de 13 milliards de dirhams en 2005. L’impôt sur les sociétés a bondi de 22% et l’IGR de 16%. A cela s’ajoute une forte progression des transferts des MRE qui s’élèvent à 40,5 milliards de dirhams. Les investissements et prêts étrangers ont atteint 26,8 milliards de dirhams, la meilleure performance sur les cinq dernières années. En face, le taux d’endettement donne des sueurs froides : la dette intérieure a atteint 258,5 milliards de dirhams, soit 56,1% du PIB. Malgré cela, la croissance atteindra 5,4% en 2006, surtout en cas de bonnes récoltes.



Billet. Hommes du roi et passe-droits

(Par Khalid Tritki)

Quand une société appartenant au roi transgresse la loi, on lui trouve une seule excuse : on ne peut rien contre le roi. Mais creusons un peu la question. Le souverain a choisi d’être un acteur économique comme un autre : il a de l’argent et l’investit pour faire des bénéfices. Il le fait donc, comme dans le meilleur des mondes, dans le cadre de structures légales soumises à la législation en vigueur et qui, comme toute autre entreprise, connaissent des hauts et des bas. Elles sont attaquées sur leur propre terrain et ripostent selon les moyens dont elles disposent. Elles subissent des revers qui les contraignent à se séparer de leurs collaborateurs et recrutent quand la conjoncture est meilleure. Sauf que nous sommes dans le pays le plus imparfait du monde. Les démêlés de la CCT avec la justice le prouvent (lire ci-contre). Pensez-vous que le roi ait donné ses instructions pour que la justice ne soit pas respectée ? Personnellement, j’en doute. Nous sommes devant une situation typique : les gestionnaires du patrimoine royal se livrent à une course au gain effrénée. Plus ils rapportent, plus ils plaisent, mieux ils justifient leur position. Peu importent les moyens, les concurrents se taisent, les ouvriers s’écrasent et plus on met le roi en avant, plus on construit un royaume de passe-droits. Est-ce là l’équité dont rêve Mohammed VI ?




OFF.

Bonne nouvelle pour l’industrie du chocolat et des sucreries. Grâce à l’intervention de Salaheddine Mezouar, ministre de l’Industrie, Driss Jettou a fini par faire une fleur au secteur. Ce dernier n’est plus tenu de restituer à l’Etat 2000 dirhams par tonne de sucre utilisée dans cette industrie. Cette mesure est une préparation à l’ouverture du marché aux opérateurs du Golfe arabique.



OFF.

Des investisseurs émiratis et malaisiens font du prospect au Maroc. Ils visent surtout à prendre participation dans le capital de Cas Shore, une société de gestion de zones industrielles intelligentes appartenant à la Caisse de Dépôt et de Gestion (CDG). La caisse, qui a hérité de cette zone prometteuse, s’est engagée à céder ses parts à terme. L’option des émiratis ou des malaisiens est de ce fait envisageable.

 
 
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