Chakib Benmoussa. Un technocrate à l'Intérieur
Religion. Imam Academy
Rapport du cinquantenaire. Que pensons nous ?
Idée. Central Park à Casablanca
Parcours. Un génie marocain (enfin) réhabilité
Palestine. Vers l'asphyxie financière
Guantanamo. L'ONU accuse
Fusions ? Scénarios pour un géant bancaire
Abdelkader Chaoui. Ma vie, ma plume
Mémoire. La rue des grands musiciens
N° 214
Webmaster
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Hassan Hamdani

La semaine Culture

Tanger. Salon de l’indépendance

Et de cinq. Le Salon international du livre de Tanger (SILT) atteint l’âge de la maturation. Le programme, concocté avec soin par la commissaire du salon, la poétesse Nicole de Pontchara, est (comme d’habitude) riche mais (particulièrement) inspiré. L’idée de créer un pont entre l’indépendance politique et l’indépendance de soi permet en même temps de coller à l’actualité (le Cinquantenaire de l’indépendance) et de préserver l’esprit du salon, plus lié à la littérature et au débat d’idées. Les deux piliers, historique et spirituel, s’y alternent avec bonheur. Plusieurs tables rondes sont consacrées, tour à
tour, à la création littéraire entre l’individu et le monde autour (l’excellent Mohamed Leftah y prendra part, entre autres), à la littérature avant et après l’indépendance (l’universitaire Kacem Basfao fera parler les spécialistes de la question), puis à la nouvelle génération d’écrivains d’ici et d’ailleurs (néerlandophones et francophones y confronteront leurs imaginaires). Côté indépendance, outre les rencontres avec spécialistes, le salon accueille une rencontre entre journalistes marocains et français, témoins de l’époque, dont Jean Daniel, et projette en avant première le documentaire d’Ahmed El Maânouni. Le tout agrémenté par des rencontres fort attendues, entre peintres et écrivains, ou encore avec le poète Adonis, sans oublier le très bon maroco-belge, Aïssa Aït Belize. Et, cerise sur le gâteau, le salon, prévu du lundi 27 février au dimanche 5 mars n’est plus excentré. Rendez-vous au complexe du Dawliz.


Presse culturelle. Exit petit EXIT !

EXIT Urban guide devient grand. Finie l’adolescence, le premier guide culturel et pratique du Maroc qui s’apprête à souffler sa troisième bougie, s’offre quelques centimètres et un style plus magazine. “Une évolution naturelle, explique sa rédactrice en chef Asmaâ Ouazzani. Au départ, EXIT était le choix d’un guide essentiellement pratique, qui a assumé peu à peu, page à page, sa spécificité. Le changement répond autant à un besoin de développement qu’à une frustration. On tient à notre étiquette de guide, mais on revendique notre expertise culturelle”. EXIT 2006, c’est une charte graphique allégée, des rubriques mieux découpées, un dossier central plus développé, une plus grande interactivité et la part belle offerte à l’invité du mois. Déjà fort d’un bon capital notoriété, EXIT, “ovni sur la planète presse marocaine”, selon Asmaâ Ouazzani, espère séduire de nouveaux lecteurs en plus des quelques milliers de jeunes urbains branchés déjà fidèles. Pour 10 DH seulement. Par ici les sorties !


Cinéclub. Droit d’asile dans une salle obscure

Envie de découvrir un cinéma moins Mégarama ? Rendez-vous au 7ème art à Rabat. La salle du CCM s’est consacrée aux films d’auteur, de ceux projetés exclusivement dans les festivals. Soyez donc curieux et allez à la découverte du cinéma sénégalais avec le prix “un certain regard” 2004 du festival de Cannes. Mooladé (droit d’asile) de Ousmane Sembene raconte l’histoire de 4 jeunes filles qui tentent d’échapper à la tradition de l’excision. Sera projeté en première partie, comme le veut désormais la coutume au 7ème Art, un court métrage marocain. Et c’est Pour une place au soleil de Rachid Boutounes qui a été élu cette semaine. La curiosité s’impose.


