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Par Abdellatif El Azizi
Chakib Benmoussa. Un technocrate à lIntérieur
Bio Express.
1958. Naissance à Fès.
1979. Diplômé de Polytechnique, Paris.
1981. Diplômé de Ponts et chaussées, Paris.
1983-1985. Responsable de la division Méthodes de gestion à la Direction des routes.
1989-1995. Directeur des routes au ministère de l'Equipement.
1995-1998. Secrétaire général de la Primature.
1998-2000. Président délégué de SONASID, président de Tanger Free Zone.
2000. Administrateur directeur général du groupe Brasseries du Maroc.
2002. Wali-secrétaire général du ministère de lIntérieur
2006. Ministre de lIntérieur. |
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Reçu par Mohammed VI,
à loccasion de sa nomination
à la tête de lIntérieur (AFP)
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Chakib Benmoussa a suffisamment d'atouts pour satisfaire le Palais. Rigoureux, consensuel, ouvert, (très) hautement diplômé
Le nouveau ministre de lIntérieur a un profil atypique. Premier test en vue : la préparation des législatives de 2007.
À 48 ans, Chakib Benmoussa va entamer un deuxième mandat au sein du ministère de l'Intérieur. Depuis le 15 février dernier, le secrétaire général de l'Intérieur a été promu ministre. Le bruit courait bien qu'un léger remaniement allait avoir lieu mais de l'avis de nombreux ministres, il ne faisait pas partie des favoris. Pour les habitués du |
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carré royal, la nomination de cet énarque n'est cependant pas une surprise : Elle s'inscrit, dit-on, dans une logique qui veut faire du ministère de l'Intérieur un département comme les autres, avec des responsables comptables de leur travail. Ainsi quatre dossiers sont censés concourir au succès de la mission désormais dévolue au nouveau patron de l'Intérieur, un quadra qui a fait (excusez du peu) Polytechnique, les Ponts et chaussées et le MIT. Au menu, la consécration du nouveau concept d'autorité, la conduite de l'INDH, la préparation des élections législatives en prévision de la montée des islamistes et la décentralisation, pour une sortie honorable du guêpier du Sahara.
Fraîchement nommé à la tête du tout puissant ministère de l'Intérieur, ce X à la bonhomie et au sérieux indéniables, saura-t-il opérer les ajustements qu'il faut pour réorienter ce puissant et controversé ministère ? Rien n'est moins sûr, tant que de nombreux caciques ont toujours la main sur les divisions-clés et que le nouveau concept de l'autorité semble constamment battu en brèche par le dirigisme croissant de l'entourage du Palais, estime un des hauts responsables du département. Par ailleurs, une nouvelle promotion de caïds va faire son entrée en fonction dans quelques mois et semble plus rompue au nouveau concept d'autorité. Nourris de slogans anti-corruption, ils devraient donner un nouveau visage à ce ministère défend un cadre de l'Intérieur. Sur ce plan-là, beaucoup ne regrettent pas d'avoir troqué Sahel pour Benmoussa. En effet, l'homme rencontre une sympathie croissante auprès de ces jeunes cadres. On apprécie notamment sa droiture, son honnêteté. A force de travail, explique-t-on, Benmoussa a su épouser les contours de sa nouvelle profession sans tomber dans le piège de ses prédécesseurs. Cet homme ne sera jamais un nouveau Basri, quelles que soient les conditions, rappelle l'un de ses anciens collaborateurs quand il présidait les Brasseries du Maroc. Mais on ne dépasse pas tout un système en misant sur la bonne volonté d'une seule personne, estime le militant des droits de l'homme, Mohamed Sebbar. Pour lui, la nomination d'un homme comme Benmoussa, quelles que soient ses qualités humaines et professionnelles, correspond tout simplement à la volonté royale de placer les hommes qui sauront défendre les orientations générales de la monarchie.
Sur le dossier des élections, Benmoussa réussira-t-il son pari ? Si son style de chef d'entreprise ne fait pas l'unanimité, on lui reconnaît néanmoins une grande capacité à gérer les dossiers les plus lourds. Aujourd'hui, à l'heure où le Maroc s'apprête à organiser peut-être les premières élections libres de son histoire, il hérite de la tâche paradoxale de faire en sorte que les élections de 2007 se déroulent justement sans problèmes. Or, Benmoussa a déjà commencé à travailler sur ce dossier lorsqu'il était secrétaire général, et prouvé une grande prédisposition à le gérer avec prudence, témoigne l'un de ses collègues. Le Palais n'en demande pas moins, d'autant qu'il se prépare déjà à une éventuelle victoire du PJD et exclut le recours au scénario algérien de 1992.
