Sahara. La dernière ligne droite ?
Pédophilie, tourisme sexuel... Vers une tolérance zéro
Maisons de retraite. Pas de quartier(s) pour les vieux
Presse. Le fabuleux destin d'Al Mountakhab
Reportage. Une journée au 160
Sport. Mains de velours dans des gants de fer
États-Unis. Bush dans l'oeil du cyclone
France. Des musulmans contre la censure
Assurance maladie obligatoire. Un système de dupes ?
Imad et Swel Noury. Nos frères lumière
Littérature. Ces écrivains qui nous bousculent
Ahmed Maânouni. Le revenant
N° 216
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Abdeslam Kadiri

La semaine Monde

Zine El Abidine Benali (AFP)

Tunisie. Les démocrates se réveillent (enfin !)

Une pétition, initiée par une frange de la gauche démocratique tunisienne (Convergence, Naros, etc.), circule sur Internet. Elle rappelle (c’est une première) le combat de l’opposition tunisienne contre “l'autoritarisme et l’omnipotence du parti au pouvoir”, pour “la liberté d'expression, la liberté d'association, l’amnistie générale de tous les détenus politiques”, “la citoyenneté et l’accès de toutes et de tous à tous les droits” etc.

La pétition met également en garde la gauche tunisienne contre une
dérive islamiste, après l’alliance contractée par une grande partie de l’opposition avec le courant d’An-Nahda. Un pacte qui conduit à “une recomposition sans précédent dans l’histoire récente de l’opposition”. Les auteurs craignent que la gauche soit clivée durablement entre démocrates et opportunistes.

Si les auteurs défendent le droit d’An-Nahda à s’exprimer, ils s’insurgent sur une alliance avec ce parti qui “au moment où il célèbre les épousailles avec l’opposition sérieuse, continue à vouer aux gémonies tous les démocrates et tous les ’ilmaniyîn” et prône “une politique double : le démocratisme de circonstance et la fidélité à l'identité intégriste de l’islam politique”.

Les auteurs s’inquiètent des raisons qui ont poussé cette gauche à pactiser avec le parti de Rached Gharnouchi. Faire bloc face au pouvoir ? Donne de l’islamisme modéré, considérée comme incontournable ? Goût de la politique sans les idées ? Persistance d'une culture peu démocratique dans le traitement des divergences au sein de la gauche elle-même ? Les auteurs pensent que “ces démocrates donnent l’impression d’être dans l'incapacité de développer un projet alternatif et à la politique autoritaire du régime et au projet totalitaire de l'islam politique”. Le texte va plus loin : “Ce qui est en cause, c'est peut-être la manière dont la gauche s'est convertie à la culture “démocratique” : le bricolage idéologique, l'occultation de la mémoire, le mépris des intellectuels”. Et de conclure : “Débattre avec les islamistes ? Certes oui (…) Mais le débat que l'on nous promet n'est pas de ce type : il postule le consensus avant toute discussion”.


Allemagne. Film turc non grata

Edmund Stoiber, premier ministre chrétien-démocrate de Bavière, le plus grand länder d’Allemagne, veut interdire la diffusion du film turc, Kurtlar Vadisi (La vallée des loups), portant sur la guerre en Irak. Dans ce film d’action, réalisé par Serdar Akar, un Rambo à la turque égorge de “méchants” soldats américains et un médecin juif et affronte la US Army qui tue des villageois en plein mariage et bombarde le minaret d'une mosquée avec son imam.
La vallée des loups est un film extrêmement violent, nationaliste et anti-américain. Il représente la production la plus chère de l’histoire du cinéma turc et bat tous les records du box-office dans son pays. Aujourd’hui, il rencontre le même succès parmi les spectateurs turcs en Europe. Mais Stoiber suggère d’exclure Kurtlar Vadisi des cinémas allemands. Le premier ministre bavarois croit que le film peut inciter à la haine raciale entre les Allemands et le million de citoyens d’origine turque qui habitent dans son pays.


ONU. Le dernier combat de Kofi Annan

À quelques mois de son départ, Kofi Annan a proposé mardi une vaste réforme de l'Onu pour l'alléger et la rendre plus efficace. Ce rapport reconnaît l'inadaptation des structures administratives actuelles aux défis que l'Onu doit relever chaque jour, 61 ans après sa création. Le Secrétaire général propose de “remettre entièrement à neuf” l’organisation. L’étude, axée autour de sept domaines principaux, veut améliorer le capital humain, réorganiser l'encadrement, réduire les coûts, améliorer la transparence... La proposition de délocalisation de certains services (traduction, paie...) a déclenché un tollé parmi le personnel. La réforme de l’Onu est très attendue par les gros contributeurs aux budgets onusiens. les Etats-Unis qui en financent 22 % ont durement critiqué la gestion de Kofi Annan.


