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N° 218
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Khalid Tritki

La semaine Économie

Mohand Laenser (DR)

Rencontre. Le plan Emergence passé à la loupe

Le groupe d’impulsion économique franco-marocain a tenu sa séance plénière, lundi 20 mars au siège de Vivendi Universal (VU) à Paris, sous la co-présidence de Mustapha Bakouri, patron de la CDG, et Jean-René Fourtou, PDG de VU. Au menu : la présentation et l’analyse des opportunités offertes par le plan “Emergence” et les stratégies sectorielles, notamment celles du tourisme et du textile. Plusieurs patrons marocains ont fait le déplacement pour “convaincre les grands groupes français du dynamisme que connaît le Maroc”, précise l’un des participants. Le point fort de cette rencontre est qu’elle ne s’est pas
limitée à énumérer les points forts du Maroc. Preuve en sont les critiques que le groupe d’impulsion a formulées au sujet de la partie agro-alimentaire du plan Emergence. “Les arbitrages sur la question du foncier agricole et l’exploitation de l’eau tardent à voir le jour, réduisant, de fait, la visibilité du secteur”, déplore le groupe d’impulsion. En effet, si au niveau de l’offshoring, la machine semble huilée avec des intentions d’investissement, comme celle formulée par le groupe français Cap Gemini, le segment agro-alimentaire tâtonne encore. “Certes, il y a des groupes étrangers et marocains qui s’activent dans l’agro, mais la cadence reste faible par rapport au potentiel. L’agro-alimentaire est, sans doute, le maillon faible de la chaîne”, confirme un spécialiste de la question. Voilà de quoi donner à réfléchir au ministre de l’Agriculture et de la Pêche maritime, Mohand Laenser.


Immobilier Les CRI. Cherchent à faire recette

Depuis leur création, les Centres régionaux d’investissement (CRI) n’arrivent pas encore à générer de recettes. Leur statut de Segma (service d’Etat géré de manière autonome), les oblige, à partir de la troisième année d’existence, à couvrir une partie de leurs dépenses par des recettes propres. Si cette obligation n’est pas remplie, la Cour des comptes pourrait s’en mêler pour non-conformité avec les statuts. Le CRI de Casablanca vient de trouver le filon. Il a mis en place un partenariat avec le groupe Archimedia, un éditeur de publications spécialisé dans le bâtiment, pour l’organisation d’un salon de l’immobilier d’entreprise. Le premier s’est tenu, avec succès, mercredi dernier à Casablanca. À cela s’ajoute la création d’un site Web : www.immo-pro.ma qui sera un catalyseur d’offres et de demandes sur les locaux à usage professionnel.


Stratégie. Un manifeste pour la PME

La Fédération de la PME prépare un manifeste qui sera présenté à tous les partis politiques. Objectif : les sensibiliser pour qu’ils mettent la PME parmi leurs priorités stratégiques au moment de la campagne électorale. Hammad Kessal, président de la fédération, confirme l’existence de ce manifeste et ajoute qu’il s’opposera “à tout parti politique dont le programme électoral ne présente pas de solutions pour le développement de la PME”. Kessal fait actuellement le tour des grands groupes pour leur présenter sa stratégie qui repose, entre autres, sur des services de proximité, notamment le conseil juridique, social et comptable. Certains grands patrons ont déjà adhéré à ce plan d’action puisque, à l’instar de Noureddine Omary de la BCP, ils figurent parmi les membres d’honneur de la FPME.


Services. Un baromètre pour l’offshoring

Plus de 250 entreprises internationales recevront, avant la fin de ce mois, un questionnaire pour mesurer l’attractivité du Maroc. Il s’agit de sonder les donneurs d’ordre potentiels sur l’éventualité d’une délocalisation ou d’externalisation d’un service vers le Maroc. L’initiative pilotée par les CRI de Casablanca et de Rabat, vise à ajuster la cadence des investissements dans les zones d’accueil (comme Casa Shore) à la demande mondiale. “Il ne faut pas faire plus qu’il n’en faut, ni moins par rapport à la demande”, confie un proche du dossier. Les résultats du baromètre seront officialisés lors de la prochaine édition du Sicam (Salon international des centres d’appels du Maroc) prévue pour le 18 mai prochain.



Billet. Jeunes, rêve et fatalité

Khalid Tritki

De jeunes chômeurs rêvent leur devenir au coin d’une rue casablancaise. L’idéal, pour eux, c’est de s’installer à son propre compte. Les idées d’entreprenariat, de la sérieuse à la plus fantaisiste, ne leur manquent pas. Le financement, si. “Jamais on n’aura l’argent pour monter nos affaires”, tranchent-ils. Pour eux, c’est une fatalité, quelque chose de presque divin qui réserve l’argent à autrui. Cette conviction, profondément gravée dans leurs têtes, les paralyse. De leur propre aveu, ils reconnaissent qu’ils n’ont jamais frappé à la porte d’un banquier, ni d’un business angel. Ils admettent également qu’ils n’ont jamais parlé de leurs projets à quelqu’un d’autre en dehors de leur cercle. Ils attendent que le ciel leur envoie un signe, un miracle. Or, la plupart du temps, des averses s’abattent sur eux et les ramènent à la dure réalité. Entre-temps, ils continuent à rêver entreprise, argent, voitures et femmes. Mais dans le fond, ils n’y croient pas, parce qu’il n’y a jamais eu quelqu’un “d’officiel” (de préférence) pour leur demander de coucher leurs idées sur du papier et les encourager à prendre leur bâton de pèlerin pour convaincre les financiers. Ils n’y croient pas parce que personne ne veut les écouter, ne veut tester la faisabilité de leur rêve, ne veut, tout bêtement, maintenir cette flamme d’espoir en eux. De cela, ils sont convaincus et il est difficile de leur prouver le contraire.




OFF.

Saâd Kettani, monsieur Mondial 2010, semble avoir trouvé son créneau. Des sources non autorisées lui attribuent l’intention d’investir dans une grande unité agro-alimentaire. Kettani a effectivement approché le ministère de l’Industrie et du Commerce pour présenter un projet d’investissement assez ambitieux. L’annonce du détail de ce projet est prévue pour le salon de l’agro-alimentaire qui se tiendra en avril à Meknès.



OFF.

Correo Electronico, une société espagnole spécialisée dans la fabrication de câbles pour les machines à laver, cherche désespérément plus de 4000 m2 pour réaliser l’extension de son usine à Aïn Sebaâ à Casablanca. L’unité de production est installée sur plus de 3000 m2, mais sa croissance, fulgurante depuis deux ans, a convaincu l’investisseur espagnol de faire plus. La volonté d’investir est donc là mais le terrain fait défaut.

 
 
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