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N° 214
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Chef de rubrique Karim Boukhari

La semaine Maroc

Benabdellah et Jettou en pleine dégustation aviaire (Maroc Soir)

Grippe aviaire. La psychose du poulet

La caméra s’est longuement attardée sur l’image, fort sympathique, de Jettou mâchant consciencieusement une cuisse de poulet. L’opération marketing à laquelle s’est prêté de bonne grâce le premier ministre, en milieu de semaine, lors d'un déjeuner préparé à base de poulet dans une ferme à Kénitra, était censée nous rassurer sur la santé de nos volailles. Driss Jettou, accompagné d’un forte délégation ministérielle, a ainsi assuré qu'il n’existait aucun risque lié à la consommation de la volaille et que l'opinion publique et internationale seraient informées automatiquement et sans aucune hésitation au cas où le virus H5N1
venait à être détecté au Maroc. Malgré ces déclarations rassurantes, le comité interministériel sur la grippe aviaire, créé pour l’occasion, a décidé mardi le confinement de la volaille dans un rayon de trois kilomètres autour des zones humides, notamment autour des lacs du Moyen Atlas et dans les régions côtières de l’Atlantique et de la Méditerranée. Alors que Mohand Laenser déclare que “le poulet continue de s’acheter et de se manger”, la Fédération interprofessionnelle du secteur avicole (FISA) crie à qui veut l’entendre que les pertes engendrées par l’angoisse due à la grippe aviaire depuis octobre dernier ont atteint 556 millions de dirhams. Sans oublier que des rumeurs, pour le moment non fondées, se sont multipliées en provenance de plusieurs hôpitaux du royaume pour évoquer des hospitalisations liées à la consommation de poulet. Ce qui est sûr, c’est que le Maroc semble faire de la communication autour de la grippe aviaire une question d’intérêt national puisque seuls les très hauts responsables sont autorisés à communiquer sur le sujet.


Peretz au Maroc. Les raisons d’une visite

À l’invitation de Mohammed VI, le leader du Parti travailliste Amir Peretz a effectué le 17 février une visite au palais royal de Fès où il s’est entretenu en tête-à-tête pendant plus d’une heure (et en arabe) avec le monarque. A l’issue de cette rencontre, Peretz a remis un plan de paix pour le Proche-Orient au souverain. Il aurait eu par la suite une rencontre discrète avec Wajih Abderrahman, l’ambassadeur de Palestine au Maroc. Militant de Chalom Akhchav (La Paix maintenant), Peretz a d’ailleurs traité régulièrement avec des cadres de l’OLP depuis plus de 20 ans, y compris au moment où de telles rencontres étaient interdites par la loi. Selon une source proche de la famille Péretz à Casablanca, le chef du parti travailliste, natif de Bejaâd, a choisi le Maroc pour lancer une nouvelle initiative pour la paix dans la région.


Polémique. Nadia Yassine encore et toujours

Nadia Yassine a été empêchée de quitter le Maroc, lundi dernier, pour se rendre en Espagne où elle était invitée à un colloque sur la pensée islamique. Ce n’est que deux jours plus tard, alors que le colloque était déjà terminé, que les autorités ont permis à la fille du Cheikh de quitter le territoire… ce qu’elle n’a finalement pas fait. Selon un observateur proche d’Al Adl Wal Ihsane, cette interdiction est la deuxième qui frappe la représentante de la Jamaâ, la première ayant eu lieu l’été dernier quand Nadia Yassine comptait se rendre en Espagne. Inutile de préciser que cette nouvelle interdiction, même déguisée, a été montée en épingle sur le site personnel de la fille du cheikh dont le procès (sur ses préférences républicaines) reprend le 14 mars à Rabat.


Tournée africaine. Bras de fer avec Bouteflika

Les deux hôtes africains du roi Mohammed VI, le congolais Denis Sassou Nguesso et le gambien Yahya Jammeh peuvent lui être très utiles pour faire contrepoids à Abdelaziz Bouteflika. D’abord, sur la question du Sahara, le président du Congo-Brazzaville a deux atouts : il est président en exercice de l’Union africaine (UA) et membre élu au club fermé du Conseil de sécurité. Son homologue gambien, très heureux de découvrir du pétrole, s’apprête dans deux ans à prendre, à son tour, la présidence de l’UA. Mais là où Mohammed VI cherche à contre-attaquer, c’est surtout sur la question épineuse de l’immigration clandestine. “En fait, confie un haut responsable, alors que le Maroc s’apprête à recevoir le sommet euroafricain, en avril, le président algérien pousse ses partenaires à l’UA à tenir un sommet concurrent chez eux”. Voilà qui explique la confidentialité des entretiens du roi avec les autres chefs d’Etat.


