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Chef de rubrique Karim Boukhari
La semaine Maroc
Affaire Mandari. Sur la piste du tueur
Nouveaux rebondissements dans laffaire Hicham Mandari, assassiné en août 2004 dans un sous-sol dimmeuble près de Malaga. Des sources espagnoles ont en effet révélé, en milieu de semaine, que la garde civile a retrouvé la trace du suspect numéro un, un certain Hamid Bouheddi, qui se présenterait le plus souvent sous la fausse identité de H. Aït Menna. Information immédiatement relayée par lagence MAP mais sans plus de précisions. Il savère, daprès nos informations, que le suspect en question, un Marocain originaire de la région dOujda, bien connu dans certains milieux en France et en Espagne, serait |
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| actuellement en détention dans une prison parisienne. Son arrestation remonterait à quelques semaines déjà à lissue dun banal délit de droit commun. Une délégation de la garde civile espagnole est actuellement en France pour enquêter à son sujet. Dautres arrestations devaient suivre en fin de semaine, cette fois en Espagne, concernant au moins deux autres suspects marocains. Ces actualités surviennent au moment où laffaire Mandari a été relancée à partir des Etats-Unis, pays dans lequel le défunt a dabord été incarcéré avant son extradition en France. Un juge américain aurait dépêché, daprès nos informations, une commission rogatoire en France dans le but, notamment, davoir accès aux enregistrements des caméras de surveillance de laéroport Charles De Gaulle, là où Mandari a embarqué pour son dernier voyage en compagnie de ses gardes du corps. On ignore pour le moment si le réveil de la garde civile espagnole est en relation avec lenquête aux Etats-Unis. Affaire à suivre. |
Polisario. Après Tindouf, Tifariti ?
Les festivités marquant le 30ème anniversaire de la RASD ont été unanimement interprétées comme un acte majeur de provocation du Polisario et un aveu dimpuissance du Maroc. Elles ont eu lieu à Tifariti, localité de quelques centaines dhabitants coincée entre le mur de sable (dont elle est distante de 10 km) et la frontière théorique du Sahara (celle en escalier). A cette occasion, près de 15 000 personnes ont été transportées de Tindouf vers Tifariti (4000 km séparent les deux villes) , en plus de quelque 500 officiels dont deux ministres algériens. Un défilé militaire a même eu lieu sur place. Explication dun observateur qui connaît la question : depuis trois ans, le Polisario lorgne en direction de Tifariti où il est tenté de transférer une partie des camps de Tindouf. Des constructions en dur (unparlement notamment) sont également prévues. La balle est dans le camp du Maroc et de lONU. |
Trafic. La passoire tétouanaise
La police de Tétouan est sur les dents depuis la découverte de passeports marocains, sur de nombreux candidats algériens à limmigration clandestine. Lenquête a révélé que les passeports tétouanais se vendent comme des petits pains au marché noir à Oujda et Maghnia en Algérie. Cédé à 5 000 DH pièce, voire plus, le précieux document permet à son détenteur de traverser la frontière entre Sebta et Fnideq sans présenter de visa. Un cadeau fait par les Espagnols aux résidents tétouanais pour leur permettre de faire de la contrebande en toute liberté, rapporte une source proche des services de sécurité de la ville qui précise quune fois à lintérieur de Sebta, les candidats à limmigration algériens ou subsahariens ne sont pas passibles dexpulsion. |
Partis. Laccident de Benatik
Abdelkrim Benatik a échappé à une mort certaine lors dun grave accident de la circulation, il y a quelques jours. Sa voiture a effectué cinq tonneaux sur la route reliant Rabat à Oued Zem où il se rendait pour un meeting populaire. Le fondateur du parti travailliste et ancien secrétaire dEtat était toujours en clinique en milieu de semaine mais il est hors de danger. Notons par ailleurs que le parti travailliste, de création récente, entame à partir du 11 mars les préparatifs officiels pour la tenue de son premier congrès, prévu avant lété 2006. |
Elections. Les femmes (et les vieux) dabord !
