ZB décide dacheter des bougies et de creuser un puits dans sa cuisine. Lydec, cest fini !
Nom : Boualem
Prénom : Zakaria
Né en 1976 à Guercif
Signe particulier : Marocain à tendance paranoïaque
Zakaria Boualem ouvre sa boîte aux lettres en grognant. Pas sa boîte-mail, non, la vraie boîte aux lettres, celle qui a été réduite au rang de réceptacle à factures depuis l'invention d'Internet. Il récupère l'habituelle collection de menaces diverses sans la moindre émotion. Tout le monde, ou presque, en veut à son argent. Mais il y a une lettre en particulier qui se distingue du lot. Elle émane de la Lydec, estimable institution qui s'est donné comme objectif de fournir les Casablancais en eau et électricité. Notons au passage qu'il n'y a aucune entreprise au monde qui avoue son véritable objectif, à savoir gagner le plus d'argent possible. La Lydec, donc, a décidé d'envoyer à monsieur Zakaria Boualem une lettre dont je vais sans plus attendre vous livrer de larges extraits : Monsieur, Dans le cadre des opérations régulières de vérification et d'entretien des compteurs, nous avons constaté le 11 juillet la défectuosité du compteur vous desservant. (...) Notre équipe a constaté que la bobine de tension de votre compteur était grillée induisant ainsi un sous-comptage de -49,37%. (...) Le redressement a été calculé sur la base de 1441 Kwh consommés durant la période de défectuosité. Nous vous exposons le système de calcul : 1441 x 0,4937/(1-0,4937) = 1405 kwh.
Je vous résume la fin : il faut payer 2431,60 dirhams rapidement sinon on coupe et merci.
Bon. Commençons par féliciter la Lydec pour nous avoir servi sur un |
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| plateau un aussi bon sujet de chronique au moment où l'inspiration de l'auteur de ces lignes connaît un très net affaissement. A présent, intéressons-nous au coeur du problème. Le fait est que cette lettre est parfaitement inacceptable. Le seul fait d'envoyer une telle formule de calcul est une agression à l'encontre d'un client respectable. Zakaria Boualem, pourtant ingénieur, a eu du mal à comprendre... Alors vous imaginez, si on l'avait envoyée à son père, Mohammed Boualem de son patronyme, noble retraité de Guercif ? Si on lui avait expliqué qu'il fallait qu'il paie 2431 dirhams à cause du fait que 1441 multiplié par 0,4937 et divisé par un autre truc du genre fait 1405 kwh ? Il aurait pris les armes, tout simplement. Ou alors il aurait coupé l'électricité tout seul, par fierté. Et d'ailleurs, pourquoi faut-il payer ? Parce que le compteur a mal compté. Ah... d'accord... Il a compté 49,37% de moins qu'il aurait dû compter. Mmmmm. Comment peut-on expliquer une précision aussi diabolique ? Il semblait pourtant à Zakaria Boualem que le compteur avait tendance au contraire à tout multiplier par deux, ou plutôt par 2,87, pour rester dans le même registre de précision que la Lydec. Zakaria Boualem ne comprend toujours pas. Ce n'est pas lui qui a détruit le compteur. Ce n'est pas son problème. Ils ont mal compté, tant pis pour eux. Et en plus, ils ont découvert le problème en juillet 2005. Qu'ont-ils fait depuis ? Ils ont probablement mis six mois à trouver la formule de calcul... Bon, imaginons que vous montiez dans un taxi. A la fin de la course, le chauffeur vous dit : Il y a écrit 12 dirhams sur le compteur mais il est défectueux, donc vous me devez 23,87 dirhams, en fait. Comment allez-vous réagir ? Mal, sans doute... Mais la Lydec, elle, trouve ça normal. Elle facture, recalcule, puis refacture, tout en menaçant de couper. C'est ce qui énerve le plus Zakaria Boualem : le fait qu'il soit obligé de leur faire confiance. C'est vrai quoi ! Pourquoi pas un deuxième redressement ? Pourquoi juste 49,37 % ? Qu'est-ce qui les empêche de demander le double ? Zakaria Boualem s'étrangle de rage, il vocifère et devient rouge. Il refuse de payer, yallah ! Pourquoi n'ai-je pas le choix ? Quand c'était l'Etat, on avait l'habitude de payer sans rien attendre en retour. C'est comme avec les impôts. Maintenant, on nous parle de clients, de services mais rien na changé, sauf le montant des factures. Zakaria Boualem sait qu'un client, par définition, c'est quelqu'un qui a le choix. Or, pour l'eau et l'électricité, il n'y a pas de concurrent à la Lydec. Donc il n'y a pas de choix et ça énerve Zakaria Boualem encore plus! Jusqu'au moment où il se révolte définitivement. Il se rend à l'épicerie pour acheter un stock de bougies. Puis, de retour chez lui, il attaque le sol de sa cuisine pour creuser un puits. Le fait d habiter au cinquième étage ne le refroidit pas. C'est décidé, il se passera de la Lydec. Il ne faut jamais vexer un Guercifi... |