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Par Nadia Lamlili et Driss Bennani
Et si les femmes prenaient le pouvoir ?
Le gouvernement-type de TelleQuelle
| Nous aussi, comme Najat, nous chanterions de joie si cétait vrai. En attendant, nous avons sélectionné 13 profils qui nous semblaient correspondre le mieux au postes ministériels majeurs. Certains noteront que toutes ces femmes sont des technocrates, et que le seul représentant des partis est le brave Mustapha Ramid (victime ici dune private joke à la TelQuel). Croyez-le ou non, nous nous en sommes aperçu bien après avoir arrêté le choix du gouvernement. Tellement il était évident pour nous quun ministre, homme ou femme, devait dabord et avant tout être compétent(e). Une qualité rare, dans les partis politiques
Pourquoi ce nest que de la fiction
Oubliez la khilafa et les visions apocalyptiques de Abdeslam Yassine ! Pour 2006, TelQuel a rêvé un gouvernement de femmes, tout à fait plausible celui-là, et dont le noyau dur est constitué de 13 dames à la compétence connue et reconnue. Pourquoi 13 seulement ? Nous n'avons retenu que les ministères stratégiques, notre objectif étant avant tout symbolique : montrer que des femmes pour diriger ce pays, il y en a.
Sachez, Mesdames que nous ne vous a vons pas choisies par hasard. Votre nomination à tel ou tel poste ministériel est le résultat d'un long brainstorming où les compétences et le parcours de chacune d'entre vous ont été soigneusement décortiqués. Même en rêvant, nous avons préféré garder les pieds sur terre. Et souvent, nous avons eu à éliminer plus d'une candidature pour un même portefeuille. C'est dire l'embarras du choix
Mais trêve de fiction.
Retour à la réalité
La scène (réelle celle-ci) se passe maintenant au Parlement. Une banale altercation oppose publiquement une députée à l'un de ses collègues mâles issu d'un parti de gauche. Furieux, à bout d'arguments, ce dernier lui lance sans sourciller : Va donc t'occuper de tes enfants au lieu de venir te chamailler au Parlement. Aujourd'hui encore, plus d'une année après cette mésaventure, la députée n'arrive toujours pas à digérer ce qu'elle a ressenti comme de la hogra. Cette réaction primaire et spontanée montre à quel point certaines de nos élites méprisent encore la femme ou estiment qu'au mieux, elle doit faire de la figuration, analyse calmement notre députée.
Prenons le cas des femmes ministres par exemple. Depuis le gouvernement Youssoufi, elles ont été nommées à des postes plus ou moins liés au domaine social. Leur cercle d'influence n'a jamais dépassé la gestion des affaires des MRE, de l'enfance, de la condition féminine ou de l'alphabétisation. Saïd Saâdi, instigateur du fameux Plan d'intégration de la femme dans le développement, explique le nombre réduit des femmes dans le gouvernement par l'incapacité des partis politiques à fournir des profils féminins intéressants, qu'ils peinent à recruter. Il n'y a pas que ça. De nombreuses femmes s'auto-éliminent , pensant sincèrement que la politique est un terrain exclusivement masculin. Aux yeux de la société, explique un sociologue, la politique est un univers de magouilles, de coups bas et de rivalités. C'est donc un espace réservé aux hommes, du moins un espace hostile pour la gente féminine. Les femmes elles-mêmes sont responsables de cette situation . Saïd Saâdi est catégorique sur ce point : Certaines ne font pas de politique pour ménager leur carrière. Elles ne veulent pas se mouiller mais elles font un mauvais calcul : la meilleure manière de défendre les intérêts féminins, c'est d'accéder aux postes de décision. Cela se fait doucement
En attendant, nous avons pu le vérifier lors de la constitution de notre gouvernement féminin, il reste une intéressante voie de recours : les technocrates. Là au moins, les profils et les compétences féminines ne manquent pas. Encore faut-il qu'une décision royale les mette en avant.
