Aït Ourir. Meurtre, colère et insécurité
Recensement. Le top 10 de nos villes
Maroc / Afrique. Les limites de la stratégie M6
Mauritanie. Le refuge des pateras
Enseignement. La mission à tout prix
Émigration. Contrats pour la misère
Algérie, Tunisie, Libye. Qui a libéré les intégristes ?
Liban. Un printemps éphémère
H5NI. Le marché grippé du poulet
Photo. Un siècle à Casablanca
Communication. Do you speak darija ?
N° 217
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Hassan Hamdani

La semaine Culture

K.Danse (DR)

Festival. Vidéo killed the radio star

Le Festival international d’art vidéo de Casablanca vous donne rendez-vous du 20 au 25 mars autour des “nouvelles écritures contemporaines”, thème retenu pour sa 13ème édition. Fidèle à sa tradition, le festival mettra en valeur les créations multidisciplinaires autour du multimédia, avec une grande nouveauté cette année, des ateliers de formation, mis en place avec le soutien de la Fondation Actua : “nous désirons créer une pépinière de talents chez les jeunes marocains passionnés par les formes d’expression artistique liées à l’image. Ils auront d’ailleurs l’occasion d’exposer leurs œuvres pendant
le festival” explique Abdelkader Gonegaï, vice-doyen de la faculté de Ben M’sik, université dynamique à l’origine de cette manifestation et du festival international de théâtre universitaire (Fituc). Les installations sonores et multimédias, les projections, performances, conférences, rencontres d’artistes et spectacles investiront tout Casablanca. Instituts étrangers au Maroc, complexes culturels périphériques (le Hay Mohammadi notamment), et même Tit Mellil pour “démythifier la banlieue” ajoute Abdelkader Gonegaï qui annonce, pour l’année prochaine, la création d’un centre d’art et des métiers d’art au sein de la faculté de Ben M’sik. “Nous avons accumulé des années d’expérience grâce au festival d’art vidéo et au Fituc. Il s’agit désormais de la faire fructifier” conclut ce dernier.


Sortie. La vie est une auto-tamponneuse

Paul Haggis, scénariste de Million dollar Baby, pour son premier film derrière la caméra, tisse, avec Collision, la toile du racisme ordinaire à travers les destins croisés de 2 policiers blancs en patrouille, un producteur de télé noir et son épouse, un couple de flics black&white, un serrurier mexicain et un commerçant iranien. Echappant au manichéisme du blanc (forcément vilain) contre les minorités (forcément gentilles et opprimées), Collision, Oscar surprise du meilleur film, repose sur la justesse des situations, l’envers psychologique de la peur de l’autre et une direction d’acteur au cordeau. Ici, le racisme ordinaire, c’est plus la méfiance d’une Sandra Bullock à propos d’un serrurier trop basané que la bastonnade télévisée d’un Rodney King par le L.A.P.D. La comédienne, à contre-emploi comme Brendan Fraser (La Momie), démontre en 10 minutes (son temps de présence sur l’écran) qu’elle peut être une grande actrice quand elle s’en donne la peine. Matt Dillon en flic malsain, parachève, quant à lui, la lente destruction du destin de beau gosse qu’Hollywood avait programmé pour lui depuis Outsiders de Coppola.


Spectacle. Le Tyson de la musique

Il s’appelle Koffi Olomide. Il est Congolais. Et il gagne à être connu, tant pour son talent musical que pour son penchant bagarreur. D’un côté, sacré “meilleur artiste africain de la décennie” aux Kora Music Awards 2005 et “Meilleur chanteur d'Afrique”aux Africa Music Awards en 1994. Et de l’autre, il enchaîne prises de bec, conflits, bagarres et arrestations. La dernière en date remonte à un mois et lui a valu, ainsi qu’à son groupe, une nuit au cachot pour “utilisation de billets de TGV trafiqués”. Kofi, mais pas Annan. Alors, pour sa musique, comme pour l’éventuel spectacle de ses frasques, allez le voir, le 18 mars à 21h00 au théâtre Mohammed V à Rabat.