Sil est adopté, le nouveau texte sur la révision du mode de scrutin pourrait entrer dans les annales de lhistoire électorale du Maroc, non pas en raison du retour fort probable au scrutin uninominal, mais parce que le Ministère de lIntérieur propose la création dune liste nationale de 75 personnes qui ne comprendrait pas uniquement des femmes. Mais aussi des hommes et pas nimporte lesquels : Ce sont des politiciens très connus mais qui ne peuvent pas se présenter aux élections car leurs chances de réussite sont minimes, explique un socialiste. Entendez : leurs fonctions ministérielles ou parlementaires les ont détachés de leurs circonscriptions dorigine. Loin des yeux , loin du cur. Les électeurs les ont donc oubliés. Pour se maintenir au pouvoir, ces messieurs bénéficieront du même traitement de faveur que les femmes. La discrimination positive version homme arrive. Pleure, ô démocratie ! |
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Billet. Marocanité aux enchères
Avez-vous déjà fait linventaire des polémiques centrées sur la marocanité ? Appréciez ce digest : les émeutes à Laâyoune ont engendré une loi qui sacralise le drapeau national ; la Une du journal Al Bidaoui sur les anti-nation lui a valu une censure a priori et un procès a posteriori ; le film Marock a suscité la hargne dartistes allant jusquà lui renier le statut de film marocain ; lappel du citoyen a stigmatisé les voix libres qui sapent le moral de la nation
Ici et là, de loin en loin, pointent des relents de Mc Carthysme, voire de fascisme. La question devient du coup, très (trop) sensible. Au Maghreb des livres à Paris, Abdellah Taïa a parlé de ces Marocains qui se croient plus purs que les autres. Abdellatif Laâbi lui a rétorqué quil ny a pas de Marocains purs et de Marocains impurs. Laâbi avait pensé que Taïa traçait une frontière entre les Marocains de souche et les autres (beurs, fils de couples mixtes, enfants de la diaspora
). Il est effectivement déplorable que ces derniers soient jugés moins Marocains pour une affaire de sang, de langue ou de territoire. Mais Laâbi avait mal compris. En fait, Taïa voulait parler de ces quelques Marocains aux privilèges incalculables, qui ont accès à tout par passe-droits, et que les Marocains den bas considèrent comme des super citoyens dont ils ne peuvent égaler le statut. Au fond, le dilemme est double : à entendre lélite bien pensante, il faut être politiquement correct pour être vraiment Marocain. À écouter le peuple, un privilégié impuni a le tort de se considérer plus Marocain que les autres. Le vrai problème nest ni dans le comportement ni dans les idées des gens, mais dans la capacité de lEtat à protéger les libertés des uns et contrôler les abus des autres. Au nom du droit, et non de la marocanité. |
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Solidarité. Opération pièces jaunes
Lopération pièces jaunes, cest parti ! Pour sa septième édition (du 1er mars au 21 avril), linitiative lancée par lAMESIP (Association marocaine daide aux enfants en situation précaire) sappuie sur un partenariat avec la Poste. Pour aider les enfants des rues à se construire un avenir meilleur, il vous suffit daller au bureau de poste le plus proche pour retirer votre tirelire spéciale pièces jaunes. Une fois remplie (mettez à contribution vos enfants et tous vos proches), rapportez-la au guichet de poste et on vous fournira, transparence oblige, un reçu de la somme quelle contient. Lannée dernière, lAMESIP na réussi à collecter que 168 000 DH. Elle table cette année sur 500 000 DH. Ils ne seront pas de trop pour financer les activités de lassociation, qui compte déjà 5 centres daccueil pour enfants défavorisés. À vos pièces ! |
Sahara. Les partis rendent leur copie
La classe politique a été convoquée vendredi 3 mars au palais royal pour discuter de la question de lautonomie du Sahara. Les chefs de parti devaient rencontrer les conseillers Mohamed Moâtassim et Abdelaziz Meziane Belfqih pour exposer leurs propositions, conformément à la demande du roi. Cest à partir cette base que le Maroc arrêtera sa décision quil communiquera par la suite à lONU au plus tard en avril prochain. Le Palais et les partis politiques tiennent pour la première fois des consultations directes sur ce sujet. Auparavant, cétait le ministère de lIntérieur qui faisait lintermédiaire. De toute façon, les points de vue ne sont pas très différents. Tout le monde soutient lidée dune autonomie élargie dans le cadre de la souveraineté marocaine, explique un membre du bureau politique de lUSFP. La question principale est de savoir sil y aura ou non un référendum. |
Kiosque. Fume du marocain, ça calme !
