Sahara. L'autonomie en questions
Religion. "En islam, l'homme compte plus que le texte sacré"
Fanatisme. Les DVD de l'apocalypse
Société. Karian Toma à coeur ouvert
Portrait. Une Marocaine au pôle Sud
Immigration. L'Europe verrouille ses frontières
Accord de pêche. Le Maroc pris au piège ?
Festival. Abracadabra !
Littérature. Le poisson, la plume et le conteur
N° 218
Webmaster
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Hassan Hamdani

La semaine Culture

K.Danse (DR)

Forum. Créativité en roue libre

Un étudiant lambda de fac marocaine peut-il avoir la fibre créatrice ? Le Forum de la créativité de l’étudiant (du 29 mars au 7 avril), répond oui depuis 1998, date de sa création, en donnant leur chance aux étudiants amateurs de théâtre, poésie, photo, peinture, musique et création vidéo (une nouveauté, cette année). Total Eclipse, groupe de rock casablancais, y a fait ses premières armes. Le plasticien Zine El Abidine El Amine, qui expose à l’heure actuelle à l’IF de Meknès, et le peintre Khalid Nadif également. “Un étudiant de l’ISCAE a découvert grâce au Forum sa vocation musicale. Il joue aujourd’hui du kanoun à
Chicago” , raconte Jamal Khalil, professeur de sociologie à l’université de Aïn Chock et directeur du Forum. Cette année, 650 étudiants se sont lancés dans l’aventure artistique avec, comme le veut la tradition, des jurys de professionnels (et non des moindres puisque Hassan El Fad en a fait partie deux ans de suite), pour juger leurs œuvres. En parallèle aux compétitions artistiques, des ateliers de formation autour du théâtre, de l’écriture de scénario (parent pauvre du champ artistique marocain), des arts plastiques et de la création numérique seront ouverts aux étudiants. “La créativité doit être considérée comme élément de la formation universitaire” analyse Jamal Khalil. Un atout certain, sur le marché du travail, pour de nombreux étudiants qui devront adapter leur savoir aux changements, faire preuve d’initiative. Car telle est la philosophie du Forum.


Danse contemporaine. Clandestin aux Pays-Bas

Amsterdam. C’est au Podium Mozaik, en plein coeur du quartier arabe que la compagnie Anania a entamé la dernière ligne droite avant le grand jour, la première européenne de Clandestin. Une centaine de personnes, dont quelques Marocains, ont fait le déplacement pour assister à cette répétition générale. Et pour cause, c’est la première fois qu’une compagnie de danse marocaine tourne en Europe. Et puis, le sujet de la performance est on ne peut plus d’actualité (le hrig), et authentique de surcroît, puisque l’auteur, le chorégraphe Taoufiq Izeddiou, s’est inspiré de sa propre histoire pour l’écrire. Verdict ? Une Standing ovation qui se passe de tout commentaire, d’autant plus méritée que les interprètes d’Anania n’avaient jamais entendu parler de danse contemporaine, il y a 4 ans de cela. Ils sont pour leur majorité sortis de la résidence de formation qu’avaient organisé à Marrakech les trois fondateurs de la compagnie, Bouchra Ouizguen, Saïd Aït El Moumen et Taoufiq Izeddiou. Une belle ascension…


Spectacle. Lââm de fond

Elle est Chevalier de l’ordre des palmes académiques, a été délinquante juvénile, a une tête à chapeau, voue un culte à Mamie Tina Turner, accumule les disques d’or, remplit l’Olympia, chante avec de grands noms de la chanson française (J.J. Goldman, Lara Fabian, Julien Clerc, Gilbert Bécaud, etc.), a du cœur…et s’appelle Lââm, déformation de son prénom Lamia. L’égérie du R’N’B à la française (pas forcément le meilleur du monde), d’origine tunisienne mais ne parlant pas un mot d’arabe, donnera un concert à Casablanca au profit de l’association S.O.S autisme. Avis donc aux bonnes âmes, Lââm sera le 7 avril à 21h00 au cinéma Rialto.