Autre dossier chaud, la décentralisation, avec ce que cela implique comme déblocage de l'épineux dossier du Sahara. Dans cette perspective, Benmoussa devrait préparer le passage vers une autonomie des régions qui ne s'apparenterait plus à une simple décentralisation de l'administration. Jusqu'à présent, la règle voulait que les présidents de commune soient traités comme des fonctionnaires et non des élus. Dans cet esprit, je pense que nous trouverons dans Benmoussa, un interlocuteur attentif et disponible. Nous avons l'espoir que l'action du ministère de l'Intérieur rejoigne de plus en plus nos préoccupations, rappelle un président de commune. L'optimisme de cet élu n'est pas fortuit. Le nouveau ministre est un homme ouvert, qui reçoit tout le monde sans trop de protocole, témoignent la plupart.
C'est d'ailleurs lui qui pilote, avec un style qui lui est propre, le chantier du développement humain initié par l'INDH. Il mise sur le capital humain et les actions de proximité, affirme l'un de ses ex-collaborateurs. La méthode Benmoussa séduit ceux qui l'ont connu de près : pas de course en solitaire mais plutôt du travail d'équipe. Il sait déléguer, ce qui fait de lui une exception dans un département où les hommes sont des exécutants, habitués à travailler seuls. L'homme se plonge dans un dossier, l'appréhende vite, en fait la synthèse, étudie la moindre idée qui surgit, délègue l'exécution, garde le contact direct avec ceux qui le traitent et pose sa marque à la fin. Capacité de synthèse, souci des relations humaines, talent pour déléguer ses pouvoirs, ces capacités-là, même ses détracteurs les lui reconnaissent. En outre, poursuit un membre de la CGEM, cet homme est soutenu par le monde des affaires et il est particulièrement apprécié par les patrons. Normal, c'est avant tout un pur produit de l'économie libérale. En tant qu'ex-administrateur et directeur général du groupe Brasseries du Maroc, il a fourbi ses armes au sein de l'ONA.
Cerise sur le gâteau, la proximité de Benmoussa avec son camarade d'Université, Thomas Riley, l'ambassadeur des Etats-Unis est un atout de plus pour un homme qui aura à gérer de multiples dossiers avec les Américains. Lutte contre le terrorisme oblige. Un bémol cependant à ce portrait flatteur, Benmoussa qu'on s'accorde à juger comme sincère et honnête pècherait par trop de consensus. On a voulu prendre quelqu'un qui ne ferait pas de vagues dans un département qui a bien mauvaise réputation. Le roi ne veut plus se risquer à mettre un homme fort à la tête de ce ministère fort sensible. Car le syndrome Basri n'est pas encore définitivement enterré, assure-t-on. Chakib Benmoussa a donc la dimension suffisante pour un poste dont il n'aura pas à gérer le volet sécuritaire. Celui-ci échoit plus que jamais à Fouad Ali El Himma qui règne aujourd'hui sans partage sur la sécurité et le renseignement. |
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El Mustapha Sahel. Les dessous d'un départ
Quelques heures avant qu'il ne se rende en catastrophe à Ifrane le mercredi 15 février, El Mustapha Sahel ne savait pas qu'il allait quitter l'Intérieur pour se rendre à New-york afin d'occuper le poste laissé vacant par Bennouna. L'homme, que l'on dit d'une fidélité sans faille au Palais, aurait-il suscité l'irritation du roi ? Le bruit courait que Sahel était partant mais en coulisses, on lie ce départ précipité à la rencontre de Sahel avec Sarkozy à Marrakech. La visite du ministre français au Maroc, qui na pas été annoncée auparavant, intervenait à peine quelques jours après le déplacement à Rabat du patron du FBI, Robert S. Mueller et de Donald Rumsfeld et ressemblait vraiment à une mise en garde contre un alignement sans conditions sur les Américains. Or, Sahel aurait pris l'initiative de s'entretenir avec son homologue français sur la sécurité, la lutte contre le terrorisme, le trafic des stupéfiants, les formes de criminalité transfrontalière et l`immigration clandestine. Selon une source proche de l'Intérieur, pour satisfaire son interlocuteur, Sahel serait allé très loin dans ses promesses de coopération avec les Français sur le dossier épineux de l'émigration. |
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