Les quotas pour commencer
Du coup, pour forcer la représentation politique, le Maroc a choisi, comme plusieurs autres pays dans le monde, le principe de la discrimination positive, officiellement adopté par les Nations unies. Cela consiste à fixer des quotas minimaux pour la représentation féminine. Exemple, la liste nationale de femmes garantit la présence d'au moins 30 dentre elles dans l'hémicycle. Il est impératif d'imposer cette règle pour forcer le changement. C'est de cette manière qu'on rattrapera le retard et qu'on donnera leur chance aux femmes, tranche la sociologue Soumia Nouâmane Guessous. Et encore, pour ne pas vider l'expérience de son sens, on estime que la participation féminine doit faire l'objet d'un bilan d'étape. Les députés femmes sont-elles condamnées à réussir pour mériter de siéger au Parlement ? Ne doit-on pas exiger la même chose des hommes ? Certes, mais l'expérience parlementaire féminine ne doit pas uniquement avoir le mérite d'exister mais de réussir et de tirer vers le haut le rendu de l'institution législative, estime le féministe Saâdi.
Si en politique, la représentativité féminine doit se faire par la force, il en va autrement pour l'engagement associatif ou entreprenarial. Les ONG, notamment, sont massivement investies par les femmes. Certains domaines comme la protection de l'enfance, de la famille, le développement durable ou le microcrédit sont même considérés comme des chasses gardées féminines, d'abord parce que les femmes vont instinctivement là où il y a un besoin identifié, ensuite parce que l'action associative donne des résultats concrets et palpables, contrairement à la politique. Enfin, les ONG peuvent s'avérer d'excellents tremplins pour accéder à certains postes à responsabilités, traditionnellement réservés aux hommes. L'ascenseur social a d'ailleurs bien marché pour notre gouvernement féminin puisque la majorité de nos femmes ministres ont d'abord brillé dans l'associatif ou en entreprise.
Super women
Qu'elle évolue dans le public, le privé ou dans l'associatif, la femme active est souvent présentée comme un modèle d'honnêteté, de rigueur et d'efficacité. La supériorité féminine est-elle une réalité ou un simple mythe ? Nos dames en font-elles trop ? Saïd Saâdi réfute le terme de supériorité mais avoue l'existence de valeurs féminines intéressantes comme l'altruisme, le pragmatisme ou la compassion, des valeurs souvent mises en avant et même exagérées par des femmes en quête de légitimité. C'est tout à fait normal, analyse Jamal Khalil. Hommes et femmes ne partent pas égaux dès le départ. Il est donc logique qu'une femme doive fournir plus d'efforts pour s'imposer face un homme. Ghita est responsable des études dans une grande multinationale. Femme battante, elle avoue pourtant inconsciemment admettre que son collègue homme est plus compétent qu'elle. Résultat, elle se surpasse et essaie d'être exemplaire. D'où l'idée même du modèle féminin. Selon elle, l'argent et le pouvoir ne sont pas prioritaires. Une femme a d'abord besoin de résultats pour démontrer à son entourage qu'elle mérite son rang de femme active, son employeur passe après. C'est le résultat d'une culture qui a complètement méprisé la femme pour la dominer, explique Soumaya Nouamane Guessous.
Surprise cependant en milieu professionnel, les femmes (entre elles) sont des rivales redoutables. A la limite, admet cette directrice des ventes, j'accepte qu'un collègue homme me dépasse, pas une femme. Pourquoi ? Parce que les chances des femmes pour occuper des postes importants sont limitées. Il ny a pas de place pour tout le monde, tente d'expliquer Ghita.
Changement mais
Quelques études le montrent, les Marocains acceptent plus facilement aujourd'hui le pouvoir des femmes. La société marocaine a moins de réticences grâce au changement des conditions de vie, au combat des mouvements féministes et l'extension de la culture de droits de l'homme, explique Saâdi. Jamal Khalil renchérit, le Marocain regarde aussi ce qui se passe ailleurs. Des pays ont bien élu des femmes à la tête de leurs Etats. Mais alors, savez-vous ce qu'on dit d'une femme qui réussit et qui s'impose ? Wa rajel w ness (c'est un homme et demi). De quoi est-ce révélateur ? Le modèle de la réussite est masculin, c'est normal, analyse J. Khalil, mais de plus en plus, le langage populaire reconnaît aux femmes, sur le ton de l'anecdote, leur pouvoir et leur efficacité. C'est révélateur d'un changement. Que faut-il en conclure ? Les différents intervenants (féministes, universitaires, femmes actives, etc.) s'accordent à penser que le chemin est encore long. Mais qu'un premier pas a déjà été franchi. |
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Zoulikha Nasri. Premier ministre
De la fermeté, la fibre socio-économique et une fidélité sans faille au Palais. Qui mieux que Zoulikha Nasri pourrait assumer la fonction de Premier ministre dans notre gouvernement féminin ? A la Fondation Mohammed V pour la Solidarité, qu'elle dirige depuis six ans, cette Oujdie s'est forgé la réputation d'une dame redoutable et envahissante.
