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Affaire TelQuel vs. Halima Assali
La paix des braves
Mme Halima Assali renonce publiquement à percevoir ses 800 000 DH de dommages et intérêts. Elle nous a envoyé le courrier suivant.
La justice a dit son mot. Souverainement. Sereinement. Pourtant, vous vous êtes insurgés et vous avez mis en doute la sérénité et la conviction des juges, oubliant quil sagissait, avant tout, de laver lhonneur dune femme. Au lieu de faire amende honorable, vous navez cessé, du début à la fin de ce procès, de justifier linjustifiable.
Les dommages et intérêts de 800 000 DH auxquels vous avez été condamnés sont de nature à mettre en péril, avez-vous écrit, les équilibres financiers de votre entreprise, ainsi que son avenir et celui de ses salariés. Je veux bien le comprendre. Mais je me refuse à comprendre que vous considériez cette peine comme imméritée. Vous navez pas vécu mon amertume, ni ma souffrance. Vous navez pas essuyé les ragots, les remarques blessantes et les regards de travers. Jai enduré tout cela, et aucune somme dargent ne pourra me le faire oublier.
Voilà pourquoi je renonce à percevoir ces 800 00 DH. Publiquement et sans calculs politiques. Parce que mon honneur ne sera pas lavé par de largent, mais par une attitude plus haute, et plus noble : lindulgence.
Votre magazine est jeune. Il reflète les audaces, tout comme les imperfections de la transition démocratique que vit le Maroc. Je crois en la démocratie, je crois en la liberté de la presse. Je ne veux pas passer pour une fossoyeuse de cette liberté, fût-elle mal servie. Vous avez vécu six mois dans langoisse de devoir payer cet argent, et lincertitude quant à lavenir financier de votre société. Comme jai vécu six mois dans la honte davoir subi cet affront. Nous sommes quittes.
Mme Assali sest sentie insultée, et a souffert de ce que nous avons publié. Même si ce nétait nullement notre intention, nous ne pouvions que le reconnaître et le regretter. Aujourdhui, nous nous en excusons.
Pourquoi aujourdhui seulement ? Parce quaujourdhui, avec son geste élégant, Mme Assali sest affranchie dun procès que nous continuons (pour notre part) à estimer biaisé, et dun verdict que nous continuons (pour notre part) à estimer manipulé. Elle-même ny était pour rien. Elle le démontre, aujourdhui, de manière aussi noble quéclatante. Saluons son geste, remercions-la, remercions encore une fois tous ceux (ils sont très nombreux) qui ont soutenu TelQuel dans cette épreuve
et fermons définitivement cette malheureuse parenthèse.
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