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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Khalid Tritki

La semaine Économie

(AFP)

Prix du Gasoil. Les armateurs s’insurgent

La guerre du gasoil atteindra-t-elle le secteur de la pêche ? Tout semble le confirmer. Les armateurs spécialisés dans la pêche en haute mer ont prévenu que, dès le démarrage de la prochaine campagne de pêche, ils ne s’approvisionneront plus en gasoil au Maroc. “Les prix nous asphyxient !” s’insurge un pêcheur de poulpe. La différence entre les prix locaux et ceux pratiqués à Las Palmas (pour ne citer que les îles Canaries) est de 100 à 150 dollars par tonne de gasoil, selon les fluctuations des prix au niveau international. Cela compte dans les charges d’exploitation des sociétés de pêche, sachant que chaque
bateau consomme de 2 à 4 tonnes/jour pendant les saisons ouvertes à la pêche. Aussi, la semaine dernière, les armateurs de la pêche hauturière ont-il présenté une demande à leur ministère de tutelle pour être autorisés à s’approvisionner en gasoil ailleurs qu’au Maroc. Le choix de Las Palmas tente de plus en plus les Marocains mais il pose le problème de l’immigration clandestine (des marins profitent de l’accostage pour disparaître dans la nature). En revanche, l’approvisionnement en haute mer est envisageable. Au ministère de la Pêche, on affirme que l’accord de principe est acquis. Reste à obtenir l’aval (obligatoire) du ministère de l’Energie. Adhèrera-t-il à la thèse des armateurs ? Pas sûr. Des sources proches du dossier n’excluent pas l’intervention de lobbyistes pour maintenir le statu quo. Si tel est le cas, la pêche hauturière pataugera, encore longtemps, dans la crise. D’autres navires s’ajouteront certainement aux 40 déjà à l’arrêt depuis plus d’un an.


Maroc Telecom. Ahizoune distribue des dividendes

Bon cru 2005 pour Maroc Telecom. L’opérateur historique a réalisé un chiffre d’affaires de 20,5 milliards de dirhams et un bénéfice après impôt de 5,8 milliards de dirhams. Cette performance doit beaucoup au bon comportement de la téléphonie mobile. Selon les chiffres de l’ANRT Maroc Telecom détient 66,7% de parts de marché, avec 8,8 millions de clients pour le segment GSM. Ces résultats record serviront, entre autres, à fidéliser l’actionnariat. Avec un dividende prévu de 10,96 DH par action, les grands actionnaires de l’opérateur historique peuvent se frotter les mains. L’investissement n’est pas en reste puisqu’il est prévu de construire un câble sous-marin pour renforcer la capacité de connexion du pays. Le câble, qui coûtera 330 millions de dirhams, sera intégralement financé par Maroc Telecom. L’opérateur historique table sur une croissance de 8% en 2006. Une prévision raisonnable, au vu des performances des années précédentes (12 à 13%). Forcément : il y a désormais concurrence sur le fixe.


Industrie. “Emergence” se régionalise

Le ministre du Commerce et de l’Industrie a lancé une large consultation pour régionaliser la vision Emergence. Ce plan, visant à développer des pôles industriels, partage le pays en zones d’influence économique. Chaque région aura, en principe, un pôle de spécialisation. Ainsi, Tanger héritera du secteur de la logistique, tandis que Marrakech et la zone sud se spécialiseront dans l’agroalimentaire et la pêche, et Casablanca dans les services offshore. “Le plan, en lui-même, est une approche révolutionnaire, mais il y a toujours la crainte que les acteurs locaux (élus et autorités) ne jouent pas le jeu”, s’inquiète un membre actif dans les commissions d’application de cette stratégie.