Expo. Les murs ont des oreilles

1,50 m sur 2,95 m. Voilà les dimensions du mur qui accueille depuis 2 mois, dans un magasin de photocopies de Martil, des expositions d’artistes. L’idée revient à Batoul S’himi, plasticienne, et son mari Faouzi Laatiris, enseignant à l’école des Beaux-Arts de Tétouan. Ce dernier, propriétaire d’un local de photocopies à proximité de la fac de Martil, a voulu faire, avec sa femme, de “l’art guérilla en prenant le public en otage dans un hanout” explique t-il. “Les clients sont d’abord intrigués par ce qu’ils appellent la “décoration. Après, ils demandent des infos sur l’œuvre”, ajoute moul hanout, Faouzi Laatiris. A raison d’un artiste par mois, les étudiants ont pu admirer, en faisant la queue devant la photocopieuse, les œuvres de Mohamed Lmrabet, décorateur d’intérieur, qui a exposé ses maquettes de mobilier, mais aussi les collages du français Guy Limone. Et à venir au mois de mars, Khalil Laghib, plasticien de son état.


Sortie. Gare au lapin-garou

Devant le Megarama, la fille dit à son copain mi-surprise mi-dépitée : “Tu veux vraiment qu’on aille voir ce truc ?” Elle a trouvé involontairement le terme parfait pour définir Wallace et Gromit, le mystère du lapin-garou, long métrage en pâte à modeler de Nick Park, le créateur des poules claustrophobes de Chicken run. Un “truc” au sens noble du mot, inventif, truffé de gags, un bidule rafraîchissant où l’imagination n’a plus de limites. Ainsi, après avoir lancé les so british Wallace et son chien Gromit à la poursuite d’un pingouin cambrioleur (Un mauvais pantalon, Oscar 94 du meilleur court-métrage d’animation), Nick Park confie au bricoleur loufoque et à son clebs futé une nouvelle mission : débusquer un lapin-garou qui attaque les potagers d’un village anglais paisible et met en péril la traditionnelle fête du légume. Monsieur grandes oreilles n’a qu’a bien se tenir, Wallace et Gromit sont là pour protéger les cucurbitacées.


Concert. Amel Bent Fransa

Amel Bent donnera un concert au Mégarama le 24 mars prochain. La révélation du RnB français était déjà venue au Maroc en avril 2005 au Rialto, mais sa prestation n’avait pas eu le succès attendu. “Le contexte n’est plus le même, explique Carlos Peirats organisateur du prochain concert, elle n’avait sorti qu’un single (Ma philosophie) . Là, elle revient avec un album (Un jour d’été) qui a cartonné et après une tournée triomphale en France”. Et quand ça marche côté français, ça marche côté marocain, selon le principe des vases communicants. Du côté des guichets, les premiers signes sont d’ailleurs plutôt bons. Amel Bent avait déjà vendu plus d’une centaine de places le week-end dernier. Moitié marocaine, moitié algérienne, Amal Bent revient toujours au Maroc avec plaisir. Et joint même l’utile à l’agréable : un cachet de 25 000 euros pour son concert.


Publication. En route vers le 16 mai

C’est la première fois que les attentats du 16 mai font l’objet d'un roman. Attarik d’Ila 16 mai (littéralement, La route vers le 16 mai) remonte le fil des événements sanglants en insistant sur l’histoire du Maroc comme élément essentiel pour la compréhension de la genèse du 16 mai. Dans un style recherché, mais non pédant, le roman aborde l’histoire des attentats à travers le cheminement de plusieurs personnages. Le grand-père, un résistant, farouche défenseur de l’indépendance du Maroc, a fait ses premières armes contre le protectorat. Son petit-fils sera tenté de s’acoquiner avec les kamikazes, auteurs des attentats sanglants du 16 mai, avant de se rétracter. Ce premier roman du jeune écrivain Hassan Achahboun, préfacé par Ahmed Bouzfour, est paru aux éditions Dar Al-Manahil dans le cadre des publications du ministère de la Culture.


BD. Batman vs Benladen

Batman affrontera Benladen et Al Qaïda, résolus à détruire Gotham City, dans la prochaine BD de Franck Miller, Holy Terror, Batman. L’auteur et coréalisateur de Sin City (avec Roberto Rodriguez) a déjà achevé 120 pages sur 200 du futur opus des aventures de Batman. Selon l’auteur, l’album s’inscrira dans la veine des comics américains de propagande qui mettaient en scène Superman et Captain America combattant Hitler pendant la 2ème Guerre mondiale. Ne vous attendez pas à une BD propagandiste, grossière et cousue de fil blanc. Frank Miller est un auteur exigeant qui avait notamment révolutionné, dans Dark Night Returns, le personnage de Batman en soulignant la complexité et la violence de la chauve- souris en cape. Batmobile contre Benladen’s planes pour bientôt.


