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N° 216
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Driss Bennani

“Le PJD au pouvoir ? Catastrophe nationale !“

Antécédents
Abdelkrim El Amrani, Directeur de
publication de Sawt Ennass

1951. Naissance à Taza.
1979. Arrêté lors de la grève du syndicat de l’enseignement de la CDT.
1983. Intègre Al Ittihad Al Ichtiraki.
1998. Rédacteur en chef d’Al Ahdath Al Maghribia.
2006. Directeur de publication de Sawt Ennass.
Smyet Bak ?
Omar El Amrani.

Smyet mok ?
Ghita El Amrani.

Nimirou d’la carte ?
Je ne sais pas, je peux vous le ramener plus tard ?

BJ 4632, c’est ça ?
(Impressionné) Naâm sidi !

Vous avez récemment donné une réception à l’occasion de la parution de Sawt Ennas. Monsieur fait dans les RP, maintenant ?
Ce n’est pas mon initiative. J’ai toujours été distant. Aujourd’hui que je suis responsable d’un quotidien, je suis obligé de m’ouvrir sur les communautés d’affaires, les politiques, etc.

Et de mettre de l’eau dans votre vin, n’est-ce pas ?
Je ne vous cache pas que certains actionnaires m’ont reproché d’avoir attaqué un patron d’une grande agence de publicité, quelques hommes d’affaires, des hommes politiques et des corporations entières de métiers. C’est peut-être vrai, mais c’était un choix arrêté dès le début. Ne lyncher ni ménager personne. Dire la vérité passe avant mes intérêts économiques.

On verra dans quelques dizaines de numéros, mais dites- moi d’abord, vous êtes la voix de qui au juste ?
La voix des citoyens qui n’en ont pas. Nous avons été les premiers à évoquer certains sujets sous de nouveaux angles. Exemple : nous sommes les premiers à dire que les premiers responsables de la catastrophe de l’enseignement dans ce pays sont les instituteurs, et pas exclusivement le manque de moyens ou d’effectifs.

Vous faites de l’auto-critique, là !
J’ai exercé dans l’enseignement durant 25 ans. Mais j’appartiens à une génération qui a exercé dans une école engagée de gauche. Aujourd’hui, une écrasante majorité de nos instits n’ont pas choisi leur voie. La plupart, je l’ai constaté, obtient une licence, chôme cinq ans, accède à l’école des enseignants en y mettant l’argent qu’il faut pour être affecté dans un coin perdu et être payé des clopinettes. Que peut-on attendre d’un instituteur comme ça ?

Vous déclarez que votre journal n’est pas partisan mais engagé. Avec un tour de table majoritairement ittihadi, qui pensez convaincre de votre indépendance ?
Sept ou huit personnes parmi nos actionnaires appartiennent effectivement à l’USFP mais n’ont pas, à l’exception de Hassan Tarik, de réelles responsabilités au sein du parti. Ceci dit, j’ai été honoré que des citoyens progressistes participent à ce journal. Je reste ittihadi dans l’âme.

Vous n’avez jamais quitté l’USFP, en fait ?
Exact. Je n’ai plus la carte d’adhérent depuis plus de 18 ans mais j’ai une grande affection pour l’histoire de ce parti. J’ai donné 20 ans de ma vie au parti sans rien attendre en retour.

Vous déclarez ne pas digérer votre sortie d’Al Ahdath Al Maghribia. Sawt Ennass, c’est votre revanche ?
J’ai fait un choix difficile, celui d’un journal sérieux qui veut s’imposer sans populisme ni sensationnalisme. Je me suis dit que je n’ai pas besoin de Mina Lqalb Ila Lqalb pour réussir.

Vous considérez le courrier du cœur (que vous avez créé à Al Ahdath) comme du populisme, maintenant ?
Jamais, mais j’ai choisi une autre voie.

Que titrerez-vous lorsque le PJD remportera les élections ?
Catastrophe nationale. Je ne fais pas confiance à ces gens. Le rêve des jeunes filles aujourd’hui c’est de se marier et de rester à la maison. C’est le résultat du discours de ces gens. Ils constituent un danger pour la culture, l’économie et les libertés. La seule manière de les contrer, c’est une coalition qui rassemble tous ceux qui sont pour la situation actuelle, une laïcité non déclarée. J’y mettrai tout le monde. Des mouvements populaires, sauf Archane, aux gauchistes d’Annahj. Sinon, on est foutus.

Si les islamistes triomphent aujourd’hui, c’est parce vous avez failli hier ?
Bien sûr ! En 1974, après mes détentions, j’étais adulé à Taza parce que j’appartenais à l’USFP. Après les élections, le parti a remporté les sièges de la ville. Malheureusement, les élus ont trahi et le peuple les a bannis. Nous avons déçu le peuple, nous en payons le prix.

 
 
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