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N° 215
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Hassan Hamdani

La semaine Culture

Hamid Faridi, un des lauréats
à l’avance sur recette (DR)

Fonds d’aide. Quarté gagnant

La nouvelle fournée des lauréats à l’avance sur recette du Centre cinématographique marocain (CCM) est connue depuis vendredi dernier. Daoud Aoulad Syad a obtenu 3,7 millions de dirhams pour En attendant Pasolini. “L’idée originale du film est de Ali Essafi (documentariste, ndlr) qui lors du tournage de son documentaire Ouarzazate movies a rencontré un figurant marocain qui a vécu une grande histoire d’amour avec Pasolini sur le tournage de Œdipe roi à Ouarzazate en 1967”, explique Daoud Aoulad Syad. 40 ans plus tard, des Italiens tournent une version de la Bible dans le village de ce figurant qui n’a jamais
oublié Pasolini et attend toujours son retour. Hamid Faridi percevra un montant de 2,3 millions de dirhams pour son premier long métrage de fiction Le Vélo. “C’est l’histoire d’une famille prise dans les imbroglios d’un héritage paternel”, raconte Hamid Faridi qui devrait commencer le tournage à la mi-avril à Benslimane, Bouznika et Guemnate, “une mine désaffectée où le temps semble s’être arrêté”. Mohamed Zineddaine obtient, quant à lui, 3 millions de dirhams pour Tu te souviens Adil ? Dernier du quarté victorieux, Mohamed Chrif Tribak percevra 2,1 millions de dirhams pour son premier long métrage, Entre parenthèses. “Une jeune chaouniya de milieu traditionnel découvre l’engagement politique et amoureux à la fac de Tétouan dans les années 90, raconte ce dernier, le scénario s’inspire de mes souvenirs d’étudiant et de ceux d’amis auxquels j’ai demandé de coucher les leurs par écrit”.


Spectacle. Plus près des étoiles

La compagnie Transe Express illuminera le ciel casablancais avec sa dernière création, Le carillon céleste, Maudits sonnants, un concert de clochistes juchés sur une armature métallique et lumineuse maintenue dans les airs grâce à une grue géante. A 60 mètres du sol, les funambules musiciens forment un lustre musical aux formes changeantes, entraînant dans ses mouvements les musiciens suspendus comme des pantins. Inventeur de l’art céleste en 1990, la compagnie Transe Express a révolutionné l’art de la rue en prenant la ville comme décor et les cieux comme support à leurs créations. Ils se sont envoyés en l’air dans de grandes manifestations comme les J.O d’Albertville en 1992, sur les Champs Elysées le 31 décembre 99 pour les “2.000 coups de minuit”, célébration du nouveau millénaire sur le parvis de Beaubourg à Paris. Quittez le macadam casablancais ( un petit peu dégueu) vers un ciel pur le 10 mars à 20h30 sur l’esplanade de la Foire internationale.


Album. Destination Halal

Pieu et lancinant, tel est le message révélé par le troisième album des Marrakchis Youssef El Mejjad et Pat Jabbar, alias Amira Saqati, enregistré en plein ramadan 2004. “La solution de la nation passe par l’islamisation de notre éducation”, professe l’intro. Recyclant la recette qui a fait les 10 000 ventes de Agdal reptiles on majoun et Al Bharr, les artistes offrent une déclinaison langoureuse, haussée d’une pointe de mélo orientalisant, sur un arrangement électro pour alibi de modernité. L’ensemble est typique des bacs de world music et des salons chill-out branchouilles, mais les amateurs de trip haut perché apprécieront. Reste un petit coup de cœur pour “Zouak”.


