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N° 215
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Abdeslam Kadiri

La semaine Monde

(AFP)

Etats-Unis. Bush courtise l’Inde

La tournée asiatique du Président américain, George W. Bush, cette semaine, a été placée sous le signe du nucléaire et des gros sous. Avant d’arriver à Delhi, le Président a fait une escale impromptue en Afghanistan. Il a soutenu et félicité son allié, le président afghan Hamid Karzaï, tout en réaffirmant sa volonté de traquer Ben Laden, où qu'il se trouve.
A Delhi, Bush a été dans ses petits souliers. Et pour cause, l’Inde et les Etats-Unis ont conclu un accord historique de coopération nucléaire civile. L’accord, s’il est accepté par le Congrès, permettra à l’Inde
d’obtenir du combustible et des réacteurs à des fins civiles des Etats-Unis et peut-être d’autres pays. Les Etats-Unis pourraient, pour leur part, empocher 20 milliards de dollars de contrats ! Pourtant, cette visite a provoqué la colère de 50 000 opposants et de milliers de communistes qui ont défilé à Delhi. A Karachi, au Pakistan, où Bush est attendu, un attentat-suicide a même coûté la vie à cinq personnes dont un diplomate américain.
Mais à l’évidence, Bush est venu courtiser l’Inde. Il a tout fait pour gagner l’estime d’un pays qui se fournissait jusque- là auprès de l’Iran. D’ailleurs, l’accord de Delhi avec Téhéran, qui prévoit sur 25 ans la livraison de 7,5 millions de tonnes de gaz naturel, fait couler des sueurs froides dans le dos américain. Néanmoins, l’Inde, boycottée pour son refus de signer le Traité de non- prolifération nucléaire (TNP), a décidé de se rapprocher de l’Oncle Sam. Et Bush a fermé les yeux sur ce boycott, malgré l’interdit posé par la loi américaine. Seule condition : l’Inde doit dissocier ses installations nucléaires civiles et militaires et placer ces dernières sous le contrôle de l’AIEA.
Longtemps, Washington a négligé le colosse indien, enlisé dans la pauvreté, l’autosuffisance économique et le non-alignement politique. Désormais, Bush tend la main à un pays qui a des atouts, notamment un marché en pleine expansion où les entreprises américaines délocalisent. La visite de Bush présente un double enjeu : économique bien sûr, mais aussi géostratégique. New Delhi apparaît comme un contrepoids à une possible hégémonie chinoise en Asie.


Irak. Les aveux de Saddam

Il nous avait habitués aux déclarations-choc mais pas à un tel coup de théâtre. Le président irakien déchu, Saddam Hussein, s’est présenté mercredi, pour la première fois, comme seul responsable des sentences contre les personnes soupçonnées d'un attentat contre son convoi en 1982, à Doujaïl. “C’est moi qui les ai transférés au tribunal pour être jugés selon la loi. C'est moi le responsable, alors pourquoi en jeter d'autres en prison ?”, a-t-il lancé juste avant le report de la séance au 12 mars. “C’est aussi moi qui ai ordonné de détruire les vergers”.
Saddam Hussein a justifié les condamnations à morts. Sur les 148 condamnés à mort, 146 ont été exécutés. Le décompte macabre est sordide : 86 personnes ont été exécutées le 23 mars 1985 dans la prison d'Abou Ghraïb, 10 mineurs l'ont été en 1989 et 46 sont mortes lors des interrogatoires, 4 qui n'étaient pas liées à cette affaire ont été ajoutées par erreur à la liste et ont été exécutées également le 23 mars 1985.


Kosovo. Le Premier ministre démissionne

La démission du Premier ministre kosovar, Bajram Kosumi, assombrit les perspectives au Kosovo. Officiellement, Kosumi démissionne parce qu’il n’a plus la majorité au Parlement. Officieusement, il aurait cédé
aux pressions des partis au pouvoir qui ont jugé ses performances insuffisantes.
Cette démission pourrait déstabiliser la province. Kosumi faisait partie de l'équipe des négociateurs kosovars albanais pour le statut du Kosovo, administré par l'ONU depuis 1999. Les Albanais du Kosovo, majoritaires à 90 %, réclament l'indépendance alors que Belgrade entend conserver sa souveraineté sur cette province.
Kosumi jette l’éponge un mois après le décès du président charismatique du Kosovo, Ibrahim Rugova, remplacé par Fatmir Sejdiu. La lutte pour la répartition de l'héritage politique de Rugova a commencé...