Projet Rumsfeld. Des soldats marocains en Irak ?

Selon des sources concordantes, la mission de Rumsfeld aux pays du Maghreb, la semaine dernière, consistait à “convaincre les Maghrébins d’envoyer des soldats en Irak”. Le secrétaire d’Etat à la Défense était d’ailleurs accompagné à Rabat par son adjoint, Peter Rodman, l’un des premiers à avoir évoqué l’invasion de l’Irak, en 1996. Aujourd’hui, les Etats-Unis s’apprêteraient à se retirer, comme ils l’avaient fait au Vietnam. Or, Washington vient de faire le constat suivant : “Sur les 150 000 soldats irakiens recrutés, seuls 7000 sont opérationnels”. Luttes inter-ethniques et autres règlements de comptes compliquent la tâche, d’où la recherche de soldats provenant d’autres pays arabes. Les Marocains en feront-ils partie ? Réponse dans les semaines qui viennent.


Drogue. Temsamani en liberté

Le fameux baron de la drogue Rachid Temsamani vient de recouvrer sa liberté. Extradé en 2002 vers le Maroc où il a été emprisonné, Temsamani, qui avait été arrêté en Espagne en novembre 2000, était notamment accusé d’avoir dirigé un important trafic de drogue avec des pays européens dont l’Espagne, l’Italie, les Pays-Bas et la Belgique. Il avait réussi à s’enfuir en Espagne en 1996, malgré sa condamnation par contumace lors de la campagne d’assainissement. Temsamani figurait, avec Yakhloufi, Dib et d’autres, parmi les cibles de l’UCLAD (Unité de coordination de la lutte antidrogue) mise sur pied à l’époque par Driss Basri.


Nominations royales. Les partis protestent (par la bande)

Les dernières nominations royales ont provoqué, comme d’habitude, un vent d’unanimisme chez les grands partis politiques. Mais elles n’ont pas manqué de réveiller, dans les coulisses, certaines frustrations nées du mode fonctionnement du système politique marocain. C’est notamment le cas dans les partis de l’USFP et de l’Istiqlal, qui planchent aujourd’hui sur une proposition commune de réforme constitutionnelle. Le texte devrait réduire la marge royale, pour le moment absolue, dans le choix des heureux nominés. Mais alors que les deux partis en question observent officiellement le silence sur la question, c’est le quotidien Al-Ahdath Al-Maghribiya, réputé proche de l’USFP, qui s’est fait cette semaine l’écho de cette préoccupation. “Le roi devrait faire valoir son droit à la délégation (au gouvernement) dans le choix de certains des hauts cadres de l’Etat” a notamment écrit notre confrère. Les partis de gauche pourraient reprendre cette revendication à leur compte et la décliner au grand jour (enfin !) à l’approche de la prochaine échéance électorale attendue en 2007.


Mémoires. Aherdane prépare sa version

Le leader haraki Mahjoubi Aherdane s’apprête à publier ses mémoires, si l’on en croit un article paru dans Acharq Al Awsat, dans son édition du 21 février. “Je ne mène pas de combat contre les morts”, a notamment déclaré le zaïm au grand quotidien arabophone, en référence aux mémoires de feu Abderrahim Bouabid parues récemment et qui égratignaient (le mot est faible) Aherdane et tout le mouvement populaire. L’Amghar, malgré les nombreuses attaques dont il a souvent fait l’objet, parfois perpétrées par ses amis de la haraka, n’a “nulle envie de polémiquer sur (son) passé”.


USFP. Le coup de gueule d’un député

Comme à chaque période électorale, les frondeurs et les réformateurs ont le vent en poupe. Le député d’El Jadida Khalid Hariry a choisi son camp. Il veut réformer l’USFP de l’intérieur dans le cadre d’une initiative qui regroupe également Abderrazak Hanouchi, Taha Balafrej, Youssef Benjelloun Touimi, El Mehdi Mezouari et Omar Rharbaoui. Début février à El Jadida, ce groupe est passé à l’offensive en demandant au parti des réalisations concrètes au niveau du recrutement et de la transparence du discours politique. “Les gens nous reprochent de ne pas prendre des positions claires sur des sujets de société”, explique le député d’El Jadida. Bien évidemment, la concurrence islamiste constitue la toile de fond de ce projet “réformateur”, dont les premières graines ont été semées lors du 7ème congrès de l’USFP.