Le magazine français Technikart a défendu dans son numéro du mois de février une étrange théorie pour expliquer les émeutes dans les banlieues françaises. Lembrasement serait dû à une pénurie de haschich survenue à la suite de la campagne marocaine déradication de la culture du cannabis dans le Rif. Sans leur camisole vaporeuse, écrit Nicolas Santolaria, journaliste vedette du magazine, les jeunes avaient les crocs. Beaucoup navaient rien à fumer et la tension était palpable. Faute de trouver notre haschich apaisant sur le marché français, les consommateurs de banlieue se seraient rabattus sur lherbe chimique néerlandaise aux effets excitants, doù leur envie subite de brûler la voiture du voisin de palier. Les journalistes de Technikart avaient habitué leurs lecteurs aux théories fumeuses. Mais là, cest désormais sûr, ils fument du marocain. |
Verrouillage. Elyazghi contrôle la presse USFP
Mohamed Elyazghi, premier secrétaire de l'USFP et directeur de Libération, est depuis le 3 mars le nouveau directeur de publication du quotidien arabophone de son parti, Al Ittihad Al Ichtiraki. Par la même occasion, Mohamed Chaouki se retrouve au poste de directeur-adjoint de la même publication ; Abdelhamid Jmahri, secrétaire général de la rédaction et Mustapha Laraqi, rédacteur en chef. La candidature de Abdelhadi Khairate, pressenti depuis longtemps pour ce poste, a été rejetée par le même Elyazghi et la hiérarchie du parti parce que ses conditions ont été jugées excessives, selon une source proche du parti. |
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3 questions à Réda Taoujni (Président de lAssociation du sahara marocain (ASM))
Votre départ du Maroc, il y a trois ans, avait été assimilé à un exil. Le retour, que vous annoncez imminent, signifierait-il votre réconciliation avec le régime marocain ou avec ses services de renseignements ?
Ni lun ni lautre. Notre départ pour lEspagne en 2003 était préparé dès 2001, avant même nos démêlés avec les services. Nos problèmes nétaient pas liés à eux mais à une seule personne. LASM nest quune ONG qui milite pour la marocanité du Sahara ; elle est composée de vrais Sahraouis dont les frères ou les cousins sont aujourdhui au Polisario.
Votre action sera-t-elle plus efficace à partir du Maroc quà partir de lEspagne ?
Aujourdhui, oui. En trois ans de présence en Espagne, on a tissé un très bon tissu relationnel avec les ONG, la presse, les partis politiques. Cest un acquis sur lequel on continuera de capitaliser. On y garde dailleurs une plateforme de fonctionnement à partir de lEspagne qui reste la plaque tournante de la propagande polisarienne. Nous rentrons au Maroc parce que notre action prendra un tournant cette fois-ci plus national.
Que comptez-vous faire réellement au Maroc ?
Du terrain, dans le Sud marocain. Nous avons déjà ouvert plusieurs bureaux dans toutes les villes du sud, de Laâyoune à Dakhla. Lavenir du Sahara se joue aussi à partir du Maroc, auprès des populations sahraouies. |
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Mémoire. Une ONG pour les victimes de 1981
Les victimes des émeutes de 1981 à Casablanca sont sur le point de se constituer en association. Pourquoi aujourdhui ? Parce que nous sommes désormais prêts pour assumer nos responsabilités, répond Saïd Masrour, pressenti pour être à la tête de lONG et qui se dit indigné de voir autant de personnes récupérer notre cause pour leur propre compte. Il était temps quon prenne ça en main. La deuxième association consacrée aux victimes des années de plomb (après celle des survivants de Tazmamart) se veut à vocation sociale uniquement. Nous navons pas de revendication politique ou syndicale, nous voulons seulement améliorer les conditions précaires dans lesquelles vivent un grand nombre de familles de victimes, dont le chiffre est pour le moment estimé à 300 , précise Ali Zerrad, un des fondateurs. Lassociation, dont lassemblée constitutive aura lieu le 4 mars à Casablanca, compte solliciter le CCDH pour se pencher sur 66 cas de décès qui nont pu être traités par lIER. |
La Mañana. Verdict le 6 mars
Les procès contre la presse continuent. Ainsi, le dossier du quotidien La Mañana a été mis en délibéré par le Tribunal de première instance de Casablanca. Le 27 février, ce dernier a annoncé quil rendra son verdict le 6 mars prochain. Quant à lexamen de laffaire du directeur de l'hebdomadaire Al Michâal, il a été reporté au 4 avril prochain. Rappelons que le premier est accusé davoir reproduit lintégralité dun article paru dans la presse espagnole jugé insultant pour la mémoire de Hassan II et que le second est poursuivi pour diffamation à lencontre dun chef dEtat étranger qui nest autre que Abdelaziz Bouteflika. |
