Sahara. L'autonomie en questions
Religion. "En islam, l'homme compte plus que le texte sacré"
Fanatisme. Les DVD de l'apocalypse
Société. Karian Toma à coeur ouvert
Portrait. Une Marocaine au pôle Sud
Immigration. L'Europe verrouille ses frontières
Accord de pêche. Le Maroc pris au piège ?
Festival. Abracadabra !
Littérature. Le poisson, la plume et le conteur
N° 218
Webmaster
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Abdeslam Kadiri

La semaine Monde

Le premier ministre palestinien
Ismaïl Hamiyech (AFP)

Palestine. Le Hamas dans l’embarras

C’est désormais sûr: le futur gouvernement palestinien sera uniquement composé de membres du mouvement islamiste Hamas, vainqueur des élections législatives du 25 janvier. Aucune autre formation n'a en effet accepté de rejoindre ses rangs pour la constitution d'un cabinet d'union nationale. Le Fatah, devenu la principale force d'opposition, a refusé de participer à une coalition ne reconnaissant pas les traités internationaux signés depuis 1993, dont les accords d'Oslo. C'est en fait la reconnaissance d'Israël qui est le véritable enjeu de la bataille qui oppose désormais le Hamas à
l'Organisation de la Libération de la Palestine. Cette dernière qui chapeaute tous les mouvements nationalistes palestiniens, lui a demandé de modifier son programme de gouvernement pour y inclure une reconnaissance de l’OLP en tant qu’ “unique représentant légitime” du peuple palestinien. Mais le Hamas a rejeté cette exigence en la qualifiant d’ “illégale”, d’autant plus qu’il ne fait pas partie de l’OLP… À ses yeux, accepter la suprématie de l’OLP, c’est en quelque sorte reconnaître Israël, dont sa Charte prône la destruction. C’est maintenant au Parlement de décider du sort du cabinet Hamas le 27 mars, soit la veille des élections législatives israéliennes. Un vote qui ne devrait être qu’une formalité, le mouvement y disposant d’une majorité absolue. Bien qu’il soit assuré de remporter les voix des députés, la pression continue à peser sur le Hamas. Les principaux bailleurs de fonds de l'Autorité palestinienne, dont l'Union européenne, exigent toujours de lui qu'il renonce explicitement à la violence et qu'il reconnaisse l'Etat hébreu avant de poursuivre leur aide, tandis que les Israéliens campent sur leurs positions, refusant toujours tout contact avec un gouvernement palestinien considéré comme “terroriste”. “Ils doivent opter entre le Hamas et nous”, a déclaré Raanan Gissin, porte-parole du bureau du Premier ministre israélien. À quelques jours des élections législatives à Tel Aviv, la tension est à son paroxysme.

S.M.



ETA. Un cessez-le-feu plutôt prometteur

Soulagement en Espagne, l’organisation terroriste basque ETA a annoncé mercredi un cessez-le-feu permanent, qui prend effet à partir du vendredi 24 mars. Trois membres du mouvement indépendantiste, entièrement vêtus de noir, portant des lunettes de ski et les traditionnels bérets, ont lu un communiqué devant la caméra de la télévision basque. Ils ont appelé à un “véritable processus démocratique” qui aboutirait à la paix dans cette province du nord de l’Espagne.
Le premier ministre socialiste José Luis Zapatero s’est dit “prudent mais plein d’espoir”. Il s’attend à un processus “long et difficile”. Mariano Rajoy, leader du PP ne serait satisfait que par “la dissolution du mouvement”. L’ETA (Pays basque et liberté) a combattu depuis 1968 pour un état basque indépendant qui s’étendrait du sud de la France au nord de l’Espagne. Depuis, l’organisation a causé la mort de quelque 1800 personnes. Ce qui a valu à 800 de ses membres d’être arrêtés et condamnés.

B.S.



Egypte. Levée de l’état d’urgence ?

Le gouvernement égyptien a créé une commission d’experts pour plancher sur une nouvelle loi anti-terroriste qui doit permettre la fin de l’état d’urgence en vigueur depuis 1981. Le Premier ministre, Ahmed Nazif, a fait cette annonce mercredi devant le Parlement, sans fixer d’échéance à la levée de l’état d’urgence, une promesse qui figurait dans le programme électoral du président Moubarak. L’état d’urgence accorde au gouvernement le pouvoir de détenir quiconque menace la sécurité du pays pendant 45 jours renouvelables, sans autorisation de la justice. Il permet en outre de faire juger des civils par des tribunaux militaires et interdit toute manifestation. Imposé en 1967, il a été levé durant 18 mois seulement, au début des années 1980, puis a été rétabli après l’assassinat du président Sadate en octobre 1981.


