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Rapport du cinquantenaire. Que pensons nous ?
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N° 214
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Driss Ksikes

Exclusif.
Rapport du cinquantenaire. Que pensons nous ?


Ils sont à peine 10% de Marocains à penser adhérer à un parti politique, 76% à faire leur prière régulièrement, 98% à penser que la femme ne peut avoir de vie hors du mariage et 71% à consacrer leur temps libre à la télévision. Pour la première fois, une enquête nationale sur les valeurs permet aux Marocains de découvrir ce qui détermine leur mode de pensée.



Les auteurs.

Comité scientifique : Rahma Bourqia, Abdellatif Bencherifa et Mohamed Tozy, assistés par Mohamed Abderebbi.
Rapporteur : Hassan Rachik


La méthode

Cette enquête, publiée en marge du Rapport sur le cinquantenaire, a été menée à part, entre septembre et octobre 2004, auprès de 1000 personnes. Celles-ci ont été choisies, sur la base des données du Haut commissariat au Plan, de façon à être représentatives de la population globale, selon le lieu de résidence, l'âge, le sexe, le niveau scolaire et la profession. Quant aux questionnaires, ils ont été administrés par des étudiants doctorants, expérimentés, et en arabe marocain (appréciez l'évolution des mentalités) afin d'éviter les malentendus.



Nos valeurs.

Est-ce possible de montrer comment vivent les Marocains sans appréhender leurs croyances, leurs habitudes, leurs préférences dans la vie ? Les auteurs du Rapport sur le cinquantenaire ont dû résoudre cette équation. Dix millions de dirhams ont, donc, été déboursés, courant 2005, au nom de l'université Al Akhawayn, pour financer une enquête nationale sur les valeurs. Lesquelles ? Celles-là même posées par la référence mondiale en la matière, la World values survey (institution menant des études, pays par pays, sur les valeurs qui y prévalent). “Ce sont, en somme, des valeurs qui permettent de jauger notre marche vers la modernité”, estime Rahma Bourquia. Quels rapports entretiennent les Marocains avec la politique, la religion, la tradition, la famille, le travail, les loisirs ? “Leur rapport à la monarchie n'a pas fait partie du questionnaire. Si la réponse était à 100% positive, cela aurait décrédibilisé nos efforts”, explique Hassan Rachik, fort conscient que le Palais est derrière le projet. Mis à part cette précaution-là, les auteurs de l'enquête confirment n'avoir subi aucune forme de pression ou de censure. Les résultats nous permettent aujourd'hui de découvrir comment des valeurs que l'on croyait ancrées dans la société sont aujourd'hui marginalisées : seuls 7% de parents se disent prêts à être autoritaires avec leurs enfants. Ils nous confirment, en chiffres, des tendances très nettes : 56% des sondés souhaitent émigrer. Ils nous révèlent, enfin, le degré d'adoption de valeurs émergentes : 82% se déclarent prêts à voter pour des femmes aux élections. La société se modernise-t-elle, pour autant ? Pas sûr. Lisez en détail, pour en avoir le cœur net.


La politique ? Bof !

(AFP)

Les Marocains sont indifférents à la politique, et se contentent de choisir des gens “maâqouline” pour parler en leur nom.