Musique. Jazz à blanca

Billy Paul, Al Jarreau, Michel Jonasz, Dianne Reeves, John Lee Hooker Junior… le premier festival de Jazz de Casablanca, Jazzablanca, démarre en trombe avec un plateau très relevé : “Casa est une grande métropole, il fallait frapper un grand coup pour inscrire la ville dans le circuit des grands manifestations de jazz” explique Hakim Lahlou, à l’origine de Jazzablanca, un festival dont il rêvait depuis 5 ans. Le succès du concert de Georges Benson, en juillet au Mégarama, a conforté ce dernier dans son projet. Il existe un public amateur de jazz à Casablanca prêt à débourser entre 600 et 1800 DH pour voir des pointures sur scène. Mais la pérennité du festival passe par une démocratisation, option envisagée par les organisateurs dès l’année prochaine grâce à des concerts publics et gratuits, et une animation qui dépasse le cadre restreint du Mégarama pour s’inscrire dans les pianos- bars de Casablanca. Du 7 au 16 avril au Mégarama. Infos et programmes sur : www.jazzablanca.com


Prix. Prophètes en Belgique

La Belgique s’intéresse de plus en plus aux écrivains marocains. Après l’excellent Aïssa Aït Bellize, présenté au public au salon du livre à Casablanca, voilà que la maison d’édition belge manuscrit.com donne de la visibilité à des écrivains d’origine marocaine. C’est le cas de Houndell, cinquantenaire, ex-communiste non repenti, berbère ne parlant que la darija et journaliste à la MAP à Bruxelles. Son roman, Les chemins calcinés vient de sortir de l’ombre, tout comme Barbus jusqu’aux dents de Abdelhadi Saïd. Les Belges s’intéressent aussi à des écrivains méconnus dans leur propre pays. Ainsi le couple Houria Houat et Mohsine Ayouch (le fameux !) viennent de recevoir le prix de La libre Belgique, pour leurs nouvelles respectives La Besace et La Halqa. En récompense, leurs textes paraissent aux éditions bruxelloises de Lanzman. Rien de mieux pour éviter que des plumes prometteuses sèchent à l’ombre du monde.


Expo. Le choc des photos

Avant de consacrer des unes people à Mohammed VI dans son salon marocain géant, Paris Match, spécialiste du grand et beau reportage façon Life, faisait du journalisme “pour de vrai” en envoyant ses photographes saisir les grands moments de l’histoire du Maroc. L’exposition, “Quarante photos pour un cinquantenaire”, retrace de 1949 à 1961, à travers des clichés d’anonymes pris sur le vif et de foules groupies de Mohammed V, la marche du Maroc vers l’indépendance et les premières années d’espoir qui ont suivi. Entre poses royales convenues, liesse populaire, émotions sur le visage de marocains, les archives de Paris Match regorgent de photos plus parlantes que les mots sur la courte adolescence d’un pays. D’autant plus que les photographes de Paris Match sont loin d’être des manchots. À l’IF d’Agadir jusqu’au 5 avril.


Initiative. La Cinémathèque fait sa quête

Premier projet du genre dans le royaume, la Cinémathèque de Tanger, dont les travaux ont débuté il y a près d’un an au cinéma Rif de la cité cosmopolite, aborde la dernière ligne droite d’une belle aventure culturelle. Certains ont déjà mis la main au portemonnaie, dont Claude Berri, producteur et président de la Cinémathèque française (50 000 euros), Sarah Riggs (25 000 euros), le décorateur Yves Taralon et les Editions Montparnasse (dons de DVD). Yto Berrada, photographe, écrivain tangéroise et directrice de la cinémathèque, s’apprête également à recevoir 30 000 euros de la région Provence Alpes Côte d’Azur, partenaire de la région Tanger-Tétouan. Mais du chemin reste à faire. Traduit en gros sous, ça fait dans les 200 000 euros. Avis aux cinéphiles ! www.cinemathequedetanger.com


Concert Hoba. Et Links en cœur

“Un cœur qui bat pour tous”, c’est le thème du cinquième gala de charité mis sur pieds par Essor, association des étudiants de la faculté de médecine et de pharmacie de Rabat. Les Casabancais de Hoba Hoba Spirit mèneront tambour battant et darija grinçante l’évènement, dédié aux malades cardiaques, en compagnie du jeune groupe Links sur fond de beats savamment concoctés par DJ Badr, résident reconnu du Platinium (Skhirat). Essor, qui a déjà reçu le prix de l’association humanitaire 2001-2002 et le diplôme de générosité des mains de “Maison de l’avenir”, dédiera les fonds de la soirée à l’achat de pacemakers. Quand le cœur bat, tout va! Hoba Hoba Spirit, Links & DJ Badr, Samedi 18 mars à 21h au Méga Mall de Rabat.