Concert solidaire. Deep Dish au menu

C’est l’événement électro du printemps. Tout auréolés de leur Grammy award, les Deep Dish, rois du dancefloor US en pleine tournée mondiale pour leur dernier album George is on, feront escale à la Kasbah Tassaroute de Marrakech. Chaleureusement cotés à la bourse du remix vitaminé depuis leurs coups de main à leurs prestigieux acolytes Madonna, P Diddy, les Rolling Stones ou encore Dido, pères de trois labels et de l’agence de DJ Bulitt Bookings, le duo irano-américain de Washington a accepté de délaisser son royaume pour un autre, non sans une excellente raison. Ali “DubFire” Shirazinia et Sharam Tayebi feront valser leurs platines, en compagnie de DJ Dean Coleman, au nom des protégés de SOS Villages d’Enfants Maroc, association qui accueille et soutient des enfants abandonnés ou orphelins. Les billets, à 250 DH en pré-vente, sont à dénicher dans les Lee Cooper de Casa, Rabat et Marrakech.

Le vendredi 31 mars à la Kasbah Tassaroute de Marrakech.
Tél. 061 33 56 60



Hommage. Koffel, cœur de poète

Mardi 21 mars, espace Balzac (IF de Kénitra), sur ces mêmes planches où il a appris à tant de jeunes à déclamer, lire, dire, jouer, Jean-Pierre Koffel (JPK pour les intimes) est fêté. Les murs sont tapissés par des mises en exergue de ses poètes préférés. La scène est d’abord occupée par des orateurs de circonstance, puis par un de ses fidèles, Lotfi Benabbou, à qui on doit une biographie fort inspirée. Il nous apprend que JPK a reçu le prix Maroc de la poésie en 1947 (en compétition avec Driss Chraïbi), qu’il a failli avoir une licence en arabe classique, qu’il a passé sa vie à rêver d’être écrivain tout en aidant les autres à le devenir et qu’il a des romans en suspens qui attestent de son attachement à la vie. Grâce à un autre de ses fidèles, Driss Louiz, des jeunes diseurs de (ses) textes ont charmé l’audience, avec des vers, tantôt émotionnels, tantôt fragiles comme les calembours et les jeux de mots qui les soutiennent. JPK a le cœur léger. La preuve, il ne se prend pas au sérieux.

D.K



Événement. Tout l’art du Boulevard

Show devant au 8ème Boulevard des jeunes musiciens du 1er au 4 juin prochain, au menu propre à se lécher les babines auditives. Tête d’affiche rap (sûre à 95%), les Américains De La Soul emmèneront un plateau d’artistes généreusement cotés, entre les lords de l’électro british Cold Cut, les leaders de la scène ethno-dub française High Tone, les Portugais du groupe darkmetal Moonspell et les frères rappeurs franco-marocains du 9-3 La Caution. À déguster également, le flamenco enfiévré et métamorphosé des Espagnols El Bicho, les quatre prodiges du vinyle de Birdy NamNam, le punkrock hexagonal de Dirty Fonzy, la fusion electro du duo marrakchi de Amira Saqati et les arrangements solaires de Ifrikya. Côté saveurs locales, on annonce Barry, Casa Crew, Bigg et Amarg fusion. La semaine prochaine, on vous dévoile la surprise du chef...


Festival d’Essaouira. Blue note pour la ville bleue

Cette année, le Festival gnaoui d’Essaouira donne carte blanche au jazz. Du 22 au 25 juin, les spectateurs boiront les maîtres accords du guitariste Pat Metheny, du saxophoniste romain Stefano Di Battista et du pianiste américain Scott Kinsey et nageront dans les eaux du Mississipi avec le blues originel de Correy Harris. Pourquoi tant de jazz ? “Pourquoi pas, répond Asmaâ Ouazzani, membre de l’équipe d’A3. Le Festival a toujours été connoté jazz, et son concept est assez fort pour se permettre de telles variations”. Quinze grands maâlems seront au rendez-vous, et les aficionados de world music apprécieront la kora magique du Guinéen Ba Cissoko, le balafon jazzy du Malien Ali Keita ou encore les percussions endiablées des Brésiliens Luis Conte et Zé Luis Nascimiento. Et bien d’autres...


Vente aux enchères. Le filon orientaliste

La vente aux enchères d’œuvres d’art s’inscrit désormais dans le calendrier culturel marocain. Ainsi, la compagnie marocaine des œuvres et objets d’art (CMOOA) en est à sa 23ème depuis sa création en 2002. Et comme à chaque fois (hélas ! serait-on tenté de dire) la peinture orientaliste est à l’honneur, avec l’inévitable Jacques Majorelle dont la cote atteint des sommets, un tableau du peintre français étant proposé à la vente entre 600 000 et 700 000 DH. Cependant, les peintres marocains contemporains ont de plus en plus la cote auprès des collectionneurs. Notamment Mohamed Ben Allal dont le tableau grand format, Ahouach, est mis aux enchères entre 500 000 et 600 000 DH. Le 25 mars à 16h30 à l’Hôtel des ventes de Casablanca.