Un Marocain se sent beaucoup plus musulman qu'arabe et encore moins maghrébin. Quant à l'amazigh, il y a autant de Marocains prêts à l'apprendre qu'à l'ignorer. C'est bon à savoir si l'on devait réformer le préambule de la constitution. Mais qui s'y intéresse, vraiment ? A peine 10% souhaitent adhérer un parti politique. Et ne leur demandez, surtout pas, lequel. Presque la moitié de nos concitoyens ont du mal à distinguer les catégories, gauche-droite. Plus des deux tiers sont soit
incapables de se reconnaître de telle ou telle tendance, soit trop peu informés pour savoir ce que cela veut dire réellement. N'allez même pas croire que le PJD corresponde à la droite conservatrice dans leur esprit. Pour 91%, la seule chose qui compte chez un politicien est le ma'qoul. Entendez, l'intégrité, le sérieux et la transparence. Les mêmes critères retenus par les Marocaines pour désigner un bon époux. Le fait que les gens, chez nous, fassent confiance aux politiciens sur une base morale (non partisane) se vérifie a contrario. Ils sont tout de même 15 à 20% à considérer la richesse ou la notoriété du futur élu ou ministre comme déterminant. Mais en gros, il suffirait en 2007 qu'un(e) islamiste se montre plus ma'qoul que ses concurrents pour que l'électorat vote pour lui (ou elle). En parlant des femmes, il est bon de savoir qu'une grande majorité (82%) est prête à les élire, mais de là à accepter qu'elles détiennent des postes de décision, il ne faut pas trop rêver. Ils sont à peine 12% à accepter que des femmes deviennent ministres.
Ceci dit, l'intérêt global pour la vie politique est encore très faible. Chez les jeunes et les plus instruits, le désintérêt atteint des taux record allant de 68 à 81%. Cela se traduit par un effet domino : la volonté de participer aux élections s'amenuise depuis 2002, l'incapacité de juger réellement « la démocratie marocaine » devient manifeste (38% l'expriment ouvertement), la perte de confiance en l'avenir du Maroc s'installe (48% chez les jeunes et 28% chez les moins jeunes) et le désir d'émigrer se confirme (56%). Quant aux plus optimistes, ceux qui restent et veulent s'engager, ils pensent davantage aux associations et aux coopératives. Même à la campagne, un bon tiers de la population s'achemine vers les droits de l'homme. Cela se traduit, dans la mentalité marocaine, par une volonté affichée de défendre ses droits à travers des associations de développement (41%) et ses intérêts à travers des coopératives (36%). Et la grande politique ? Bof. Les gens la consomment. Ils suivent énormément les informations (56%), mais les plus jeunes, les plus diplômés et les plus expérimentés sont connectés ailleurs.



Complément d'enquête. Et le poids de l'islam politique ?

Dans cette enquête nationale, une première du genre, les questions spécifiques, comme l'islam politique, ont été à peine évoquées. “C'est pour éviter que le questionnaire devienne trop long et infaisable”, explique Hassan Rachik. Mais vu l'importance de cette question, en prévision des élections 2007, le même Rachik mène, aux côtés des sociologues Mohamed Tozy et Mohamed El Ayadi, une étude financée cette fois-ci par la fondation Friederich Ebert, portant sur les valeurs religieuses uniquement. Outre la pratique du culte, le crédit accordé aux partis d'obédience islamiste et au prêche des imams idéologiquement marqués y sont largement abordés. Les résultats seront disponibles en avril 2006. Cela n'aura rien à voir avec un pré-sondage électoral. Il permettra surtout de jauger des tendances sociales.


Valeurs politiques selon le degré d’instruction
 
Sans
niveau
Ecole
coranique
Niveau
fondamental
Niveau
secondaire
Niveau
suppérieur
Manque d’intérêt
pour la politique
44,8%
27,8%
18,6%
8,2%
4,8%
A confiance dans
l’avenir du Maroc
70,3%
67,8%
67,5%
57,1%
36,1%
Veut apprendre
l’amazigh
28%
28,9%
45,9%
45,9%
50,6%
Prêt à voter pour
une femme
80,5%
84,4%
81,8%
83,7%
85,5%
Souhaite adhérer
à un parti
7,8%
11,1%
15,2%
7,1%
13,3%
Ne distingue pas les
courants politiques
63%
41,1%
35,5%
12,2%
6%


Le souk de la religion

(TelQuel)

Les Marocains sont majoritairement religieux. Mais chacun “bricole” ses
propres valeurs religieuses comme ça l’arrange.


