Sahara. La dernière ligne droite ?
Pédophilie, tourisme sexuel... Vers une tolérance zéro
Maisons de retraite. Pas de quartier(s) pour les vieux
Presse. Le fabuleux destin d'Al Mountakhab
Reportage. Une journée au 160
Sport. Mains de velours dans des gants de fer
États-Unis. Bush dans l'oeil du cyclone
France. Des musulmans contre la censure
Assurance maladie obligatoire. Un système de dupes ?
Imad et Swel Noury. Nos frères lumière
Littérature. Ces écrivains qui nous bousculent
Ahmed Maânouni. Le revenant
N° 216
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Khalid Tritki

La semaine Économie

Mounir Majidi (DR)

Patrimoine royal. Majidi l’ingénieux

L’équipe de Mounir Majidi, secrétaire particulier du roi et gérant de son patrimoine, a réussi un très beau coup dans l’affaire de la Compagnie chérifienne de textile (CCT), une société contrôlée par la holding royale Siger/Ergis. La Cour suprême vient en effet de casser les jugements d’indemnisation des employés licenciés par la société, arguant du fait qu’il s’agit de licenciements économiques, légalement autorisés (contrairement aux licenciements abusifs) si l’entreprise connaît des difficultés financières, ce qui était le cas de la CCT. Alors que des sources proches de la société soutiennent que l’autorisation du
gouverneur de Safi, ville où se trouve l’usine, ne porterait que sur une fermeture partielle, la CCT a bel et bien fermé boutique en transférant son actif à CCT Plast, une nouvelle entité créée spécialement à cet effet et qui s’active désormais dans la branche du plastique. Mieux encore, au moment du transfert, deux villas du patrimoine de la CCT (sises boulevard du 2 mars et quartier Anfa à Casablanca), ont été cédées à une nouvelle société immobilière dont le gérant unique n’est autre que Mohammed VI. De cette manière, l’équipe Majidi fait d’une pierre deux coups : elle se débarrasse du passif sans gonfler la facture sociale et entame une nouvelle activité en récupérant l’actif opérationnel. Bravo messieurs !


Accord de pêche. L’UE piégée

En février dernier, le Parlement européen a soumis à une commission juridique l’accord de pêche signé avec le Maroc, pour statuer sur sa conformité avec le droit international. Celle-ci doit se prononcer sur la légalité de pêcher dans les eaux du “Sahara Occidental actuellement sous juridiction marocaine”. À l’instar des précédents qui bénéficiaient surtout à la flotte espagnole, l’accord signé fin 2005 autorise la flotte européenne à opérer au sud de Tarfaya et ne fait pas l’objet de “réserves diplomatiques” sur l’exploitation des ressources de la zone sud du Maroc. Voilà qui laisse présager un changement de cap de l’Europe des 25 sur le dossier du Sahara.


Sonasid. Les Français à la rescousse

Le 3 mars dernier, SNI (Société nationale d’investissement) et la Française Arcelor, société spécialisée dans la sidérurgie, ont conclu un accord pour une prise de participation dans le capital de la Sonasid, la plus grande aciérie du pays. Cet accord arrive à point nommé. Depuis la conclusion de l’accord de libre-échange entre le Maroc et l’Egypte, la Sonasid cherchait le moyen de faire face à une offensive potentielle des aciéries égyptiennes. L’Egypte, leader régional du secteur, dispose d’atouts, notamment le faible coût de l’énergie, qui la mettent en position de force à l’export. Aussi le partenariat avec Arcelor permet-il à la Sonasid de sécuriser une bonne partie de son marché et promet un plan de développement qui la mettra à l’abri de la concurrence régionale.


ONA. La guerre des anchois

Monégasque Maroc, filiale de l’ONA et de Monégasque France, leader mondial de la conserve des anchois, est accusée par Saïd Akachour, gérant de la société Ipromer, de le pousser à la faillite. Suite à un accord conclu en 1990 entre ce dernier et Monégasque Maroc, la filiale de l’ONA lui a cédé Ipromer avec la promesse d’apurer la dette de la société vis-à-vis du fisc et de la CNSS. En contrepartie, Akachour s’engageait à solder celle contractée auprès de la BNDE. Selon Akachour, la filiale de l’ONA n’a pas tenu sa promesse. Contraint de régler le fisc, le gérant d’Ipromer n’a pu s’acquitter de la créance de la banque. Celle-ci l’a attaqué en justice et a gagné. Akachour vient d’adresser une lettre aux dirigeants de Monégasque pour qu’ils tiennent leurs engagements. En cas de refus, Ipromer déposera le bilan et la BNDE perdra sa créance.