Israël/Palestine. Les frontières fixées d’ici 2010

À moins de trois semaines des législatives israéliennes, le premier ministre par intérim et chef du parti favori Kadima, Ehud Olmert, a affirmé vouloir fixer les frontières définitives d’Israël d'ici 2010. Ces frontières permettront à Israël “de se séparer de la majorité de la population palestinienne et de préserver une importante et stable majorité juive”, a-t-il ajouté sans en préciser le tracé. Selon lui, ces frontières incluraient en Cisjordanie le pourtour de Jérusalem, les colonies du Goush Etzion, d’Ariel et de Maalé Adoumim, et une zone de sécurité dans la vallée du Jourdain. Selon ce plan, qui ne fait pas l'unanimité au sein de Kadima, Israël évacuerait des dizaines de colonies mais continuerait d'assurer la sécurité sur place.


Algérie. Ali Belhadj libre

La silhouette toujours frêle et le visage émacié, Ali Belhadj, l'ancien numéro 2 du Fis (Front islamique du salut) a été libéré lundi après sept mois de détention. Interdit de tout activisme politique, il s’est tout de suite dit opposé à une “réconciliation imposée” par le pouvoir algérien.
En 1988, Belhadj a été l'un des fondateurs du Fis. Il a été présenté comme le “dépositaire de la légitimité populaire” contre l'ancien parti unique, le Front de Libération Nationale (FLN), usé par 30 ans de pouvoir sans partage. En juillet 1992, il a été condamné, en même temps que Abassi Madani, à 12 ans de réclusion par le tribunal militaire de Blida pour atteinte à la sûreté de l'Etat.


Arabie Saoudite. Chirac rentre bredouille

Jacques Chirac a peut- être été reçu avec les honneurs par le Roi Abdallah d’Arabie Saoudite, mais il est reparti bredouille. Malgré la présence d'une vingtaine de chefs d'entreprise français, aucune promesse de contrats d'armement (avions Rafale) ni de protection des frontières (Miska) n’a été faite. Les Saoudiens n’ont pas apprécié une démarche aussi intéressée et d’ailleurs, les princes Sultan et Nayef, respectivement ministres de la Défense et de l'Intérieur, ont boudé la visite présidentielle.
Il y a eu tout de même convergence de vues sur les dossiers chauds : l’affaire des caricatures d’abord, où Chirac a condamné “le choc des ignorances” ; le Liban ensuite où on murmure que la France souhaite le départ du président Lahoud ; enfin le Hamas, que Chirac ne veut pas sanctionner, mais entend poser des conditions à une poursuite de l'aide européenne à l'Autorité palestinienne.



Lu pour vous.
La franchise de Joumblatt

Issa Goraieb, L’Orient Le Jour, le 8 mars 2006

Walid Joumblatt reste le champion incontesté du franc-parler. Du tir à boulets rouges. Et même du tir de missiles intercontinentaux, tel celui qu’il a lancé lundi à partir de Washington et qui a atterri à grand fracas sur le Parlement.
Le Hezbollah est une milice et comme toutes les milices, il doit être désarmé ; le président Lahoud n’est que la marionnette de Damas ; et les Etats-Unis doivent aider le Liban en sanctionnant la dictature syrienne. Ces prises de position du leader druze ne sont pas chose vraiment nouvelle ; il reste qu’elles ont été affichées avec une vigueur particulière, en terre américaine de surcroît, à l’heure même où les chefs du pays, réunis en conclave sous la coupole du Parlement, planchaient sur ces épineuses questions.
La salve de Walid Joumblatt a eu le singulier mérite de rappeler à quel point cette fameuse table ronde menace d’être aussi la quadrature du cercle. Car c’est un gigantesque rébus qu’elle est appelée à résoudre. Rébus de taille que ce départ du président Lahoud, souhaité par la très grande majorité des Libanais (...) Rébus, de même, que la récupération des fermes de Chebaa, condition nécessaire pour un désarmement du Hezbollah. Rébus encore que la neutralisation des camps palestiniens où Damas conserve alliés affidés. Maître rébus enfin que le rétablissement de rapports théoriquement fraternels avec un Etat syrien, coupable pourtant d’avoir longtemps asservi le Liban.



VITE !

La justice espagnole a condamné mercredi deux membres de l’ETA, l’organisation séparatiste basque, à 253 ans et 9 mois de prison ! Mikel San Argimiro et Imanol Miner sont coupables d’avoir fait exploser deux voitures piégées dans Madrid, en mai 2002.

 
 
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