Au Maroc, le jeûne est un culte observé dans l'excès et boycotté en silence. Mais le phénomène est plus social que religieux. Difficile de s'y fier pour jauger le degré de religiosité des Marocains. Cela est moins vrai pour la prière. Ils sont aujourd'hui 72% à faire cet acte rituel régulièrement. Par contre, seuls 14% affirment ne pas s'y astreindre. De là à en déduire une position tranchée vis-à-vis de la religion, il y a
un pas de trop que l'on ne franchira pas. Certes, moins le Marocain est jeune, plus il se sent obligé de chercher la communion avec Allah. Mais il faut savoir que la moitié de nos adolescents et trentenaires font la prière cinq fois par jour. Difficile d'en déduire un degré de croyance ou de rigorisme. Mais le fait que 71% des universitaires (pour prendre la frange la plus encline au doute) se conforment au rite est un signe manifeste de conservatisme social et de retour du religieux. Cela va presque de soi que les femmes au foyer soient les plus pratiquantes de tous (86%), mais la nouveauté est ailleurs : les femmes investissent de plus en plus massivement la mosquée (54%), espace où elles étaient jusque-là minoritaires. Concurrence de l'homme ? Effet collatéral de la nouvelle Moudawana ou de la lutte contre l'analphabétisme ? Tout cela y concourt, sans doute.
Au-delà du rituel, qu'en est-il du prêche ? D'où nos compatriotes tirent-ils leur savoir religieux ? Surprise, la mosquée n'est pas encore détrônée ! Plus de la moitié des Marocains considèrent l'imam du Vendredi comme une source fiable. Evidemment, plus le Marocain est jeune et instruit, moins il est dupe et plus il va voir ailleurs. La télévision attire le plus de monde (67%) et pas forcément les chaînes nationales. D'ailleurs, 13% de Marocains regardent la télévision, quasi exclusivement, pour suivre les émissions religieuses. Bonjour les dégâts causés par les télévangélistes du Machreq. Ensuite, viennent les livres religieux très prisés par la moitié des jeunes (tout de même) et les cassettes qui ne perdent toujours pas de leur aura. Aujourd'hui, les VCD, moins contrôlés et inondant le circuit informel, sont d'ailleurs sur le point de leur ravir la vedette. Devant un tel marché, où le fqih traditionnel le conteste au prêcheur on line, les Marocains puisent ici et là et recomposent leurs valeurs religieuses. Preuve s'il en est qu'en matière religieuse ils se comportent en individualistes. D'ailleurs, très peu encore (17%) ont recours au père ou à un alem de la famille. Chacun bricole son arsenal religieux, à part mais le sentiment religieux est généralisé.



Tradition. Et l'héritage culturel ?

Impossible de comprendre la mentalité marocaine sans parler de niyya (confiance instinctive) et de kelma (sens de la parole). Mais cette confiance, presque naïve, que font les gens à l'autre, et la valeur quasi sacrée qu'ils attribuent à la parole donnée, qu'en reste-t-il aujourd'hui ? Très peu. Dans leurs relations sociales, 65% disent être méfiants d'emblée et 29%, essentiellement du troisième âge, affirment faire confiance. Quant à la propension à aller visiter des sanctuaires en attente d'une rétribution morale (ziara), ils ne sont plus que 2% à y croire. Par contre, 46% se disent disposés à aller voir le médecin, alors que 25% pensent aux soins traditionnels. Certes, les Marocains rompent de plus en plus avec la tradition populaire, dans leur vie sociale, mais sont loin d'abandonner celles véhiculées, en privé, par la famille.


Valeurs religieuses selon l’âge
 
18-24
25-34
35-44
45-59
60 et +
Prie régulièrement
50,3%
68%
68,4%
87%
93,9%
Est pour la visite des sanctuaires
36,8%
30,9%
38,9%
45,4%
54,4%
Considère la mosquée comme source d’information
46,7%
48,3%
59,9%
66,2%
89,3%
Ecoute les prêches sur cassettes
34,9%
39,7%
41,3%
29,4%
22,2%


La famille, encore et toujours

(AFP)

La famille a la cote. Elle préserve le machisme social mais peine à transmettre les valeurs de solidarité.