Audimat. C’est parti !

Le français Médiamétrie a été officiellement retenu pour mesurer l’audimat de la TVM et de 2M (et des trois chaînes satellitaires les plus vues au Maroc – une étude dira ultérieurement lesquelles). 7590 foyers, statistiquement représentatifs de la population, seront équipés d’un boîtier dit “audimètre”, et d’une télécommande spéciale comportant des boutons de différentes couleurs, chacune correspondant à un membre de la famille. A chaque fois que quelqu’un s’installera devant le poste, il devra actionner “son” bouton. On (un serveur informatique, en fait) saura ainsi ce qu’il aura regardé et pendant quelle durée, à la seconde près. Cela aidera les chaînes à adapter leurs programmes aux attentes du public, et les publicitaires à adapter leurs tarifs aux audimats réels. Coût du système (qui devra être opérationnel au premier semestre 2007) : 22 millions de dirhams par an, payés à 50% par les chaînes et à 50% par les publicitaires.



Billet. Piètre sophistication

Driss Ksikes

À chaque fois qu’un observateur étranger cherche à décoder le feuilleton des poursuites politico-judiciaires, franches ou masquées, dont la presse libre au Maroc fait les frais, il peine à comprendre. Il est loin le temps où une interdiction primaire, administrative, sèche, ne laissait aucun doute sur les intentions de l’Etat censeur. Aujourd’hui, l’observateur a du mal à comprendre comment des plaintes privées s’avèrent téléguidées et servent in fine les intérêts d’un Establishment liberticide. Il découvre, médusé, l’attitude de courtisans qui prennent prétexte d’un obscur procès relatif aux harems pour verrouiller l’accès à l’image royale. Il peine à croire qu’un institut belge accepte, sans vergogne, de servir de courroie de transmission pour descendre un journal dont la ligne éditoriale déplaît en haut lieu. Puis, au bout de quelques échanges, doutes, explications, cet observateur étranger parvient à un constat affligeant : “Le Makhzen devient plus sophistiqué mais reste aussi maladroit”. Il dit vrai. A chaque fois, l’astuce paraît grossière. Le pouvoir ne se met plus en avant, certes, mais il a toujours du mal à dissimuler sa volonté d’ingérence ou du moins de dissuasion. Le ministre de la Communication n’a-t-il pas dit, en pleine émission télévisée, que “les journaux devront se préparer à des amendes de plus en plus élevées” ? Le ministre de la Justice n’a-t-il pas eu du mal à se départir du rôle de vigile de la presse… qu’il s’était lui-même attribué quelques semaines plus tôt ? Au final, l’atteinte à la liberté de la presse a beau emprunter des chemins détournés, elle reste, à tous les coups, flagrante et ridicule.



Hommage. Koffel fêté à Kénitra

La ville de Kénitra s’apprête à rendre hommage à Jean-Pierre Koffel, célèbre enseignant (et écrivain) qui y réside depuis des décennies. C’est l’Institut français de la ville, en collaboration avec l’Association des enseignants de français et quelques poètes amis, qui organisent la manifestation, prévue le 21 mars à l’occasion de la Journée de la francophonie. Jean-Pierre Koffel compte également parmi ses relations des écrivains franco-marocains et de nombreux hommes politiques qui l’ont eu comme professeur à un moment ou à un autre de leur vie. Ce n’est pas Driss Basri, qu’il a bien connu à “Zettat”, qui dira le contraire.


M6. Vous avez vu le Hummer ?

“Hummer limousine : le véhicule des puissants”. Voilà le titre d’un article que notre confrère ALM a consacré à la voiture qui a transporté Mohammed VI dans ses déplacements en Gambie et que les téléspectateurs marocains ont été fascinés de découvrir sur leur petit écran. “Quand la passion du 4x4 pur et dur se conjugue à l’exclusivité d’une limousine pour chef d’Etat, cela donne un véhicule comme la Hummer H2 en châssis allongé et carrosserie blindée”, lit-on dans l’attaque du texte qui se termine par une “chute” inattendue : “Rien n’est excessif pour frimer à tout prix”. Autre détail étonnant repéré dans l’article : la location du Hummer coûterait 200 dollars l’heure !