Cinéma. Shouf, shouf habibi

Arrivé en tête du box office 2004 aux Pays- Bas, sélectionné au festival de Berlin la même année, la comédie Shouf shouf habibi raconte les tribulations d’une famille marocaine émigrée aux Pays-Bas. Entre le frère voyou qui bâtit des châteaux en Espagne, la sœur styliste confrontée au choc culturel dans le domaine sentimental et le frère aîné engagé dans la police, le film présente une autre image de l’émigration où l’humour a la part belle. Mimoun Oaïssa, acteur principal du film et coauteur du scénario, est depuis son interprétation surnommé le Tom Cruise du Maroc par la presse néerlandaise. Un type qui déclare adorer Rocky I de Sylvester Stallone ne peut pas être foncièrement mauvais...

Le 1er mars à 16h00 et 19h00 à l’IF de Casablanca.



Le livre.

Voyage sans limite est un livre qui vaut pour la douleur qu’il évoque. Son auteur, Driss Guessous, mort d’une overdose en novembre 2001, avait décrit dans Plaisir Malin (Eddif, 1996) sa dépendance, son rapport fluctuant avec les siens et avec le regard des autres. Aujourd’hui, sa mère, Fawzia El Alami, publie à titre posthume des poèmes, confessions, méditations, qu’il a laissés dans son tiroir. Mais elle a décidé que ce livre n’allait pas être “La prière d’un poète absent” mais un écrit à l’adresse de parents de toxicomanes. Du coup, elle prend la parole en prélude, sous forme d’interview. Avec cette double matière, dissonante, le lecteur a le choix, entre le moi de l’auteur et l’émoi de sa mère. Adieu, Driss !

Driss Guessous ; Voyage sans limite : 100 dh




Humeur : African tour

Hassan Hamdani

Quand Mohammed VI part en tournée africaine, le Marocain scotché devant TVM et 2M se sent comme pousser des ailes de conquérant. Le temps d’un week-end prolongé de son chef d’Etat, il est à nouveau Tarik Ibn Ziad, un chef d’orchestre dans le concert des nations. Nations africaines discordantes et désaccordées, mais pour une fois qu’on peut frimer à l’ONU et jouer au gentil civilisateur, on ne va pas prendre des airs offusqués de mélomane. D’autant plus que le Maroc a même la petite touche qui fait le style des grandes puissances : des clandestins africains. Il finance aussi des dispensaires en pleine savane, distribue des bisous à des petites filles à couettes et robes blanches, vérifie si elles se sont bien lavées derrière les oreilles comme un gentil docteur Schweitzer. Les mauvaises langues diront qu’au royaume des aveugles, les borgnes sont rois et que le Maroc n’est jamais qu’un caïd de quartier défavorisé. Continental le derb, mais pas mal excentré, ajouteront-elles. Elles vous expliqueront aussi que la coopération sud-sud se limite à leur acheter des fruits exotiques, à consommer en jus dans des mahlabas. C’est que les mauvaises langues n’ont rien compris aux vertus du kitsch africain sur le moral des Marocains. Voir M6 dans un taxi-brousse improbable, en l’occurrence un Hummer Limousine long comme un jour de famine en Afrique, rassure le téléspectateur de TVM et 2M. Une fois la télé éteinte, il pousse un ouf de soulagement : y a pire ailleurs.



Le temps de lire
Du 20 février au 20 mars, “Le temps du livre” revient avec une 3ème édition, plus ambitieuse ; 800 forums pour la littérature jeunesse, 300 salons du livre, 200 cafés littéraires et un “concours national pour les jeunes créateurs”. Infos au secrétariat d’Etat à la jeunesse : 037 68 00 28


Soltan of chaâbi
Le premier album de Hanane Soltan (Ana gnawiya) est dans les bacs depuis la semaine dernière et le clip est en boîte. L’interprète casablancaise, qui dédiait deux chansons à Lalla Soukaïna et Hassan II en 1996, a été sauvée du créneau de la chanson officielle par Michel Lévy, manager de Cheb Mami.


Johnny ramène sa gueule
C’est confirmé ! Pour se consoler de ne pas recevoir la nationalité belge, Johnny Hallyday vient faire un tour à Casa. Le 16 septembre, il déclinera le show de sa tournée française 2006 au complexe Mohammed V. Les précieux sésames se vendront 1000 DH minimum. Avis aux aficionados.

 
 
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est © 2009 TelQuel Magazine. Maroc. Tous droits résérvés