Sortie. Des portes restées closes

Les frères Noury, Swel et Imad, fils du réalisateur Hakim Noury, s’essaient pour la première fois au long métrage. Le résultat, c’est Heaven’s doors. Tourné à Casablanca, le film, sorte de chassé-croisé entre plusieurs personnages, se compose de trois parties distinctes mais néanmoins enchevêtrées. On suit tout d’abord, un jeune délinquant dans sa descente aux enfers, puis une Américaine mariée à un Marocain dans l’impossibilité d’adopter le neveu de son époux et enfin la sortie de prison et le nouveau départ d’un ancien détenu. Malgré une bonne volonté (réelle, mais inopérante) de mettre en scène des personnages attachants à force de réalisme, les situations vécues étant le lot quotidien de milliers de personnes à Casablanca, le film laisse une impression d’ inachevé. La plupart des plans sont inutiles, la bande sonore est très mal exploitée et les acteurs ne donnent pas la pleine mesure de leur talent. Dommage…


Rap. Connecting people

Khalid Ouaziz, alias Casablanca Connect, une des figures montantes du rap néerlandais, a rencontré le week-end dernier Bigg, Dj Key, Bizz tourisques et Casa Crew. Cette réunion, qui s’est déroulée à l’IF de Casablanca, à l’occasion de la présentation du livre de Dominique Caubet Shouf Shouf Hollanda, a été l’occasion de discuter son, production, flow en darija et avenir du rap au Maroc. “Khalid Ouaziz nous a bien conseillé sur la meilleure manière d’enregistrer” explique Younès de Casa Crew. “J’espère que ces réunions déboucheront sur des collaborations futures, voire une tournée commune de rappeurs marocains de l’étranger et rappeurs du crû” déclare pour sa part Khalid Ouaziz, qui compte bien revenir cet été pour enregistrer quelques featurings avec Casa Crew dans leur studio de Bournazel. Et participer, si l’occasion se présente, à quelques festivals marocains dont Rawafid à Casablanca consacré aux créateurs marocains à l’étranger.


Docu. La trilogie du protectorat

La fiction du protectorat, premier volet de la trilogie documentaire Maroc-France : une histoire commune, réalisée par Ahmed Maânouni, auteur du cultissime Transes (Al-Hal), sera projeté au Théâtre Mohammed V de Rabat le 6 mars à 20h30. “J’ai pris comme prétexte la célébration du cinquantenaire de l’indépendance du Maroc pour réfléchir à l’histoire commune de la France et du Maroc d’autant plus que nous n’avons toujours pas réussi à nous débarrasser de notre statut de protégé”. Voilà un constat qui devrait faire plaisir à Philippe Faure, ambassadeur de France au Maroc, invité à la projection. La fiction du protectorat, coproduit par 2M, sera diffusée également par la chaîne lundi soir. Les résistances et Les nouveaux défis, les deux autres volets de la trilogie de Maânouni, seront, quant à eux, programmés par 2M les 13 et 20 mars prochain.


Salon. Paris à l’heure maghrébine

Le Maghreb des livres ( les 25 et 26 février à Paris), a failli être annulé en dernière minute. Finalement, la raison sécuritaire des hommes de Nicolas Sarkozy est réduite à néant par le feu vert de l’Elysée pour “le croisement des cultures”. A l’entrée de l’Hôtel de ville, la belle affiche signée Souad Guennoun, est une invitation au voyage. Georges Morin, président de l’association organisatrice, Coup de soleil, est satisfait de “la qualité des visiteurs et des rencontres”. Outre un grand hall servant de librairie où ont lieu les signatures d’auteurs et un second dédié aux revues et magazines, le salon dont l’invité d’honneur est le Maroc, a permis à un public intéressé de comprendre les combats actuels de la littérature, de la femme, du cinéma et de l’amazighité chez nous. Un round up utile et agréable.


Festival. Mikhi à Meknès

Le festival d’animation de Meknès (FICAM) se japonise pour sa 6ème édition (du 4 au 12 mai). Un hommage sera rendu à Isao Takahata avec une rétrospective de ses principales œuvres (Le tombeau des lucioles, Horus, le prince du soleil…). Osamu Tezuka, père du manga contemporain sera également à l’honneur avec La légende de la forêt. Le festival proposera aussi une sélection de films d’animation algériens. Mais la palme de l’érotisme revient à Betty Boop avec une rétrospective des principaux dessins animés des frères Fleisher, créateurs de la femme la plus sexy de l’histoire de l’animation. Betty Boop était tellement hot qu’elle fut victime du code Hays qui régissait la censure à Hollywood dans les années 30… poo poo pidou  à la face les empêcheurs de fantasmer en rond.


