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Pédophilie, tourisme sexuel... Vers une tolérance zéro
Maisons de retraite. Pas de quartier(s) pour les vieux
Presse. Le fabuleux destin d'Al Mountakhab
Reportage. Une journée au 160
Sport. Mains de velours dans des gants de fer
États-Unis. Bush dans l'oeil du cyclone
France. Des musulmans contre la censure
Assurance maladie obligatoire. Un système de dupes ?
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Littérature. Ces écrivains qui nous bousculent
Ahmed Maânouni. Le revenant
N° 216
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Hassan Hamdani

La semaine Culture

Spectacle de magie
lors du festival 2005 (DR)

Festival. Abracadabra à Marrakech

Lapins sortis d’un chapeau, belles assistantes en collants résille disparues comme par enchantement, tours de passe-passe, Marrakech vivra à l’heure de l’illusion du 16 au 19 mars avec le Festival international de la magie, 3ème du nom. À l’origine de cette initiative, Baby Dahan (v. portrait dans TelQuel n° 212), un magicien marocain de renommée mondiale qui a fait des tours de magie pour des stars du rock comme Mick Jagger, des hommes politiques comme Lionel Jospin et a même fait le bouffon du roi pour Hassan II. L’évènement grandit à vue d’œil cette année grâce à l’ouverture de nouveaux espaces de
spectacle. En plus du Théâtre royal et du Palais des congrès, les spectacles d’illusions, en plus grand nombre (32 contre 25 l’année précédente), se dérouleront également sur la place Jamaâ El Fna et El Harti, ouvrant ainsi la manifestation à un public de plus en plus large. Cette année, les organisateurs espèrent d’ ailleurs 160 000 spectateurs, soit trois fois plus qu’en 2005. Au programme, Luc Parson, un magicien ventriloque, Magoo, entre illusion et one man show, les Baladins du rire, Kamyléon, Bertrand Lotth, un des meilleurs illusionnistes européens et deux magiciens marocains dont, pour l’anecdote, Youssef Jazouli, le fils du maire de Marrakech Omar Jazouli. Une partie des magiciens invités entameront dans la foulée une tournée à Casablanca, Mohammedia et Rabat pour une série de spectacles au profit d’enfants d’associations. “Viens voir les magiciens” comme chantait l’autre.


Musique. Rythms of Peace, le DVD !

À l’occasion de son troisième rassemblement estival, du 17 au 22 août 2006, où sont attendus près de 6000 visiteurs, Rythms of Peace, créé en 2003, réalisera un DVD sur cet évènement unique au Maroc. Le principe : rassembler dans un lieu naturel des milliers d’amateurs d’ambiance “chill-out” et “full-on” pour vivre, six jours durant, au rythme des beats de DJ, bercés par le clapotis des décibels. Taxés de secte israélienne ou de drogués homosexuels par une certaine presse marocaine, les organisateurs ne lâchent pas l’affaire pour autant. Le 18 février dernier, lors d’une fête à Marrakech, son fondateur DJ Moon annonçait la création du label du même nom, qui prévoit d’enregistrer, dans le studio du barrage Lalla Takerkoust, des artistes gnaoua et issawa pour mixer leur musique avec des sons électro en vue d’une série de compilations, comme il est de rigueur de nos jours chez les branchés de la ville ocre. Ce qui n’empêchera pas DJ Moon de poser ses pénates à Barcelone pour se donner les moyens de ses ambitions : faire résonner les Rythms of Peace du Brésil au Japon…


Expo. Vues de l’esprit

Rien n’arrête Leila Ghandi. La jeune baroudeuse casablancaise, qui a sillonné les cinq continents carnet en main et objectif en bandoulière, trace bel et bien sa route de photographe. Après de nombreuses expos, parisiennes notamment au Lucernaire, ses clichés des confins chinois et tibétains, trente-quatre couleurs et noir et blanc soufflants de beauté et d’authenticité, sont en ce moment à Agadir, nouvelle étape avant le départ pour Beyrouth où Leila Ghandi sera à l’honneur à la très branchée Art Lounge gallery. “From China to Tibet, de l’intemporel au spirituel”, Riad Sofitel d’Agadir, jusqu’au 5 avril. www.leilaghandi.com


Télé. Faites entrer le témoin !