Lobbying. Alger répond du tac au tac

Pour contrer les lobbyistes américains recrutés par le Maroc, les services algériens viennent de faire appel à l’expertise de Carmen Group, le cabinet du conservateur David Keene. Désormais, l’Algérie va disposer d’une équipe spécialisée chargée de faire du lobbying auprès des congressmen américains. Pour information, Keene a été, entre autres, directeur sud pour la campagne du Président Reagan en 1976, directeur national de la campagne de George Bush en 1980 et conseiller du sénateur Bob Dole. Il écrit dans de nombreuses revues américaines et il est connu pour défendre la version algérienne sur le conflit du Sahara, accusant parfois la France et même les Etats-Unis “d’être complaisants avec le Maroc sur la question du Sahara”.


RAM. Mystère autour d’un sabotage

L’enquête se poursuit dans l’affaire de tentative de sabotage du Boeing 737/800 de la Royal Air Maroc. Un câble reliant le réservoir au tableau de bord a en effet été retrouvé sectionné le 10 février dernier. D’après un communiqué de la RAM, “l’anomalie qui a été décelée n’aurait aucun impact sur la sécurité de l’avion”. Après le déplacement sur place des généraux Benslimane et Laânigri pour superviser les investigations, la direction de la compagnie, en l’absence de son nouveau PDG en tournée avec le souverain en Afrique, a pris des mesures à l’encontre d’une dizaine de techniciens en les suspendant pour les besoins de l’enquête, toujours en cours.



3 questions à Nabil Benabdellah (Ministre de la Communication)

La récente nomination de Faïçal Laraïchi à la tête de la SNRT (Société nationale de radio et télévision) veut-elle dire que le contrôle de la télévision échappera au ministère de tutelle que vous dirigez ?
Tout à fait. D’ailleurs, nous avons toujours été très clairs sur cette question. La réforme qui arrive a, entre autres, un but très précis : qu’il n’y ait plus de contrôle du gouvernement sur la télévision.

Juridiquement, le ministre de la Communication continuera-t-il de présider le conseil d’administration de 2M ?Non, puisqu’il y a maintenant un PDG de la Soread (qui possède 2M), et c’est lui qui est automatiquement habilité à le faire. Mais il ne faut pas oublier que l’Etat restera toujours propriétaire de 72 % du capital de la chaîne.

Le bruit court qu’un conseil de la presse écrite sera bientôt mis en place par le roi. Qu’en est-il ?
Nous faisons ce qu’il faut pour faire émerger cette instance appelée à devenir une force de proposition en matière de presse. Elle aura son mot à dire pour le développement du secteur, pour la défense des conditions de travail des journalistes et pour la promotion de règles d’éthique et de déontologie. En plus, bien sûr, d’être l’organisme qui aura la charge de décerner les cartes de presse, une tâche qui revient aujourd’hui encore à l’Etat.


Médias. Un œil sur la presse arabe

C’est officiel. Un Observatoire des libertés de la presse dans le monde arabe (OLPA) vient d’être créé à Rabat par l’Union des journalistes arabes (UJA), à travers sa Commission des libertés dont le dernier congrès, réuni en 2004 au Caire, avait jeté les bases d’une telle institution. Ce sont d’ailleurs son président, le Jordanien Saïf Cherif, et, sur place, son vice-président Younès Moujahid, plus connu ici en tant que SG du Syndicat national de la presse marocaine (SNPM), qui dirigeront et coordonneront l’OLPA. Selon Younès Moujahid, l’Observatoire “devrait être effectif dès mai 2006 avec la mission de publier un rapport annuel”. Pourquoi le Maroc ? “Dans le monde arabe, le pays est considéré comme le plus apte à fournir les garanties d’un travail indépendant”. En tout cas, le ministre de la Communication a promis à l’OLPA des facilités logistiques et légales. Espérons que ce ne soit pas en échange de sa docilité.


Ouarzazate. Un juste en prison

Au terme du procès à la cour d’appel de Ouarzazate en date du 22 février, Labbas Sbaï, a été condamné à 3 mois de prison ferme pour “diffamation”. La défense a introduit un pourvoi en cassation. Rappelons que le Docteur Labbas Sbaï avait été arrêté le 2 février dernier et rapidement condamné à 6 mois d’emprisonnement par le tribunal de Première instance de Zagora, à l’issue d’un procès qui n’a pas été un exemple de justice. En fait, on lui reproche d’avoir nommément désigné de hauts responsables locaux qui seraient impliqués dans la couverture d’un vaste trafic (cigarettes et chameaux entre autres) au niveau des frontières sud entre le Maroc et l’Algérie.