Documentaire. Parcours de goumier

Mechti, le dernier combat, documentaire de Jean-Claude Cheyssal, dresse le portrait d’un ancien goumier marocain engagé à 18 ans dans l’armée française. Mohammed Mechti, 85 ans, qui a été de toutes les guerres françaises depuis 39/45, finit sa vie à Bordeaux loin de sa famille restée au Maroc. Comme de nombreux anciens combattants marocains de la République française, Mechti se retrouve exilé dans l’Hexagone 9 mois de l’année pour pouvoir toucher sa maigre pension. Déraciné, il l’est à double titre puisqu’à chaque retour dans son village natal de l’Atlas, 3 mois par an, il vit désormais un décalage culturel. Mercredi 8 mars à 19h00 au complexe culturel Al Houria de Fès. Projection en présence du réalisateur.


Le livre.

Dans Images de femmes, regard de société, des spécialistes de différentes disciplines étudient l’image des femmes marocaines, son origine et ses dimensions à partir du langage, des pratiques sociales, des rites et des coutumes. Cette image est passée au scanner dans le discours des “islamo-conservateurs”, dans les récits de voyage au Maroc de Charles De Foucauld et même dans Al Ghorba de Abdallah Laroui. Des analyses scientifiques absconses (sur la théorie du genre) côtoient quelques “bourdieuseries” mais aussi des travaux plus accessibles (et souvent plus intéressants) comme l’étude sur les métiers de femmes dans le Maroc médiéval.

Editions La croisée des Chemins (2005)




Humeur : Chicken run

Hassan Hamdani

Quand l’Etat communique, il prend les Marocains pour des gallinacés. Etre confondu avec un poulet d’élevage, les Marocains en avaient pris leur parti mais, depuis la grippe aviaire, cela tourne à l’abattage de masse. Une colonie de spécialistes en zoziaux, sortis d’on ne sait quel bocal de formol universitaire, est gentiment venue rassurer les Marocains à la télé. A une heure de grande écoute, une tête de piaf a expliqué en long et en large la sexualité de la perdrix cendrée. Il a été formel, il n’y a aucun attouchement de quelque nature que ce se soit entre cette traînée et notre chaste poulet national. La perdrix cendrée est une très bonne amie à lui, tête de piaf l’aurait su.
Personne ne risquait de le contredire, le pigeon de Nafoura est le seul oiseau exotique connu des Marocains. Et quand il s’agit de s’informer sur les mœurs sexuelles des autres, ils regardent plutôt des films X que des documentaires animaliers. Puis Driss Jettou en a remis une couche. Il est allé grignoter de la volaille à la campagne en bonnet de douche. Nabil Benabdellah, qui l’accompagnait, portait aussi un bout de plastique sur la tête. Comme un rien lui va, à Nabil, les infos télé ont tourné à la ferme des Célébrités. Puis, les médias se sont mis à caqueter comme une poule écervelée. Ils avaient oublié de nous dire un truc super important. Tindouf était envahie par la grippe aviaire, c’était la faute de l’Algérie qui surveillait mal nos poulets d’élevage sahraouis qui devraient revenir à la mère patrie. ça doit être ça la fameuse 3ème voie, l’aile ou la cuisse et rien d’autre au menu…



Concours d’animation
Le festival d’animation de Meknès lance un concours de scénarios de court métrage d’animation doté d’un prix de 50 000 DH. L’heureux lauréat sera soutenu dans la production et la réalisation de son court. Date limite de dépôt des candidatures : 12 avril. Pour plus d’infos : 055 51 58 51.


La rue parle
Casa Crew tournerra la semaine prochaine le clip de leur morceau “Men Zenka l’Zanka” dans les rues de leur fief de Bournazel à Casablanca. DJ Key réalisera, Bigg le Casablancais, les Tangérois de Zanka Flow et les Rbatis de Ten Power viendront en renfort. .Le clip sera téléchargeable sur raptivist.net


Derrej, derrej a khouya
Un nouveau prix littéraire est né. Annoncé par Elena Printice, l’éditrice de Khbar B’ladna, il promet de récompenser des textes (prose) en darija. Excluant le zajal, le prix tente d’encourager un mode d’écriture dans lequel se lance Youssef Amine El Alamy en traduisant ses Miniatures dans la langue du bled.

 
 
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