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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Abdeslam Kadiri

La semaine Monde

Jacques Chirac et
Emile Lahoud, en 2002 (AFP)

Liban. Chirac veut-il la chute de Lahoud ?

Selon une source proche du chef de l'Etat libanais, Jacques Chirac chercherait à faire démettre Emile Lahoud. “Chirac supervise personnellement un plan d’urgence pour faire chuter Lahoud”, écrit le journal libanais, An-Nahar, citant cette source officielle.
Interrogé par l’AFP, ce responsable s’indignait de l’implication de Chirac aux côtés des forces libanaises antisyriennes pour “provoquer un coup d'Etat contre la Constitution (...) visant à démettre le président Lahoud avant la fin de son mandat, le 24 octobre 2007”.
Cette source accuse la France d’être un soutien majeur du mouvement
anti-Lahoud. L’homme avance que l’ambassadeur français, Bernard Emié, aurait “donné les directives d’un plan d’action rapide” qui combinerait “l’organisation de manifestations populaires pour assiéger le palais présidentiel”, des sanctions économiques, “la fabrication de sondages d’opinion montrant que Lahoud doit partir et leur exploitation au niveau international”.
Réponse cinglante du Quai d’Orsay : “La France ne s'ingère pas dans les affaires intérieures libanaises. Son action vise au contraire à faire cesser les ingérences étrangères dans ce pays et à permettre aux Libanais de recouvrer leur pleine indépendance”.
Le départ de Lahoud est réclamé depuis dix mois par la majorité parlementaire. Le mouvement du 14 mars veut obtenir un vote des deux tiers du Parlement pour obtenir le départ du chef de l’Etat, comme le stipule la Constitution. A défaut, les grèves et la colère continueront.
Dans ce contexte, les accusations des pro-Lahoud contre Chirac peuvent être assimilées à une tentative de contre-offensive… D’autant que la Syrie, par le biais du jour Tichrine, accuse aussi bien Israël d’infilter “200 agents” au Liban que les Etats-Unis de vouloir dégager cinq millions de dollars pour financer l'opposition syrienne.
Les attaques de la présidence libanaise contre Jacques Chirac sont “néfastes”, a réagi Saad Hariri, fils du défunt Premier ministre Rafic Hariri. Le spectre du “chaos” au Liban est à nouveau brandi : bien malin qui sait où mènera cette cabale anti Lahoud.


Etats-Unis. Dubaï s’offre six ports

Le président américain a pris sa décision. En concertation avec son gouvernement, il a accepté la vente de six ports (New York, New Jersey, Philadelphie, Baltimore, Miami et Nouvelle-Orléans) à un groupe arabe, basé aux Emirats arabes unis, la Dubai Ports World. “La transaction devrait avoir lieu”, a dit George W. Bush, promettant d’opposer son véto à toute législation destinée à geler cette vente controversée. Mais Bush a dû rassurer la fronde de parlementaires, républicains et démocrates, qui s’inquiètent des conséquences sur la sécurité nationale américaine.
La veille, à Milwaukee, le Président avait affirmé son souhait de voir son pays se remettre à construire des centrales nucléaires d'ici 2010 et de rompre avec sa dépendance énergétique. “Nous ne devons plus être otages de nations étrangères qui peuvent ne pas nous aimer”, a-t-il déclaré. Les Etats-Unis, qui disposent de plus de 100 centrales en activité, n'en ont plus construit depuis les années 70.


Algérie. Les islamistes graciés ?

Le gouvernement algérien a accordé un délai de six mois aux islamistes armés n’ayant pas commis de crime de sang, pour déposer leurs armes. Le projet d’ordonnance, adopté mardi, s’inscrit dans la charte de la réconciliation nationale et évoque “une extinction des poursuites judiciaires” pour les islamistes qui se rendent.
Le bénéfice de la mesure est aussi accordé à ceux, condamnés par contumace, qui se présenteront dans le délai imparti. Le texte prévoit “la grâce pour les personnes détenues et condamnées définitivement pour des faits ne portant pas sur les massacres collectifs, viols, attentats…” mais souligne que celles “condamnées définitivement ‘bénéficieront’ d’une commutation et d’une réduction de peine”. La violence en Algérie, quoique en nette régression depuis 2003, continue de faire des victimes.