Prix. Bnouhachem héros malgré lui
Notre confrère Abdennacer Bnouhachem, ancien de 2M et actuel membre de la HACA, a reçu en fin de semaine un drôle de prix : celui que le Festival dAl Jazira pour la télévision lui a attribué
il y a un an. Explication : notre confrère (et son ancien employeur, 2M) ne sétaient pas déplacés pour ledit festival et ignoraient tout du prix quils y avaient reçu. Heureusement, lun des membres du jury, un Marocain enseignant à lInstitut de la presse à Casablanca, a finalement rapporté le trophée et la remis cette semaine à Bnouhachem. Ouf ! Il nen reste pas moins que le choix du lauréat ne souffre aucune discussion, tant le travail réalisé par Bnouhachem est excellent. Lémission évoque le destin contrarié dun couple : envoyé au front en pleine lune de miel, il y a un quart de siècle, le mari est enlevé par le Polisario. La femme refuse avec courage toute demande de (re)mariage et saccroche à lespoir du retour de son mari
quelle retrouvera, plus de 25 ans plus tard. |
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Humeur. Pour les bleus
Les festivités du Cinquantenaire ne mont rien appris sur la réalité du protectorat. Loin de moi lidée den réduire la portée, mais elles mont rappelé mes longs et insipides cours dhistoire où le professeur, entre deux bâillements, nous expliquait sans trop y croire que lindépendance a été luvre du trône alaouite
et du peuple. Sans plus, la mention et du peuple étant lâchée in extremis, à contrecur, comme une concession de dernière minute. Cest malheureux à dire mais lécole a fait de moi un bleu, pas de ceux qui croient au parti dAhmed Osman, mais de ceux pour qui le protectorat sarrête à une agression étrangère et pour qui la libération nest quune histoire dhéroïsme couronnée par la vision de Mohammed V sur la lune. Heureusement quil y a eu, par la suite, des bouquins et des films non marocains (à lexception de Laroui), pour corriger cette vision romantique des choses et la rendre un peu plus adulte. Cest à cela, à cette carence dimages et décrits, à cette paresse coupable de nos auteurs et cinéastes que jai dabord pensé en visionnant le premier volet documentaire dAhmed Maânouni, dédié à la longue histoire commune entre le Maroc et la France. Le film sappelle La fiction du protectorat. Il donne à voir et écouter les points de vue contrastés de personnages aussi éloignés les uns des autres que peuvent lêtre un Boubker Kadiri, zaïm de lIstiqlal et père du salafisme (qui admet tout de même les bienfaits du protectorat) et un Jean Lacouture qui explique subtilement que le même flou a entouré les conditions du protectorat et celles de la libération. Une réflexion intéressante sur les limites de lindépendance et le rôle véritable du colonialisme, à ne pas rater la semaine prochaine sur 2M (et sur LCP, pour ceux qui zappent systématiquement la télévision marocaine)
si vous voulez. |
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VITES !
Selon des échos parus dans la presse belge, la dernière visite de Mohammed VI à Kinshasa a été loccasion pour le mouvement populaire de la révolution (ex-parti unique de Mobutu Sese Seko) de lui lancer un appel pour que la dépouille de lancien président zaïrois inhumé dans le cimetière catholique de Rabat soit rapatriée. Le rapatriement était dans lair depuis octobre 2005.
À lheure où nous mettons sous presse, nous apprenons que le général Larbi Belkheir, ambassadeur dAlgérie au Maroc, a confirmé sa présence à la 6ème édition des Khmissa. Une première. Convié à Khmissa 2005, son prédécesseur avait décliné linvitation. Signe douverture ? Si cest le cas, Belkheir devra subir les vocalises de Nolwenn de la Star Ac 3, invitée à chanter.
Al Adl Wal Ihsane a un sérieux concurrent
sur le Net. Il sagit du site jamaa.org, qui ressemble comme un faux-jumeau au site dAl Adl (aljamaa.org), et qui correspond en réalité à un portail israélien, spécialisé dans le Moyen-Orient. La ressemblance est dautant plus gênante que le site de la jamaâ de Yassine est victime de pannes aussi fréquentes quinexplicables.
Le ministère de la Justice devrait bientôt soumettre au Parlement un nouveau projet de loi concernant le casier judiciaire. Les délinquants qui auront purgé leur peine pourraient ainsi retrouver du travail à leur sortie de prison. Cette initiative concerne plus spécifiquement les plus diplômés dentre eux. Attendons-en la concrétisation. |
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