Non, ce n’est pas le titre d’une chronique judiciaire mais une nouvelle émission complètement tournée vers l’histoire et réalisée par la TVM. Témoin, de son petit nom, accueillera chaque semaine un vétéran de la vie publique marocaine pour coucher, dans les moindres détails si possible, ses souvenirs des grandes stations de l’histoire du Maroc. Abdelkrim Khatib, Ahmed Osman, Abdelkrim Zerktouni (fils du résistant Mohamed Zerktouni), Simon Levy, Abraham Serfaty, Achour Bekkaï (fils de M’barek Bekkaï, chef du premier gouvernement marocain), même les moins loquaces seront appelés à sortir de leur mutisme car “en creusant dans les archives de la télé, nous nous sommes rendu compte que nous n’avons presque pas de trace de la mémoire du pays” avoue le journaliste instigateur du projet, Mohamed Daou Essiraj. L’émission, un 52 minutes hebdomadaire, devrait figurer dans la prochaine grille des programmes de la chaîne. Elle sera ensuite déclinée en DVD et en livre.


Amazighité. Bilan d’une cause

Jusqu’à présent, la question amazighe était exclusivement traitée par les militants de la cause et, par extension, l’IRCAM. Aujourd’hui, grâce au travail de recherche, patient et minutieux de l’ERIC (Equipe de recherche sur les identités collectives), mené par Hassan Rachik, Mohamed Tozy et Abderrahmane Lakhsassi et relayé par trois jeunes doctorants, Fadma Aït Mouss, Aïcha Belhabib et Aziz Chahir, le point est enfin fait sur les diverses dimensions de la question amazighe. Comment l’identité s’est construite, quel lien avec l’islamisme, quel poids recèle la production culturelle, comment s’organise l’action associative, qu’en est-il du soutien international et quels relais politiques se profilent ? En gros, grâce à ses six textes, fort bien documentés, alimentés par les acteurs ayant pignon sur rue et publiés grâce à la fondation Konrad Adenauer, un pôle d’excellence, rare au sein de l’université marocaine, donne les preuves de sa performance.


People. L’appel au sexe (protégé)

Haïfa Wahbi sera au Maroc fin mars afin de soutenir l’association Ruban rouge de lutte contre le sida. Haïfa fera un test de dépistage du VIH devant les médias, rencontrera des bénévoles d’associations de lutte contre le sida et devrait poser pour des magazines féminins de la place. La bimbo libanaise a été choisie comme nouvelle ambassadrice de l’association “pour son extrême popularité dans tout le monde arabe” explique Simohamed Benbachir, président de Ruban rouge pour le Maroc. C’est un fait, Haïfa “déborde” de popularité. Pepsi, qui a recruté Haïfa dans sa dream team, désire d’ailleurs profiter de sa présence au Maroc pour organiser un concert. LG avait déjà tenté le coup, mais avait essuyé un refus des autorités qui craignaient l’hystérie masculine (avec Haïfa, ce paradoxe est possible) suite au précédent Nancy Ajram à Marrakech.


Théâtre. C'est Jules qu'on assassine

Après avoir adapté Le Cid de Corneille, Les Tréteaux du Niger revisitent Jules César de Shakespeare le 15 mars à 20h30 à l’IF de Marrakech. Ce classique du complot est l’occasion pour cette troupe de transposer dans l’univers africain la violence politique qui mine l’Afrique : coups d’état, assassinats, émeutes, génocides, guerres, etc. Les Tréteaux du Niger sont nés en 1994 de la volonté de jeunes comédiens nigériens désireux d’aller vers le public (hermétique au théâtre classique) avec un langage artistique issu de la tradition nigérienne : chants, danses, proverbes, paraboles, acrobaties, spectacles de rue...Depuis leur création, Les Tréteaux du Niger ont fait du théâtre une arme de lutte contre la pauvreté et ses séquelles, la désertification, l’environnement, le Sida ou la scolarisation des jeunes filles.


Concert solidaire. Darga & Ganga

Pour aider le père d’un musicien de Casa, grièvement blessé en juin dernier et qui a dû être amputé d’une jambe il y a quelques jours, l’EAC L’Boulvart (ancienne ACAL) poursuit sa chaîne de solidarité après un premier concert ayant réuni quelque 30 000 DH en décembre dernier (encourageant, mais insuffisant). Pour l’Acte II, Ganga, groupe de ragga-reggae s’étant déjà illustré au 5ème Boulevard des jeunes musiciens, fera la paire avec les fusionneurs endiablés de Darga qui peaufinent les titres de leur prochain album, toujours plus ska et hardcore, qu’ils espèrent mettre en boîte au mois de mai. Les dons de solidarité, au nom de Adil Hanine, sont les bienvenus. Merci pour lui !

