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Par Abdeslam Kadiri
Porofils. Marocaines politiciennes européennes
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Khadija Arib (d.) avec Rita Verdonk,
ministre néerlandaise de
l'intégration (AFP)
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En Belgique et aux pays-Bas, plusieurs députées et sénatrices sont dorigine marocaine. Profils et parcours de cinq dentre elles.
Khadija Arib. L'image positive
Khadija Arib est parlementaire aux Pays-Bas depuis 1998, et en est aujourd'hui à son troisième mandat. Cette femme est née en 1960, à Oulad Saïd, près de Settat. Son père émigre en 1967 à Amsterdam pour trouver un emploi et elle le rejoint en 1975. Elle devient assistante sociale. Puis, elle est chargée d'accueillir les Marocains à la |
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recherche d'un emploi et d'un logement. Son parcours s'accélère quand elle décroche une place à l'Académie sociale. Elle suit des cours de sociologie et se sensibilise aux questions de l'immigration. Au début des années 1980, elle crée l'Union des femmes marocaines en Hollande, association qui lutte contre les lois discriminatoires du pays d'accueil (délivrance des titres de séjour, divorces, etc.).
En 1993, elle est un personnage en vue et milite au parti travailliste (PvdA), un parti social-démocrate, puis devient membre de la direction au niveau d'Amsterdam. En septembre 1997, à un an des législatives, elle jouit d'une grande notoriété et est même au douzième rang sur la liste du parti. Khadija Arib est élue haut la main. Quatre ans plus tard, le parti traverse une passe difficile. Pas Khadija qui gagne puis rempile pour un troisième mandat. Son cheval de bataille ? Véhiculer une image positive de la communauté et de la femme marocaines au sein de la société néerlandaise.
Fauzaya Talhaoui. Madame la sénatrice
Fauzaya Talhaoui, née à Melilia, est arrivée en Belgique à l'âge de sept ans et est licenciée en droit international. En 1999, elle est chercheuse à l'Université d'Anvers quand le sénateur Agalev Eddy Boutmans demande à sa sur, Hafida Talhaoui, de figurer sur sa liste à la Chambre. Celle-ci refuse mais propose la place à Fauzaya, qui accepte.
Fauzaya se retrouve ainsi députée Agalev entre 1999 et 2003. Puis en février 2004, elle fait le choix de Spirit, petit parti libéral de gauche. D'autres membres d'Agalev, en désaccord avec la ligne politique de Groen ! (nouveau nom d'Agalev) suivent le même chemin. Fauzaya Talhaoui est finalement élue sur la liste SP.A-Spirit au Parlement européen en juin 2004, et a ensuite été cooptée par son parti au Sénat le 8 juillet 2004.
Fatiha Saïdi. La socialiste verte
Fatiha Saïdi fait partie de ces femmes de conviction, à l'idéal féministe chevillé au corps. Née en 1961 en Algérie de parents marocains, elle débarque à l'âge de cinq ans en Belgique. Elle se marie à 17 ans et tient un commerce alimentaire. Mais le travail social lui plaît plus. Elle participe alors dans les années 1980 au lancement des fameuses radios libres : Radio fidélité puis Radio El Wafa. Elle renoue avec la fac en 1988, à Louvain-la-Neuve, en s'inscrivant en politique et pratique de formation. Licence en poche, elle travaille dans un centre pour toxicomanes puis avec des jeunes issus de l'immigration. Parallèlement, elle écrit pour La Nouvelle Tribune.
Son véritable engagement politique date de 1996. Aux élections régionales de 1999, elle se présente sous les couleurs du parti Ecolo et est élue députée bruxelloise. Elle quitte Ecolo en juillet 2003, tout en continuant à siéger au Parlement comme députée indépendante jusqu'à la fin de la législature. Elle se présente aussi aux élections régionales pour le compte du Parti socialiste et est élue en juin 2004.