Investissement. 15,5 milliards pour 2006

La Commission des investissements, qui relève de la primature, doit statuer sur des projets d'investissement d'une valeur totale de 15,5 milliards de dirhams qui permettraient, s'ils étaient réalisés, de créer très exactement 7166 emplois. Secteurs concernés : les télécommunications, les services, la grande distribution et le tourisme. Principaux promoteurs : le groupe Tikida, CMKD, Megarama et Lafarge. En 2005, la Commission des investissements a validé 47 projets pour un investissement prévisionnel de 20 milliards de dirhams et la création de 15 433 emplois (admirez la précision !). Mais les avantages accordés par la commission (abattements fiscaux, soutien financier du fonds Hassan II...) sont liés au respect du cahier des charges. A noter : ces projets (même ceux validés l'an dernier) seront opérationnels, au mieux, en 2007…


Artisanat. Projet pilote à Marjane

Du 20 février au 6 mars, des produits artisanaux seront en vente dans les super et hypermarchés du groupe Marjane. Mais il y a mieux : Auchan, partenaire de l'ONA dans la grande distribution, s'est engagé à ouvrir des showrooms pour l'arti sanat marocain dans quatre pays européens (France, Italie, Espagne et Pologne). Les projets du ministère du Tourisme et de l'Artisanat ne s'arrêtent pas là. Ce dernier a lancé un appel d'offres pour le choix de six à sept (grosses) sociétés appelées à développer la production artisanale et à y instiller une certaine dose d'industrialisation. Des sources fiables avancent que le ministre va inviter des Italiens pour former les artisans marocains à constituer des consortiums leur permettant de disposer d’une plus grande force de frappe à l'export.


Sucre. La libéralisation aux oubliettes ?

C’est sûr, la libéralisation du sucre n'est pas pour demain. L'Etat vient en effet de fixer à 4700 DH le prix d'achat de la tonne de sucre importée. C'est moins que le prix réel sur le marché international, si on y ajoute les inévitables droits de douane. Du coup, la caisse de compensation est appelée à débourser la différence. Pour rappel, les subventions publiques allouées à la filière du sucre étaient estimées, en 2005, à 2,2 milliards de dir-hams. La facture devrait donc augmenter cette année. Par ailleurs, vu le prix du baril de pétrole, le budget global de la Caisse de compensation devrait exploser en 2006. Tout ce que le gouvernement peut espérer, c'est un retour au calme sur les marchés internationaux…



Billet. Emeutes

Khalid Tritki

“Si tu bloques l’investissement aujourd’hui, tu prépares les émeutes de demain”. Brutale, comme déclaration, mais ô combien pertinente. Prenons le cas de Casablanca : il faut y créer 400 000 emplois sur les 20 années à venir. Et pas pour que tout le monde travaille, non… juste pour maintenir le chômage à son niveau actuel.
Il faut donc de l’investissement. Sauf que pour construire des usines, il faut des terrains disponibles et des ouvriers qualifiés. Dans le Grand Casablanca, les prévisions parlent d’”urbaniser” 1000 hectares par an. En fait, il en faut le double pour augmenter la disponibilité du foncier et (donc) en faire baisser le prix. Les services de la Wilaya eux-mêmes le reconnaissent mais n’agissent pas pour autant. Pourquoi ? Parce que quelqu’un, quelque part, ne veut rien entendre. Il en va de même pour la formation. Nous avons beaucoup de bras, mais très peu de compétences réelles. Mais rien ne change, là non plus, malgré les sonnettes d’alarme régulièrement tirées. S’il y a une chose qui change de manière fulgurante, c’est bien la physionomie des villes. La pression démographique y est presque visible. Chaque année, il y a de nouvelles bouches à nourrir, des enfants à éduquer, et des bras à employer, des bras qui peuvent tout aussi bien construire que détruire, c’est selon. Changeons donc de cap et d’attitude. Avec un peu de bon sens, ne bloquons plus l’investissement. L’avenir de nos villes en dépend. Notre paix sociale aussi.




OFF.

Début avril, la CGEM (Confédération générale des entreprises du Maroc) présentera le résultat de ses études sur la réforme fiscale. Elle proposera également sa vision de la réforme. Les propositions patronales seront-elles prises au sérieux ? “Sans concertation avec le fisc, la confédération n’obtiendra, comme par le passé, aucune modification des dispositions fiscales”, pronostique un proche de la primature.



OFF.

En partenariat avec des opérateurs étrangers, Hammad Kessal, président de la Fédération des PME, se prépare à la construction d'un grand parc d'attractions à Casablanca. L'investissement est estimé à 130 millions de dirhams. Sans divulguer l'identité de ses partenaires, Kessal confirme l'information et ajoute que les négociations avec les autorités avancent bien, et que le parc sera prêt fin 2007.

 
 
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