Les Marocains sont en décalage avec leur réalité. Si l'âge moyen de mariage des filles est de 27 ans, la plupart estiment qu'elles devraient convoler en noce, le plus tôt possible, à 20 ans. Quant à l'homme, il pourrait prendre son temps. Explication judicieuse : “Chez nous, le mari doit fonder un foyer, alors que la femme se contente de le rejoindre”. Mais tous les deux se doivent d'être ma'qoul (sérieux et non frivoles), selon 79% des personnes interrogées. Par ailleurs, la femme est
censée être aussi hadga (réactive et capable de bien faire le ménage), alors que l'homme doit surtout avoir un revenu stable. C'est d'ailleurs sur la question d'argent que se brisent les illusions des femmes les plus émancipées. Elles réalisent, après coup, que les décisions relatives au budget familial reviennent de facto au chef de famille, selon deux tiers des sondés. Le comble est que ce n'est même pas discutable, puisque même en ville et entre gens instruits, le devoir d'obéissance de l'épouse est érigé en valeur suprême par 78% de nos concitoyens. Réaction épidermique à la Moudawana ? Patriarcat enraciné ? En tout cas, les Marocains ne veulent accorder à la femme le droit de contester les décisions du mari, qu'en matière d'éducation des enfants.
C'est clair, pour tous, on se marie pour avoir des enfants. Bizarrement, dans la relation parents - enfants, le devoir d'obéissance qui prévaut dans le couple, s'annule. Les parents encore attachés à l'autorité parentale indiscutable sont une infime minorité (7%). Même un simple agriculteur, dans son douar, n'est plus enclin à faire le dur avec sa progéniture. Mieux, 74% se disent enclins à dialoguer. Cas extrême, même face à un enfant (fille ou garçon) jugé fasd (corrompu moralement), 88% estiment inopportun que les parents lui ferment la porte au nez. Pour eux, le lien de sang doit l'emporter sur le jugement moral. Les enfants, une fois adultes, le rendent bien à leurs parents. Même si une écrasante majorité se voit mal vivre, après mariage, chez les parents, 99% souhaitent préserver les liens durablement.
Une chose est sûre, la famille pour la grande majorité est encore un lieu de rencontres, les jours de fêtes surtout, mais aussi de solidarité (64% pensent d'abord à la famille pour emprunter de l'argent). Il n'empêche que des formes d'entraide ancestrales disparaissent en douceur. La preuve, même dans le milieu rural, 75% des parents acceptent, à contrecœur, l'autonomie de leur fils. L'émergence de l'individu et du travail rémunéré font forcément des dégâts. La famille nucléaire se généralise. Mais le sentiment d'appartenance à “la famille tribu” est loin de disparaître.



Exceptions. Célibat et mariage mixte

Le choix de l'individu marocain de ne pas se conformer à la norme sociale (mariage, procréation, famille) est loin d'être accepté. En restant célibataires, plusieurs personnes sont mises au ban de la société. Certes, pour les hommes, le poids de l'exclusion n'est pas aussi grand que chez les femmes. La preuve, 98% de Marocains pensent que la femme n'a pas de raison d'être hors mariage. Mais il ne faut pas oublier que 92% estiment qu'il est (quand même) préférable pour l'homme de se marier. Et avec une Marocaine de préférence. Le mariage mixte ne fait pas recette. A peine 3% l'approuvent. Est-ce une marque de xénophobie ? Culturelle surtout. Il suffit que le mari, étranger, soit musulman ou converti à l'islam (même pour la forme ?) pour qu'il soit le bienvenu aux yeux de 69% des sondés. L'essentiel est que le statut social affiché soit sauf aux yeux de la majorité.


FF Femmes au foyer CDR Directeurs+Cadres moyens+employés
EA Exploitants agricoles CH Chômeurs ET Etudiants

Valeurs familiales selon les classes sociales
 
FF
CDR
EA
CH
ET
Autonomie dans le choix de l’époux
68,5%
79,3%
47,6%
74,1%
80%
Approuve mariage
précoce pour femmes (moins 20 ans)
48,1%
24,4%
73,8%
35,7%
20,5%
Devoir d’obéissance de l’épouse à l’époux
81,2%
57,3%
85,7%
72,4%
47,5%
Education des enfants basée sur le dialogue
70,4%
84,1%
71,4%
76,7%
85%
Education des enfants basée sur sévérité, autorité
8,3%
4,9%
11,9%
6%
2,5%
Enfant comme sécurité pour l’avenir
71%
51,2%
69%
62,1%
52,5%


Le travail, ici ou ailleurs

(AFP)

Les Marocains idéalisent moins qu'avant la fonction publique, mais cherchent la sécurité, via un salaire fixe ou un poste à l'étranger.