Dimanche 19 mars à 20h30 au complexe Zaf Zaf, Casablanca. 50 DH



Patrimoine. Une Qantara méditerranéenne

Le Maroc a devant lui une chance inouïe pour valoriser, recenser, étudier et diffuser la richesse de son patrimoine culturel, de l’avènement de l’Islam à la Renaissance européenne. La direction chargée de ce dossier au ministère de la Culture est partie prenante au programme Qantara, Euromed héritage III, piloté par l’Institut du monde arabe et mettant à la disposition du Maroc, l’Algérie, La Tunisie, le Liban et la Jordanie 3 millions d’euros. Objectif : développer une banque de données exhaustives intégrant des objets d’art emblématiques du pays, créer un site Internet, organiser des expositions itinérantes et éditer un livre de référence en quatre langues. Dirigé par l’historien d’art marocain, Brahim Alaoui, le projet est déjà sur les rails.


Le livre.

Abdelkébir Khatibi a plusieurs flèches à son arc. Celle de poète et surtout de passionné de la poésie lui réussit particulièrement. Dans Quatuor poétique, il fait d’abord étalage de sa capacité mystique à saisir les murmures du silence, avant de se tourner vers des poètes qui lui tiennent à cœur. Le premier, Rilke, parce qu’il vacille merveilleusement entre “le vœu de silence et la parole vive”. Le second, Goethe, parce qu’il simule la force prophétique du poète. Le troisième, Ekelof, parce qu’il trouve dans l’Orient le point nodal de sa géométrie de l’esprit. Et enfin, Lundkvist, parce que son Agadir fait écho à celui de Khaïreddine et reprend sens avec le tsunami. Une belle balade de l’esprit, en somme.

Ed. Al Manar (150 dh)




Humeur : Le jour d’après

Hassan Hamdani

On veut bien fêter toutes les femmes du monde, et même Yasmina Baddou pour preuve de notre bonne volonté. Faut-il pour autant se taper la mauvaise prose du 8 mars ? En tête, la formule de colloque, style thèse de 3ème cycle : “La femme rurale, son rôle dans le développement durable”. L’homme, par nature, s’intéresse davantage aux journées d’études sur “la femme fatale, sa vie, son œuvre, son numéro de portable” qu’aux paysannes qui élèvent des abeilles au milieu de nulle part. Voilà pourquoi on ne croise aucun mec dans ces colloques. Les filles le savent et n’y vont pas non plus, mis à part Yasmina Baddou, mais elle, ça ne compte pas : elle y vient pour bosser, pas pour draguer. Comme quoi, les titreurs du ministère devraient sérieusement songer à prendre des cours de communication avant d’essayer de réconcilier les hommes et les femmes. Peut-être auprès de ce banquier qui a offert une perle à chacune de ses employées, accompagnée de ce petit mot : “La femme, la plus précieuse et la plus belle de nos perles.” Un aphorisme de poète de l’Opinion des jeunes qui ne convaincrait qu’une lectrice énamourée de l’Opinion des jeunes. Toutes ses employées n’ont plus qu’à espérer que ce banquier n’investisse pas dans le négoce de casseroles. Vu la richesse de son vocabulaire, il risquerait de les comparer à une batterie de cuisine, sans même penser à les augmenter pour faire passer le compliment. Car même pomponné et épilé le 8 mars, le libéralisme sent toujours le fauve sous les aisselles. Et le reste n’est que littérature…



Le retour de Touria Jabran
Après une absence de plus de trois ans, Touria Jabran renoue avec le rire, délaissant cependant les planches pour la petite lucarne. La spécialiste de la satire se laissera diriger par Hassan Ghanja, aux côtés de Amina Rachid et Rachid Fekkak, pour la future sitcom ramadanesque de 2M.


Du cœur pour un rein
Les professeurs et étudiants de la Faculté des lettres de Aïn Chok organisent ce 11 mars, à 20h au complexe culturel de Sidi Belyout, une soirée de solidarité au profit d’un étudiant qui doit subir une greffe de rein. Seront présents sur scène, Omar Essayed, Messnawa, Nayazik Al Ghiwan et Al assil.


Jazz à Casa
Après Rabat, Tanger et bientôt Marrakech qui a négocié une délocalisation du festival de Jazz de Montreux, Casablanca aura aussi sa manifestation consacrée à cette forme de musique : le Jazzablanca festival. Pour l’heure, motus et bouche cousue du côté des organisateurs quant aux invités et aux dates.

 
 
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