Libye. Les Frères libérés

Coup de poker du colonel Khadafi. A l'occasion de l'anniversaire des comités populaires (sorte de parlement), les autorités libyennes ont libéré jeudi la totalité des 84 membres de la confrérie interdite des Frères musulmans détenus depuis la fin des années 1990 en Libye.
A la fin des années 1990, 152 membres des Frères musulmans ont été arrêtés. En 2002, deux d'entre eux ont été condamnés à mort, 73 à la prison à vie et 66 ont été acquittés. Les autres ont été condamnés à 10 ans de prison.
Les condamnés, notamment des étudiants et universitaires, étaient accusés de soutien ou d'appartenance à la Jamaa Islamiya al-Libiya, mouvement islamiste créé en 1979, frère jumeau des Frères musulmans égyptiens et qui prône l'instauration, sans violence, d'un état islamique.


Philippines. Levée de l’état d’urgence ?

Pour faire taire ses détracteurs, la présidente philippine Gloria Arroyo a promis mercredi de lever “le plus tôt possible” l'état d'urgence controversé qu'elle a décrété vendredi, invoquant une tentative de putsch. La dirigeante a dit avoir demandé aux secrétaires à la Défense et à la Justice, ainsi qu’à la police nationale, d’établir, dans les trois jours, un rapport sur la situation .
Accusant une “alliance tactique” entre communistes et militaires de droite en vue de la renverser, Gloria Arroyo avait pris cette mesure que les critiques comparent au retour de la loi martiale du commandant Marcos. Les investisseurs étrangers sont inquiets.


Palestine. Bruxelles met la main à la poche

Malgré son hostilité au Hamas, la commissaire européenne aux Relations extérieures, Benita Ferrero- Waldner, a débloqué une aide d'urgence de 120 millions d'euros, encourageant d’autres pays à faire de même. Mais Européens et Américains préfèrent développer leur aide “humanitaire”.
Une première tranche de 40 millions d'euros servira à payer directement aux Israéliens les factures énergétiques de l'Autorité palestinienne. 64 millions seront distribués via les Nations unies qui gèrent les camps de réfugiés palestiniens. Enfin, 17,5 millions tirés d'un fonds de la Banque mondiale iront dans les caisses de l'Autorité pour payer ses 150 000 employés… mais l’argent devra être dépensé avant l'arrivée du Hamas aux affaires.
L’Autorité palestinienne vit sous perfusion. Elle reçoit près d'un milliard d'euros d'aides extérieures chaque année, une somme qui couvre la moitié de ses besoins. Il y a urgence.



Lu pour vous.
Algérie : lonitaine réconciliation nationale

Zine Cherfaoui, El Watan, 1er mars

Croire un seul instant que cette batterie de textes sera suffisante pour panser les blessures et réconcilier les Algériens entre eux serait faire preuve de naïveté. Les Algériens auront, à un moment ou à un autre, à reparler de la crise. L’évacuation des notions de justice et de vérité contrarie ce louable projet dans l’élaboration de la charte pour la paix et la réconciliation nationale.
Les familles de disparus sont toujours dans l’attente de connaître le sort réservé à leurs proches pour faire leur deuil. Il faut s’attendre à ce que l’importante marge laissée à l’impunité par cette charte, initiée par l’Etat, joue aux décideurs plus d’un mauvais tour. Dans l’immédiat, il sera difficile à Bouteflika ou à tout autre responsable de vendre un discours sur l’Etat de droit. Cela dans la mesure où la justice à laquelle il offrait justement une opportunité en or pour reprendre du galon et gagner en crédibilité a été mise à l’écart. Au plan politique, le fait de n’avoir pas exigé des anciens éléments de l’ex-FIS de reconnaître leur pleine responsabilité dans la crise peut paraître bien imprudent. Au-delà, la démarche ayant consisté à faire l’impasse sur des haltes aussi importantes rend la crise de ces dix dernières années muette au point où elle ne peut même plus délivrer une once de morale. Telle qu’elle est conçue aujourd’hui, la réconciliation nationale sert juste à différer un débat essentiel pour l’avenir de la communauté nationale.



VITE !

Les douanes de l'aéroport du Caire ont saisi mardi 4,6 millions de pilules de viagra dissimulées dans une cargaison de textile importé des Emirats Arabes Unis. L’Egypte ava autorisé la vente du viagra, sur ordonnance seulement, en décembre 1999 .

 
 
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