Dans l'univers mouvant et moderne du travail, les attitudes changent de manière insoupçonnée. Certes, la recherche d'un emploi sûr et permanent est un réflexe répandu chez la moitié des Marocains. Les diplômés chômeurs, qui font une fixation sur la fonction publique confirment, sans doute, une tendance nationale longtemps cultivée. Mais il suffit de donner le choix pour que la tendance s'inverse. La
preuve : plus de la moitié des sondés se dit plus intéressée à travailler pour leur propre compte que dans le fonctionnariat. Ils sont même 42% à se déclarer prêts à quitter un emploi permanent et à prendre le risque de monter leur propre affaire, à condition de recevoir une somme conséquente en guise de prime de départ. Le ministre Mohamed Boussaïd n'avait pas sous les yeux cette enquête, en lançant le programme alléchant du DVD (Départ volontaire définitif). Mais il n'y a qu'à voir l'engouement et les rancoeurs que cela a créé, pour réaliser à quel point la prise de risque calculée est un sport national.
Face au vent de libéralisation à outrance qui souffle, le sentiment d'insécurité et d'insatisfaction s'accroît vite. Ainsi, 76% restent attachés au salaire fixe, le tiers (plutôt du côté des jeunes) se disent insatisfaits par leur travail et pas moins de 89% réprouvent l'égalitarisme injustifié dans les salaires, désirant être rétribués en fonction du travail fourni. La précarité ambiante crée enfin un sentiment de ras-le-bol quasi généralisé. Plus que 74% des jeunes, 69% d'universitaires, 62% d'hommes, tous âges compris et 49% de femmes n'ont d'yeux que pour l'étranger. Pour eux, la panacée serait un travail hors frontières.


FF Femmes au foyer CDR Directeurs+Cadres moyens+employés
EA Exploitants agricoles CH Chômeurs ET Etudiants

Travail selon les classes sociales
 
FF
CDR
EA
CH
ET
Recherche la sécurité
de l’emploi
54,7%
25,6%
54,8%
51,7%
37,5%
Préfère un salaire fixe
76%
63,4%
52,4%
74,1%
60%
Préfère être payé à la tâche ou au rendement
21,9%
36,5%
47,6%
24,2%
35%
Veut émigrer quelles que soient les conditions
23,2%
19,5%
42,9%
41,4%
25%
Veut émigrer si meilleures conditions de travail
23,2%
34,1%
23,8%
26,7%
55%


Télé : le loisir numéro 1

(AFP)

Côté loisirs, la télévision demeure le champion national. Mais les Marocains y cherchent plus à s’informer qu’à se divertir.


Les Marocains font peu de sport (10%), à peine un peu plus de musique (12%), aiment parfois bavarder dans les cafés (17% des hommes surtout), lisent très rarement les journaux (3%) et ne se rendent quasiment jamais au cinéma (2%). Quant à leur intérêt pour Internet, il demeure embryonnaire parce que l'ordinateur ne permet pas à la famille, contrairement à la télévision, de se regrouper . La télévision est donc leur refuge préféré (71%), et des femmes encore
plus. Presque la moitié cherchent à suivre des films ou des matchs (de foot, de préférence). Mais, détrompez-vous, ils sont plus nombreux à s'intéresser, à la télévision non pour se divertir, mais pour suivre les informations (81%).
Il est curieux de savoir qu'au Maroc plus on est jeune et instruit, plus on regarde les télévisions, arabes de préférence. Celles-ci sont d'ailleurs prisées par 66% de jeunes. Qu'y cherchent-ils ? Autant la chanson et les clips orientaux, de plus en plus débridés, que les émissions moralisantes, mais surtout les journaux télévisés et les émissions de débat. Et que font les Marocains, lorsqu'ils ont plus de temps libre ? Contrairement à ce qu'on pourrait penser, le voyage n'est pas encore un réflexe, ni un besoin intégré dans les mœurs. Le plus important est qu'il n'est pas encore lié, dans les esprits, à la recherche de plaisir et de bien-être. Seuls 15% partent pour prendre du repos. Par contre, 73% pensent à aller dans la famille et une grande majorité voyage surtout pour régler des affaires courantes. Entre manque de moyens économiques et blocages culturels, le Marocain ne s'est pas encore affranchi des schémas de divertissement classiques.


Loisirs selon le milieu de résidence
 
Milieu urbain
Milieu rural
Regarder les chaînes nationales
60,3%
56,2%
Regarder les chaînes arabes
29,2%
11,8%
Regarder des films
35%
33,5%
Suivre les informations
56%
54,5%
Allez au café
27,5%
11,1%
Lire des livres
20,2%
8,8%
Écouter de la musique
13,2%
7,8%

 
 
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