N'en déplaise à certaines associations ambitieuses qui auraient été sèchement remises à leur place, le social, c'est elle ! Protégée par l'auréole makhzénienne, la |
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| conseillère royale s'est petit à petit imposée sur le champ de l'action sociale, en élargissant son cercle d'influence dans les campagnes, les quartiers défavorisés, les points de transit des MRE
On dit même qu'elle était derrière l'éclatement du scandale de l'orphelinat de Aïn Chock où elle aurait joué au messager du roi, damant le pion au ministre Abderrahim Harouchi. Au sein de la Fondation, cette ancienne directrice des Assurances au ministère des Finances jouit d'un respect incontestable. Ses proches collaborateurs lui attribuent des qualités humaines et professionnelles indéniables et ne comprennent pas pourquoi les gens confondent sévérité et rigueur. Nous ne dirons pas le contraire. Pour un gouvernement résolument engagé dans l'INDH et l'économie solidaire, c'est la dame qu'il faut. |
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Rahma Bourquia. Ministre de l'Enseignement
Merci l'Université ! L'heureux événement de la vie professionnelle de Rahma Bourquia a bel et bien été sa nomination en 2002 en tant que première femme présidente d'une université au Maroc. D'ailleurs, cette belle action, elle en recueille les fruits jusqu'à maintenant car les heureux événements se sont multipliés depuis ce temps-là. Nommée membre de la commission royale chargée de la réforme de la Moudawana, cette sociologue de formation intègre par la suite le milieu très masculin de l'Académie du Royaume. Une femme parmi les sages ! A 57 ans, cette doctoresse de |
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| l'université de Manchester a été repérée par les Américains qui l'ont choisie pour siéger à la Fondation pour l'Avenir, le bras financier du projet du Grand Moyen-Orient. Donc, pour faire dans le prestige, TelleQuelle nomme Bourquia ministre de l'Education. Pourquoi pas ? La percée de cette dame s'est faite grâce à la réforme de l'enseignement. Elle pourra un jour en être la patronne
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Ghita Lahlou. Ministre des Finances
Révélation de Moulay Hafid Elalamy, Ghita Lahlou fait petit à petit son chemin dans le monde de la finance. Sa récente nomination au poste de directeur général de la CNIA l'a propulsée au devant de la scène. Elle est considérée comme la cheville ouvrière du groupe Saham. Pourquoi elle, au ministère des Finances? Son point fort, c'est la gestion des hommes et des sous. Ancienne directrice des Ressources humaines et de la Communication à l'ONA, elle a été également directrice des Achats et des Ressources humaines de Cofarma (enseigne Marjane). Au début de sa carrière, cette |
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| centralienne a travaillé dans le secteur de l'audit financier chez Arthur Andersen. Ses capacités managériales, elle les a développées chez Phone Assistance en tant que directeur général avant de rejoindre la CNIA. Gérer le portefeuille d'une compagnie d'assurances est un exemple en miniature de la gestion du portefeuille d'un pays. Les deux demandent de la visibilité et une prévention contre les risques. Que dire de plus
sauf que notre argentière se serait mieux présentée elle-même. Mais nos sollicitations sont demeurées sans suite... |
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Hakima Himmich. Ministre de la Santé
Qui ne connaît pas Hakima Himmich ? Qui n'a pas été sensible à sa longue lutte contre le sida? Professeur en médecine au service des maladies infectieuses du CHU de Casablanca et présidente de l'Association marocaine de lutte contre le sida, la dame rêve d'une politique de santé «réellement publique». Elle est discrète, efficace, travailleuse. La lutte contre le sida lui a permis de tisser de solides réseaux aussi bien à l'international qu'au niveau des communautés d'affaires et de la classe politique au Maroc. Récemment, elle a publiquement (à côté d'autres acteurs) dénoncé l'accord de |
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| libre échange Maroc-USA, parce qu'il met en péril l'accès des Marocains aux médicaments génériques et donc aux soins. Jouant le jeu de notre gouvernement féminin jusqu'au bout, Himmich énumère quelques unes de ses priorités : utiliser la marge de manuvre laissée par les ALE Maroc-EU et OMC pour faire bénéficier les Marocains de génériques aux meilleurs prix et imposer leur prescription aux médecins des secteurs privé et public ; établir de réels partenariats avec les associations impliquées dans le domaine de la santé pour améliorer l'accès aux soins, notamment dans les campagnes. |
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Latifa Akharbach. Ministre de la Communication
La même passion anime cette pédagogue de la communication depuis bientôt 18 ans. Directrice de l'unique école publique de journalisme au Maroc, elle est également depuis novembre 2005, présidente du Réseau Théophraste des écoles de journalisme francophones dans le monde. Après avoir décroché son diplôme en journalisme (dans l'école qu'elle dirige aujourd'hui), Latifa Akharbach prépare un doctorat en sciences de l'information et de la communication à Paris, revient enseigner le journalisme à plusieurs promotions et fait des missions de consulting pour plusieurs organismes |
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nationaux et internationaux.