Banques/PME. Le feu vert de Jouahri

Abdellatif Jouahri, wali de Bank Al-Maghrib, a donné son accord de principe à la campagne de sensibilisation, prévue pour fin mars, pour l’application de la convention de financement signée entre les banques et la fédération de la PME. Toutefois, selon des sources non autorisées, il en aurait sollicité le report à la rentrée prochaine (septembre ou octobre 2006). Les mêmes sources affirment que si report il y a, les banques et surtout les PME, accuseront un retard sur le dossier de la mise à niveau. La forte implication de Jouahri dans l’aboutissement de l’accord fait que personne n’ose aborder le sujet. “La reconnaissance qu’on lui témoigne prime sur les remontrances”, ironise une source ministérielle.


Agriculture. La Sodea dans le flou

Sodea, une société agricole appartenant à l’Etat, n’est pas encore fixée sur son sort. Après le transfert de ses terres au secteur privé, celle-ci s’attend à une dissolution pure et simple. Des sources proches du dossier soutiennent que “La Sodea est dans le flou total” et affirment qu’aucune décision dans ce sens n’a été prise. Notons qu’un plan social a été mis en place pour dégraisser. Ainsi, 3500 personnes ont bénéficié du plan de départ volontaire. Alors qu’une centaine d’employés demeurent en poste pour gérer l’opération de transfert des terres au privé. Dans peu de temps, la société n’aura plus qu’une existence juridique, en attendant que le ministère de tutelle tranche sur son sort.



Billet. Banque islamique

Khalid Tritki

Un grand groupe du Golfe ambitionne de créer une banque islamique au Maroc en 2008. Il doit auparavant entamer les démarches nécessaires auprès de Bank Al Maghrib pour obtenir l’agrément bancaire. Question : quelles sont ses chances de l’obtenir ? Tout observateur du secteur bancaire et de la vie politique du pays comprendra que fonder une banque islamique au Maroc n’est pas une mince affaire. Les expériences antérieures démontrent le refus des autorités de cautionner leur mode de financement. La politique y était pour beaucoup : la mouvance islamiste n’était pas autorisée et tout ce qui pouvait augmenter sa popularité, comme le financement “made in islam”, était exclu. Aujourd’hui, des analystes financiers estiment que nous ne sommes plus dans le même contexte. “En politique, le parti islamiste est autorisé. Pourquoi pas les produits islamiques ?”, rappellent-ils. D’autant que, pour attirer les pétrodollars du Golfe, il ne faut plus parler de “taux d’intérêt”, mais de “financement participatif”. L’Etat, pris par la frénésie de l’investissement étranger, s’ouvre donc à toutes les tendances, mêmes à celles qu’il refusait par le passé. La banque “islamiste” a donc de fortes chances d’obtenir gain de cause, au grand dam des banquiers marocains qui n’ont pas su vraiment séduire la clientèle barbue et voilée.




OFF.

Les sociétés de Hassan Chami, président de la Confédération patronale, subissent actuellement un contrôle fiscal “de grande envergure”. Le fisc s’intéresserait même à des entreprises où sa participation est minoritaire. Cet intérêt subit pour le patrimoine du patron des patrons est-il dû à ses positions sur la gouvernance de la nouvelle ère ? En tout cas, nombre de ses pairs le pensent.



OFF.

“Si les lignes de crédit accordées par l’Union européenne ne sont pas exploitées rapidement, nous les récupérerons”, tel est le message de la représentation diplomatique de la Commission européenne au Maroc. Cette attitude résulte du retard qu’accuse le Maroc sur le dossier de la mise à niveau dont une partie du financement est débloquée par l’UE (Foman et autres fonds de garantie).

 
 
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