Chakib Benmoussa. Un technocrate à l'Intérieur
Religion. Imam Academy
Rapport du cinquantenaire. Que pensons nous ?
Idée. Central Park à Casablanca
Parcours. Un génie marocain (enfin) réhabilité
Palestine. Vers l'asphyxie financière
Guantanamo. L'ONU accuse
Fusions ? Scénarios pour un géant bancaire
Abdelkader Chaoui. Ma vie, ma plume
Mémoire. La rue des grands musiciens
N° 214
Webmaster
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Khalid Tritki

La semaine Économie

Miloud Chaâbi (AIC PRESS)

Investissement. Chaâbi protège son plastique

L’annonce de l’introduction en bourse, courant 2006, de la SNEP, une société appartenant au groupe Ynna (famille Chaâbi), a suscité de l’étonnement dans l’industrie de la plasturgie. L’ouverture du capital de la société de Miloud Chaâbi serait en effet plus attrayante si les droits de douane sur le plastique et le PVC demeuraient en l’état. Rappelons que lors de la privatisation de la SNEP en 1993, le gouvernement avait promis à Miloud Chaâbi une protection sur cinq ans avec des droits de douane de 40%. Après cette période de grâce, ces derniers devaient diminuer régulièrement. Cela coulait de source sauf que Châabi,
combatif et homme d’influence, a négocié dur pour que la baisse n’aille pas au-delà de 25% et a obtenu gain de cause. Depuis, c’était le statu quo. L’introduction en bourse a réouvert le dossier. Il va de soi que Miloud Chaâbi espère toujours le maintien du niveau de la protection douanière mais Salaheddine Mezouar, ministre de l’Industrie, prépare une nouvelle plate-forme douanière favorisant l’importation d’intrants, plastique compris. La tendance sera donc vers la baisse des droits de douane à 17,5%. Un taux que toute la plasturgie attend avec impatience. Si cela se concrétise, Chaâbi perdra une bataille, mais pas la guerre. Selon des sources financières, l’introduction en bourse de la SNEP ne souffrira pas de cette donne. Le groupe Ynna maîtrise la filière de l’amont à l’aval et dispose donc d’une marge bénéficiaire assez confortable pour attirer les investisseurs.


Agriculture. Maroc/UE : 1er round

Le premier round des négociations entre le Maroc et l’Union européenne est ouvert depuis mercredi 22 février à Rabat. Les discussions concernent les produits agricoles frais, les produits agricoles transformés et les produits de la pêche. Dans l’ensemble, la partie ne sera pas facile. Preuve en est le revirement de la position marocaine : au lieu de définir les produits à ouvrir à la concurrence (liste positive), le Maroc s’ouvre à tout sauf à une poignée de produits jugés sensibles (liste négative). L’enjeu politique est énorme car il s’agit d’éliminer le bouclier douanier qui protège la majorité de nos produits agricoles. Au passage, c’est une politique de développement, une révolution rurale à mettre en place. “Le comble est que nous rentrons en négociation sans avoir pré-établi de stratégie”, déplore un observateur de la place.


Comanav. La BMCE guette…

La privatisation de la Comanav est programmée pour fin 2006, sauf imprévu bien entendu. Les cabinets de conseil, mandatés à cet effet, sont en train “d’embellir la corbeille de la mariée”. Il s’agit surtout de renégocier sa dette et de restructurer son portefeuille. Côté prétendant, c’est la piste marocaine qui se précise : des sources financières affirment que la BMCE Bank se prépare à la reprise du transporteur dans le cadre d’un consortium. Une nouvelle reconversion des dettes en participation au capital reste envisageable. Un apport financier restera inévitable cependant. La Comanav a été valorisée, début, 2004, à 1,7 milliard de dirhams, ce qui ne tient pas compte, du partenariat du transporteur pour la gestion du quai à conteneurs de Tanger Med.


CGEM. Un sondage sur les présidentiables

Un comité regroupant les grands groupes qui s’opposent au clan de Hassan Chami, a réalisé un sondage pour tester les chances des candidats potentiels. Un questionnaire, comprenant sept noms de candidats, a été présenté à 250 entreprises de tous bords. Selon les informations qui filtrent, les résultats ont plébiscité le candidat (dont le nom reste toujours secret) des grands groupes. En revanche, les initiateurs de cette opération ont eu la surprise de découvrir la notoriété de Karim Tazi, patron de Richbond. Les intentions de vote le placent en deuxième position. “C’est un candidat très sérieux”, conclut notre source. Karim Tazi, lui, en rit. “Je n’ai pas l’intention de me présenter car ma candidature ne servirait pas les intérêts de la confédération patronale”, tranche-t-il.