Ses priorités : le combat féministe, la pauvreté, la lutte contre les discriminations, les jeunes... Elle a surtout fait bouger le tissu associatif et politique belge lors de la réforme de la Moudawana et du scandale porno d'Agadir. Elle a donné un coup de pouce à l'association Anaruz, s'est déplacée à Agadir pour rencontrer les familles des filles abusées par le touriste sexuel Philippe Servaty, et s'est investie à Al Hoceima, après le tremblement de terre de février 2004.
Mimount Bousakla. Couscous avec frites
Les parents de Mimount Bousakla arrivent dans les années 60 en Belgique, avec la vague d'immigration ouvriériste. Mimount Bousakla voit le jour en 1972 à Louvain, près de Bruxelles, et y suit ses études. Elle démarre son parcours politique dès l'âge de 16 ans en adhérant au parti des Jeunes socialistes à Louvain dont elle devient présidente au bout d'un an. A 18 ans, elle s'installe à Anvers où elle prépare un diplôme de marketing, tout en travaillant dans un centre flamand pour l'intégration des immigrés. Elle continue de militer au Parti socialiste à Anvers et défend les droits des étrangers en Belgique.
Elle est élue pour la première fois conseillère municipale en octobre 2000. Son parti lui propose alors de devenir échevin (adjoint au maire) à Anvers. Trois ans plus tard, le 18 mai 2003, elle vise plus haut et est élue sénatrice. A 34 ans, elle est la plus jeune des sénateurs de Belgique, ce qui n'empêchera pas le Sénat de lui proposer de représenter la Belgique au Conseil de l'Europe. Mimount Bousakla participe à la Commission pour l'égalité entre l'homme et la femme, celle des réfugiés, de l'immigration et de la population. En 2002, cette jeune beurette s'inspire de ses expériences en tant que Belgo-marocaine pour publier un livre, Couscous avec des frites...
Naïma Azough. L'intégration d'abord
A 32 ans, Naïma Azough siège au Parlement de La Haye. Née à Asdif dans la région de Taghazout, elle est membre de GroenLinks, le parti vert de gauche, et parlementaire de 2002 à 2003. Mais les événements du 11 Septembre, suivis de l'assassinat en mai 2002 du politicien Pim Fortuyn, empoisonnent l'atmosphère aux Pays-Bas, et provoquent de nouvelles élections en janvier 2003. Naïma perd son fauteuil. Elle devient journaliste pour la chaîne Dialogue. Hasard ou destin, elle doit remplacer au pied levé un collègue qui quitte le Parlement pour des raisons de santé.
Naïma Azough axe toute son énergie sur deux objectifs : l'éducation et l'intégration. Le meurtre de Théo Van Gogh, le procès de Mohamed Bouyeri, les discours radicaux de la ministre d'Intégration Rita Verdonk, la crise identitaire aux Pays-Bas, tout cela inquiète Naïma Azough
Cette femme ne veut plus que des jeunes Néerlandais d'origine marocaine se sentent étrangers. Sans faire le jeu des obscurantistes, elle veut défendre ceux qui se battent et qui ont besoin de travail, sans exclusive. Elle ne cache pas son désarroi face à la direction droitière du gouvernement actuel qui soutient Guantanamo, la politique israélienne au Proche-Orient et la guerre en Irak. |
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France, Espagne, Allemagne...
Pas détranger(e)s en politique !
Incontestablement, les Pays-Bas et la Belgique font partie des pays où l'on compte le plus grand nombre d'élus d'origine non-européenne. En Belgique, en mai 2004, il y en avait 153 ! dont plusieurs Marocaines comme Sfia Bouafa, Fatima Boudjaoui, Nahima Lanjri, Haja Saïda, Anissa Temsamani
Mais en Allemagne, Espagne et France, pas l'ombre d'une députée d'origine marocaine. En France, le seul et unique député d'origine non-européenne à l'Assemblée nationale depuis un quart de siècle a été Kofi Yamgane, d'origine togolaise, député PS du Finistère de 1997 à 2002.
Les deux premiers parlementaires métropolitaines d'origine maghrébine sont les sénatrices Alima Boumediene-Thiery (Verts), née de parents marocains, et Bariza Khiari (PS), d'origine algérienne. La diversité ethnique de la France est plus représentée au niveau des communes, des régions et du Parlement européen. |
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