Son point fort ? Un dynamisme à toute épreuve et une production ininterrompue d'idées, selon l'un de ses anciens étudiants. Le ministère de la Communication ? Ce n'est pas vraiment ce qu'elle recherche mais la dame se prête quand même au jeu, à sa manière. C'est ainsi que Madame la ministre fera d'abord voter une loi pour que la darija (le marocain avec ses différents accents en plus des dialectes berbères) soit la langue des médias et une sorte de label linguistique et culturel de notre système médiatique. Akharbach encouragerait volontiers ensuite la création de télévisions du terroir, pour que les gens puissent se reconnaître à l'écran. Elle aimerait également beaucoup travailler avec ses collègues et néanmoins amies, de la Culture et de la Justice et propose un système de carte de presse à points délivré par un syndicat fort composé des sages de la profession. Une productrice d'idées, on vous dit ! |
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Fouzia Imensar. Ministre de l'Intérieur
En apprenant sa nomination à la tête du Ministère de l'Intérieur, Fouzia Imensar a eu le fou rire. Ce rire qui vous fait monter les larmes aux yeux. Alors, elle s'est laissé aller avant de se ressaisir et de décliner gentiment notre question sur ce qu'elle aimerait faire si jamais elle accédait à ce poste. Je ne me vois pas ministre de l'Intérieur, dit-elle. Si Madame, vous pourriez l'être ! Première femme gouverneur au Maroc, Fouzia Imensar est aussi la première femme à avoir été nommée directrice d'une agence urbaine. D'abord à Rabat et ensuite à Casablanca, la seule agence qui |
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| dépend encore du ministère de l'Intérieur. C'est la capitale économique, où elle s'est forgé la réputation d'une procédurière aguerrie, qui va la révéler au grand public. Les promoteurs immobiliers en savent quelque chose puisqu'ils ont été les premiers à l' affronter sur le dossier des autorisations de construire. Pas de dérogation spéciale, pas de traitement de faveur, cette juriste veut appliquer la loi pour limiter l'anarchie urbanistique. De tels principes appliqués au sein même du ministère de l'Intérieur, cela ferait bien des émules
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Assia El Ouadie. Ministre de la Justice
Son nom a été évoqué presque spontanément dans notre gouvernement féminin. Cette dame, dont la voix dégage beaucoup de tristesse et d'émotion, est un cas d'école en terme de patience et de dévouement. Juriste de formation, fille d'une grande famille de résistants, Assia mène actuellement le combat de l'amélioration des conditions de vie dans les prisons. Si ça ne tenait qu'à elle, elle aurait aimé ériger tout un ministère pour les détenus ! Sauf que dans le meilleur des mondes possibles, les choses ne peuvent pas être aussi parfaites, Assia ! En fait, cette battante est |
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| tellement dans ce qu'elle fait qu'on a l'impression qu'elle vit dans un monde à part, dans le monde de la douleur, comme elle dit. Discrète, préférant l'action aux slogans, cette dame de 57 ans a été magistrat au Parquet du Tribunal de première instance de Casablanca avant de rejoindre le barreau. Membre de l'OMDH et du Centre d'écoute des femmes battues, elle a cassé les barrières entre les prisons et le monde extérieur et a fait valoir ses compétences de négociatrice dans l'affaire des détenus d'opinion. Une femme qui a du cur. Qui mieux qu'elle pourrait mener la réforme de cette vieille et récalcitrante dame qu'est la Justice ? |
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Nawal El Moutawakil. Ministre des Sports
Grande professionnelle des podiums, Nawal El Moutawakil a aussi roulé sa bosse dans le monde du management et de la gestion sportive. Au Ministère des Sports, elle ne débarquerait pas en néophyte, puisqu'elle a déjà assumé cette fonction dans le gouvernement Filali. Troquant son short et ses espadrilles contre un tailleur et des escarpins, cette dame de 44 ans a tout fait. Elle a une médaille olympique, une expérience ministérielle, une carrière internationale et
deux enfants. Ceci sans oublier qu'elle était directrice de la Fondation BMCE Bank. Membre du Comité |