Projet de loi. Informez-nous, sinon…

Q’est-ce qui obligerait un fonctionnaire à vous informer ? La loi ? Raté ! Transparency Maroc (TM) compte y remédier. L’ONG a initié un projet de loi sur l’accès à l’information et engagera un plaidoyer pour le faire aboutir. “Toutes les informations doivent être accessibles aux citoyens et aux professionnels, sauf celles touchant à la vie privée des gens”, explique Azzedine Akesbi, secrétaire général de TM. Le principe de la nouvelle loi, tel qu’expliqué par Akesbi, existe dans certains textes juridiques (Code de la presse, législation de la fonction publique). Mais dans les faits, ces mêmes lois ne prévoient aucune sanction en cas de rétention de l’information. Dans le meilleur des cas, le citoyen peut adresser une plainte à Diwan Al Madhalim. Bon courage à TM et à M. Akesbi...



Humeur. Tazmamart n’est plus

Karim Boukhari

“Tazmamart n’a jamais existé que dans l’imaginaire des ennemis du Maroc”. Vous avez sans doute reconnu la phrase de Hassan II, restée célèbre dans toutes les mémoires. Eh bien aujourd’hui cette phrase est devenue réalité. Les autorités marocaines ont rasé, il y a quelques semaines, les deux blocs-mouroirs qui ont servi de cercueils à 30 personnes parmi les conjurés des deux putschs militaires de 1971 et 1972. Sans bruit, du travail de pro : un représentant du ministère de la Justice, des galonnés, quelques officiels, des pelles, et le tour est joué. Tazmamart, fleur sauvage du jardin secret de l’autre Maroc, n’existe plus. Salah Hachad, président de l’Association des anciens de Tazmamart, nous en a donné la confirmation, la gorge nouée d’émotion :“Ils ont rasé les blocs qui ont tué 30 de nos camarades, de quel droit se permettent-ils d’effacer notre mémoire et celle de tout un pays ?”. Les génies qui ont effacé Tazmamart, si l’on en croit des sources crédibles, ont l’intention de construire une mosquée, une école, un dispensaire, un centre pour lutter contre l’analphabétisme et même une route qui mène à Tazmamart. Ce qui serait une manière de verser dans le discours officiel dédié au développement humain pour un Maroc meilleur ! Tazmamart, désormais, et conformément à la célèbre phrase hassanienne, n’existera plus qu’en tant que village, au demeurant fort sympathique et désormais un peu plus développé, moins enclavé que par le passé. Adieu le mouroir dont il ne subsiste que le fameux château d’eau et un cimetière. Même la terrible muraille qui quadrillait le site a été rasée. Cet incroyable retournement de situation a eu lieu en catimini, dans le Maroc d’aujourd’hui, un pays qui se dit porté vers l’avenir. Comment peut-il l’être en effaçant ainsi son passé ?



VITES !

La Colombie et, surtout, le Brésil pourraient s’ajouter à la liste des pays d’Amérique latine qui ont reconnu officiellement la RASD. Si cette information, en circulation depuis plusieurs jours, se confirmait, cela ne ferait que renforcer une tendance actuellement peu favorable au Maroc, après le revirement de plusieurs pays comme la Bolivie et l’Equateur.


Une nouvelle secousse sismique a été ressentie à Al Hoceima, tard dans la nuit du mardi au mercredi, nous ont confirmé plusieurs sources locales. Elle serait d’une magnitude de 3 à 4 sur l’échelle de Richter et intervient, étrange coïncidence, à 3 jours du deuxième anniversaire du tremblement de terre (le 24 février).


Le roi Mohammed VI a inauguré officiellement le dernier Salon international du livre à Casablanca. Une première pour ce salon qui en était à sa 13ème édition. Le souverain a été vu au stand d’Eddif, s’entretenir avec l’éditeur Retnani. A signaler aussi la présence, aux côtés du roi, du photographe Mohamed Maradji.


Tous les participants à la journée d’étude organisée par la faculté de lettres Ben M’sik sur La presse et l’université, le mardi 21 avril, ont insisté sur la nécessité de jeter des ponts entre les deux univers. Le recteur de l’université Hassan II, Rahma Bourquia, a donc annoncé une bonne nouvelle : la faculté compte offrir des formations ciblées aux journalistes.


L’émission sur la pédophilie à Marrakech, tournée en cachette par une télévision espagnole, a conduit à l’arrestation de 19 hommes, dont un ressortissant français. La plupart seront présentés lundi devant le tribunal de Première instance de Marrakech. L’AMDH organise un sit-in le même jour pour protester contre la pédophilie au Maroc.

 
 
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