Mexique. L’eau, denrée rare

Le quatrième Forum mondial de l’eau à Mexico, a mis l'accent sur la décentralisation pour assurer une gestion transparente de ce bien dont le manque tue. La déclaration finale reconnaît “le rôle clé” des pouvoirs locaux pour développer un accès durable à l’eau. Le but : réduire de moitié, d’ici 2015, la partie de la population mondiale qui est privée d'accès à ces services. Le Forum a été l’occasion de rappeler les investissements nécessaires en faveur des deux tiers de l’humanité privés d'accès à l’eau potable : 12 milliards de dollars par an jusqu'en 2015 (contre 3,5 milliards actuellement). En revanche, le droit à l'eau comme droit humain, reste une question sensible.


États-Unis. Le nucléaire francçais espionné

Les Etats-Unis ont amplement espionné pendant des décennies le programme nucléaire français, dès la fin de la Deuxième Guerre mondiale, selon des documents déclassifiés rendus publics mardi. Trente-deux documents, allant de février 1946 à juin 1987, ont été fournis par la CIA et révèlent l'étendue de l’intérêt manifesté par les Etats-Unis pour le programme nucléaire français, surtout de la fin des années 1950 jusqu’au milieu des années 1970.
Au plus haut de l'intérêt, Washington a déployé des satellites, des avions espions U2, des navires de la marine, a intercepté des communications et utilisé des espions pour réunir des informations sur le programme français, à la fois en France et dans le Pacifique, et sur le personnel, qu’on soupçonnait d’être “rouge”.


Algérie. Gare aux évangélistes !

Après avoir ordonné la fermeture d’écoles francophones, voilà que l’Algérie s’attaque au prosélytisme religieux, notamment catholique. Le Parlement d’Alger a adopté lundi une loi répressive pour les tentatives de “convertir un musulman à une autre religion”. La loi prévoit des peines de deux à cinq ans de prison et une amende de 500 000 à un million de dinars (50 000 à 100 000 DH) contre toute personne qui “incite, contraint ou utilise des moyens de séduction tendant à convertir un musulman à une autre religion”. L’exercice d’un autre culte est strictement encadré. La loi a pour objectif principal “l’interdiction du prosélytisme et des campagnes clandestines d’évangélisation”, selon le ministère des Affaires religieuses. La communauté catholique compte actuellement moins de 11 0000 âmes, contre plusieurs centaines de milliers avant l’indépendance en 1962 dont quelque 110 prêtres et 170 religieuses.



Lu pour vous.
Genèse d’un “désastre américain”

Béchir Ben Yahmed, Jeune Afrique, 19 mars

La guerre d’Irak a commencé le 20 mars 2003, il y a trois ans. Depuis plusieurs semaines, elle fait entre cinquante et cent morts par jour, presque tous irakiens, et met en très grande difficulté le pouvoir de la plus grande puissance du monde : les Etats-Unis, qui ont déjà perdu près de 2500 soldats, dix fois plus de blessés et plusieurs centaines de milliards de dollars, au rythme hallucinant de 6 milliards de dollars par mois.
L’opinion américaine ne croit plus en la victoire et retire progressivement sa confiance au président (…) qui a déclenché cette guerre, en dehors de toute légalité internationale.
Rarement dans l’Histoire, le chef d’un grand pays se sera autant trompé que George W. Bush : il croyait avoir gagné, en mai 2003, alors qu’en réalité il s’était mis dans une nasse dont il n’allait pas pouvoir s’extirper… Les journalistes et historiens américains (…) expliquent que la très riche Amérique a, dans cette affaire, fait preuve d’une étonnante incompétence : nominations farfelues et improvisées aux postes les plus élevés, conduisant à des décisions désastreuses sans aucun souci des conséquences.
Et la situation deviendra kafkaïenne : des généraux ne connaissant rien au pays, sans contact avec aucune autorité, ni nationale ni régionale, des centaines de hauts fonctionnaires s’escrimant à plaquer des lois de règlement américains sur une “réalité” irakienne dont ils ignoraient tout.



VITE !

D’après la chaîne NBC, le dernier ministre des Affaires étrangères de Saddam Hussein, Naji Sabri, roulait pour la CIA. L’agence lui aurait versé 100 000 dollars afin d’obtenir des informations sur le programme d’armes de destruction massive irakien.

 
 
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est © 2008 TelQuel Magazine. Maroc. Tous droits résérvés