Jordanie. Tollé contre un général israélien

Mercredi, Amman a appelé Israël à sanctionner le général israélien Yaïr Naveh, qui a averti que le roi Abdallah II de Jordanie risquait d'être le “dernier souverain” hachémite, mettant en garde contre la formation d'un “axe” islamiste de Téhéran à Gaza. Un tel axe pourrait, selon le général, traverser un jour la Jordanie où les islamistes “devraient beaucoup se renforcer” après la victoire du Hamas aux législatives palestiniennes.
“Nous condamnons fermement ces remarques irresponsables (…) qui témoignent à la fois d'indiscipline et d'un manque de compréhension”, a déclaré l’ambassade jordanienne de Tel Aviv. “Des remarques aussi inamicales, si elles ne sont pas rectifiées, peuvent avoir un impact négatif sur les relations jordano-israéliennes”.


Serbie. Mladic court toujours

Est-ce une tentative de diversion serbe ? Les informations sur l’arrestation du général Ratko Mladic, réclamé par la justice internationale, ont été démenties par le Tribunal pénal international (TPI). “Ratko Mladic est toujours en fuite”, a dit Carla Del Ponte, la procureure du TPI, rappelant Belgrade à ses obligations. “Il est à portée de main des autorités serbes. Il peut et doit être arrêté immédiatement”.
Ancien chef militaire des Serbes de Bosnie, Mladic, 63 ans, est inculpé de génocide par le TPI, depuis 1995, pour son rôle dans le siège de Sarajevo et le massacre à Srebrenica de 8 000 musulmans. Son arrestation conditionne l'avenir européen de la Serbie.


Irak. La guerre des mosquées

L’Irak a plongé mercredi dans une “guerre des mosquées”, après la destruction partielle d'un lieu saint chiite à Samarra, au nord de Bagdad. Tôt dans la matinée, des hommes armés ont fait exploser deux charges dans le mausolée des imams Ali Al-Hadi et Hassan Al-Askari, dixième et onzième imams vénérés par les chiites. Une partie du dôme de ce trésor architectural s'est effondrée. En représailles, 27 mosquées toutes sunnites, ont été attaquées à Bagdad. Les Etats-Unis, le Royaume-Uni et l'Iran ont été les premiers à condamner l'attaque contre le mausolée de Samarra. Le premier ministre irakien, Ibrahim Al-Jaafari a décrété un deuil officiel de trois jours. En dépit des appels au calme lancés par le gouvernement et les autorités religieuses chiites et sunnites, l’Irak se dirige vers une guerre civile. Entre mercredi et jeudi, au moins 80 corps de personnes tuées par balle ont été transportés à la morgue de Bagdad.



Lu pour vous.
Volcans de colère

Salama A. Salama, Al Ahram Hebdo, le 22 février

La vague d’indignation provoquée par l’affaire des caricatures de Mohamed semble se calmer après l’explosion de “volcans de colère”. Les manifestants ont voulu marquer leur dépit de voir un monde islamique piétiné par des forces tyranniques. Cette affaire traduit l’existence d’un déséquilibre historique profond entre musulmans et Occident. Un déséquilibre qui ne disparaîtra pas par le simple fait d’une excuse. Un déséquilibre qui ne fait que réapparaître sous une forme différente, les caricatures danoises n’étant que la goutte qui a fait déborder le vase. Il faudra beaucoup de temps avant que la situation ne redevienne normale, c’est-à-dire quand chacun évitera de provoquer l’autre, quels que soient les sentiments réels.
La preuve en est qu’en contrepartie des excuses de Javier Solana au nom de l’Union européenne, la délégation européenne a soutenu le Danemark et la liberté d’expression. D’autres journaux, y compris arabes, ont aussi publié ces dessins arguant du droit d’informer. Cette règle journalistique est confuse parce qu’elle dépend de considérations propres à chaque société. Au coeur d’une telle tourmente, user de ce prétexte, c’est mettre de l’huile sur le feu.
Cette crise a dévoilé la fragilité de la structure intellectuelle des sociétés islamiques et l’existence d’une hypocrisie raciste envers les communautés islamiques d’Europe, dont l’Occident attend qu’elles s’adaptent ou qu’elles partent.



VITE !

Jean-Bertrand Aristide, le président déchu d’Haïti , en exil en Afrique du Sud, peut rentrer dans son pays. Le feu vert a été donné par l’actuel président d’Haïti, René Préval : “Aucun Haïtien n'a besoin d'un visa pour entrer ou pour sortir du pays”.

 
 
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