NTI. Microsoft lorgne la PME

La Fondation Bill Gates, du nom du célèbre patron de Microsoft, a pris contact avec la Fédération de la PME au Maroc pour mettre en place une plate-forme de formation. Il s’agit de penser à une structure destinée aux jeunes créateurs d’entreprises. Les termes de l’accord entre les deux partenaires ne sont pas encore définis. La partie marocaine s’attend, en tout cas, à ce que la fondation américaine fournisse matériel et logistique de formation, ce que Microsoft ne pourra refuser en ces temps difficiles où elle est attaquée sur son propre terrain par l’alternative de l’Open Source. Au Maroc, l’offensive des logiciels libres commence à donner des résultats. Et ce n’est que le début ! La concurrence va jouer et que le meilleur gagne !


Santé. Tractations sur les tarifs de base de l’AMO

L’Agence nationale de l’assurance maladie (ANAM) se heurte au mécontentement des médecins du secteur privé. Mardi 21 février, l’ANAM a proposé les tarifs de remboursement des soins dans le cadre de l’assurance maladie obligatoire (AMO). Pour les généralistes, les tarifs de base retenus seront de 40 DH par séance dans les cliniques affiliées à la CNOPS, et de 60 DH pour celles affiliées à la CNSS. Quant aux tarifs de base retenus pour les spécialistes, ils seront de 60 DH pour les cliniques affiliées à la CNOPS, et de 120 DH pour celles affiliées à la CNSS. Le Syndicat national des médecins du secteur libéral (SNMPL) crie au scandale. Selon lui, les tarifs proposés ne tiennent pas compte des prix réellement pratiqués. Les négociations promettent d’être rudes...



Billet. Querelle stérile

Khalid Tritki

Le Rapport sur le cinquantenaire est explicite sur le rôle du secteur privé. Il y est écrit en substance que les capitalistes marocains ont failli à leur mission de développement. Le verdict est, bien entendu, cautionné par le Palais. Voyons du côté du gouvernement, maintenant. Un jeune ministre, très apprécié dans les milieux d’affaires, n’a pas hésité à me confier en aparté que nous manquons de secteur privé. “Au moment critique des privatisations ou des montages pour les projets structurants, le capital national fait défaut”, argue-t-il. Voilà qui devrait déplaire à nos capitalistes qui estiment, eux, avoir fait ce qu’il fallait pour recruter, développer et accroître la puissance marchande du pays. Pour se défendre, ils répliquent qu’on a le secteur privé qu’on mérite. Construit sur fond de compromis, à la fois familiaux et politiques, le capitalisme national a évolué dans l’antichambre du pouvoir. Il progresse quand celui-ci le lui permet et selon les conditions qu’il lui impose et stagne pendant les périodes de flottement où le pouvoir semble se chercher. Ainsi, si l’Etat critique le manque d’initiative du privé, ce dernier lui en veut de ne pas lui laisser de marge pour évoluer. A travers ces critiques passionnées, chacun fait porter le chapeau à l’autre. La réalité, la vraie, se reflète sur le terrain. Plus de chômage, moins de croissance, de déficit commercial… Messieurs, vous avez tous échoué et il est temps de vous reprendre en laissant vos querelles de côté.




OFF.

L’Amith (Association marocaine des industries du textile et de l’habillement) fait le forcing auprès des banques. Selon des sources fiables, après la signature d’une première convention avec Attijariwafa bank, l’association a approché la Banque Populaire et la BMCE Bank. Objectif : sensibiliser les banquiers à l’investissement dans le secteur. “Si de grands investisseurs européens s’installent au Maroc, c’est que l’avenir du secteur n’est pas compromis”, semble être le message de l’Amith.



OFF.

L’Arab Bank sort de son attentisme. Selon des industriels, la banque se positionne sur le marché marocain avec deux objectifs. Elle promet une forte mobilisation des capitaux arabes, leur réorientation vers le Maroc et elle cherche à prendre part au financement de projets structurants, que ce soit pour la petite ou la grande entreprise. La banque renforce ainsi son prospection et proposera demain des produits adaptés.

 
 
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est © 2009 TelQuel Magazine. Maroc. Tous droits résérvés