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| international olympique, El Moutawakil a également présidé la Commission d'évaluation des candidatures des villes pour les JO de 2012, où Londres l'a emporté sur Paris. Son périple de lobbyiste internationale, elle l'a réellement entamé en 2000 pour promouvoir la candidature du Maroc au Mondial 2006. Ce Mondial, elle y a tellement cru qu'elle a versé de chaudes larmes au moment de l'annonce de la défaite du Maroc. C'était la deuxième fois qu'elle pleurait en public : la première, c'était après sa victoire aux olympiades de 1984. Saura-t-elle tirer la leçon des échecs du passé ? Elle sait dorénavant qu'avant de déposer sa candidature, le Maroc doit d'abord construire des stades en bonne et due forme au lieu de vendre du rêve à partir de croquis. Une femme avertie en vaut deux ! |
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Zahra Idali. Ministre du Développement durable
La révélation du gouvernement est une femme de terrain, une vraie. Cela fait plus de neuf ans que Zahra Idali quadrille le Haouz, sa région natale. Son association (Afoulki) installe et gère plus de 50 projets de développement par an. Son budget ? 500 000 DH. Comment fait-elle ? Elle fédère, implique les populations locales, parle leur langage, ne se substitue pas à la jamaâ du village mais l'encadre et l'accompagne dans la réalisation de ses propres projets. Ses priorités gouvernementales ? Etudier le terrain avant chaque intervention. Il ne peut y avoir |
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| qu'un cadre de travail national, les stratégies doivent être obligatoirement régionales pour s'adapter aux besoins spécifiques d'une population donnée, insiste-t-elle. Zahra fait de la proximité son sacerdoce. Le ministère du Développement durable doit considérer les associations locales comme des partenaires privilégiés pour atteindre les populations qui se méfient encore aujourd'hui des discours officiels, affirme-t-elle. |
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Neila Tazi. Ministre de la Culture
Grâce au Festival gnawa, Neila Tazi a révélé au monde une ville, Essaouira, devenue depuis label international. Elle a surtout donné corps à cette expression tellement galvaudée de culture, levier de développement. Riche de ce succès, la directrice d'A3 Communication (une agence d'événementiel exclusivement féminine) part à la conquête des manifestations culturelles les plus en vue du pays. C'est ainsi qu'elle organise depuis plus de deux éditions maintenant le Festival des musiques sacrées de Fès, qu'elle a déjà organisé le très people Festival international du film de Marrakech |
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| et lancé l'étonnant festival de Casablanca. Au fil des années, les équipes de Neila Tazi ont acquis un véritable savoir-faire, une maîtrise de l'événement culturel. Les priorités de la nouvelle ministre ? Gratter au ministère des Finances le plus gros budget possible pour la culture et intégrer la musique dans les cursus scolaires. |
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Mustapha Ramid. Ministre de la Condition masculine
Pauvre Ramid ! On a du mal à l'imaginer dans un Conseil de gouvernement où il serait encerclé par des dames. À sa gauche, à sa droite et en face de lui, il n'y aurait que des femmes de poigne qui ne le regarderaient pas comme on regarde maintenant Yasmina Baddou ou Nouzha Chekrouni : avec beaucoup de sympathie et un engagement indéfectible pour la cause du sexe faible. Que ferait Ramid si les ministres-femmes prenaient des airs sérieux en parlant de l'amélioration de la situation des hommes dans notre pays, de l'augmentation du budget de sensibilisation |
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| à la violence contre les maris ou du plan d'alphabétisation des petits garçons dans les campagnes ? Qu'il se rassure. Un gouvernement féminin ne tomberait pas, à coup sûr, dans une condescendance aussi grossière. Il ne resterait peut-être plus au trublion du PJD qu'une seule chose à faire : poser sa main sur sa barbe garnie
et évoquer la miséricorde du ciel. Mieux, il penserait peut-être à engager un procès pour demander le rétablissement de l'honneur masculin sacrifié sur l'autel de l'égalité des sexes. Qui assurerait la défense ? Lui, évidemment. Espérons qu'une justice plus féminine serait alors plus indépendante
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Fatéma Mernissi. Ministre des Cultes