Hommage. Koffel chez Balzac

Mardi 21 mars, les lettrés se donnent rendez-vous à 18h à l’Espace Balzac (Kénitra) pour rendre hommage à un écrivain du Maroc, généreux et peu reconnu, Jean-Pierre Koffel. Outre des témoignages sur sa période d’enseignant et des textes sur sa littérature (prose et poésie), ses amis poètes feront l’objet d’une exposition insolite (photographies et textes agrandis). Qu’ils soient publiés dans la revue Agora qu’il coordonne avec dévouement, ou mis en valeur dans son anthologie, son cercle de fidèles sera de la partie. Le vendredi 24 (10h30), Jean-Pierre Koffel est convié à la faculté de droit de sa ville pour présenter les écrivains du protectorat. Une autre manière d’apprécier sa grande culture.


Le livre.

Il nous a toujours manqué un anti-héros authentique dans notre littérature naissante. L’excellent touche à tout (scénariste, dramaturge, romancier) Youssef Fadel vient d’en trouver un. Il s’appelle Moha, on le surnomme Mitrou Mouhal, mesure à peine plus d’un mètre, souffre d’être laid, mal aimé et incompris, ne le dit jamais (ou presque), a recours comme tout le monde à l’exode rural pour survivre et peine malgré tout à exister. A travers les relations tortueuses qu’il mène avec ses proches, mais aussi tous ceux qu’il rencontre par hasard, Mitrou Mouhal rumine en silence ses appréhensions, lit dans la pensée (forcément inique) des autres, et symbolise toute cette frange de malaimés qui semblent s’en accommoder mais souffrent le martyre.

Ed. Le fennec (48 dh)




Humeur : Il chteu

Hassan Hamdani

il a bien plu cette année. Pour preuve, les aubergines, comme le signalait un chauffeur de taxi, ressemblent à des seins géants en forme de poire. C’est clair, l’économie marocaine sent le purin, des transports collectifs aux couloirs feutrés de la bourse de Casa. Les colloques marrakchis sur les NTI, les shows économiques pour premiers de la classe façon Challengers et les perroquets radoteurs, avec leurs 10 millions de touristes en 2010, ne désodoriseront pas ces effluves paysannes de sitôt. Le bulletin météo est le seul rapport économique fiable à 100%, le seul qui dise la vérité et rien que la vérité : le soleil, que nous envient tous les Allemands, de la Poméranie à la Rhénanie, est une catastrophe pour les Marocains de Tanger à Lagouira. Les taux d’audimat de la météo parlent d’eux- mêmes. Ils ne sont pas dus à Samira Fizazi, présentatrice à TVM, qui, avec toute la bonne volonté du monde, ne ressemblera jamais à une miss météo sexy de Canal Plus. Ce n’est pas non plus pour prendre “une petite laine, les soirées sont si fraîches” comme on peut l’entendre dans un bar lounge marrakchi. Si les Marocains sont scotchés devant la météo, c’est pour savoir s’ils doivent prendre de grosses coupures pour faire leur marché du matin. Oualalou lui-même, meilleur économiste de son immeuble, scrute le ciel chaque matin, à la manière d’un paysan de la Chaouïa qui n’aurait lu ni Marx, ni Keynes, ni Friedman. Un Oualalou joyeux, quand il flotte, comme un sorcier sioux après une danse de la pluie réussie. Un Oualalou acariâtre, comme un albinos oublié au soleil, quand il ne pleut pas.



Oudaden sur la Canebière
Les docks du port de Marseille vibreront au rythme du groupe Oudaden, l’une des figures de proue de la musique amazighe. La formation y donnera un concert le 18 mars en clôture du festival Babel Med Music, une manifestation musicale et commerciale consacrée aux musiques du monde.


Darga & Ganga solidaires
Dernier rappel avant le concert organisé par l’EAC L’Boulvart, en solidarité avec le batteur Adil Hanine dont le père a été grièvement blessé dans un accident de voiture en juin dernier. Avec Darga et Ganga, le dimanche 19 mars dès 19h, au complexe Zaf Zaf de Casa. Entrée 50 DH.


Anania Tour
“Coeur sans corps”, la dernière chorégraphie de la compagnie Anania n’en finit pas de séduire. Invités par le World Music Theatre Festival, Toufiq Izzediou et sa bande de danseurs embarqueront pour une petite virée européenne (Pays-Bas, Belgique, Italie, Autriche) du 19 mars au 12 avril prochain.

 
 
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