Anthropologie. Vues de l’intérieur

En sciences humaines et sociales, les “étrangers” ont longtemps monopolisé les clés de lecture de nos sociétés. Orientalistes, méditerranéistes, marocanistes, tous ont d’abord été des occidentaux, et plus souvent des anglo-saxons. Dans un ouvrage collectif, La Méditerranée des anthropologues (Maisonneuve & Larose), dirigé par Mohamed Tozy et Dionigi Albera, le point est fait sur la réappropriation de cette science par des chercheurs travaillant sur leur propre espace. Anthropologue marocain, Abderrahmane Lakhsassi y raconte les limites et contraintes que doit gérer sur le terrain un marocaniste marocain ou encore un berbériste berbère. Constat : on n’est pas forcément plus avantagé en étant du coin. L’empathie est à double tranchant.


Le livre.

Dans le dernier roman de Paul Auster, Nathan Glass décrit sa vie folle et ordinaire à Brooklyn. Ce sexagénaire, loser, déambule d’abord entre ses souvenirs les plus farfelus, avant de retrouver le goût des rencontres. Il y a d’abord ses retrouvailles avec son neveu, Dr. Pouce, alias Tom, sa tentative de renouer le contact avec sa fille, Lucy, schizophrène sur les bords, les péripéties de chacun et leur capacité à se surpasser. D’un chapitre à l’autre, d’un bout d’existence à l’autre, le roman grouille de vies, de déceptions et de fortes têtes qui parviennent à se prendre en charge. Chemin faisant, Auster parvient à nous mettre dans l’ambiance non fataliste pré-11 septembre. Lorsque l’événement tragique survient, le roman est déjà fini. Un tour de force.

P. Auster ; Brooklyn follies : Ed. Actes Sud




Humeur : L’arme fatale

Hassan Hamdani

Le Maroc se soucie de deux dangers potentiels pour la paix civile. Ces menaces sont aux antipodes sur l’échelle des valeurs morales. D’un côté l’alpha, les bombes humaines barbues qui se pulvérisent en public façon puzzle. De l’autre l’oméga, les bombes sexuelles imberbes qui éclatent tous les tabous. Ainsi, Haïfa Wahbi, explosif du deuxième type, est-il besoin de le préciser, inquiète déjà en haut lieu alors qu’elle n’a pas encore posé le moindre gramme de chair au Maroc. Elle prête son flanc (rebondi) aux rumeurs les plus folles. Son concert aurait même été annulé. En vérité, il n’en est rien. Haïfa ne prévoyait pas de pousser la chansonnette lors de son séjour prévu en mars à Casablanca. Elle vient juste pour la bonne cause, prêter son physique avantageux à une campagne de lutte conte le sida. Un geste civique en somme, porté par une fille très convaincante quand il s’agit de parler de libido exacerbée, avec un pouvoir de persuasion différent de celui de Hakima Himmich, mais beaucoup plus efficace car il s’attaque à la racine du mâle. Nos chères autorités, si frileuses, devraient en prendre de la graine en organisant une tournée à Karian Toma. Haïfa a le don d’hérisser le poil de tous les islamistes des quartiers miteux de Casablanca aux grottes de Tora Bora. Et pour cause, Haïfa Wahbi fait mentir le proverbe. En la voyant, même un kamikaze potentiel retrouverait goût à la vie, et s’adresserait à ses seins plutôt qu’a Dieu.



L’immaculée conception
Keisha Castle-Hugues sera au Maroc en mai pour le tournage de Nativity de Catherine Hardwicke (auteur du sympathique Les seigneurs de Dogtown). Keisha, plus jeune nominée aux Oscars à l’âge de 13 ans en 2003, y incarnera la Vierge Marie. Pas de Jésus par contre, le film portant sur les deux ans précédant sa naissance.


Rappeurs, à vos plumes !
Raptiviste.net, portail communautaire de la planète rap marocaine, grandit et recrute des chroniqueurs, des modérateurs et des photographes, à titre bénévole, pour alimenter et animer le site. Les demandes doivent être envoyés à recrutement@raptiviste.net


Numidia en concert
Numidia sera en concert le 29 mars à 19h00 à l’espace Balzac de l’IF de Kénitra pour un cocktail de leur répertoire, entre sonorités orientales et world music, Le groupe rbati s’affirme, prestation après prestation, comme une bonne alternative au microcosme de la nouvelle scène casablancaise.

 
 
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est © 2008 TelQuel Magazine. Maroc. Tous droits résérvés