Comment présenter Fatéma Mernissi ? Elle est d'abord sociologue, de renommée mondiale. Elle est ensuite écrivain, souvent à succès, puisque ses ouvrages font systématiquement le tour du monde (Le harem politique, Rêves de femmes, Shéhérazade n'est pas marocaine). C'est aussi une moderniste farouchement attachée à sa culture. Fatéma Mernissi s'est rendue célèbre, entre autres, grâce à ses études sur les rapports entre les sexes à la lumière de l'histoire musulmane. Femme de dialogue, d'échange et de partage, elle affectionne particulièrement une sourate |
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| du Coran qui dit : Réponds à l'agression par le dialogue, et tu verras, ton ennemi se transformera en ami. Dotée d'une connaissance sans faille de la culture islamique, cette sociologue moderniste (on passera sur son côté quelque peu excentrique) est bien placée pour rétablir le dialogue entre les cultes marocains en cette période de radicalisation tous azimuts. |
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Hinde Taârji. Ministre des Affaires étrangères
Qui est mieux placé que cette globe-trotteuse pour s'occuper de nos affaires étrangères ? Hinde Taârji, journaliste et écrivain, est d'abord une passionnée de voyages, de connaissance de l'autre. A 25 ans, elle a à peine son diplôme de journalisme en poche qu'elle se prend une année sabbatique pour traverser l'Amérique latine, puis les USA
en bus. De retour au pays, elle intègre l'équipe de Kalima et s'y investit durant quatre ans. C'est en quittant la revue de Noureddine Ayouch qu'elle révèle ses talents d'écrivain dans un best-seller, Les voilées de l'islam. Pendant huit |
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| mois, elle plonge dans la culture arabo-musulmane et sillonne les pays arabes (Liban, Egypte, pays du Golfe
). Son deuxième ouvrage la mène en Algérie, en pleine guerre civile. Trente jours en Algérie décrit toute l'horreur qui se déroulait tout près de chez nous. En 2000, elle passe deux mois en Palestine et publie Voyage au cur de l'Intifada. Un ministre des Affaires étrangères doté d'une sensibilité littéraire, d'un sens du contact et d'une observation intelligente de l'autre
avouez que ça nous changerait ! |
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Femmes au pouvoir. Comment exercent-elles leurs responsabilités ?
Cela dépend du milieu où les femmes évoluent. Prenons deux exemples réels : un département relevant du ministère de l'Intérieur et le siège social d'une grande entreprise. La dame responsable à l'Intérieur avoue avoir adopté une attitude machiste et sévère dès le premier jour. Elle dit ne pas faire de différence entre hommes et femmes dans son entourage et avoue cependant que souvent, pour faire passer ses décisions, elle a besoin de l'appui de son supérieur homme ou de dire qu'il approuve telle mesure.
Notre deuxième responsable fait tout le contraire. Femme jusqu'au bout, elle prend un malin plaisir à prendre soin d'elle, de son mode vestimentaire et de son maquillage. En un mot, à exagérer sa féminité. Son message ? Les hommes ne m'impressionnent pas. Au contraire, ma démarche en intimide plus d'un. Les deux méthodes se valent. |
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Idée reçue. La nature dessert-elle les femmes ?
Quand 2M organise la première édition de son concours de psalmodie du Coran, elle écarte presque naturellement les candidates de sexe féminin. Raison avouée à demi-mot par les responsables de la chaîne : une fille qui a ses règles ne peut pas tenir le livre sacré entre les mains. Etrangement, la même chaîne a retenu des filles pour la deuxième édition du concours. Que s'est-il passé entre-temps ? Mystère. Toujours est-il que plusieurs personnes interrogées s'appuient sur la même interprétation d'un texte coranique qui fait de la femme un être incomplet au niveau psychologique et religieux. Ne dit-on pas grossièrement qu'une femme perd le nord une semaine sur quatre ?
Autre handicap physique ressenti par quelques femmes interrogées, celui de l'âge. Elles estiment qu'une femme n'a pas la même endurance qu'un homme. Qu'à partir de 45 ans, elle faiblit et ses priorités changent. Elle doit donc tout faire très vite, ce qui expliquerait selon elles, en partie, ce mythe de la super-efficacité féminine. |
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